Continuer sans accepter

Bonjour et bienvenue sur le site d’AEF info
Vos préférences en matière de cookies

En plus des cookies strictement nécessaires au fonctionnement du site, le groupe AEF info et ses partenaires utilisent des cookies ou des technologies similaires nécessitant votre consentement.

Avant de continuer votre navigation sur ce site, nous vous proposons de choisir les fonctionnalités dont vous souhaitez bénéficier ou non :

  • Mesurer et améliorer la performance du site
  • Adapter la publicité du site à vos centres d'intérêt
  • Partager sur les réseaux sociaux
En savoir plus sur notre politique de protection des données personnelles

Vous pourrez retirer votre consentement à tout moment dans votre espace « Gérer mes cookies ».
Revenir en haut de la page

Comment améliorer l’attractivité de la voie technologique et rééquilibrer les effectifs entre les séries ? (débat AEF)

Face au déficit d’attractivité de la voie technologique en lycée et à l’hégémonie de la série STMG, le MEN a mis en place en 2021 un "plan d’action". Celui-ci tarde encore à se réaliser, admet Jean-Charles Ringard, coordonnateur du travail sur la voie technologique, lors des RDV de l’éducation, organisés par AEF info le 6 janvier 2023. Pour "rééquilibrer les séries", l’académie de Grenoble a mis en œuvre plusieurs dispositions, explique Didier Martin, doyen des IA-IPR. En outre, l’objectif d’accueillir 50 % de bac techno en IUT n’est pas encore atteint, en raison de "résistances" et d’un "manque de vivier", explique Antonietta Specogna, directrice d’IUT.

   Merci de découvrir AEF info !

Cette dépêche est en accès libre.

Retrouvez tous nos contenus sur la même thématique.

Tester AEF info pendant 1 mois
Test gratuit et sans engagement
  • Thématiques
  • Coordonnées
  • Création du compte

Thématiques

Vous demandez à tester la ou les thématiques suivantes*

sur5 thématiques maximum

1 choix minimum obligatoire
  • Enseignement / Recherche
  • 👁 voir plus
    ✖ voir moins

Fréquence de réception des emails*

Un choix minimum et plusieurs sélections possibles. Vous pourrez modifier ce paramétrage une fois votre compte créé

Un choix minimum obligatoire

* Champs obligatoires

Coordonnées

Renseignez vos coordonnées*

Veuillez remplir tous les champs
Votre numéro de téléphone n'est pas valide

* Champs obligatoires

Création de compte

Tous les champs sont obligatoires
Votre adresse e-mail n'est pas valide
Seulement les adresses e-mails professionnelles sont acceptées

Cette adresse vous servira de login pour vous connecter à votre compte AEF info

Votre mot de passe doit contenir 8 caractères minimum dont au moins 1 chiffre
Ces mots de passe ne correspondent pas. Veuillez réessayer

Votre mot de passe doit contenir 8 caractères minimum dont 1 chiffre

En validant votre inscription, vous confirmez avoir lu et vous acceptez nos Conditions d’utilisation, la Licence utilisateur et notre Politique de confidentialité

* Champs obligatoires

Valider

Merci !

Nous vous remercions pour cette demande de test.

Votre demande a été enregistrée avec l’adresse mail :

Nous allons rapidement revenir vers vous pour vous prévenir de l’activation de votre nouvel accès.

L’équipe AEF info


Une erreur est survenue !

Une erreur est survenue lors de l'envoi du formulaire. Toutes nos excuses. Si le problème persiste, vous pouvez nous contacter par téléphone ou par email :
 service.clients@aefinfo.fr  01 83 97 46 50 Se connecter

Jean-Charles Ringard, Antonietta Specogna et Didier Martin, lors de la 13e édition des Rendez-vous de l'éducation le 6 janvier 2023, à Paris. AEF - Sébastien Ferraro

Parmi les trois voies du lycée, générale, professionnelle et technologique, seule cette dernière n’a été que peu réformée lors du quinquennat précédent. La réforme du lycée GT a essentiellement bouleversé l’organisation de la voie générale, remplaçant les séries par les enseignements de spécialité. Les séries technologiques, elles, demeurent.

Le ministère de l’Éducation nationale avait néanmoins enclenché, en 2021, un "plan d’action" visant à "revaloriser" cette voie. Celui-ci repose sur un accord-cadre État-régions et sur une charte afin de "rééquilibrer le système éducatif". L’objectif, expliquait alors Jean-Charles Ringard, IGESR honoraire et coordonnateur de ce travail (lire sur AEF info), est d’avoir "une politique incitative d’accès à l’enseignement supérieur", qui prévoit "qu’au moins 50 % des effectifs de première année d’IUT soient des bacheliers technologiques", "un schéma régional des formations" et d’agir sur l’information-orientation, l’offre de formation et la poursuite d’études.

Où en est-on, près de deux ans après ? Jean-Charles Ringard, Antonietta Specogna, directrice de l’IUT de Yutz-Thionville et présidente de la commission RTI de l’Adiut, et Didier Martin, doyen des IA-IPR de l’académie de Grenoble, ont débattu de cette question lors de la 13e édition des Rendez-vous de l’éducation, organisés par AEF info le 6 janvier 2023 dans le cadre du Salon Postbac, à Paris (lire sur AEF info).

Un plan d’action qui tarde à s’enclencher

Jean-Charles Ringard rappelle la genèse de la réflexion : "La question de la voie techno est un vieux sujet, que la création du bac pro, au milieu des années 1980, et l’hégémonie de la série S dans la voie générale, à partir de 2007, ont remis fortement en avant".

En conséquence, la voie technologique vit un "déficit d’attractivité, lié structurellement au fait que nous avons trois voies, que des réformes successives ont pu rendre moins lisibles la voie techno, mais aussi à ce qui se passe dans nos têtes, aux représentations des familles, des professeurs de collège et de seconde", pointe-t-il. Ainsi, en 2019, la voie technologique a-t-elle perdu 10 000 élèves.

En ce début 2023, toutefois, le "plan d’action" tarde encore à se réaliser. Si "toutes les académies ont enclenché au moins une stratégie", elles n’ont "peut-être pas lancé un schéma", reconnaît Jean-Charles Ringard.

"le problème majeur est l’hypertrophie de la série STMG"

Par conséquent, la dynamique en cours depuis plusieurs années, diminuant les effectifs globaux de la voie tout en rendant la série STMG de plus en plus hégémonique parmi les huit séries, n’a pas été stoppée. "La problématique de l’attractivité de la voie techno est l’amont et l’aval et le problème majeur est l’hypertrophie de la série STMG : entre 2018 et 2022, c’est 10 000 élèves en plus, pour au total représenter 58 % de l’ensemble de la voie", indique Jean-Charles Ringard. Dans le même temps, les séries de production, STI2D et STL, ont décliné quantitativement, malgré un léger rebond en 2022.

Ce constat doit, selon l’IGESR, mener à deux évolutions, concernant "l’amont" : "rééquilibrer les séries" et ne plus faire, notamment "aux yeux des enseignants, de la STMG une voie de relégation de la voie générale, alors qu’il y a de vraies possibilités de réussite. Il y a le risque de décolorer la voie techno et de ne la teinter que de STMG".

Mais comment faire ? Jean-Charles Ringard évoque d’abord la réponse "pédagogique", pour "sensibiliser à d’autres choix" que la STMG. Concrètement, ne plus aller vers la "facilité", en conseil de classe, et dire : "On ne va pas envoyer cet élève en première générale, alors il sera mieux en STMG. Ne pouvons-nous pas plutôt aller voir d’autres séries ?" Pour atteindre les objectifs nationaux, il suffit, insiste l’IGESR, qu’en moyenne seulement "quatre élèves dans chaque lycée n’aillent pas en STMG mais dans d’autres séries. C’est faisable." Pour cela, il faut notamment "piloter la réforme, par les chefs d’établissement : nous ne devons pas être guidés par des représentations mais par des objectifs".

L’exemple prometteur grenoblois

Depuis plus d’un an, l’académie de Grenoble a mis en œuvre plusieurs dispositions dans ce but. D’abord, "nous avons mis en place des séminaires à destination des principaux, des proviseurs, des professeurs de 3e et de 2nde pour présenter les séries et les parcours d’études possibles en post-bac. Nous nous sommes associés avec des étudiants, des directeurs d’IUT et des RH d’entreprise pour montrer ce qui est possible en termes de poursuites d’études et d’insertion", explique Didier Martin, doyen des IA-IPR de l’académie. Celle-ci profite, poursuit-il, d’un "écosystème qui s’y prête : un sco et un sup qui se parlent depuis des années, et un tissu industriel de haute technologie très performant".

Puis, l’académie a "travaillé sur les spécificités des séries, les disciplines qui les représentent, les démarches pédagogiques de ces séries". "L’aspect pédagogique de la voie techno peut permettre à certains élèves un ressourcement, une redynamisation, grâce à la démarche inductive, au projet technologique et au recours au numérique", confirme Jean-Charles Ringard.

"Nous avons également travaillé sur la communication envers les familles et les élèves, avec des pages dédiés sur notre site, des témoignages d’élèves, et des participations à des manifestations", liste Didier Martin. L’académie a également "mobilisé des cadres : au sein du collège des IA-IPR, une des quatre priorités est la fluidité des parcours, notamment pour la voie technologique. Cela signifie que quand un inspecteur va voir un établissement, il parle aussi des missions du professeur qui accompagne les jeunes dans leur orientation". En somme, "nous visons une meilleure connaissance des parcours sécurisés, des parcours d’excellence qui existent à l’issue des voies technologiques, et des leviers d’emploi".

Le problème de l’offre de formation

 

Comment attirer davantage d’élèves dans des séries de la voie technologique qui ne sont pas, loin s’en faut, présentes dans tous les lycées ? Didier Martin l’admet : "C’est un gros travail à mener sur les cartes de formation pour avoir, dans chaque réseau, les différentes séries, en corrélation avec les voies de transport. Un travail autour des internats est aussi à faire".

Dans l’académie de Grenoble, une expérimentation a été mise en place "pour permettre à des jeunes d’intégrer STI2D et STL dans un lycée qui n’est pas celui de secteur", détaille le doyen des IA-IPR. Et de poursuivre : "Habituellement, un lycéen va d’abord en seconde dans son lycée de secteur mais, ensuite, il change rarement de lycée en première pour suivre une spécialité technologique. Nous avons tenté de leur dire : si vous voulez faire cette série, vous avez droit de sortir de votre lycée de secteur dès la seconde et le lycée d’accueil a l’obligation de créer un parcours". Cette année, 120 élèves sont concernés : "C’est plutôt une réussite et nous réfléchissons à monter en échelle", assure Didier Martin.

dans les IUT, encore des "résistances"

Après l’amont, l’aval. "Il y a la nécessité d’alimenter le supérieur", reconnaît Jean-Charles Ringard. D’abord, poursuit-il, "80 % des bacheliers techno poursuivent dans le supérieur, ce qui signifie que 20 % ne poursuivent pas. Il ne faut pas les négliger". Ensuite, "il y a désormais une forme de pression, avec les quotas, pour que chaque département d’IUT atteigne 50 % de bacheliers techno. Nous en sommes à 41 %, alors qu’il y a moins de trois ans nous en étions à moins de 30 %".

Antonietta Specogna, directrice d’IUT, admet qu’il y a eu "des grincements de dents lorsqu’il a été question des quotas en IUT (lire sur AEF info). Mais certains IUT n’ont pas attendu cette contrainte des 50 % pour accueillir 50 % d’élèves de filières technologiques. Pour d’autres, c’est plus compliqué."

Par exemple, ajoute-t-elle, "nous accueillons majoritairement les STMG dans les filières tertiaires (GEA, Techniques de commercialisation). Les autres séries techno sont accueillies dans les 20 autres spécialités de BUT sans parvenir à remplir les quotas". C’est le résultat de certaines "résistances", reconnaît Antonietta Specogna, même si, "pour certaines filières, il y a un manque de vivier", nuance-t-elle. "On ne peut pas mettre 50 % partout, c’est 50 % dans l’ensemble. Aujourd’hui, il n’est pas question de ne pas atteindre ces 50 %, on va les atteindre, mais il va falloir jongler entre les filières", où certaines devront compenser le manque de bacheliers techno dans d’autres.

Faut-il… Supprimer la voie techno ?

 

L’idée d’intégrer les enseignements technologiques à la filière générale et, ainsi, de supprimer la voie technologique, a un temps été évoquée par le ministère précédent (lire sur AEF info), avant d’être finalement repoussée (lire sur AEF info). "La voie technologique est une originalité française. En Europe, on observe qu’il y a une dualité de formations : de la voie générale, avec parfois un peu de techno en son sein, et une voie pro", rappelle Jean-Charles Ringard.

Il reconnaît que, "au démarrage de la réflexion, [il était] persuadé qu’on pouvait supprimer la voie techno car on peut transposer la plupart des séries techno en offre de spécialité dans la voie générale. Mais la réalité de la voie techno s’impose, par rapport aux besoins économiques de la nation. On ne peut pas lancer un plan de réindustrialisation si on considère qu’on n’a pas besoin de la voie technologique. Et les entreprises ont besoin de cadres intermédiaires. Il faut donc non seulement maintenir la voie techno mais aussi la développer."

Didier Martin est sur la même ligne : "On ne peut pas se passer des talents de la voie technologique qui, en plus, dans la voie générale, ne se retrouvent pas, ne se projettent pas, notamment en raison de l’abstraction des concepts. Dans la voie techno, la démarche part du concret pour aller vers l’abstraction et elle correspond mieux à certains élèves. Aussi, il y a des parcours sécurisés dans la voie techno, avec un bac-3/bac+3. Les quotas offrent parfois de meilleures chances aux bacheliers technologiques d’accéder à certaines formations que les bacheliers généraux et permet de remettre au cœur de notre République l’ascenseur social".

à lire aussi
Fermer
Bonjour

Vous souhaitez contacter

Erwin Canard, journaliste