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Cned : "Nous sommes désormais bien armés pour affronter l’avenir" (Jean-Noël Tronc, directeur général)

"Le redressement du Cned est une réalité", estime pour AEF info, début janvier 2023, son nouveau directeur général Jean-Noël Tronc. Pour sa première prise de parole publique, il parle d’une volonté de "poursuivre une stratégie de redressement et de croissance" avec le prochain COP 2023-2026, alors que pour le Cned, qui doit assurer actuellement près de 60 % de recettes propres, l'"équilibre reste fragile". Jean-Noël Tronc assure également faire de la GRH une priorité, conformément aux préconisations de la Cour des comptes. Le centre proposera au premier semestre "de nouveaux services, dont une plateforme grand public de formation et d’autoévaluation" sur les enjeux environnementaux. Il deviendrait alors "l’opérateur d’une éventuelle plateforme d’évaluation de l’acquisition de connaissances pour les publics scolaires, sur le modèle de Pix pour les savoirs numériques".

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Jean-Noël Tronc, directeur général du Cned © Alain Montaufier

AEF info : L’évolution du nombre d’inscrits au Cned est à la baisse depuis plusieurs années, avec 368 000 en 2000 (lire sur AEF info) contre 132 000 aujourd’hui. Comment y faire face ?

Jean-Noël Tronc : En réalité, cette forte baisse est une tendance plus ancienne, entamée dès les années 90, qui a pu être enrayée ces dernières années. Le nombre d’inscrits au Cned est ainsi passé de 120 000 en 2019 à 132 000 aujourd’hui. Rappelons à ce propos que le Cned est la plus grande "Cité scolaire" de France, tant pour l’école primaire que le collège et le lycée. Par ailleurs, avec 54 000 adultes inscrits en formation chez nous, qui s’ajoutent aux 78 000 élèves du primaire et du secondaire, le Cned reste de loin le premier opérateur de l’enseignement et de la formation à distance en France.

Pour éclairer les chiffres que vous mentionnez, il est important de comprendre ce qui a profondément changé en 30 ans. Le marché de l’enseignement à distance a été marqué, à partir des années 90, par l’émergence d’un grand nombre de nouveaux concurrents comme Studi ou Skill&You, centrés sur les adultes et la formation professionnelle, ou Acadomia sur le soutien scolaire. Depuis quelques années, les fonds d’investissement s’intéressent de près à l’enseignement et à l’éducation, y compris à distance, comme Galileo qui a pris le contrôle de Studi (lire sur AEF info). La concentration du secteur se poursuit avec, par exemple, le regroupement des Cours Hattemer, Legendre et Saint Anne.

AEF info : Quels sont les effets de cette concurrence pour le Cned ?

Jean-Noël Tronc : Cette concurrence s’exprime sur tous nos créneaux d’activité. Logiquement, le Cned, qui reste, de par la loi, l’opérateur public en charge de l’enseignement à distance, a perdu en 30 ans des parts de marché, un peu comme d’autres "opérateurs historiques" sur d’autres marchés où le secteur public était dominant, voire monopolistique. Or, comme l’avait noté un rapport sévère de la Cour des comptes de février 2013, portant sur la période 2007-2012, et qui avait décrit le Cned comme un "établissement public d’enseignement inadapté à la formation en ligne" (lire sur AEF info), le Cned avait à l’époque perdu la moitié de ses inscrits en 10 ans faute de s’être adapté à la transformation de son environnement. En 2012, il était encore un opérateur de cours par correspondance dépendant de La Poste et du papier, sans offre numérique, sans logique commerciale ni souci de sa clientèle.

 

"Le dernier rapport de la Cour des comptes, portant sur les exercices 2013-2021 […], fait état de la manière dont le Cned a su faire face."

 

Le dernier rapport de la Cour des comptes sur le Cned, portant sur les exercices 2013-2021 [qui n’a pas été rendu public] et présenté à notre conseil d’administration d’octobre 2022, fait état de la manière dont le Cned a su faire face. Les principaux intitulés de la synthèse sont parlants : "un établissement modernisé qui a joué un rôle majeur lors de la crise sanitaire" ; "qui a amélioré ses processus de gestion" ; "dont la situation financière s’est redressée, mais dont l’équilibre reste fragile". De fait, avec près de 60 % de recettes propres à assurer par notre stratégie commerciale, et des charges inhérentes à notre organisation et à nos missions de service public, notre équilibre reste fragile.

Mais le redressement du Cned est une réalité, qui a été permise par une série de décisions de gestion que je voudrais saluer ici en hommage aux équipes et à mon prédécesseur, Michel Reverchon-Billot : notre informatique a été transformée, nos formations sont 100 % disponibles en ligne, nos effectifs ont diminué ; notre offre de formation a été rationalisée, avec la suppression de près de 30 % de nos formations ; une nouvelle stratégie commerciale a vu le jour avec la systématisation des commandes en ligne depuis 2019 et une amélioration de huit points de notre notoriété spontanée en 2021 par rapport à 2015 (33 % des personnes interrogées citent le Cned lorsqu’on leur demande si elles connaissent un organisme de formation à distance, contre 25 % précédemment).

Nous sommes désormais bien armés pour affronter l’avenir, où nous voulons poursuivre une stratégie de redressement et de croissance dans le cadre de notre prochain COP, qui couvrira la période 2023-2026.

AEF info : Le budget 2021 est de 97,5 M€ contre 86,1 M€ en 2020, avec en particulier une augmentation nette des recettes commerciales qui passent de 53,3 M€ à 59,8 M€. Pourtant, vous affichez moins de formations vendues : 136 000 contre près de 167 600 un an plus tôt…

Jean-Noël Tronc : Le nombre de 167 600 formations qui figure au rapport annuel 2020 correspond au total des utilisateurs d’une offre du Cned, gratuite ou payante dans le cadre particulier des confinements pendant la pandémie de la Covid-19. Si on retire les 15 000 inscriptions au dispositif d’accompagnement D’COL – qui a été fermé depuis -, que l’Éducation nationale nous avait demandé de mettre gratuitement à disposition des élèves de CM1, CM2 et 6e, et les 22 690 inscriptions à des parcours découverte gratuits de français langue étrangère, mis en place temporairement avec France éducation international, on arrive bien aux 136 000 offres de formation vendues.

 

"Le principe est de réduire l’offre pour se concentrer sur un nombre de formations resserré."

 

Si l’on considère nos recettes commerciales, nous avons effectivement bénéficié d’une hausse très importante d’inscriptions entre 2019 et 2020. Pour l’expliquer, il y a un phénomène conjoncturel qui est l’effet Covid, la formation à distance étant devenue lors de la pandémie le seul moyen d’assurer la continuité éducative. En plus de la scolarisation normale, des familles ont souscrit à des cours au Cned, y compris à titre de précaution. Cette période correspond pour le Cned à un pic d’activité historique, puisqu’entre 20 % et un quart de la population scolaire, dont les personnels de direction, les parents, les élèves, etc., ont découvert les outils et contenus que nous proposons.

Il y a également un effet structurel : la stratégie du Cned porte ses fruits. C’est le résultat d’une amélioration de la qualité générale de l’offre de formation et la "dé-prolifération" de l’offre catalogue. Le principe est de réduire l’offre pour se concentrer sur un nombre de formations resserré. Un effet complémentaire est la stratégie commerciale sur la formation professionnelle continue, en particulier avec la mise en place du CPF et la certification Qualiopi que nous avons obtenue en 2021. Pour nous, le CPF est une contribution en croissance forte : entre 2020 et 2021, les inscriptions financées par ce biais ont bondi de 60 % et concernent plus de 4 500 inscrits.

Le chiffre des recettes commerciales du Cned en 2020 et 2021 n’en reste pas moins exceptionnel, vu l’ampleur de l’effet Covid, par rapport aux recettes 2019, qui étaient de 52,5 M€. Pour 2022, nous tablons plutôt sur un peu moins de 57 M€ de recettes commerciales avec un impact significatif des mesures sur l’instruction en famille. Comme nos concurrents privés, nous sommes touchés cette année par la réforme de l’ IEF (lire sur AEF info), qui vise clairement à privilégier au maximum l’instruction en présentiel. Nous perdons ainsi près de 30 % de nos inscriptions dites "libres" en primaire et au collège, celles, assez minoritaires, qui sont hors du système dit "Cned réglementé".

Pour le Cned réglementé, autrement dit les inscriptions dans le cadre d’un cursus scolaire validé au niveau académique, le succès ne se dément pas : au lycée, nous avons accueilli 2 900 élèves de plus en 2022, avec notamment une forte dynamique à l’international. La réforme du lycée et ses conséquences pour nous, la refonte de nos programmes et la mise en place du contrôle continu – révolution culturelle pour un modèle pédagogique fondé sur une offre asynchrone, où les classes virtuelles sont l’exception – restent l’un des plus grands défis opérationnels que les équipes du Cned ont dû relever depuis deux ans.

AEF info : La période Covid a aussi été marquée par des dysfonctionnements techniques (lire sur AEF info). Quelles sont les leçons tirées de cette crise, notamment en termes d’évolution des infrastructures et des services liés ?

Jean-Noël Tronc : Une clarification d’abord : les plateformes numériques du Cned pour ses inscrits "habituels", scolaires et adultes, n’ont pas été perturbées durant les confinements. Pour quelqu’un comme moi qui vient de l’univers numérique, où j’ai passé, entre l’informatique, internet et les télécommunications, les 15 premières années de ma carrière (1), ce qui me frappe a posteriori c’est plutôt la robustesse globale de notre système éducatif durant le Covid. D’une part, parce que nous avons réussi à être un des pays au monde qui a gardé le plus ses écoles ouvertes. D’autre part, grâce aux solutions numériques.

 

"Nous achevons le renforcement de nos services "cloud", qui ont été migrés vers des solutions cloud souveraines. Les ressources du Cned sont toutes labellisées Secnum."

 

Lors du premier grand confinement, début 2020, le système éducatif mondial n’était pas préparé, et les établissements se sont retrouvés pour beaucoup totalement pris au dépourvu. En France, grâce au Cned et à d’autres ressources, nous avons pu faire face du jour au lendemain. Les chiffres sont impressionnants : "Ma classe à la maison", avec ses trois plateformes par niveau scolaire et la solution Cned de classe virtuelle, cela aura été, d’après le bilan établi par le ministère de l’Éducation nationale, plus de 17,5 millions de visites, 479 368 enseignants utilisateurs et près de 11,5 millions de classes virtuelles, soit une moyenne de 164 000 classes par jour.

Il y a en effet eu des problèmes de saturation des accès et des attaques informatiques qui ont créé des perturbations, heureusement très limitées dans le temps, pour l’accès à tous les dispositifs, aussi bien Ma classe à la maison, les ENT, que beaucoup d’établissements scolaires, du supérieur, ou de formation à distance. La crise a permis de mettre en place une stratégie de plateforme pour l’Éducation nationale, et aujourd’hui la France est beaucoup mieux armée. En ce qui nous concerne, nous achevons le renforcement de nos services "cloud", qui ont été migrés vers des solutions cloud souveraines. Les ressources du Cned sont toutes labellisées Secnum.

Par ailleurs, j’ai souhaité, dans l’organisation du Cned, renforcer la place centrale du numérique par un rattachement au DG du DSI et de la DSI, qui faisait avant partie du secrétariat général. L’enjeu SI est d’autant plus vital que nous devons conjuguer la meilleure individualisation possible pour chacun de nos apprenants avec des volumes industriels, pour nos 200 formations proposées. Ainsi, en 2021, nous avons traité 602 000 appels téléphoniques et 168 000 courriers électroniques. Près de 90 % de nos copies sont dématérialisées, avec un délai moyen de correction de trois jours, et 1,7 million d’évaluations ont été corrigées cette année. Pour le tutorat électronique, nous répondons dans plus de 80 % des cas en moins de 48 heures, pour un total de 132 000 questions de nos inscrits.

AEF info : La Cour des comptes a adressé au Cned, en septembre dernier, une série de recommandations qui portent en particulier sur les questions RH et de pilotage. Elle pointe notamment que le centre "ne maîtrise pas l’ensemble des ressources humaines" (lire sur AEF info). Quelles actions mettez-vous en œuvre ?

Jean-Noël Tronc : Parmi les éléments de son satisfecit, la Cour estime que "le Cned a professionnalisé sa gestion des ressources humaines". De fait, c’est sans doute l’un des principaux défis que nous devons relever : nous avons une organisation géographique et une GRH contraignantes, avec un déficit de recrutements préoccupant. J’ai fait de notre politique RH l’une de nos priorités dès mon arrivée, y compris pour des enjeux symboliques, comme en obtenant que l’ensemble des agents du Cned et de nos enseignants en poste adapté puissent enfin bénéficier du Pass éducation pour l’accès aux lieux culturels, avec l’appui personnel du Ministre Pap Ndiaye.

 

"Je suis convaincu que nous pouvons, même modestement, contribuer à l’attractivité pour la carrière enseignante, à travers une diversification du parcours professionnel."

 

La Cour des comptes souligne nos contraintes puisque, de fait, le Cned contribue à une double mission d’intérêt général : d’une part, l’aménagement du territoire, en étant présent dans huit villes en France et en ayant un siège délocalisé dans une zone géographique où il nous est souvent difficile de recruter ; et, d’autre part, une mission sociale, puisque nous faisons travailler près de 1 200 enseignants en poste adapté, enseignants qui ne sont plus en mesure d’exercer en présentiel pour des raisons de santé. Comme la Cour le relève, ils dépendent de leur académie, qui continue de les gérer. La Cour des comptes constate que leurs missions ont été mieux définies, qu’il s’agisse de la correction des copies ou du tutorat.

La Cour relève aussi, parmi les exemples d’amélioration de nos processus de gestion, la réorganisation que nous avons engagée en 2021 et qui sera déployée entièrement en 2022, appuyée sur un plan d’accompagnement du changement ambitieux. Il s’agit d’une évolution importante qui finalise la transformation du Cned de son modèle ancien, huit centres assez autonomes, avec chacun son imprimerie et sa gestion propre, souvent peu coordonnés dans les offres, les pratiques pédagogiques ou la relation avec nos inscrits, vers un modèle pleinement intégré avec six unités opérationnelles (école, collège, lycée, langues pour adultes, supérieur & concours, formation professionnelle) rattachées à la direction générale, qui comprend le secrétariat général, les deux grandes directions des apprentissages, de la pédagogie et du numérique (DAPN) et du développement commercial et du marketing (DDCM), la DSI et la direction de cabinet avec l’International et notre Lab innovation.

Un plan d’actions de recrutement est en place pour des compétences clé et encourager les collègues enseignants volontaires à venir travailler au Cned, en complément des postes adaptés. Lors de la campagne de l’an dernier, trois enseignants ont rejoint le Cned par cette voie. Cette année, il a été décidé, avec l’appui de la DGRH du MENJS, d’ouvrir 30 fiches de postes à profils pour des enseignants qui viendront ainsi découvrir le métier de l’enseignement à distance et la méthode pédagogique Cned, postes qui ont été ouverts sur l’ensemble de nos huit sites (Lille, Vanves, Lyon, Grenoble, Toulouse, Poitiers-Futuroscope, Rennes et Rouen) et qui ont rencontré un fort succès, avec plus de 200 candidatures. Je suis convaincu que nous pouvons, même modestement, contribuer à l’attractivité pour la carrière enseignante, à travers une diversification du parcours professionnel. Le Cned est une maison d’enseignants, et nous sommes particulièrement fiers de compter parmi nos anciens enseignants la première Prix Nobel française de littérature, Annie Ernaux.

AEF info : Le Cned devient une "académie numérique" (lire sur AEF info), et sur ce point la Cour des comptes souligne dans son référé que le ministère "peine à en définir précisément les contours et à tout le moins tarde à mettre en œuvre ce projet". Comment envisagez-vous la question ?

Jean-Noël Tronc : Le terme d'"académie numérique" figure dans l’actuel COP 2019-2022 pour désigner le repositionnement progressif du Centre suite à l’élargissement de son périmètre d’intervention en 2013, avec la création d’un service public du numérique éducatif, auquel le Cned participe, et qui s’ajoute donc à sa mission historique de service public de l’enseignement à distance.

Le Cned a déjà mis en place les premiers jalons de cette "académie numérique", par exemple avec ses dispositifs d’appui MaSpéMaths pour le lycée, ou English for schools et Deutsch für Schulen pour l’école primaire. Au collège, nous avons lancé le service Program’Cours fin 2019, qui permet des remplacements en cas d’absence d’enseignants pour des durées inférieures à 15 jours. Dans le supérieur, nous participons aux campus connectés depuis 2020, qui permettent à des étudiants ou des adultes en reprise d’étude de passer un BTS du Cned en disposant d’un lieu d’accueil physique et de tuteurs. Avec certains CFA, nous testons un modèle hybride qui mêle formation générale au Cned, à distance, et formation technique dans le CFA, ce qu’apprécient particulièrement les employeurs et les apprentis qui peuvent ainsi passer plus de temps dans l’entreprise.

 

"L’enjeu est immense : comment renforcer, à travers l’offre à la carte du Cned […], l’égalité d’accès sociale et territoriale, pour ceux des 12,5 millions d’élèves scolarisés que cela peut intéresser ?"

 

Le constat qu’a fait la Cour, dans son enquête réalisée en 2021, est que ces dispositifs sont encore très limités dans leur portée. C’est le cas. Il faut dire que la crise de la Covid-19 a percuté de plein fouet le lancement de ces premières expériences. "L’académie numérique" sera à l’évidence au cœur de notre prochain COP. L’offre "à la carte" du Cned, déjà utilisée par 20 000 élèves, qui sont par ailleurs scolarisés en présentiel, dans le public ou le privé, et qui choisissent de suivre à distance, par le Cned, une matière, une langue, une spécialité, etc., montre le chemin. Notre catalogue de cours à la carte comporte plus de 81 cours au collège, 156 au lycée et 12 langues vivantes au total.

AEF info : Quel est l’enjeu pour le Cned ?

Jean-Noël Tronc : Il est immense : comment renforcer, à travers l’offre à la carte du Cned, établissement scolaire de complémentarité avec le présentiel, l’égalité d’accès sociale et territoriale, pour ceux des 12,5 millions d’élèves scolarisés que cela peut intéresser ? Nous avons donc engagé, depuis l’automne, des échanges avec plusieurs académies pour y mener des expérimentations, y compris avec une hybridation entre présentiel et distanciel, pédagogie asynchrone explicite et classes virtuelles. Nous avons également constaté un fort déficit d’information dans les établissements scolaires sur notre offre complémentaire. Nous avons donc engagé la rédaction d’un guide adapté et une refonte de notre site internet qui devrait, d’ici l’été prochain, comprendre un nouvel espace dédié aux établissements scolaires pour présenter nos services de manière plus pro-active.

Au premier semestre 2023, nous lancerons d’autres nouveaux services, dont une plateforme grand public de formation et d’autoévaluation sur les enjeux du changement climatique, de la biodiversité et de la transition écologique. À partir de cette initiative, le ministre de l’Éducation nationale et de la jeunesse a désigné le Cned, dans sa lettre de mission au CSP du 28 septembre 2022 sur ces enjeux, pour être l’opérateur d’une éventuelle plateforme d’évaluation de l’acquisition de connaissances pour les publics scolaires, sur le modèle de Pix pour les savoirs numériques.

Au-delà de l’enjeu que constitue la mise en œuvre du projet d’académie numérique, nous allons bâtir notre futur COP, qui couvrira la période 2023-2026, autour d’une vision et d’une conviction forte : le Cned est né fin 1939 pour faire face à une crise, celle de la Seconde guerre mondiale, quand il a fallu dans l’urgence créer des cours par correspondance pour les enfants des familles déplacées. Ce qui s’est passé pendant la crise de la Covid-19 va nécessairement modifier en profondeur le modèle mondial d’éducation et de formation. La crise a entraîné une accélération considérable de l’équipement numérique et de la prise de conscience des atouts du modèle distanciel, en particulier l’accessibilité, la liberté et la souplesse. L’hybridation du modèle de l’éducation et de la formation continue par le distanciel est une évolution prometteuse. Autant de raisons de parier sur un nouvel essor pour le Cned et son modèle pédagogique.

(1) Jean-Noël Tronc a notamment été, entre 1997 et 2002, conseiller pour les technologies et la société de l'information au cabinet du Premier ministre d'alors, Lionel Jospin. A ce titre, il a travaillé à la création du BII (brevet informatique et internet) devenu, en 2017, Pix. Il a aussi été chargé de mission réseaux de la société de l'information au commissariat général du plan de 1995 à 1997. Il a exercé chez Orange comme directeur de la stratégie et de la marque de 2002 à 2006, président du conseil d'administration d’Orange Réunion entre 2005 et 2006 puis directeur général d’Orange France de septembre 2006 à décembre 2007. De 2008 à 2010 il a été PDG des activités internationales du groupe Canal Plus, puis directeur général de la Sacem entre 2012 et 2021. Jean-Noël Tronc a aussi été membre en tant que personnalité qualifiée du Conseil scientifique de l'enseignement scolaire, présidé par Edgard Morin, et vice-président en 2011 du Comité d'experts chargé d’examiner les projets de l’appel à projet 'E-Education" lancé dans le cadre du Fonds national pour la société numérique.

 

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