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Home| Social / RH| Fonction publique| Dépêche n°684773

"Il y a encore beaucoup d'angles morts dans l'action publique" (Julien Nessi, Horizons publics)

"Il y a beaucoup d’angles morts et ils sont toujours là. À commencer par la question des 'invisibles' de l’action publique, ces usagers qui décrochent par rapport aux services publics en raison notamment de la fracture numérique", et "la désespérance des agents publics", mise "en lumière par la crise sanitaire" et dont le faible taux de participation aux élections professionnelles est selon lui une illustration, constate dans une interview à AEF info, en décembre 2022, Julien Nessi, le rédacteur en chef de la revue "Horizons publics", revue dédiée à la transformation publique, créée début 2018. L'occasion de dresser le bilan des cinq dernières années en matière de transformation de l'action publique mais aussi de ressources humaines. "Horizons publics" compte travailler prochainement avec le collectif Nos services publics sur la question des vocations publiques.

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Pour Julien Nessi, rédacteur en chef d'"Horizons publics", "la fonction publique continue à reproduire les inégalités de la société française notamment en matière de discriminations". Droits réservés - DR

AEF info : "Horizons publics", qui se présente comme "la seule revue dédiée à la transformation publique", fêtera ses cinq ans en janvier 2023. Quel bilan tirez-vous globalement en la matière, cette thématique ayant pris une nouvelle dimension avec l’arrivée d'Emmanuel Macron à la présidence de la République quelques mois avant sa création ? Quelles sont les principales tendances et leurs évolutions ?

Julien Nessi : Parmi les tendances fortes que nous avons constatées, figure l’essor des "biens communs". Cette thématique n’est pas nouvelle mais revient au cœur de l’actualité. Il s’agit d’une autre manière d’appréhender la sphère publique. La crise sanitaire a également accéléré l’innovation publique dans certains domaines. Nous avons notamment effectué un Retex sur le sujet avec la chaire d’innovation publique de Sciences Po Lyon qui met en avant des initiatives ayant permis aux agents et aux cadres du pouvoir d’agir. Troisième tendance : la place des agents et des usagers dans la fabrique de l’action publique, notamment territoriale, dans une logique de co-construction.

Le design s’est également implanté dans les services de l’État et dans les collectivités locales qui ont de plus en plus recours au design de service comme une méthode d’expérimentation, en associant pleinement les agents. Émerge aussi bien sûr désormais l’intégration par les administrations de l’urgence écologique avec, aujourd’hui, un réalignement de l’innovation sur les sujets de sobriété et une redirection écologique des organisations publiques et privées qui cherchent à mieux prendre en compte la fragilité de l’écosystème. Cela influe d’ailleurs sur l’aménagement des territoires, avec l’émergence de ce que nous appelons le "ménagement des territoires", loin de l’ancienne grille de lecture uniforme de l’époque de la Datar.

 

"La question écologique doit être traitée comme une question territoriale" devenir une matrice plus transversale"

 

Commencent à émerger par ailleurs les sujets d’innovation réglementaire, de gouvernance, comptable : comment mieux intégrer les indicateurs du vivant dans la gestion de nos organisations, en d’autres termes, compter ce qui compte. Cette approche est encore expérimentale mais devrait se développer dans les cinq prochaines années. La question écologique doit être traitée comme une question territoriale. Alors qu’aujourd’hui, les sujets territoriaux sont traités trop en silo par les intercommunalités. La question écologique doit devenir une matrice plus transversale. Le développement des tiers-lieux, également, est à noter, avec comme objectif la coconstruction avec la société civile de l’action publique locale. On a vu l’importance des fablab dans la fabrication des masques et visières en pleine crise sanitaire. La crise sanitaire a confirmé le fait que l’action publique peut être aussi coproduite dans les territoires.

À ces tendances s’ajoutent plusieurs faits marquants, à commencer par le recours aux cabinets de conseil. La question qui se pose est de savoir si l’on peut faire de la transformation publique un marché comme un autre alors que l’on traite de sujets d’intérêt général. La nécessité de faire attention au poids des cabinets de conseil a été confirmée par le rapport sénatorial de 2022 qui a évoqué un "phénomène tentaculaire" (lire sur AEF info). Quant au programme Action publique 2022, lancé à grand renfort de communication, il a ensuite été passé sous silence (lire sur AEF info) même si les réorganisations de l’État sont toujours en cours.

AEF info : À cet égard, quelle est la différence entre la réforme de l’État, la modernisation de l’action publique et la transformation de l’action publique ? Toutes ces terminologies ne recouvrent-elles pas la même chose ou la transformation de l’action publique, portée depuis juillet 2020 par un ministère de plein exercice, traduit-elle réellement une nouvelle approche ?

Julien Nessi : Tout cela s’inscrit dans la volonté des gouvernements en place de réformer l’État et la fonction publique. Il est vrai que depuis 2017, la notion de transformation de la fonction publique apporte un changement de sémantique. La transformation de la fonction publique recouvre une notion un peu plus vaste que la réforme de l’État qui, elle, s’inscrivait dans la mouvance de la RGPP et s’appliquait plus à la réduction budgétaire et des effectifs.

Il s’agit désormais davantage de traiter le sujet par différentes briques et en l’élargissant au rôle de la société civile. Il s’agit aussi de s’attaquer aux outils, aux méthodes et à la culture de l’innovation dans les administrations. En témoigne le travail de la DITP, qui a des pôles design et sciences comportementales et a mis en place un centre de participation citoyenne pour accompagner les administrations dans leur prise en compte de l’action des citoyens.

AEF info : Quelles sont les principales évolutions que vous observez en matière de modes d’actions, d’organisation du travail et de management public ? Quelle empreinte durable a – ou non – laissé la crise sanitaire sur ces champs ?

Julien Nessi : Nous nous sommes penchés cet été sur la question des nouvelles pratiques managériales. Le télétravail s’est imposé de manière progressive et il ne devrait pas y avoir de retour en arrière car cela permet aux cadres et aux agents de s’organiser différemment. La crise sanitaire a vraiment accéléré le travail à distance. Et les organisations publiques ont dû suivre ce mouvement de fond. Cela joue sur les attentes des nouvelles générations qui sont plus exigeantes sur ces questions. C’est aussi une manière de rendre plus accessible la fonction publique et de rendre les pratiques managériales plus souples, moins verticales.

 

"Il va falloir renforcer à terme l’émergence du portage d’initiatives spontané par les agents publics"

 

Les managers intermédiaires se sont retrouvés déstabilisés par la crise sanitaire. Les administrations ont donc dû leur offrir un nouveau cadre de travail et favoriser la prise d’initiative des agents publics sur le terrain. La 27e région a lancé un programme de recherche-action, "capacité publique", qui consistait à décrypter ce qui se passait dans les collectivités locales durant la crise sanitaire. Trois tendances ont été identifiées. Tout d’abord le portage d’initiatives spontanées : les agents publics ont la capacité de porter de manière autonome des initiatives. Il va falloir renforcer cette tendance à terme. Ensuite la micro-mobilité professionnelle qui permet aux agents, en cas de crise, de se mettre au service d’une autre administration. Le Canada a d’ailleurs déjà mis en place il y a plusieurs années une initiative similaire, appelée "nuage de talents", permettant à des cadres dotés d’une expertise de faire une mission de six mois en cas de besoin pour épauler une autre administration. Si un tel dispositif avait été en place en France, cela aurait permis de mettre de l’huile dans les rouages.

Enfin, la troisième tendance, encore expérimentale, est le management de la subsidiarité mis en place par plusieurs administrations, dont la Carsat Rhône-Alpes. Il s’agit de mieux répartir les compétences au bon niveau pour gagner en efficacité.

AEF info : Vous indiquez "explorer les angles morts de l’action publique". Quels sont-ils ? Ont-ils évolué ces cinq dernières années ?

Julien Nessi : Ce sujet est une boussole stimulante. Il y a beaucoup d’angles morts et ils sont toujours là. À commencer par la question des "invisibles" de l’action publique, ces usagers qui décrochent par rapport aux services publics en raison notamment de la fracture numérique. De plus en plus de Français ont du mal avec la dématérialisation, toutes tranches d’âges confondues. La e-administration duplique en effet en ligne des formulaires administratifs qui engendrent les mêmes difficultés.

Autre angle mort, mis en lumière par la crise sanitaire, la désespérance des agents publics. La crise a rappelé à quel point les agents publics sont précieux mais, en même temps, en souffrance. Cette souffrance est aujourd’hui bien documentée, notamment par le collectif Nos services publics. Nous allons prochainement explorer avec ce dernier la question des vocations publiques. À cet égard, le faible taux de participation aux élections professionnelles 2022 est révélateur.

 

"Nous assistons également, en toile de fond, à une uberisation des services publics"

 

Par ailleurs, la fonction publique continue à reproduire les inégalités de la société française notamment en matière de discriminations, comme l’a montré l’économiste Yannick L’Horty, de rapport femmes-hommes et d’accès à la haute fonction publique. Les prépas Talents n’ont pour l’heure pas l’effet attendu. Nous assistons également, en toile de fond, à une uberisation des services publics. C’est un sujet que nous allons creuser de même que celui de la conduite des services publics dans un contexte de crises multiples. Enfin, nous constatons un manque d’évaluation des politiques de décentralisation et se pose la question de la déclinaison concrète territoriale de la planification au-delà des effets d’annonce.

AEF info : Le ministre de la Transformation et de la Fonction publiques a organisé son "CNR des services publics" fin octobre dont la restitution vient d’être publiée… (lire sur AEF info) Que peut-on en attendre ? Comment selon vous redonner du sens au travail pour les agents et améliorer l’attractivité de la fonction publique ?

Julien Nessi : Ce CNR des services publics, monté en mode commando, est-il la meilleure manière de répondre au mal-être des agents publics ? Je n’en suis pas sûr. Ne vaudrait-il pas mieux associer sur le long terme et de manière permanente dans des instances plus ouvertes les agents, les cadres, afin qu’ils soient partie prenante des décisions les concernant ? De telles instances sont nécessaires pour redonner du pouvoir d’agir aux agents publics.

 

"L’attractivité commence par une revalorisation salariale pour mieux reconnaître le travail des agents publics"

 

Quant à l’attractivité, elle commence par une revalorisation salariale pour mieux reconnaître le travail des agents publics. Après, d’autres mesures sont envisageables comme octroyer plus de souplesse aux organisations, permettre aux agents de mieux concilier vie personnelle, vie professionnelle. Il y a une forte attente sur le sujet de la part des jeunes générations. Il faut aussi revaloriser les conditions de travail des agents, ce qui passe aussi par l’amélioration des bâtiments publics, dont un bon nombre sont dégradés.

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