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Home| Social / RH| Ressources humaines| Dépêche n°683815

Adaptation au changement climatique : quels enjeux en matière de gestion des ressources humaines ?

Soumises à des réglementations de plus en plus strictes, les entreprises prennent progressivement des engagements pour réduire leurs émissions de gaz à effet serre et s’orienter vers des activités "décarbonées". Ainsi, l’impératif d’atténuation du réchauffement climatique est désormais intégré dans les réflexions stratégiques, même si les effets sont rarement immédiats. En revanche, la nécessaire adaptation au dérèglement climatique de l’organisation et des conditions de travail reste peu appréhendée. Pourtant, la multiplication des vagues de chaleur intense et des phénomènes climatiques extrêmes ne sera pas sans effet sur le travail. Sans compter les difficultés d’accès à l’eau, aux transports ou à l’énergie, qui affecteront l’activité au quotidien. Des questions qui relèvent aujourd’hui de la gestion de crise devront entrer dans le fonctionnement normal de l’entreprise.

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Avec la multiplication des vagues de chaleur intense, les ventilateurs ne suffiront plus. L'organisation, les horaires, les tenues de travail devront être revus MaxPPP - PHOTOPQR/VOIX DU NORD

Le lien entre conditions climatiques et travail est loin d’être nouveau, comme en atteste l’étymologie du mot "chômage", dérivé du verbe latin caumare, qui signifie "se reposer pendant la chaleur". À l’avenir, le réchauffement climatique nous obligera-t-il à cesser toute activité ? À tout le moins, il nous imposera certainement de repenser nos façons de travailler : les lieux, les horaires, les conditions de travail devront être revus. Les équipements de protection devront être adaptés. Et même la capacité des salariés à se rendre sur leur lieu de travail pourrait être affectée. Autant de problématiques que les fonctions RH devront porter auprès des dirigeants d’entreprise, souvent focalisés sur les enjeux de rentabilité, et happés par des préoccupations de court terme comme l’inflation ou les difficultés d’approvisionnement.

"En France, au cours des années 1960-1970, on n’a dépassé qu’une fois les 40 °C par décennie", rappelle la géographe Magali Reghezza-Zitt, maîtresse de conférences au Centre de formation sur l’environnement et la société de l’École normale supérieure, qui s’est spécialisée dans les questions d’adaptation au changement climatique. "Depuis cinq ans, on dépasse cette température chaque année, et de plus en plus tôt. Les épisodes de chaleur intenses deviennent la norme. En 2030, 2040, il y aura probablement plus de 20 jours par an de canicule, avec des pics jusqu’à 50 °C", décrit-elle. "Il ne suffira pas de climatiser les bureaux !"

Sécuriser l’activité, protéger les salariés

Outre la hausse des températures, les entreprises et leurs salariés vont devoir se préparer à d’autres phénomènes, comme des épisodes météorologiques extrêmes plus fréquents (pluies intenses, sécheresse…) et divers aléas climatiques (inondations, submersions, feux de forêt…). L’environnement biologique et chimique pourrait lui aussi être bouleversé, les zones de répartition des moustiques ou tiques, par exemple, étant vouées à évoluer. Dès lors, "la question est double" pour les employeurs, souligne Magali Reghezza-Zitt. D’une part, il s’agit de "sécuriser l’activité face au risque de baisse de production et de productivité, dans un contexte d’accès potentiellement rationné à l’eau, à l’énergie et aux transports". D’autre part, il convient d’assurer "la sécurité des salariés", ce qui suppose de revoir "les missions, les conditions de travail, les horaires, les modalités de déplacement…"

Les effets à prévoir du réchauffement climatique sur le travail sont très concrets, relève Sophie Thiéry, présidente de la commission "Travail et emploi" du Cese, directrice de l’engagement sociétal d’Aésio. "Les fortes chaleurs peuvent amener des salariés à faire des malaises susceptibles d’être mortels, la propagation des moustiques dans de nouvelles zones risque de se traduire par une hausse des maladies… Les risques psychosociaux aussi pourraient progresser, non seulement parce que quand il fait très chaud, on dort mal, ce qui peut générer des tensions avec les clients et les collègues, mais aussi parce que de plus en plus de personnes sont sujettes à l’éco-anxiété…" Antoine Poincaré, vice-président de la Climate School Axa, évoque aussi de possibles cas de "stress post-traumatique" après des épisodes météorologiques extrêmes.

Des salariés empêchés de venir au travail

Au-delà de ces effets directs, d’autres impacts moins évidents sont à prévoir. En période de canicule par exemple, certains salariés pourraient être empêchés de se rendre sur leur lieu de travail. En cause ? La dilatation des rails, qui au-delà de 37 °C peut atteindre plusieurs centimètres, et ainsi "affecter la circulation des trains, tramways et métros… autant de moyens de transport pourtant vertueux au regard des émissions à effet de serre" qui ont vocation à se développer, explique François Boisleux, coordonnateur adaptation au changement climatique pour la cible entreprises à l’Ademe.

Les travailleurs dits de la "deuxième ligne", dont l’épidémie de coronavirus a révélé l’importance, risquent d’être particulièrement concernés, eux qui vivent souvent loin de leur lieu de travail pour échapper aux loyers trop élevés, et utilisent généralement les transports en commun. Or, "dans une économie ultra-interdépendante", leur absence pourrait provoquer des "effets domino" sur de très nombreuses activités, prévient Magali Reghezza-Zitt.

"Tous les services de base aux entreprises, qui sont souvent externalisés, pourraient être concernés", poursuit la chercheuse : sécurité, propreté, logistique… De même, nombre de services publics "ne fonctionneront pas parce que les bâtiments ne sont pas adaptés". Au premier rang de ces services publics figurent les crèches et les écoles. Conséquence : les parents des enfants qui ne pourront pas être accueillis ne pourront pas non plus exercer normalement leur activité.

L’adaptation, une question encore peu traitée dans les entreprises

Les acteurs en entreprise sont-ils conscients de ces enjeux ? Pas vraiment, si l’on en croit les spécialistes. "L’adaptation n’est pas encore un sujet très mature pour la société en général", note François Boisleux, de l’Ademe. "Pendant longtemps, on a considéré que parler adaptation revenait à reconnaître que le changement climatique était devenu une réalité sur laquelle on ne pouvait pas agir, ce qui d’un point de vue pédagogique ne semblait pas forcément pertinent."

"C’est un angle mort du dialogue social", constate également Sophie Thiéry, du Cese. "Les entreprises, au sens employeurs et représentants du personnel, ne se sont pas encore saisies de ce sujet, bien que la loi leur ait donné les compétences pour le faire." Pour l’heure, les élus en sont encore à essayer de comprendre "ce que recouvrent leurs nouvelles prérogatives en matière d’environnement", estime Nicolas Fourmont, expert au sein du cabinet de conseil aux représentants du personnel GATE 17. "Certains pensent encore que les questions environnementales, c’est du punitif. Il y a encore tout un travail de sensibilisation à faire."

"L’adaptation au changement climatique était jusqu’à présent peu connue et peu traitée dans la plupart des organisations, hormis dans les secteurs d’activité directement impactés par les aléas climatiques, comme le BTP", confirme Laurence Breton-Kueny, vice-présidente de l’ANDRH et DRH du groupe Afnor. L’association commence toutefois à réfléchir à ce sujet. Dans un premier temps, elle a "sensibilisé ses membres au travers du plan de sobriété énergétique", considérant que les économies réalisées dans ce cadre affectent "directement les salariés, a minima au travers de l’ambiance thermique dans les environnements de travail" (lire sur AEF info). Au-delà, le lien entre santé et changement climatique sera à l’ordre du jour de la prochaine commission consacrée à la santé et qualité de vie au travail de l’ANDRH. "Une communication suivra."

Les crises comme accélérateurs de la prise de conscience

Signe que le sujet commence à être pris en compte, d’autres travaux sont en cours dans plusieurs organisations. La commission "Travail et emploi" du Cese a entamé en octobre dernier des auditions dans le cadre d’une autosaisine sur le lien entre dérèglements climatiques, santé au travail et santé environnementale. Dans ce cadre, elle a notamment lancé une consultation adressée aux employeurs et représentants du personnel pour "identifier les actions déjà mises en œuvre, ainsi que les freins et leviers pour concilier l’adaptation aux évolutions climatiques avec la santé au travail" (lire sur AEF info). France Stratégie, aussi, doit prochainement publier sur les effets du changement climatique sur le travail.

"Ce qu’on prévoyait pour les années 2050-2100 va en fait se produire beaucoup plus vite", constate François Boisleux (Ademe). "L’été qu’on vient de vivre a commencé à éveiller les consciences. Et même si pour l’instant il n’y a pas de réglementation pour les entreprises, la question commence à émerger." Pour Sophie Thiéry, "trois phénomènes contribuent à accélérer la prise de conscience : la crise du Covid, la canicule, et la crise énergétique. L’épidémie de Covid nous a montré qu’une catastrophe peut arriver à tout moment et bouleverser l’organisation du travail. Il nous tombe quelque chose dessus et il faut s’adapter. La canicule, on l’a tous vécue et ça commence à nous faire réfléchir. Et la crise énergétique change la donne pour les entreprises, avec des factures multipliées par deux, par trois, par huit… Tout d’un coup ce n’est plus une question environnementale, mais un sujet d’équilibre économique. Si ces crises peuvent avoir un effet collatéral bénéfique, prenons-le !"

Attention toutefois, prévient Sophie Thiéry : cette prise de conscience doit être l’occasion d’engager "des actions irréversibles". "Il ne faut pas, une fois que la crise soit passée, que les bureaux soient à nouveau chauffés à 25 °C !" Pour elle, il faut "sortir de la gestion de crise pour intégrer ces sujets dans le fonctionnement normal de l’entreprise". "On ne retrouvera jamais le climat de notre enfance, donc on n’en est plus à se dire qu’on peut exceptionnellement retirer la veste ! L’été dernier, dans certaines entreprises, on a fait trois réunions de crise pour adapter les horaires de travail. Est-ce que l’année prochaine on en fera quatre, ou est-ce qu’on réfléchit à une nouvelle organisation du travail ?"

La santé au travail comme point d’entrée

Dans un premier temps, Laurence Breton-Kueny, de l’ANDRH, suggère d’aborder le sujet par la santé au travail. "Comme DRH, il nous faut intégrer les effets du changement climatique sur la santé des femmes et des hommes travaillant pour nos organisations dans nos démarches de prévention des risques inclus dans le DUERP et dans les Papripact. Il s’agit, au-delà des classiques ambiances thermiques contenues dans nos DUERP, de mentionner les nécessaires adaptations de l’organisation du travail et des environnements du travail." Elle plaide pour "associer les représentants du personnel" à cette démarche, comme cela s’est fait pendant la crise sanitaire. Sophie Thiéry aussi pense que le DUERP doit être au cœur de la démarche, "car il va y avoir des risques très spécifiques par secteur d’activité ou par entreprise". "Il faut caractériser les différents risques auxquels sont exposés les travailleurs, en se référant aux travaux de l’Anses sur le sujet", abonde Nicolas Fourmont, expert auprès des CSE. "Ensuite, il faut essayer de réduire l’exposition aux risques en adaptant les horaires et l’organisation du travail, les équipements de protection individuelle, etc. Puis il faut en faire un objet de dialogue social à suivre dans le temps."

Au-delà des questions de santé au travail, les entreprises ont intérêt à réaliser un diagnostic de vulnérabilité, recommande Guillaume Dolques, chargé de recherche à l’institut I4CE (Institute for Climate Economics). Un premier pas indispensable pour pouvoir "traiter les premiers points chauds" dès que possible. Par exemple, les entreprises du secteur textile, grosses consommatrices d’eau, qui ont parfois dû interrompre leur activité l’été dernier, doivent identifier les usines qui vont pouvoir continuer à travailler ou non en période estivale, et envisager des adaptations.

Déployer des "actions sans regret"

L’Ademe aussi préconise de commencer par mener un diagnostic de vulnérabilité, puis d’appliquer une méthodologie issue de la norme ISO 14090 "Adaptation au changement climatique", avant de mettre en place des actions qu’il conviendra d’évaluer. Une démarche exigeante, qui ne peut être menée qu’en étant "convaincu", prévient François Boisleux. Lequel suggère dans tous les cas de déployer des "actions sans regret", c’est-à-dire des actions qui seront de toute façon positives pour l’entreprise. "On sait par exemple que l’eau va devenir demain un sujet crucial. Donc indépendamment de ma vulnérabilité, si je réduis ma consommation d’eau, je vais faire des économies et serai moins soumis aux tensions." Ces actions peuvent en particulier être mises en œuvre dans le cadre d’aménagement de locaux. Par exemple, "si vous devez changer un système de chauffage, autant réfléchir d’emblée à un système qui chauffe en hiver et rafraîchit en été, la géothermie, qui permet à la fois de travailler sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’adaptation au réchauffement climatique." Mais il faudra peut-être aussi "réfléchir à des actions qui aboutiront à une remise en cause ou à un ajustement de l’activité", comme une "diversification des fournisseurs car l’un d’entre eux risque de se retrouver les pieds dans l’eau"…

Car "une entreprise adaptée au changement climatique doit aussi être intégrée dans un territoire, un écosystème adapté", prévient Guillaume Dolques (I4CE). C’est pour cette raison que Nicolas Fourmont, du cabinet GATE 17, estime que les partenaires sociaux dans les branches et dans les territoires doivent se saisir de ces questions, pour "aider les entreprises, où les acteurs sont un peu démunis, tant côté employeurs que côté représentants du personnel". "Il s’agit d’un problème systémique, dans lequel on ne joue pas seul", abonde Magali Reghezza. "Comme lors de la crise du Covid, on a tendance à réfléchir d’abord aux fonctions stratégiques, en oubliant que le système fonctionne aussi grâce aux 'deuxièmes lignes', qui sont aussi les plus vulnérables. Cela vaut tant pour les salariés que pour les sous-traitants. La résilience du nœud central sera proportionnelle aux ressources sur lesquelles il pourra s’appuyer à la périphérie."

"Le devoir d’un dirigeant d’entreprise, c’est d’anticiper les chocs, les menaces", ajoute la géographe. "Ne pas le faire serait une faute professionnelle. On ne leur demande pas de faire de la philanthropie, mais la règle du jeu a changé : dans ce monde réchauffé par l’activité humaine, certaines activités ne pourront pas perdurer."

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Lucie Prusak, journaliste