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Home| Social / RH| Politiques de l’emploi| Dépêche n°682855

CEJ : comment l’agence Pôle emploi de Juvisy-sur-Orge délivre un accompagnement socioprofessionnel se voulant "inédit"

Lancé en mars 2022, le contrat d’engagement jeunes propose à des demandeurs d’emploi âgés de 16 à 25 ans (29 lorsqu’ils sont reconnus handicapés) un accompagnement renforcé de 6 à 18 mois en fonction du profil des bénéficiaires. En contrepartie d’une allocation mensuelle de 520 euros au maximum, ils doivent s’engager à réaliser de 15 à 20 heures d’activité par semaine (ateliers, formations, stages, mises en situation professionnelle…). L’agence Pôle emploi de Juvisy-sur-Orge, dans l’Essonne, dédie deux conseillères à un suivi très personnalisé de jeunes pour les aider à trouver leur voie, à connaître les opportunités du marché du travail, et à acquérir savoir-faire et savoir-être en vue de leur insertion professionnelle.

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Hormis pour son volet "Jeunes en rupture" qui vient d'être lancé, le public du CEJ est le même que celui ciblé initialement par la Garantie jeunes mise en extinction avec le lancement du contrat d'engagement Droits réservés - DR

"J’ai du mal à me projeter. Je n’ai pas de rêves." À 19 ans, Mélina vient de signer un contrat d’engagement jeune. Le 21 novembre, elle rencontre, pour la deuxième fois sa conseillère, au sein de l’agence Pôle emploi de Juvisy-sur-Orge, dans l’Essonne. De sa voix fluette, la jeune fille confie sa timidité, un parcours scolaire "très difficile", sans s’étendre davantage. Elle n’a pas décroché son bac, ne parvient pas à valider le code de son permis de conduire. Élisabeth Camara, la conseillère qui la suit, ajoute qu’elle rencontre de surcroît des difficultés relationnelles après avoir été victime de harcèlement scolaire.

Il s’agit donc d’abord de l’aider à trouver une orientation professionnelle. "Je sais ce que vous aimez, lui dit Élisabeth Camara, mais pas ce que vous n’aimez pas… " La jeune fille a travaillé durant l’été à la base de loisirs voisine, avec des enfants, et cela lui a bien plu. Mais sans savoir encore si elle souhaite poursuivre une carrière dans ce domaine, elle qui avait initialement choisi un bac tourné vers les ressources humaines, ou plutôt se diriger vers autre chose.

"Cela redonne confiance"

Dès lors, un des ateliers qu’il lui est proposé de suivre, quatre jours plus tard, tient à la réalisation d’un bilan de compétences, dans le cadre d’un programme appelé "Activ’métier". L’occasion, aussi, s’entend-elle expliquer, de réaliser des tests de personnalité, pour établir les valeurs qui sont les siennes dans le champ professionnel. Pour le réaliser, elle devra se rendre chez un prestataire de Pôle emploi. La veille, elle accepte de suivre un atelier collectif, baptisé "Et toi ?", une séance commune de jeux de rôle pour identifier ses forces et faiblesses. Enfin, 10 jours après l’entretien, elle participera, aussi, à une visite du Louvre, avec sa conseillère et d’autres jeunes suivis dans le cadre du CEJ.

L’entretien aura duré une vingtaine de minutes. Elle ressort avec trois rendez-vous, des explications sur le fonctionnement de l’application numérique mise à sa disposition. Elle n’a pas de questions, non, dit-elle quand on l’interroge à ce propos. "Cela redonne confiance, montre que quelqu’un peut nous aider", explique Mélina. Elle ajoute : "J’ai beaucoup de problèmes de santé, mais je peux accepter plusieurs rendez-vous. Ça me prépare à la vie professionnelle."

Un portefeuille de 30 jeunes

À sa sortie du bureau, sa conseillère précise que pour l’heure, cette jeune fille sera surtout confrontée à des activités individuelles ou, lorsqu’il s’agira d’ateliers collectifs, qu’elle veillera à être présente elle-même, pour la rassurer. Elle fera aussi des points avec le psychologue qui reçoit cette jeune fille.

Comme prévu lors de l’annonce du dispositif par le gouvernement, chacune des deux conseillères CEJ de l’agence accueille 30 jeunes, contre 70 à 80 dans le cadre de l’AIJ (Accompagnement intensif jeunes) délivré par Pôle emploi ou jusqu’à 240 dans un suivi classique dit "guidé". Depuis mars et les premières signatures de CEJ, l’agence a inscrit 120 jeunes dans ce dispositif, avec déjà des entrées et sorties. Des effectifs réduits qui permettent donc de personnaliser au maximum les modes d’accompagnement. Élisabeth Camara souligne tout l’intérêt de cet accompagnement en dentelle et précise qu’elle s’adapte au rythme de chaque jeune.

Parcours sur-mesure

L’individualisation des parcours s’avère profitable, au vu des profils des jeunes accueillis. Nombre d’entre eux comptent parmi les décrocheurs scolaires, depuis leur 3e. Très peu ont obtenu le bac. Plusieurs connaissent des parcours de vie déjà heurtés, et 10 % sont inscrits comme demandeurs d’emploi depuis plus de deux ans. L’agence Pôle emploi de Juvisy-sur-Orge couvre, sur son territoire d’intervention, des quartiers prioritaires de la politique de la ville des communes voisines de Draveil et Vigneux.

Pour mener à bien sa mission, l’agence coopère avec deux missions locales, celle du Nord Essonne et celle de Val d’Hyères-Val de Seine. Les deux opérateurs du service public de l’emploi se répartissent les suivis. En fonction de l’âge, les missions locales se chargeant des mineurs, parce qu’elles sont davantage en lien avec les familles. Mais aussi en cohérence avec les outils à leur disposition. Ainsi la mission locale de Val d’Hyères-Val de Seine assure-t-elle les prises en charge qui nécessitent un accompagnement en santé, par exemple. Un référent dédié aux relations avec les missions locales a un rendez-vous mensuel avec elles et les deux directions échangent tous les trois mois, indique la directrice de l’agence Géraldine Gérard. Elle annonce aussi qu’en janvier 2023, les conseillers des deux opérateurs se réuniront pour "fluidifier" le travail.

D’ores et déjà, les ateliers conçus par les uns pour les jeunes qu’ils suivent sont ouverts à ceux accompagnés par les autres. Les missions locales peuvent adresser à Pôle emploi des jeunes lorsqu’ils ont utilisé tous les dispositifs à leur disposition en leur sein, et Pôle emploi leur confier ceux qui nécessitent un accompagnement plus large que ce qu’il peut mettre en place.

Développement de l’autonomie des jeunes

"Avec le CEJ, Pôle emploi offre un accompagnement socioprofessionnel inédit", souligne avec un plaisir évident Géraldine Gérard. Certes, sont proposés des ateliers pour apprendre à lire les offres d’emploi, pour préparer les entretiens d’embauche, des simulations avec de véritables employeurs ou encore des moyens de rendre son CV "percutant". S’y ajoutent des informations sur le marché du travail, des possibilités de faire le point sur leurs compétences, des explications sur l’utilisation des réseaux professionnels dans le cadre de la recherche d’emploi.

Mais au-delà de ces ateliers somme toute classiques, les conseillères cherchent à aider les jeunes à devenir autonomes, et ce dans plusieurs domaines de leur vie : "Le CEJ leur attribue une aide financière. On en profite pour leur apprendre à gérer leur argent, pour leur expliquer qu’ils doivent bien payer leur facture de téléphone pour rester joignables ou penser à acheter leur pass navigo", illustre Élisabeth Camara. Des "parcours à la carte", comme les définit Géraldine Gérard, qui peuvent aussi inclure un soutien en matière de garde d’enfants : à cet effet, l’agence s’est mise en relation avec les mairies pour disposer de quelques places pour ces jeunes.

Changement de posture

Des conseils en matière de savoir-être et de posture leur sont aussi délivrés, et un partenariat avec La Cravate solidaire a été noué pour aider ceux qui manquent de moyens à apparaître devant un employeur potentiel correctement vêtus lors de leurs entretiens. "Nous misons sur le collectif, pour qu’ils s’entraident et se créent un premier réseau", complète Élisabeth Camara. Un travail sur la mobilité est aussi soutenu, afin d’éviter qu’ils s’autocensurent et ne cherchent pas d’emploi en dehors de leur ville, voire de leur quartier, et pour les encourager à sortir de leur zone de confort. "Lorsqu’on les emmène au Louvre, note Caroline Gressy, l’autre conseillère CEJ de l’agence, certains découvrent le métro ! On leur montre comment lire le plan. On leur ouvre des champs du possible. Au bout de trois ateliers, on les retrouve changés."

En dehors de ces temps formalisés et le plus souvent collectifs, les conseillères répondent aux interrogations et besoins individuels par mail mais surtout via une application dédiée. Elles reconnaissent ne pas vraiment se déconnecter, lire les messages en dehors des horaires de travail. Mais s’ingénient à ne répondre qu’à des heures ouvrables, aussi pour que les jeunes intègrent les codes du milieu professionnel. Ce qui ne les empêche pas d’adapter ce qu’elles appellent leur posture, et, par exemple, d’autoriser le tutoiement lors des sorties. Elles ont même reçu, et accepté, une invitation à un barbecue de printemps, monté par des jeunes, en remerciement d’un atelier de trois jours nommé "Atout jeunes".

Des entreprises mobilisées

Quant aux relations avec les entreprises voisines, selon les conseillères, elles sont elles aussi au beau fixe. Les secteurs de la logistique et l’aéroport d’Orly, proche, représentent deux gros employeurs. Ces derniers se mettent en lien avec les conseillers de Pôle emploi en charge des relations avec les entreprises, qui leur présentent les aides dont ils disposent pour embaucher des jeunes, comme le dispositif des emplois francs, un contrat aidé destiné à faciliter l’insertion des habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville. "Il n’est pas compliqué de mobiliser les entreprises, estime Élisabeth Camara. Elles sont même parfois agréablement surprises par notre démarche." "Et nous ne manquons pas de moyens d’action, complète Géraldine Gérard, en particulier en termes de formations disponibles."

Au lancement du CEJ, la directrice de l’agence a lancé un appel à volontaires pour désigner les deux conseillères qui se consacreraient à ce dispositif. Deux autres sont en poste pour l’AIJ. "Il fallait démontrer une appétence pour ces publics et une belle part de créativité. Et de ce point de vue, elles continuent de me surprendre au quotidien", sourit Géraldine Gérard. Élisabeth Camara a auparavant œuvré sur l’AIJ et à ce titre participé aux travaux préparatoires du CEJ. Caroline Gressy, pour sa part, est au départ éducatrice spécialisée, et a exercé au sein de l’ASE (Aide sociale à l’enfance) et dans des Itep (Instituts thérapeutiques éducatifs et pédagogiques). Toutes deux affirment un réel intérêt pour les audiences des jeunes en difficulté, un "public attachant" selon Élisabeth Camara, qui dans un sourire explique : "On s’éclate !" "On reçoit de nombreux retours des jeunes", abonde Caroline Gressy.

Rares abandons

Malgré tout, certains "ne sont pas rattrapés", reconnaissent-elles. Les décrochages se produisent particulièrement au début de l’intégration. Les conseillères en déduisent que la mobilisation initiale est capitale et que d’emblée un travail sur la confiance s’impose. Avant de sanctionner un jeune absent à un rendez-vous, elles disent le joindre pour entendre ses raisons. Toutes deux affirment que très peu de sanctions sont prononcées.

"On leur montre qu’on reste ouvertes à la communication", indique Élisabeth Camara. "De toute façon, si le jeune ne devient pas partie prenante de son accompagnement, on ne parviendra à rien faire", complète Géraldine Gérard, qui précise que depuis mars dernier, seuls deux jeunes ont été pénalisés du retrait d’un quart de leur allocation un temps donné.

30 % de sorties vers l’emploi dit durable

Au sein de l’agence comme, plus largement, à l’échelle du département, 30 % des sorties mènent les jeunes vers un CDI ou un CDD de plus de 6 mois. Et s’y ajoutent bon nombre de formations, pour ces publics initialement peu qualifiés, qui ne sont pas comptabilisées dans le taux de sorties positives.

À 22 ans, Fabio vient justement de terminer un cursus de préparation au métier d’agent d’accueil ou d’escale dans un aéroport. Il a abandonné en chemin sa licence d’informatique, qui ne l’intéressait pas. Il parle Anglais, Espagnol et Portugais et aimerait utiliser les langues dans son travail. Il rencontre ce lundi Caroline Gressy, sa conseillère, pour travailler son retour à l’emploi. Elle lui propose de participer à un atelier pour convaincre en entretien, ce qu’il accepte. Il doit aussi lui envoyer à l’issue du rendez-vous son CV réactualisé, avec la mention de cette formation. Puisqu’il envisage de partir à l’étranger, sa conseillère l’invite à regarder Activ’International, un service de Pôle emploi dédié au sujet. "Sans cet accompagnement, je n’aurais sans doute pas avancé. Alors que là j’ai déjà pu suivre une formation, et voir à quoi ressemblerait le métier d’agent d’accueil et d’agent d’escale, et ça me semble intéressant."

"C’est un jeune ouvert, observe sa conseillère, qui a accepté d’envisager autre chose que son projet de départ. Il s’en sort très bien." Il n’abandonne pas pour autant son rêve initial : "Comment je me projette dans dix ans ? Au travail, dans le domaine de la traduction, orale ou écrite. Plutôt écrite. Je traduirais par exemple des bandes dessinées."

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Sophie Massieu, journaliste