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Confions l’enseignement professionnel aux régions ! Par Bernard Toulemonde

Compétences en matière de développement économique, des outils pour assurer le lien avec l’enseignement professionnel, l’expérience de la gestion des lycées… Les régions ont des atouts pour se voir confier les lycées professionnels, estime Bernard Toulemonde dans une tribune pour AEF info. Alors que la voie professionnelle entre dans une nouvelle réforme, l’ancien directeur, ancien recteur, inspecteur général honoraire revient sur les précédentes tentatives pour "revaloriser l’enseignement" et identifie plusieurs blocages : la nature réelle du collège, à l’issue duquel les élèves sont "orientés" vers un lycée professionnel, la composition du corps enseignant au collège et le "regard dévalorisé" que le système lui-même porte sur les lycées professionnels.

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Bernard Toulemonde, ancien directeur, ancien recteur, inspecteur général honoraire.

Le gouvernement a lancé une nouvelle tentative de réforme des lycées professionnels (lire sur AEF info), avec de belles intentions : une grande campagne pour "changer le regard" et "revaloriser l’enseignement professionnel" ; une meilleure liaison avec les milieux professionnels ; une augmentation de la durée des stages en entreprise… Rien de nouveau ! Combien de fois, au cours de ces 40 dernières années, n’a-t-on pas entendu les ministres exprimer leur volonté d’assurer "l’égale dignité" de la voie professionnelle ? Combien de fois n’a-t-on pas pris des mesures pour la revaloriser ? Sans grands succès puisqu’il faut recommencer quelques années plus tard… Pourquoi ?

Parce que tant que l’enseignement professionnel sera dans la grande maison de l’Éducation nationale, il sera la voie de formation mal aimée, le parent pauvre du système.

La nature réelle du collège

La première source de ce phénomène tient à la nature réelle du collège, à l’issue duquel les élèves sont "orientés" vers un lycée professionnel. Tout le monde le sait, tous les constats et analyses le démontrent : en dépit des objectifs généreux qui ont présidé à la création du collège unique, celui-ci est en réalité devenu l’antichambre du lycée général.

Les enseignements ne font quasiment aucune place aux disciplines pratiques et, à cet égard, le délabrement de l’enseignement de la technologie (inséré dans les sciences), qui n’est même plus assuré dans tous les collèges, est symptomatique. Dès lors, les élèves "orientés" sont ceux qui sont considérés comme "en échec" car sans appétit pour les disciplines générales.

La composition du corps enseignant au collège

La seconde source tient au corps enseignant des collèges. Qui est-il ? Statutairement, dans le jargon "éduc. nat.", des "professeurs de type lycées", donc des agrégés et certifiés, pour la plupart desquels l’enseignement général est le couronnement de leur formation et la boussole qui guide l’appréciation de leurs élèves.

Ils sont confortés dans cette attitude par une bonne partie des parents d’élèves des couches sociales favorisées et des classes moyennes diplômées (dont ils font d’ailleurs partie) qui aspirent, pour leurs enfants, à l’accès à l’enseignement supérieur et aux grandes écoles et pour lesquels une orientation vers l’enseignement professionnel est vécue comme une catastrophe à éviter à tout prix.

Le regard dévalorisé que le système porte sur les lycées professionnels

La troisième source provient du regard dévalorisé que le système lui-même porte sur les lycées professionnels. Premier exemple : les professeurs des matières générales des LP dispensent deux matières, ils sont "bi-valents". Un gros mot, une catégorie honnie par le principal syndicat des enseignants du second degré, le Snes-FSU, pour qui un enseignant digne de ce nom ne peut dispenser qu’une seule discipline !

Le syndicat a ainsi obtenu, à la fin des années 1980 et avec la complicité du ministère, la disparition des PEGC, anciens instituteurs enseignant deux disciplines dans les collèges, et il combat avec la dernière énergie toutes les tentatives qui ont eu lieu pour y instiller ce type d’enseignants, peut-être moins savants, mais plus pédagogues avec de jeunes élèves.

 

"Tant que l’enseignement professionnel sera dans la grande maison Éducation nationale, il restera éloigné du monde des professions."

 

Deuxième exemple : les inspecteurs de l’enseignement professionnel sont des inspecteurs de l’Éducation nationale (IEN), comme les inspecteurs de l’enseignement primaire, et non des inspecteurs pédagogiques régionaux (IPR), qui inspectent dans les lycées et collèges. Plusieurs tentatives ont eu lieu pour les intégrer dans le corps des IPR, mais elles ont toutes échoué : un mélange des genres insupportable à beaucoup !

Au sein de l’Éducation nationale, une hiérarchie implacable relègue donc les LP au dernier rang des formations, en dépit de toutes les mesures prises depuis des années – certaines fort importantes (ex : création du bac pro ; statut et horaires de service des PLP égaux à ceux des certifiés). Sortons donc de ce système ! Comme, par exemple, l’enseignement professionnel agricole, à l’abri de toute dévalorisation du fait qu’il relève du ministère de l’Agriculture et non de l’Éducation nationale.

Quant à l’enseignement professionnel lui-même, tant qu’il sera dans la grande maison Éducation nationale, il restera éloigné du monde des professions.

Qu’on le veuille ou non et en dépit d’efforts conduits par une partie des proviseurs, des enseignants et des rectorats, un fossé sépare les uns des autres. Le corps professoral tend à se banaliser alors qu’il était autrefois formé dans des écoles particulières, les ENNA (Écoles nationales normales d’apprentissage), et souvent issu du monde de l’industrie et du commerce. De plus les rectorats, absorbés par de multiples tâches, ne peuvent avoir pour priorité première d’effectuer un travail quotidien et approfondi avec le monde économique.

Les régions ont déjà des outils pour assurer le lien avec l’enseignement professionnel

En revanche, les Régions disposent, en raison de leurs compétences en matière de développement économique et d’aides aux entreprises, d’une connaissance intime du tissu industriel et commercial et entretiennent des relations étroites avec le monde professionnel.

Elles ont déjà des outils pour assurer le lien avec l’enseignement professionnel, par exemple la carte des formations, qu’elles arrêtent, et l’information sur les métiers et les formations qu’elles organisent.

Les régions ont en outre l’expérience de la gestion des lycées puisqu’elles ont depuis longtemps la responsabilité du gîte et du couvert, des équipements, du service d’hébergement et d’une partie des personnels (les TOS) : des compétences remplies à la satisfaction quasi-unanime et personne ne nie qu’elles font plus, plus vite et mieux que ne le faisait l’État auparavant. Alors, pourquoi ne pas leur confier les LP, avec armes et bagages ?

Quelle articulation avec l’apprentissage ?

Comment ne pas souhaiter que les LP et l’apprentissage marchent l’amble dès lors qu’ils contribuent tous les deux à la formation des jeunes, qu’ils s’adressent peu ou prou aux mêmes élèves, du moins aux niveaux les plus bas (CAP, bac pro : niveaux 3 et 4), qu’ils sont des vases communicants, plutôt que de continuer à les laisser se regarder en chiens de faïence et éviter soigneusement tout mélange des jeunes dans les mêmes structures ?

Les régions disposaient d’une compétence générale sur l’apprentissage, qui leur a été retirée en 2018 au profit d’un établissement public national, France Compétences. Comme souhaité alors, l’apprentissage s’est considérablement développé, mais avec une dérive perverse : une explosion au profit de l’enseignement supérieur (master, licence, BTS : niveaux 5 et plus) alors que les difficultés d’insertion des jeunes les plus préoccupantes se situent au niveau du CAP et du bac pro. 

Dans ces conditions, n’est-il pas nécessaire de revoir la réforme de 2018 et de réunir l’ensemble de la formation professionnelle initiale sous la même autorité -les régions-, de façon à associer enfin CFA et LP, et de surcroît de concentrer l’effort sur les jeunes en difficulté ?

Bernard Toulemonde, ancien directeur, ancien recteur, inspecteur général honoraire

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