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Home| Social / RH| Fonction publique| Dépêche n°682692

"Il faut un choc d’attractivité et budgétaire pour la fonction publique et les services publics" (Baptiste Talbot, CGT)

Le 8 décembre 2022, se tiendront, pour 5,6 millions d’agents, les élections professionnelles dans les trois versants de la fonction publique, qui ont lieu tous les quatre ans. Un scrutin aux enjeux particulièrement importants cette année : outre le taux de participation, passé sous la barre des 50 % en 2018, de nouvelles instances de dialogue social issues de la loi Fonction publique de 2019 (comités sociaux et CAP aux compétences réduites) vont être installées. Dans cette perspective, AEF info publie tous les jours, à partir de ce lundi 21 novembre 2022, l’interview des leaders des neuf organisations représentatives (1) de la fonction publique (UFSE-CGT, Uffa-CFDT, FGF-FO, Unsa Fonction publique, FSU, Solidaires, FA-FP, CFE-CGC et CFTC). Aujourd'hui Baptiste Talbot, coordinateur de la CGT Fonction publique, première organisation sur les trois versants avec 21,8 % des voix, devant la CFDT (19 %) (2).

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Pour Baptiste Talbot, coordinateur de la CGT Fonction publique," la logique d’affaiblissement des instances paritaires qui découle de la loi de 2019 risque de réduire l’appétence des agents pour ce scrutin". CGT

AEF info : Le précédent scrutin, en 2018 (lire sur AEF info), avait eu lieu au début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, marqué notamment par un objectif de 120 000 suppressions de postes, le programme Action publique 2022, la suspension de l’application de PPCR, l’instauration d’un jour de carence… Depuis, la loi de transformation de la fonction publique de 2019 est entrée en application et la crise sanitaire a poussé le gouvernement à revoir son approche de la fonction publique. Quels sont pour la CGT les principaux enjeux des élections professionnelles de décembre 2022 ?

Baptiste Talbot : La position du gouvernement concernant la fonction publique et les agents publics est plus positive tout du moins dans sa communication. Pour autant, si les politiques aveugles de suppressions d’emplois avec des objectifs chiffrés ont été arrêtées, nous avons le sentiment qu’il n’y a pas de vraie rupture pour le reste. En témoigne la poursuite de la mise en œuvre de la loi de transformation de la fonction publique avec notamment la réforme des instances de dialogue social. Comme nous avons pu le constater durant la crise sanitaire, la suppression des CHSCT est une erreur. Il en va de même avec le recours accru au contrat et le développement de nouvelles formes de contractualisation ainsi que la question salariale.

À cet égard, le ministre de la Fonction publique met en avant le fait que la hausse de la valeur du point d’indice appliquée en juillet, de 3,5 %, est la plus forte depuis 1985 mais l’année va également se solder par la baisse du pouvoir d’achat la plus forte depuis 1985, avec une inflation à environ 7 %. Cela va engendrer une baisse du pouvoir d’achat de 3,5 %, soit la plus élevée depuis près de 40 ans. Il n’y a donc pas d’inflexion sur la question salariale. À ce sujet, il faut noter une sorte de défaite politique pour le gouvernement : après avoir affirmé que l’augmentation du point d’indice n’était pas la meilleure réponse à la question salariale, cela a finalement été le seul moyen de répondre de manière générale et durable à cette question. Enfin, l’orientation budgétaire structurelle n’a pas non plus évolué, notamment à l’égard des collectivités locales.

 

"La logique d’affaiblissement des instances paritaires qui découle de la loi de 2019 risque de réduire l’appétence pour ce scrutin."

 

Dans ce contexte, le premier enjeu des élections professionnelles est la participation, qui est passée sous la barre des 50 % en 2018. Alors que ces élections sont un rendez-vous politique et démocratique majeur puisque plus de 5 millions d’agents vont voter, soit 20 % du salariat. Depuis la crise sanitaire, nombre d’agents sont en quête de sens par rapport à leur travail. Ces élections sont donc une occasion pour eux de s’exprimer et d’affirmer une vision de la fonction publique. Il faut d’ailleurs s’attendre à une lecture très politique du scrutin. Toutefois, la logique d’affaiblissement des instances paritaires qui découle de la loi de 2019 risque de réduire l’appétence pour ces élections, nombre d’agents estimant que le dialogue social n’a pas d’influence sur leurs conditions de travail. Si les organisations syndicales qui ont affirmé leur opposition aux politiques d’austérité sortent gagnantes de ces élections, ce sera un signal politique fort envoyé au gouvernement.

Pour la CGT, nous sommes plutôt confiants car nos équipes sont très engagées. Nous ne sommes pas trop inquiets sur notre première place sur l’ensemble des trois versants et nous souhaitons la renforcer. Le message de la CGT est clair sur la nécessité de rompre avec les politiques d’austérité. Il est nécessaire de consacrer davantage de moyens à la fonction publique. Il faut un choc d’attractivité et un choc budgétaire pour la fonction publique et les services publics.

AEF info : La généralisation du vote électronique dans la fonction publique de l’État et la mise en place de nouvelles instances de dialogue social (CSA, CST, CSE) pourraient-elles, selon vous, peser sur la participation ?

Baptiste Talbot : Pour nous, il y a une corrélation entre la participation et le développement de toutes les formes de vote à distance. Déjà, précédemment, le développement du vote par correspondance avait provoqué une baisse de la participation. Pour l’heure, la quasi-généralisation du vote électronique, en particulier au sein de l’État, pose des difficultés notamment avec les prestataires.

 

"La symbolique du vote à l’urne, à laquelle nous croyons beaucoup, confère une dimension collective au scrutin."

 

Nous constatons des problèmes de publication des listes électorales, de diffusion des identifiants, de conditions de dépôt de liste des candidatures, de délais pour les professions de foi, d’accès au matériel informatique pour les personnels dont ce n’est pas un outil de travail. La symbolique du vote à l’urne, à laquelle nous croyons beaucoup, confère une dimension collective au scrutin. Le fait de vouloir faire des économies budgétaires sur le dos de la démocratie risque d’être lourd de conséquences. Nous avons l’impression que la participation n’est pas au centre des préoccupations des employeurs publics.

Par ailleurs, les temps de préparation administrative et des process de vote tendent à prendre de plus en plus de place au détriment de la campagne sur le terrain, ce qui est inquiétant. Nous avons alerté le gouvernement à ce sujet. Il est également plus compliqué qu’avant de constituer des listes bien que la CGT n’en pâtît pas. L’inquiétude est davantage sur l’avenir : les élus des nouvelles instances devront assurer plus de missions sur un temps moindre et devraient être davantage sollicités dans le contexte actuel. Ils devront donc relever un défi important.

AEF info : En quoi les négociations passées ou toujours en cours (PSC, haute fonction publique…) relatives aux grandes réformes de la loi Dussopt, à commencer par celle de la négociation collective, changent-elles la donne pour les organisations syndicales ?

Baptiste Talbot : Ce qui nous intéresse dans les négociations, c’est en quoi elles permettent de changer la vie des personnels. Nous l’avons toujours dit, nous sommes prêts à négocier sur les sujets qui permettent de faire avancer la situation des personnels et plus largement l’efficacité des services publics. Nous sommes d’ailleurs favorables à un droit d’initiative syndicale. Sur le papier, l’ordonnance négociation collective offre certes davantage de possibilités de négociation mais le sujet reste les conséquences concrètes des négociations sur la vie des personnels et en quoi les mesures prises sont contraignantes pour les employeurs, sont budgétées, ont ou non un caractère transversal pour le périmètre des discussions.

En outre, le principe d’une négociation collective reste tabou sur deux sujets : la valeur du point d’indice – le dernier accord sur le sujet remonte à 2010, ce qui pose problème comparativement au secteur privé où se déroulent des NAO – et la réforme des retraites pour laquelle le gouvernement a fait le choix d’une concertation. Nous avons du mal à comprendre que certains sujets échappent à la négociation collective.

La CGT s’inscrit vraiment dans une démarche qui consiste à signer lorsque l’accord fait avancer la situation des personnels, ce que nous assumons sans aucun tabou. Mais à l’inverse, nous assumons aussi le fait de ne pas signer quand un accord se limite à de l’affichage et de la communication. 

AEF info : Dans quel état d’esprit abordez-vous le chantier sur les carrières et les rémunérations qui doit s’ouvrir en 2023 ?

Baptiste Talbot : Nous sommes ouverts à un tel chantier mais nous sommes également exigeants et offensifs. Nous souhaitons prendre pour argent comptant l’engagement du ministre de la Transformation et de la Fonction publiques selon lequel ce chantier n’est pas déterminé à l’avance et le rapport Peny-Simonpoli (lire sur AEF info) n’est qu’un élément de la discussion. Nous attendons que la nature de la discussion soit déterminée afin de savoir si nous sommes dans une négociation – ce à quoi nous sommes favorables, avec un accord de méthode – ou non. Mais la CGT ne participera pas à un exercice factice qui consiste à organiser une nouvelle phase d’affaiblissement du statut, du développement de la contractualisation et des mécanismes de rémunération individuels. Si nous voyons que les discussions prennent ce chemin, nous en tirerons les conclusions.

 

"Il est nécessaire d’ouvrir des chantiers sur la revalorisation des grilles, les déroulements de carrière, l’égalité professionnelle en particulier dans les secteurs féminisés."

 

Les mesures prises ces dernières décennies, aux dépens de mesures générales, en faveur de la contractualisation et de mécanismes d’individualisation discrétionnaires n’ont pas renforcé l’attractivité de la fonction publique alors que la crise sanitaire a mis en avant la nécessité d’avoir une fonction publique forte, stable et motivée. Dans ce contexte, il est nécessaire d’ouvrir des chantiers sur la revalorisation des grilles, les déroulements de carrière, l’égalité professionnelle en particulier dans les secteurs féminisés. L’inflation nous amène également à reposer la question de l’indexation du point d’indice. Nous sommes prêts à discuter de tous ces sujets. À l’inverse, s’il s’agit de favoriser des mécanismes affaiblissant le statut, ce sera sans la CGT.

AEF info : Comment percevez-vous le "CNR des services publics" organisé par Stanislas Guerini le 28 octobre (lire sur AEF info), qui a notamment mis l’accent sur l’attractivité, l’accessibilité et la transition écologique et auquel vous avez décidé de ne pas participer ?

Baptiste Talbot : Nous sommes dubitatifs et très méfiants sur ce type d’exercice qui relève principalement de la communication politique et dont les finalités ne sont pas clairement définies. Par ailleurs, cet évènement a été organisé en pleine grève des salariés des raffineries, à un moment où le gouvernement procédait à des réquisitions. Il n’était donc pas envisageable d’y participer dans ce contexte. De plus, alors que nous avions clairement dit au ministre que nous étions prêts à y participer si l’évènement n’était pas étiqueté "CNR", tel n’a pas été le cas. Le ministre a donc décidé en connaissance de cause de se priver de la présence de certaines organisations syndicales.

Après, en termes d’attractivité, d’accessibilité et de transition écologique, les données des problèmes sont déjà largement connues et nous ne pensons pas qu’il faille créer de nouveaux lieux et de nouveaux outils, ceux existants (Parlement, conseils supérieurs…) devant plutôt être davantage investis. 

AEF info : Quelle est votre analyse de l’évolution du paysage syndical dans les trois versants de la fonction publique et de son audience, notamment auprès des jeunes générations ? Neuf organisations syndicales représentatives, n’est-ce pas trop ?

Baptiste Talbot : Dans au sein de ce paysage pluraliste, le nombre d’organisations syndicales est suffisant. Cela dit, ces neuf organisations ne correspondent à pas à neuf conceptions du syndicalisme irréductibles et incompatibles. Nous avons d’ailleurs toujours agi pour l’unité syndicale et nous continuerons à le faire. À cet égard, nous nous félicitons que les syndicats de la fonction publique sachent se retrouver sur un certain nombre de batailles communes en particulier sur le thème des salaires comme l’illustre le courrier intersyndical qui a été envoyé à la Première ministre dès sa nomination (lire sur AEF info). Nous souhaiterions que cela se concrétise plus souvent par des mobilisations.

 

"Le fait que le seuil de représentativité soit autour de 3 % pour les trois versants au sein du conseil commun peut favoriser une sorte d’émiettement."

 

La division syndicale n’a jamais fait preuve d’efficacité en termes d’audience, de syndicalisation et d’impact sur les politiques menées. Le fait que le seuil de représentativité soit autour de 3 % pour les trois versants au sein du conseil commun peut favoriser une sorte d’émiettement. Est-ce un gage d’efficacité ? Nous devons nous interroger collectivement sur ce paysage syndical. La CGT est ouverte à des évolutions sur la base de convergences d’analyse, ce qui suppose des processus démocratiques approfondis. Mais pour l’heure, la mobilisation des agents au sein des syndicats prime sur une éventuelle recomposition syndicale.

Plus largement, il y a un sujet de connexion du salariat d’aujourd’hui au mouvement syndical en raison notamment de la crise sanitaire et des situations de discriminations syndicales. Nous devons tous nous interroger sur cette situation et faire davantage de place à la jeunesse. Mais plusieurs signaux sont encourageants parmi lesquels le renouvellement des équipes. Nous ne relevons pas de défiance à l’égard du fait syndical mais plutôt une crise de la démocratie représentative et des corps intermédiaires, cette dernière étant d’ailleurs entretenue par des choix gouvernementaux tels que la réduction du rôle des instances de dialogue social et des moyens syndicaux.

(1) Par ordre de représentativité.

(2) Résultats définitifs des élections professionnelles de 2018.

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