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Climat : "Tout le monde parle enfin de ce dont ACT parle depuis 7 ans, la redevabilité et les plans de transition"

"Enfin" le débat public autour de la décarbonation des entreprises ne porte plus uniquement sur le reporting et les objectifs de réduction d’émissions, mais s’étend à "ce dont ACT parle depuis sept ans : la redevabilité et les plans de transition", se félicite auprès d’AEF info Romain Poivet. Ancien de l’Ademe, l’expert a pris les fonctions de responsable de l’engagement en matière de climat et d’énergie de la World Benchmarking Alliance en septembre dernier, quelques mois après que l’ONG néerlandaise a repris l’initiative ACT visant à créer une méthodologie pour évaluer et construire les plans de transition des entreprises. Il espère une montée en puissance de l’outil, après la parution du rapport onusien sur le greenwashing et l’adoption de la CSRD. Car, à ses yeux, SBTi est insuffisant. "Réduit-il les émissions de gaz à effet de serre dans la réalité ? Non !"

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Romain Poivet, responsable de l’engagement climat-énergie de la World Benchmarking Alliance Droits réservés - DR

AEF info : L’initiative ACT est passée des mains de l’Ademe à celles de la World Benchmarking Alliance en juin dernier. Pour quelles raisons ?

Romain Poivet : Le développement d’ACT a débuté juste après la COP 20 de Lima de 2014, pour être formellement lancé lors de la COP 21. Avec le Lima-Paris Action Agenda (devenu par la suite le Marrakech Partnership for Global Climate Action), les États ont reconnu l’importance des acteurs non-étatiques dans la lutte contre le changement climatique. À l’Ademe, nous nous sommes immédiatement dit que cela allait devenir la foire d’empoigne, avec des entreprises qui se diraient neutres en carbone et personne pour vérifier la crédibilité de leurs annonces. Nous avons alors préfiguré ce qui est devenu ACT, en partenariat avec CDP. En juin dernier, l’Ademe a décidé qu’ACT était devenu suffisamment mature pour passer la main à la World Benchmarking Alliance et s’est recentrée sur la diffusion nationale de ses outils, avec déjà plus d’une centaine d’entreprises impliquées dans le programme volontaire en France.

AEF info : Pourquoi l’Ademe a choisi de transférer ACT à la World Benchmarking Alliance, que vous avez vous-même rejoint en septembre ?

Romain Poivet : La WBA est une ONG néerlandaise qui a pour objectif de créer un cadre de redevabilité internationale vis-à-vis des ODD. Elle a développé pour cela sept systèmes de transformation. Celui sur le climat et l’énergie s’appuie sur la méthode ACT depuis 2019 (1). L’objectif de la WBA est d’analyser 2 000 entreprises clés, dont 450 sur le volet énergie-climat. Les résultats produits jusqu’ici sur 270 entreprises, qui se fondent uniquement sur les bases de données accessibles au public, donnent des résultats peu brillants.

Les résultats du Benchmark sur les transports

 

Les transports, responsables de 37 % des émissions mondiales de CO2, sont le dernier secteur à avoir été évalué par la WBA et CDP, mi-octobre. Sur les 90 entreprises analysées (25 du secteur aérien, neuf du secteur ferroviaire, six du secteur routier, 17 du secteur maritime et 33 entreprises multimodales), seules 7 % se sont engagées à éliminer progressivement les combustibles fossiles. 85 % ont des parcs de véhicules incompatibles avec un avenir à faible émission de carbone, mais la majorité d’entre elles ne divulguent aucun plan pour changer cette situation.

Autre révélation du benchmark : en moyenne, seules 0,3 % des recettes totales liées au transport sont investies dans la recherche et le développement de technologies et de carburants à faible teneur en carbone, tels que les véhicules électriques et les carburants d’aviation durables.

La France compte un représentant dans le top 5 des entreprises dotées des meilleures stratégies climatiques : La Poste est deuxième (46,7/100) derrière ComfortDelGro (Singapour, 47,8) et devant FirstGroup (Royaume-Uni, 41,3), NS Groep (Pays-Bas, 39,5) et Maersk (Danemark, 38,8). La SNCF obtient la 13e place (35,7), Transdev la 14e (35,3), Bolloré la 29e (28,6), Air France-KLM la 33e (25,4) et CMA CGM la 50e (18).

AEF info : L’objectif d’ACT est-il de permettre aux entreprises d’élaborer un plan de transition ou bien de les évaluer de l’extérieur ?

Romain Poivet : Nous avons ces deux jambes. Historiquement, le but d’ACT était de proposer une méthodologie pour évaluer les stratégies de décarbonation et les plans de transition associés. Mais nous nous sommes assez rapidement rendu compte que les entreprises n’avaient pour la plupart aucun plan de transformation. Elles pouvaient avoir des bilans carbone plus ou moins complets, des objectifs de réduction, mais pas grand-chose d’autre. En 2020, nous avons donc décidé de développer une approche complémentaire, appelée "ACT pas à pas", proposant des méthodes et outils pour construire un tel plan.

AEF info : Où en est la construction de l’outil ?

Romain Poivet : À date, ACT couvre l’intégralité des secteurs les plus émetteurs : le pétrole et le gaz, l’automobile, la production d’électricité, le commerce de détail, le bâtiment (de la construction à la gestion de parc immobilier), les transports, le ciment, l’acier et l’aluminium ainsi qu’une méthode générique qui cible les secteurs non intensifs. Nous sommes en train de "nettoyer" les méthodes des derniers gros secteurs : chimie, verre, papier-carton, agroalimentaire et l’agriculture. Elles devraient être publiées d’ici fin 2022.

À chaque fois que nous développons une méthodologie, nous créons un groupe de travail technique qui regroupe une trentaine d’experts : représentants d’entreprises sectorielles et d’instituts techniques, académiciens, investisseurs, ONG, pouvoirs publics… Après une phase d’écriture d’environ six mois, la méthodologie est soumise à consultation publique puis testée par une quinzaine d’entreprises. Elle est alors peaufinée, rendue publique et libre d’accès. Le processus complet prend entre douze et quinze mois.

AEF info : Les plans de transition des entreprises semblent de plus en plus dans l’actualité, évoqués par le groupe d’experts de haut niveau onusien (HLEG) présidé par Catherine McKenna (lire sur AEF info), la CSRD, etc. Faites-vous également ce constat ?

Romain Poivet : En effet, tout le monde parle enfin de ce dont ACT parle depuis sept ans : la redevabilité et les plans de transition des entreprises. Maintenant, j’espère que l’initiative ACT et le travail de la WBA seront enfin reconnus comme le cadre de redevabilité tierce-partite évoqué par le rapport du HLEG. Cela deviendra possible si le battage médiatique autour d’ACT prend la même ampleur que celui fait jusqu’ici sur les autres initiatives. Même la Gfanz (Glasgow financial alliance for net Zero) reconnait ACT comme un des meilleurs cadres d’évaluation des plans de transition.

AEF info : ACT est beaucoup moins visible que SBTi. Comment expliquez-vous cette ruée vers SBTi ?

Romain Poivet : Nous naviguons dans un univers très compétitif sur ce type d’outils. Et les Anglo-Saxons sont très forts en marketing, ils réussissent à faire croire qu’être reconnu SBTi revient à avoir un plan d’action. Ce n’est pas vrai. De même, les meilleurs standards de divulgation ne font pas de bons plans de transition.

AEF info : Quelles sont les différences ?

Romain Poivet : Depuis 2015, nos interlocuteurs nous disent : on ne comprend pas ACT, il y a déjà SBTi. Mais il y a une grosse différence entre les deux outils. Avec SBTi, c’est un alcoolique qui dit : je vais arrêter de boire dans 20 ans. ACT, lui, dit : c’est le bon niveau d’ambition mais quel est votre plan de sevrage ? Est-il crédible et robuste ? Saurez-vous vivre dans un monde sans alcool ? Tout le monde veut être SBTi, certains managers ont même une incitation financière lorsqu’ils sont certifiés. Mais est-ce que cela réduit les émissions de gaz à effet de serre dans la réalité ? Non ! En tout cas il n’y a pas de preuve empirique sérieuse sur le sujet, aucune étude qui intègre les facteurs exogènes des potentielles réductions d’émissions constatées.

AEF info : Qu’est-ce qu’un bon plan de transition ?

Romain Poivet : Il doit contenir des objectifs de court, moyen et long termes, un plan d’investissements cohérent avec ces objectifs, un volet R&D, un plan d’engagement dans la chaîne de valeur, un engagement politique, une bonne gouvernance et le modèle d’affaires futur.

AEF info : Quelles sont les prochaines étapes pour ACT ?

Romain Poivet : Nous devons réviser le cadre conceptuel et les secteurs les plus anciens, car il y a eu des évolutions depuis 2015. Par exemple, le scénario le plus ambitieux sur lequel nous demandions aux entreprises de se référer il y a sept ans était un scénario 2 °C. Depuis, l’objectif 1,5 °C est devenu la norme.

L’Ademe a par ailleurs conservé deux projets lancés avant le passage chez WBA. Nous sommes en train de finaliser ACT for finance qui évalue les plans de transition des acteurs financiers : la consultation publique commencera en janvier puis la méthodologie sera testée par une quinzaine de banques et autant d’asset owners et asset managers. Nous avons aussi développé ACT Adaptation, qui est en train d’être expérimenté par une douzaine d’entreprises.

AEF info : La discussion dans le secteur financier porte beaucoup autour de la difficulté d’identifier les entreprises en transition. Avec ACT, il est déjà possible de les identifier ?

Romain Poivet : Oui, on peut les repérer, notamment via les benchmarks de WBA, même s’il y a aujourd’hui un manque de données publiques. Ce problème de disponibilité des données sera en grande partie résolu grâce à l’Esap (point d’accès unique européen des reportings financier et de durabilité, lire sur AEF info) et la CSRD. En termes de contenu et de pertinence de l’information, ce sera le nec plus ultra. Encore faudra-t-il ensuite évaluer ces plans de façon indépendante comme nous le proposons.

AEF info : Taxonomie, CSRD, Efrag… Que pensez-vous du cadre législatif en cours d’élaboration au sein de l’Union européenne ?

Romain Poivet : Je sais qu’il y a beaucoup de critiques autour du plan de finance durable européen et plus particulièrement vis-à-vis de la charge de reporting pour les entreprises. Il est pourtant très bien pensé, très puissant, car il connecte toutes les pièces du puzzle de la transition et ce dans un cadre législatif et réglementaire.

(1) Les autres systèmes portent sur l'agriculture et l'alimentation, la nature et la biodiversité, la transformation numérique, la transformation urbaine, le social et la transformation financière.

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Claire Avignon, journaliste