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"La transition écologique risque d’être chaotique et d’entraîner une forte volatilité des commodités vertes"

"La tendance de fond est une maturité de plus en plus forte" des entreprises en matière de décarbonation de leurs activités, "mais ce qui se produit sur les marchés de l’énergie en ce moment est un énorme choc", observe Sébastien Léger, directeur du pôle Sustainability de McKinsey en France. Dans un entretien accordé à AEF info, l’expert explique comment les entreprises s’organisent pour respecter leurs engagements climatiques, et quel impact la crise énergétique a sur leur stratégie, avec un intérêt plus fort pour les PPA mais aussi les projets solaires et biomasse. Il s’inquiète par ailleurs des conséquences de la politique européenne sur l’industrie : "Vu la nécessité de créer rapidement de grandes capacités de production de matières premières 'vertes', il faut s’attendre à ce que la transition soit chaotique et entraîne une forte volatilité des commodités vertes", prévient-il.

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Sébastien Léger, directeur sustainability de McKinsey McKinsey

AEF info : Quelle place les sujets environnementaux et énergétiques prennent-ils dans les activités de McKinsey ?

Sébastien Léger : Les sujets de sustainability sont devenus un axe majeur de croissance pour McKinsey, la part de nos activités qui lui sont consacrées en France a quasi triplé sur les deux dernières années. Nos activités sont diverses, et se répartissent autour de cinq grands piliers : les stratégies "net zero" et RSE, le développement de nouveaux business verts, la décarbonation, l’évaluation des risques et opportunités climatiques pour les banques et l’investissement durable.

Tout d’abord, nous aidons à l’élaboration de stratégies qui permettent aux entreprises de se positionner dans un futur qui sera très différent. Cela demande notamment des réallocations massives de capital (vers les énergies renouvelables par exemple) : ainsi, à l’échelle de l’Europe, nous évaluons à 28 000 Md€ les besoins d’investissement dans les processus et technologies propres. Nous aidons aussi à accélérer le développement de nouveaux business verts, pour des acteurs établis, des start-up ou dans le cadre de consortiums d’acteurs dans des domaines comme l’hydrogène, les batteries ou encore les plastiques recyclés.

Notre troisième pilier consiste à accompagner les entreprises dans l’élaboration et la mise en œuvre de leurs feuilles de route de décarbonation, qui peuvent nécessiter notamment de remplacer une chaudière à charbon par une chaudière à biomasse, ou d’intervenir sur l’ecodesign pour rendre les produits plus circulaires, ou de travailler avec les fournisseurs sur le scope 3. Nous essayons notamment de déterminer à quelle vitesse l’industriel doit aller et sur quels leviers s’appuyer : bien évidemment, il prend des risques à agir trop lentement, mais aussi à aller trop vite vers certains leviers dont la maturité et la viabilité économique seraient insuffisantes.

Nous menons également des travaux en direction des acteurs financiers pour évaluer les risques climatiques de leurs portefeuilles ou les aider à appliquer la taxonomie verte européenne. Enfin, nous accompagnons les investisseurs dans leurs cycles d’investissement, en modélisant les risques ESG des entreprises dans lesquelles ils souhaitent investir ou en les aidant à les décarboner.

AEF info : Où en sont les entreprises dans leur réflexion sur la décarbonation ?

Sébastien Léger : La tendance de fond est une maturité de plus en plus forte. Tout le monde a intégré le sujet parmi ses priorités, beaucoup d’entreprises ont pris des engagements forts et lancé des plans d’actions concrets et ambitieux. Mais ce qui se produit sur les marchés de l’énergie en ce moment est un énorme choc. Pour les grands industriels énergivores, cela peut aller jusqu’à un enjeu de survie. Ils ne savent pas à quelles conditions ils resteront viables si la différence de prix de l’énergie par rapport à d’autres régions du monde demeure. Ils ont besoin d’approches par scénarios très rigoureuses pour clarifier leurs orientations stratégiques. Les autres industriels, pour lesquels le choc est moins dur, revoient les actions sur la sobriété et l’efficacité énergétique — car certains projets qui n’étaient pas rentables il y a un an le deviennent —, et retravaillent leur politique d’approvisionnement en énergie.

AEF info : Comment cela se traduit-il ?

Sébastien Léger : Les Power Purchasing Agreements (PPA) énergies renouvelables étaient encore très limités en France il y a deux à trois ans. La demande est en train d’exploser. Les entreprises étudient aussi l’opportunité de construire leurs propres moyens de production d’énergie et s’intéressent de plus en plus au photovoltaïque comme énergie décentralisée.

Quand une entreprise revoit sa stratégie d’approvisionnement en énergie, elle considère trois dimensions : son coût, la sécurité d’approvisionnement et les enjeux environnementaux. Les deux premiers items n’étaient souvent pas favorables à la production décentralisée avant la crise, avec un prix en France autour de 40-45 €/MWh. Aujourd’hui, avec des marchés de gros à 200 voire 600 €/MWh, une centrale solaire au sol à 65-80 €/MWh devient intéressante. Et la motivation environnementale persiste pour de nombreuses entreprises qui ont des objectifs de parvenir à 100 % d’électricité d’origine renouvelable dans un délai court.

AEF info : Les entreprises ne s’intéressent qu’au solaire ?

Sébastien Léger : Beaucoup d’entreprises s’intéressent au solaire car elles ont des ombrières de parkings, des toitures et des terrains libres. Mais ce n’est pas la seule source : les industriels regardent aussi la biomasse, même si elle est plus compliquée à appréhender avec des questions sur l’approvisionnement, ou le biogaz voire l’hydrogène à plus long terme et des PPA sur de l’éolien, voire un mix de plusieurs sources d’énergies renouvelables et de stockage.

AEF info : Comment les entreprises appréhendent la mise en œuvre de l’accord de Paris ?

Sébastien Léger : L’accord de Paris est associé à l’horizon 2050, et c’est encore très loin. Mais la plupart des entreprises ont engagé des processus SBTi avec des points de passage à moyen terme, souvent 2030. Atteindre ces objectifs à un coût raisonnable est le vrai sujet pour les entreprises. Pour les pays, c’est aussi le cas car l’essentiel d’entre eux n’est pas au rythme de réduction des émissions nécessaires pour ne pas aller au-delà d’1,5°. L’effort à fournir dans les prochaines années va être gigantesque car l’état actuel de nos émissions ne nous permet pas d’attendre 2030. Il faut décarboner très vite. Cela nécessite d’actionner le maximum de tous les leviers disponibles, qu’il s’agisse de l’éolien, des véhicules électriques, des pompes à chaleur ou encore de l’efficacité énergétique, de la sobriété et des changements de comportements des consommateurs.

AEF info : Est-il possible de décarboner l’économie européenne sans désindustrialiser le continent ?

Sébastien Léger : Nos analyses sur la décarbonation de l’économie européenne montrent que beaucoup des leviers de décarbonation de l’industrie ne sont rentables qu’à partir d’un prix de 80 à 100 €/tCO2. En dessous, les industriels ne parviennent pas à assurer un retour sur investissement. Cela a plusieurs implications. D’abord, les entreprises ont besoin d’une réglementation qui leur donne de la visibilité sur le prix à moyen/long terme pour pouvoir engager ces investissements. Ensuite un niveau de 80 à 100 €/t nécessite de protéger notre industrie, face aux importations issues d’entreprises qui ne paient pas ce prix de carbone dans leur zone de production. C’est l’objectif du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières. Mais c’est une problématique compliquée car un tel mécanisme a des répercussions sur toute la chaîne de valeur. Ajouter un coût de 100 €/t CO2 sur l’acier européen ou importé entraîne une hausse du coût de production d’une voiture en Europe, qu’il faudra compenser sur les voitures importées. In fine, qui paiera et quel sera l’impact sur le pouvoir d’achat de ces 100 €/t CO2 ? C’est un vrai sujet. Il faut réfléchir à des mécanismes de gestion des surcoûts. Le chèque énergie est une première forme de réponse.

Vu la nécessité de créer rapidement de grandes capacités de production de matières premières "vertes" (acier vert, plastique recyclé), il faut s’attendre à ce que la transition soit chaotique et entraîne une forte volatilité des commodités vertes, avec soit une offre trop élevée par rapport à la demande qui entraîne des prix trop bas, soit l’inverse avec des effets inflationnistes ou des pénuries.

AEF info : La réindustrialisation de l’Europe pour favoriser la décarbonation est-elle une bonne idée ?

Sébastien Léger : Produire en Europe avec un mix énergétique très décarboné et en plus éviter le transport des produits finis permet à la fois de décarboner, de créer de l’activité en Europe et d’augmenter notre sécurité d’approvisionnement. Sur ce dernier point, l’une de nos inquiétudes concerne la chaîne d’approvisionnement. Beaucoup de pays veulent installer de l’éolien, offshore ou terrestre, ou du solaire. Disposerons-nous des capacités suffisantes ? Dans le cas du solaire par exemple, les panneaux sont aujourd’hui produits à près de 80 % en Chine. Admettons que l’Europe réussisse à rapatrier une partie substantielle de cette production (ce qui engendrerait un surcoût), il faut aussi se poser la question de l’approvisionnement en métaux rares ou en composants électroniques et donc prendre en compte toute la filière.

AEF info : Quel rôle peut tenir le nucléaire selon vous ?

Sébastien Léger : Le nucléaire, comme source décarbonée et non intermittente a un rôle à jouer dans un contexte d’augmentation forte attendue de la demande en électricité et de sa décarbonation. C’est en particulier, mais pas seulement, le cas pour stabiliser des systèmes électriques qui seront majoritairement renouvelables. D’autres sources non intermittentes décarbonées à base de biogaz, hydrogène vert ou CCS sont possibles, mais elles devraient être très chères et/ou en quantité limitée. Il faut aussi s’attendre à des progrès technologiques dans le nucléaire. Nos derniers travaux de recherche montrent par exemple que la fusion nucléaire est à un tournant et pourrait être à un point d’inflexion et jouer un rôle dans le mix électrique de 2050.

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Claire Avignon, journaliste