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Home| Social / RH| Ressources humaines| Dépêche n°680116

Comment les entreprises et leurs salariés font face à l’exigence de sobriété énergétique

Réduire de 10 % la consommation énergétique de la France d'ici deux ans. C'est l’objectif du plan de sobriété national, que doit présenter officiellement le gouvernement le 6 octobre 2022. Un objectif auquel tous les acteurs — administrations, entreprises, citoyens — sont appelés à contribuer. En pratique, au travail, cela peut se traduire par des actions rapides à mettre en place et réputées efficaces : réduire la température des bureaux ou couper la ventilation quand les locaux sont vides, par exemple. Cela peut aussi impliquer de revoir l’organisation du travail pour fermer entièrement un bâtiment le vendredi. Autant de mesures qui affecteront le quotidien des salariés. Comment les employeurs élaborent-ils leur plan de sobriété, et comment prennent-ils en compte son impact sur leurs collaborateurs ? AEF info a posé la question à plusieurs entreprises, de taille et de secteurs divers.

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De nombreux immeubles tertiaires ne disposent pas de système de gestion technique des bâtiments permettant de piloter finement la température des locaux MaxPPP - PHOTOPQR/L'ALSACE

Les salariés vont-ils, comme les ministres, endosser cols roulés et doudounes pour se rendre au travail ? Ce n’est pas exclu, puisque les entreprises, comme les administrations, sont censées se mobiliser pour diminuer leur consommation d’énergie. À court terme, l’enjeu est clair : il s’agit d’éviter des coupures de gaz et d’électricité liées aux difficultés d’approvisionnement, conséquence notamment des sanctions prises contre la Russie à la suite de l’invasion de l’Ukraine. Au-delà, ce serait un premier pas vers l’objectif de réduction de 40 % de la consommation d’énergie de la France d’ici à 30 ans, annoncé par Emmanuel Macron en février 2022 (lire sur AEF info). Comment les entreprises abordent-elles cette première étape, et comment anticipent-elles les conséquences pour leurs salariés ? Exemples de sociétés engagées, de longue date ou non, dans la "chasse au gaspi" énergétique.

"Des actions simples à effet immédiat"

Pour répondre à l’urgence de la crise énergétique, et réduire leurs factures, les entreprises peuvent mettre en œuvre "de premières actions simples et à effet immédiat", conseille l’Ademe sur son site internet : par exemple, "éteindre l’éclairage intérieur des bâtiments lors des périodes de fermeture et réduire l’éclairage extérieur", "réduire la consommation des appareils informatiques" en paramétrant la mise en veille ou en éteignant les écrans la nuit, ou encore "adapter la température par la programmation des équipements". Des mesures a priori faciles à déployer, dont l’efficacité est démontrée. Ainsi, selon le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE, baisser la température du chauffage d’un degré peut correspondre à une baisse de 7 % de la consommation d’énergie.

Dans un récent rapport, l’association Negawatt, qui promeut une politique énergétique fondée sur la sobriété et l’efficacité énergétique, montre que le respect de la consigne de fixer la température à 19 °C dans les immeubles tertiaires pourrait à lui seul permettre d’économiser 22 000 GWh, soit près d’un tiers de la consommation d’énergie liée au chauffage dans ces bâtiments. Les entreprises sont-elles prêtes à appliquer la consigne ? Ce n’est pas si simple, si l’on en croit Laurent Déqueant, associé au cabinet de conseil Oresys : pour le faire, "il faut avoir une gestion technique des bâtiments qui permet de réguler automatiquement la ventilation, la lumière, la température. Or, sur tous les sites un peu anciens, c’est-à-dire qui remontent aux années 1970-1980, ce n’est pas possible. Dans tous ces immeubles, on ne pourra pas faire bouger les choses facilement".

le risque de générer de l’inconfort

Sans compter que la température varie selon l’endroit où elle est mesurée, "près d’une fenêtre ensoleillée ou au fin fond d’un couloir". Or, la température ambiante affecte les conditions de travail des salariés. "Un employeur ne peut pas dire du jour au lendemain : 'Je coupe le chauffage'", avertit Laurent Déqueant. "Il y a deux acteurs majeurs à embarquer : le Comex et les représentants du personnel. Car si les patrons ne sont pas mobilisateurs, il ne se passera rien. Et les représentants du personnel sont incontournables pour faire avancer les choses." Ainsi, l’entreprise Luminess, ETI spécialisée dans la digitalisation des processus, a engagé des discussions avec le CSE sur le sujet. "Ça risque d’être compliqué", reconnaît la directrice de l’engagement, Judith Mehl, "mais on ne va pas pouvoir faire autrement".

Au siège de Saint-Gobain, la température va être diminuée de 1,5 °C. Et les salariés seront regroupés sur certains étages afin de ne chauffer qu’une partie de la tour. "Les salariés sont préparés via des communications internes, telles que des vidéos, des temps d’échanges pour répondre à leurs questions, ou encore par des ateliers de sensibilisation tels que la Fresque du climat (plus de 1 500 salariés ont déjà été sensibilisés en France) ou le challenge MaPetitePlanète", explique un porte-parole du groupe. Mais dans une entreprise industrielle comme Saint-Gobain, ce sont surtout les modes et procédés de production qui peuvent être améliorés. Une démarche que le groupe a déjà engagée depuis plusieurs années, par exemple en travaillant sur l’isolation de ses fours ou en récupérant l’énergie perdue pour chauffer…

Chez Schneider Electric, la consigne va être d’amener la température à 19 °C. Une mesure jugée "incontournable" et "non négociable" par le DRH, Dominique Laurent. Qui promet toutefois de "gérer intelligemment, en fonction des heures de pointe", par exemple, et surtout sans générer d’inconfort excessif. Si cela est possible dans les locaux de Schneider Electric, c’est que l’efficacité énergétique est le cœur même de son métier : tous les systèmes de chauffage, ventilation, ascenseurs, etc., sont déjà optimisés dans la plupart de ses bâtiments, et entièrement pilotables. Mais "moins une entreprise a travaillé sur l’efficacité énergétique par le passé, plus la mise en œuvre de mesures d’économies va générer de l’inconfort pour les salariés. Il va falloir de l’honnêteté", prévient-il.

Former les salariés aux écogestes

Mais toutes les entreprises n’ont pas la main sur le thermostat. Ainsi, le groupe de restauration collective Elior, qui intervient dans les locaux de ses clients, sur plus de 10 000 sites en France, ne maîtrise pas la température des lieux de travail de ses salariés. Ni l’éclairage ou la ventilation, qui constituent pourtant deux sources d’économies non négligeables, comme le montre le rapport de Negawatt, qui estime que 18 000 GWh pourraient être économisés si la ventilation était coupée pendant les périodes d’inoccupation des bâtiments tertiaires.

À défaut de pouvoir agir sur ces facteurs, Elior a décidé de former ses collaborateurs aux écogestes. Dans son métier, cela signifie par exemple mettre fin à certaines habitudes bien ancrées chez les chefs : laisser le gaz allumé toute la journée, ou multiplier les allers-retours dans la chambre froide. Dans le cadre de la démarche Ecowatt lancée par RTE, Elior sensibilise aussi ses salariés aux bonnes pratiques, au travail et à la maison, via un document adressé avec le bulletin de paie.

Sensibiliser, voire former les salariés aux écogestes, c’est une voie que choisissent d’autres entreprises, comme Vinci ou Air France. Hager Group compte mobiliser ses collaborateurs autour de cinq piliers : le chauffage et climatisation ; l’usage du digital ; les équipements et machines ; l’éclairage ; les papiers. "Cette campagne sera accessible à l’ensemble des collègues via les outils de communication classiques", précise le groupe à AEF info : télévisions des salles de pause, téléphone (via l’application Hager Group), supports internes digitaux du groupe, etc. L’idée : donner "quelques clés, pour que chaque collaborateur puisse se sentir intégré dans une démarche commune".

S’appuyer sur l’activité de l’entreprise

De son côté, Schneider Electric a mis en place un groupe de travail chargé de réfléchir aux actions qui pourraient être demandées aux collaborateurs. Parmi les pistes à l’étude figurent par exemple la modération du chauffage de l’eau dans les sanitaires, la restriction des plages durant lesquelles l’éclairage peut être allumé, l’extinction de la climatisation dans les espaces non occupés… Le groupe de travail envisage aussi d’interdire tous les systèmes individuels de chauffage, cafetières et autres réfrigérateurs dans les open spaces, ou encore d’inciter les salariés à utiliser l’escalier plutôt que de prendre l’ascenseur. Mais même ces mesures apparemment de bon sens ne sont pas toujours sans conséquence, met en garde Laurent Déqueant : "Réduire l’usage des ascenseurs, c’est faire augmenter le risque d’accident de travail dans les escaliers, qui sont toujours des lieux borgnes, qui ne sont pas prévus pour gérer les flux."

L’activité même des entreprises influe aussi sur le choix des actions qu’elles envisagent. Dominique Laurent, le DRH du groupe Schneider Electric, entend solliciter les salariés au travers d’une sorte de "boîte à idées", et s’attend à recevoir de très nombreuses suggestions de la part "d’ingénieurs qui travaillent 24 heures sur 24" sur les problématiques de performance énergétique. Lors de ce "concours Lépine" de la sobriété, il veut s’attacher à "retenir les idées faciles à mettre en place et qui ont un gros impact".

De son côté, Luminess, entreprise "100 % digitale", s’efforce de réduire la consommation d’énergie de ses data centers en renouvelant ses serveurs pour en diminuer le nombre. L’entreprise envisage également de cloisonner une partie inutilisée de son data center de Mayenne, "pour ne pas refroidir inutilement" cet espace. Elle agit aussi sur la réduction de l’envoi de messages électroniques. Cette démarche, baptisée "No friday mail", n’est en fait pas limitée aux seuls vendredis. Elle vise à inciter les collaborateurs à limiter l’usage des mails internes "pour diminuer l’empreinte carbone et favoriser le contact direct entre collaborateurs".

Revoir l’organisation du travail

"Ce n’est pas facile à tenir avec le Covid et le télétravail", concède Judith Mehl, la directrice de l’engagement. "Mais c’est une démarche que l’on réactive régulièrement. L’activité d’envoi de mails est monitorée, et c’est un critère de l’accord d’intéressement, avec les résultats de l’entreprise et la réduction des accidents du travail." Ainsi, Luminess s’adresse périodiquement à ses collaborateurs, pour les inciter à privilégier d’autres modes de communication, sans stockage (messagerie instantanée, par exemple), à éviter les signatures de mail trop lourdes, à limiter les téléchargements de pièces jointes… En un an, Luminess a enregistré une diminution du nombre de mails internes envoyés d’environ 20 %.

Au-delà de ces actions, certains employeurs envisagent de repenser l’organisation des bureaux, voire du travail lui-même. Ainsi, le siège du groupe Elior occupe une vingtaine d’étages d’un immeuble partagé avec d’autres sociétés. L’entreprise de restauration collective s’efforce d’optimiser la répartition de ses salariés pour "gagner" un ou deux étages, qui ainsi n’auraient plus besoin d’être chauffés. Option plus radicale, certaines entreprises pourraient être tentées de fermer entièrement certains bâtiments tertiaires un jour par semaine, de préférence le lundi ou le vendredi. Ce qui permet de baisser considérablement le chauffage pendant trois jours d’affilée, et de réaliser ainsi des économies substantielles qui ne sont pas anéanties par la remise en température lors du retour des salariés.

Un taux d’occupation des bureaux très variable

Cette réflexion, encouragée notamment par le gouvernement, s’est fait jour après les confinements successifs liés au Covid, et l’adoption massive du télétravail. "Les directions ont constaté que le taux d’occupation des bureaux, qui était stable autour de 80 % à 85 % avant la crise sanitaire (en raison de diverses absences liées à des déplacements ou arrêts maladie), suit désormais une courbe en M" au fil de la semaine, décrit Laurent Déqueant, du cabinet Oresys : de 35 % à 45 % le lundi, il grimpe autour de 60 % à 70 % le mardi, puis redescend le mercredi pour s’établir entre 30 et 45 %, avant de remonter au-dessus de 60 % le jeudi, puis de chuter entre 15 % et 30 % le vendredi.

Dans ces conditions, avant même la crise énergétique, les directions de l’immobilier et des RH ont commencé à s’interroger, rapporte-t-il. "Si on se rend dans l’entreprise, c’est pour collaborer avec les collègues, mais encore faut-il qu’il y ait des collègues sur place. Or beaucoup d’entreprises ne disposent pas de système qui permette de savoir qui est présent et quand sur les grands sites tertiaires." L’idée a donc germé de placer tous les salariés en télétravail le vendredi, afin de fermer les bureaux durant cette journée. Une idée qui a mûri quand le gouvernement a demandé aux entreprises de réduire leur consommation d’énergie.

Mais dont la mise en œuvre est loin d’être aisée. Car fermer un immeuble un jour par semaine amène à s’interroger, par exemple, sur ce qu’il advient des prestataires qui interviennent sur le site. Quel intérêt d’ouvrir le restaurant d’entreprise, de faire venir la société de propreté ou celle de gardiennage s’il n’y a aucun salarié sur site ? Il faudrait renégocier à la baisse les contrats de ces sous-traitants, mais comment ces derniers pourraient-ils faire face à une réduction de 20 % de leur activité et de leur chiffre d’affaires dans ces bâtiments ?

Des obstacles à franchir

Certains s’orientent donc vers des solutions intermédiaires, rapporte le consultant. Par exemple, des entreprises qui disposent de plusieurs bâtiments tertiaires sur un même site pourraient en fermer certains seulement le vendredi, en demandant aux salariés de se reporter vers ceux qui restent ouverts. D’autres peuvent aussi décider de fermer un site, en recommandant aux salariés qui ne souhaitent pas télétravailler de se rendre sur un autre site pas trop éloigné de chez eux. Mais cette solution est réservée à des entreprises qui sont très avancées en matière de flex-office et ont développé des sites "génériques" où tous les salariés peuvent se rendre et travailler de la même manière. Dans la plupart des entreprises, c’est tout bonnement impossible, car les badges des salariés ne leur permettent d’accéder qu’à leur immeuble, voire qu’à l’étage où est situé leur bureau.

Et les obstacles ne sont pas uniquement matériels. Ainsi Dominique Laurent, le DRH de Schneider Electric, exclut la fermeture des sites tertiaires le vendredi, notamment pour des raisons d’équité. "Je ne souhaite pas rentrer là-dedans. Nous avons déjà un bel accord de télétravail, et 95 % des personnes éligibles ont demandé un avenant à leur contrat de travail qui leur permet de télétravailler — ce qui ne veut pas dire que toutes le font. Mais nous ne sommes pas une entreprise entièrement tertiaire, nous avons 6 000 collaborateurs qui ne peuvent pas télétravailler, et je ne veux faire grandir le fossé entre ces populations. Nous sommes très favorables au télétravail, mais nous voulons que ce télétravail soit raisonné. Je ne veux pas que le corps social soit disloqué dans un tout télétravail." À ce stade, peu d’entreprises ont d’ailleurs sauté le pas, même si certaines reconnaissent y réfléchir, comme l’ETI Luminess.

Dans l’industrie, une réflexion plus complexe

Quid des entreprises industrielles ? Certaines sont prêtes à revoir leurs process de production, à l’instar de Saint-Gobain ou de Vinci, qui dans les travaux routiers s’oriente par exemple vers la production d’enrobés tièdes ou "la couverture des stocks de matériaux pour réduire les consommations énergétiques liées à leur séchage". Et beaucoup sont disposées à faire des efforts supplémentaires en période de très forte demande. Mais rares sont celles qui, comme Cristel, songent à passer à la semaine de quatre jours, au moins pour certains postes.

Il faut dire que ce fabricant d’ustensiles de cuisine haut de gamme n’a de cesse "depuis 40 ans de réduire son impact sur l’environnement", explique Emmanuel Brugger, le directeur général. "Cela fait 20 ans que nous chauffons les ateliers grâce à la récupération de l’énergie calorifique des compresseurs, illustre-t-il. Depuis 2016, nous avons procédé à un relamping pour passer au LED, quand ce n’était pas encore habituel dans l’industrie. Depuis 2018, les eaux du process sont recyclées et réutilisées en circuit fermé. Plus récemment, nous avons équipé tous nos robinets de mousseurs, ce qui nous a permis de réduire de 40 % la consommation d’eau pour les sanitaires."

Aujourd’hui, alors qu’il est "demandé un effort national" et que "les prix flambent", "il faut être inventif pour aller chercher les idées qu’on n’a pas eues", dit Emmanuel Brugger. La semaine de quatre jours sur certains postes fait partie des réflexions en cours. Dans les ateliers, "cela nous permettrait d’économiser une fois par semaine le préchauffage des machines, qui dure une heure pendant laquelle les machines tournent plein pot", souligne le dirigeant. Les salariés verraient leur journée de travail rallongée, pour passer de sept à un peu moins de neuf heures par jour.

De prochains champs à investir

Presses, machines de brasage par induction, carrousels de polissage, tunnels de lavage, ligne de dépôt pour le revêtement antiadhésif avec son four-tunnel… Les équipements et les missions, d’un poste à l’autre, sont très différents. "Sur certains postes, neuf heures, c’est long. Il faut voir où c’est possible sans augmenter la pénibilité. Il faut aussi voir, pour chaque poste, si c’est vraiment intéressant d’un point de vue énergétique."

Comme dans de nombreuses entreprises, la réflexion va se poursuivre au cours des prochains mois. Et amènera peut-être les employeurs à investir d’autres champs qui, sans participer de la consommation d’énergie de l’entreprise, contribuent à son impact environnemental, comme les mobilités domicile-travail de leurs salariés.

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Alexandra Caccivio, journaliste