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Home| Social / RH| Formation professionnelle| Dépêche n°680060

"Je veux renforcer la présence du Cnam dans l’espace européen de la recherche et de la formation" (B. Fauvarque-Cosson)

La nouvelle administratrice générale du Cnam, Bénédicte Fauvarque-Cosson, a pris ses fonctions le 5 septembre 2022. Dans un entretien accordé à AEF info, elle détaille ses projets pour le Cnam. Elle ambitionne notamment de créer une "alliance européenne" d'établissements et d'universités dédiée à la formation tout au long de la vie ou encore de créer une direction nationale de l'apprentissage, en soutien du réseau régional. Le Cnam, qui compte plus de 700 parcours dans le supérieur, prévoit de poursuivre ses actions en faveur des jeunes éloignés du monde professionnel ou "abandonnés" du système éducatif. Pour ces publics, l'administratrice générale "réfléchit" à d’autres certifications ou diplômes. Elle souhaite également accélérer le découpage en blocs de compétences de l'offre du Conservatoire, et "renforcer" les liens entre les centres du Cnam en région et les universités.

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Bénédicte Fauvarque-Cosson, administratrice générale du Cnam Droits réservés - DR - Cnam

AEF info : Comment se porte le Cnam après près de six mois d'administration provisoire ?

Bénédicte Fauvarque-Cosson : Le Cnam peut compter sur des équipes engagées, compétentes, et sur tout ce qui a été mis en place par mon prédécesseur, Olivier Faron, notamment pour développer l'action du Cnam partout en France, avec le programme "Au cœur des territoires". Je tiens à saluer l'engagement des enseignants-chercheurs du Cnam, que ce soit en matière de gestion, d'innovation pédagogique, d'ouverture sociale, de développement de notre ancrage territorial et digital et de développement des projets de recherche. Des évolutions importantes ont eu lieu ces dernières années et elles ont été consolidées pendant la période de transition grâce à la bienveillance et au professionnalisme du professeur Alain Sarfati, l'administrateur provisoire.

AEF info : Quelle est la situation financière du Cnam ?

 

"Il faut aborder l'avenir avec prudence, ne serait-ce qu'en raison de l'augmentation du coût de l'énergie et de la vie."

 

Bénédicte Fauvarque-Cosson : La situation financière du Cnam est saine, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années. Là encore, c’est le fruit du travail des équipes précédentes. Dans le contexte actuel, il faut toutefois aborder l’avenir avec prudence, ne serait-ce qu’en raison de l’augmentation du coût de l’énergie et de la vie. Je réfléchis aux moyens de développer nos ressources propres.

AEF info : Avez-vous chiffré l’impact de la hausse de l’énergie et déjà envisagé des solutions pour le compenser ?

Bénédicte Fauvarque-Cosson : L’impact va être conséquent, de l’ordre de plusieurs millions d’euros. Nous avons des dépenses incompressibles, liées, par exemple, à l’activité de certains laboratoires ou à la conservation des pièces dans le musée et dans les réserves, à température constante. Conformément à ce qui nous est demandé, nous règlerons la température à 19° degrés, soit un degré de moins que les autres années. D’autres actions sont actuellement à l’étude, par exemple, la fermeture d’un ou deux amphithéâtres et même de certains sites les samedis. Nous mettrons aussi en place un "référent sobriété énergétique" dans chaque site et miserons sur la pédagogie et le sens des responsabilités de tous. Tout en respectant les consignes gouvernementales, nous serons attentifs au fait que nos personnels ne souffrent pas trop du froid dans nos bâtiments qui sont très vastes et malheureusement mal isolés. Il nous faudra faire preuve d’imagination et d’adaptabilité.

AEF info : Envisagez-vous, comme certaines universités, de basculer tout ou partie de vos cours et formations en distanciel ?

Bénédicte Fauvarque-Cosson : Le Cnam s’est résolument engagé dans les formations en distanciel et je poursuivrai cette politique. Il va de soi que ce n’est pas d’abord pour des raisons d’économies énergétiques, mais parce que cela correspond à notre offre pédagogique et à notre stratégie de développement, ainsi qu’à une forte demande de nos auditeurs. D’ailleurs, durant la pandémie, grâce à la mobilisation et à la capacité d’adaptation de la communauté enseignante, tous les auditeurs du Cnam ont pu poursuivre leurs études.

AEF info : Quelle est la feuille de route de votre mandat ?

Bénédicte Fauvarque-Cosson : Dans le projet que j’ai soumis à la commission de sélection, au printemps dernier, j’ai insisté sur la nécessité d’allier l’excellence des formations et de la recherche et l’inclusion sociale. J’ai par ailleurs avancé des pistes pour développer de nouvelles formations, particulièrement dans les métiers en tension, et engager pleinement l’établissement dans l’espace européen de la recherche et de la formation professionnelle. Ce projet n’est évidemment pas une feuille de route définitive. Je vais l’enrichir et l’adapter, en lien avec les ministères, les collectivités locales et tous les partenaires du Cnam. L’écoute et le dialogue seront aussi au cœur de mon mandat. Je m’y étais engagée et, dès le premier jour, j’ai reçu les organisations syndicales et rencontré les équipes.

 

"Le Cnam s’est aussi engagé en faveur des jeunes éloignés du monde professionnel avec notamment le Bac +1, et des adultes en emploi ou demandeurs d’emploi avec la Prépa Talents du service public."

 

S’agissant de la formation, qui constitue la première mission statutaire du Cnam, je consoliderai les acquis et continuerai de développer tout ce qui l’a été notamment en matière d’ancrage territorial, de stratégie digitale, d’innovation pédagogique. La formation à distance et les technologies immersives, qui sont l’un des points forts du Cnam, doivent encore être développées, ainsi que la valorisation des parcours professionnels et des acquis de l’expérience (VAE). Les formations du Cnam sont renommées pour leur excellence et j’entends préserver ce haut niveau de qualité, tout en veillant à ce que notre offre corresponde au mieux aux demandes actuelles, qui ne sont déjà plus celles d’hier car les transitions en cours appellent de nouvelles compétences. Le Cnam s’est aussi engagé en faveur des jeunes éloignés du monde professionnel avec notamment le diplôme bac+1 et des parcours ont été ouverts sur Parcoursup. Une "Prépa-Talents du service public", destinée aux adultes en emplois ou demandeurs d’emplois, a également été ouverte. Je poursuivrai ces actions, en m’appuyant sur l’établissement public à Paris et sur le réseau constitué par les centres Cnam en région, dans les outre-mer, et à l’étranger.

AEF info : Quelles sont vos priorités en matière de recherche ?

Bénédicte Fauvarque-Cosson : La recherche, deuxième mission statutaire du Cnam, est menée par les enseignants-chercheurs au sein de 24 laboratoires, en partenariat avec de nombreuses entreprises. Grâce à ses nouvelles chaires partenariales, l’établissement se rapproche plus encore des acteurs du monde socio-économique (entreprises, associations, collectivités territoriales, etc.) autour d’une thématique commune afin de développer des activités de recherche, de formation et de diffusion des savoirs, par exemple, en matière de santé intégrative. Ces chaires permettront aussi de développer la recherche dans les territoires, comme à la Roche-sur-Yon sur les transitions énergétiques. La fondation du Cnam contribue au développement de ces chaires et, en parallèle, elle a pour mission de raviver le réseau des anciens du Cnam.

S’agissant de la diffusion de la culture scientifique et technique – troisième mission statutaire du Cnam – l’établissement a multiplié les initiatives ces dernières années, notamment durant la pandémie, grâce à une offre variée. Le Cnam, qui se positionne comme "think tank de la République", se doit d’accompagner les évolutions de la société. Les 230 ans du Cnam, que nous célébrerons en 2024, seront aussi l’occasion de mettre en lumière le rôle de l’établissement dans le débat intellectuel et scientifique à travers le lancement d’un important projet sur les grandes transitions sociétales, notamment technologiques, énergétiques et écologiques. En interne, cela permettra à chacun de mieux connaître le travail des autres équipes. Je souhaite également associer le musée du Cnam à cette réflexion collective. Le musée est un lieu merveilleux, très fréquenté par les groupes scolaires. C’est un outil précieux pour diffuser et promouvoir la culture scientifique.

 

"Nous pourrions [créer] une alliance européenne d’établissements et d’universités dans le domaine de la formation tout au long de la vie."

 

Je veux aussi renforcer notre présence dans l’espace européen de la recherche et de la formation, notamment de la formation tout au long de la vie. Nous œuvrons déjà pour la mobilité des auditeurs et des apprentis et nous hébergeons, au Cnam, l’association Euro App Mobility que dirige Jean Arthuis [lire sur AEF info]. Nous pourrions aller plus loin encore, notamment en créant une alliance européenne d’établissements et d’universités dans le domaine de la formation tout au long de la vie. Une possibilité serait de rejoindre une alliance existante, mais je pense que le Cnam pourrait être à l’origine d’une nouvelle alliance spécifiquement tournée vers la formation continue, la formation tout au long de la vie et l’apprentissage. Une telle initiative comblerait un vide et accompagnerait utilement les politiques européenne et française de formation professionnelle.

AEF info : Pour vous, est-ce que le Cnam est un établissement d’enseignement supérieur ou un acteur de la formation continue plus proche du champ du ministère du Travail ?

Bénédicte Fauvarque-Cosson : Pourquoi opposer les deux ? Statutairement nous sommes un grand établissement d’enseignement supérieur mais nous sommes aussi le bras armé du gouvernement en matière de formation tout au long de la vie. Le Cnam est sous la tutelle du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche. Notre première mission est la transmission des savoirs, et c’est précisément dans le cadre de cette mission que se développe la formation continue. Le Cnam a également vocation à s’affirmer comme un opérateur majeur des politiques qui seront conduites par le nouveau ministère délégué à l’Enseignement et à la Formation professionnels.

Nous avons un rôle essentiel à jouer pour permettre à tous de gagner en compétences et, donc, en employabilité. Avec le développement de notre réseau dans le cadre du programme "Au cœur des territoires", nous accompagnons les bassins d’emploi et co-construisons des formations avec les collectivités territoriales et entreprises, tout en nous projetant dans les transformations des métiers et dans les transformations sociétales. Le positionnement du Cnam, à la confluence de plusieurs ministères, son déploiement territorial avec son réseau des centres en région, son engagement dans l’innovation pédagogique en font toute la spécificité.

Tout cela demande une implication très forte. Les enseignants-chercheurs ont une charge de travail importante et leurs tâches administratives sont conséquentes, notamment parce qu’ils pilotent et accompagnent le déploiement des formations en région. Il faut en avoir conscience et en tenir compte dans le déroulement de leur carrière et leur avancement. Je veillerai à ce que l’accomplissement de leur mission ne se fasse pas au détriment de leur carrière universitaire et à ce que ceux qui participent le plus à la mise en œuvre de la politique de l’établissement soient récompensés de leurs efforts.

AEF info : Quelle place prend aujourd’hui l’enseignement supérieur dans la stratégie du Cnam ? Quelle est la part des diplômes du supérieur dans l’activité ?

 

"Le Cnam dispose de 1 600 unités d’enseignement et propose plus de 700 parcours dans le supérieur, adossés à la recherche."

 

Bénédicte Fauvarque-Cosson : La part de l’enseignement supérieur dans l’offre du Cnam est extrêmement importante. Nous disposons aujourd’hui de 1 600 unités d’enseignement et nous offrons plus de 700 parcours dans le supérieur, adossés à la recherche. Notre force c’est de combiner recherche et offres de formation. Nous avons une spécificité qu’il faut sans cesse affirmer et déployer, en lien avec les politiques du gouvernement, particulièrement avec celles de l’ESR. Nous sommes un acteur majeur en matière d’apprentissage et nous continuerons de l’être car il y a de grands besoins en la matière.

Dans l’enseignement supérieur, nous avons récemment créé plusieurs dispositifs comme celui du Bac+1. Tous cursus confondus (LMD), nous avons deux tiers de certifications enregistrées au RNCP, et un tiers de diplômes. L’éventail des certifications est quatre à cinq fois plus important que dans les autres établissements d’enseignement supérieur. Cependant, en termes de diplômés, ils sont beaucoup plus nombreux dans l’enseignement supérieur, notamment sur les niveaux de licence et les masters. Parmi les cinq diplômes les plus vendus, trois relèvent de l’enseignement supérieur, et deux des RNCP.

AEF info : Quel est le devenir et l’évolution des Bac+1 ?

Bénédicte Fauvarque-Cosson : Les Bac +1 s’adressent à un public parfois "abandonné" du système éducatif. Cette offre peut encore se développer mais je réfléchis aussi à d’autres certifications ou diplômes, qui viendraient compléter cette offre en accompagnant la politique du ministre de l’Éducation nationale. Par exemple, la création de l’Institut national supérieur de l’éducation artistique et culturelle (Inseac) à Guingamp inscrit le Cnam dans l’objectif "100 % EAC" à l’école. Il me semble que nous pourrions aussi lancer de nouvelles formations, pour permettre à des lycéens de choisir plus facilement des formations scientifiques et techniques en lien avec les besoins exprimés par les entreprises.

Nous favorisons par ailleurs les passerelles, notamment grâce à la validation des acquis de l’expérience. Cela demande énormément d’implication de tous les personnels du Cnam, que ce soient les enseignants-chercheurs ou les personnels administratifs. L’une des spécificités du Cnam par rapport à l’université, c’est ce suivi individuel, au plus près des individus et de leurs choix.

AEF info : Comment voyez-vous les liens entre le Cnam et le monde de l’enseignement supérieur ?

 

"Je souhaite renforcer les liens entre les centres Cnam en région et les universités, développer des partenariats avec les laboratoires des universités et des offres de formation communes, ainsi que l’implantation de chaires partenariales."

 

Bénédicte Fauvarque-Cosson : Je souhaite renforcer les liens entre les centres du Cnam en région et les universités, développer des partenariats avec les laboratoires des universités et des offres de formations communes. Je souhaiterais aussi développer, en région, l’implantation des chaires partenariales, à l’image de la nouvelle chaire à La Roche-sur-Yon sur les territoires durables et les transitions énergétiques ou encore d’instituts spécialisés dans des domaines spécifiques, comme l’Intechmer pour les métiers de la mer, à Cherbourg, ou l’Enjmin, la grande école publique du jeu vidéo et des médias interactifs numériques, à Angoulême.

AEF info : Comment voyez-vous le positionnement du Cnam dans la Comue Hesam, et l’avenir de ce regroupement ?

Bénédicte Fauvarque-Cosson : Le Cnam est un membre fondateur de la Comue Hesam. Ce regroupement est organisé aujourd’hui autour de trois pôles : sciences de l’ingénieur, sciences de gestion, arts et design. Avec ses équipes pédagogiques nationales, le Cnam est présent dans tous ces domaines. Récemment, Hesam a remporté plusieurs appels d’offres importants et va se positionner à nouveau sur le projet Excellences, avec une orientation importante sur les données. Nous travaillons en étroite collaboration avec Hesam.

AEF info : En matière de formation continue, quels développements envisagez-vous ?

Bénédicte Fauvarque-Cosson : Nous continuerons de développer ce qui existe et répond à un besoin. Nous développerons aussi l’activité de "Cnam entreprises" qui met en œuvre des formations spécialement pensées pour les entreprises privées ou publiques, sur mesure, avec un accompagnement dédié grâce à toute une équipe. Nous allons également développer de nouvelles formations adaptées aux métiers de demain et enrichir notre offre de certifications en blocs car il existe une forte demande pour de telles formations.

Les équipes du Cnam sont très mobilisées sur tous ces projets, mais nous manquons de personnels qualifiés pour travailler sur l’ingénierie pédagogique et le découpage de nos certifications en blocs de compétences. C’est un sujet majeur, en particulier dans la perspective de l’éligibilité de nos formations au financement par le CPF. Jusqu’à présent, cela a freiné notre présence sur ce dispositif particulier et auquel nous sommes particulièrement attachés.


AEF info : Souhaitez-vous développer l’activité du Cnam en matière d’apprentissage ?

 

"J’ai décidé de lancer une mission de préfiguration en vue de la création d’une direction nationale de l’apprentissage, en soutien des implantations du Cnam en régions et des instituts régionaux."

 

Bénédicte Fauvarque-Cosson : Le gouvernement souhaite que l’apprentissage se développe encore et nous allons accompagner cette politique publique. En 2009, le Cnam a inauguré son centre de formation des apprentis (CFA Cnam) à Saint-Denis, en partenariat avec la région Île-de-France. L’ouverture de ce centre s’inscrivait dans la volonté du Cnam de valoriser l’apprentissage comme un levier d’employabilité.

L’ampleur des besoins est telle que j’ai décidé de lancer une mission de préfiguration en vue de la création d’une direction nationale de l’apprentissage, en soutien des implantations du Cnam en régions (les CCR) et des instituts régionaux. Il faut que nous capitalisions sur l’expérience que nous avons déjà acquise avec notre CFA et que nous agissions en lien avec les politiques publiques.

AEF info : Où en êtes-vous du déploiement de l’initiative "cœur de territoires" lancée en 2019 ?

Bénédicte Fauvarque-Cosson : Le nombre d’antennes ouvertes, depuis 2019, en parallèle des centres en région est impressionnant, avec 36 nouveaux centres sur les 76 labellisés, et 4 200 nouveaux auditeurs. Aujourd’hui, il me semble qu’il vaut mieux stabiliser le dispositif et fluidifier les relations qu’en développer d’autres car nous risquons d’être les victimes de notre succès. Nous avons des formations sur-mesure déployées sur tout le territoire. Nos équipes pédagogiques nationales assurent la qualité et la cohérence de toutes ces offres, par exemple en accréditant tous les enseignants-chercheurs qui interviennent, en participant à l’ensemble des soutenances et jurys de diplomation. Cela fait partie des tâches administratives des enseignants-chercheurs du Cnam.

AEF info : Comment voyez-vous le Cnam du futur, notamment du point de vue pédagogique et dans le positionnement vis-à-vis des différentes transitions ?

Bénédicte Fauvarque-Cosson : Pour ce qui concerne les différentes transitions (écologique, numérique, technologique, énergétique…), nous allons, comme je l’ai dit, lancer un grand chantier de réflexion sur notre offre de formation et la recherche menée au Cnam. Pour ce qui a trait à la pédagogie, et tout en poursuivant le développement des formations à distance, ma préoccupation sera de maintenir un lien étroit avec les auditeurs. Dès mon arrivée, j’ai demandé que soient créés davantage de lieux de vie pour les auditeurs et j’ai tenu à accueillir personnellement les étudiants étrangers qui viennent d’arriver. Le Cnam du futur sera celui des innovations pédagogiques et de l’accompagnement de tous dans les grandes transitions. Mais le Cnam du futur, c’est aussi le Cnam qui sait accueillir des auditeurs de toutes nationalités, sur un campus unique, au cœur de Paris. N’oublions jamais la dimension humaine de notre mission. On ne peut pas se former tout au long de sa vie derrière un écran d’ordinateur.

Le Cnam en chiffres


Le Cnam compte 20 centres régionaux et plus de 200 centres d’enseignements. Il emploie 524 enseignants titulaires ou contractuels et 2022 enseignants vacataires (chiffres 2021). Il déploie 1 600 unités d’enseignements et a formé 53 500 auditeurs en 2021, dont 22 350 à Paris et en Île-de-France, 22 000 dans ses autres centres métropolitains, 7 200 dans ses centres à l’étranger et 1 950 en outre-mer.

67 % de ces auditeurs ont été formés dans le cadre de la formation continue, 22 %, soit 11 800, sont en alternance (à 95 % en contrat d’apprentissage) et 11 % ont le statut d’étudiants en formation initiale (ESGT, Intechmer, Enjmin, bac+1, doctorants). En outre, "le Cnam accompagne plus de 300 dossiers de VAE par an".

Du point de vue des certifications, le Cnam "propose plus de 588 certifications et 750 parcours de formation". Il "délivre chaque année 70 000 attestations de réussite à un module et 14 500 parchemins de certifications (certificats, titres, diplômes) en France et à l’étranger". En 2021, il a délivré 7 800 diplômes LMD, 2 350 titres inscrits au RNCP, et 1 170 diplômes d’ingénieurs.

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Caroline Laires Tavares, journaliste