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ODD : "Il est possible de redresser la barre" (Guillaume Lafortune, SDSN)

"Il n’est envisageable ni de se rasseoir à la table des négociations pour réduire le nombre d’objectifs, ni d’abandonner des objectifs de lutte contre des risques systémiques pour la planète", estime Guillaume Lafortune, vice-président et chef du bureau de Paris au SDSN (réseau des Nations unies de solutions pour le développement durable). Alors que le forum de haut niveau des Nations Unies 2022 a lieu du 5 au 15 juillet 2022, l’expert a rédigé une tribune pour défendre l'Agenda 2030 tel qu'il a été négocié en 2015, face à la stagnation, voire la régression, de certains ODD en raison des différentes crises des deux dernières années. Dans un entretien accordé à AEF info, il explique comment il est possible selon lui de redresser la barre à mi-parcours. Il évoque également la situation de la France qui pâtit d'un portage politique "faible".

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Guillaume Lafortune, chef du bureau de Paris au SDSN Droits réservés - DR

AEF info : Quel bilan dressez-vous concernant les ODD qui arrivent bientôt à mi-parcours ?

Guillaume Lafortune : Jusqu’à 2020, nous avons observé en moyenne dans le monde des progrès sur les ODD. Certains provenaient d’un héritage des OMD (objectifs du millénaire pour le développement) qui existaient entre 2000 et 2015 avant les ODD, avec des politiques publiques et des investissements faits dans l’éducation, la santé, l’alimentation et la lutte contre la pauvreté. À partir de 2015, on voyait une accélération des progrès et une hausse des engagements des États et des acteurs privés et financiers envers les ODD et l’accord de Paris.

Cela ne veut pas dire qu’il y avait des progrès sur tous les ODD, dans tous les pays, ou que l’on était sur la trajectoire pour les atteindre en 2030. Ces progrès étaient tirés par des développements assez rapides sur les objectifs sociaux économiques, notamment en Asie. Le Cambodge et le Bangladesh sont les pays qui ont le plus progressé et le Venezuela à l’inverse est celui qui a le plus régressé.

En revanche, nos deux derniers rapports annuels (lire sur AEF info) ont montré une stagnation de la progression à l’échelle mondiale et même une légère régression pour certains ODD, à cause notamment de l’accroissement de la pauvreté, de la hausse de la malnutrition, de celle du chômage. Les pays vulnérables sont les plus touchés par les crises liées au Covid, au changement climatique et aux conflits géopolitiques.

AEF info : Dans ce contexte défavorable, quelle attitude faut-il adopter ?

Guillaume Lafortune : Il est possible de redresser la barre. Certains acteurs, du secteur financier (lire la tribune du directeur de l’investissement de Triodos investment, Hans Stegeman, de juin 2022) ou autres (lire la tribune publiée dans Nature en juillet 2020), utilisent l’argument que l’on n’atteindra jamais les ODD pour proposer de les réviser ou de les abandonner. Il y a là un manque de connexion avec la réalité, la difficulté d’aboutir à ce genre d’accords internationaux, et le caractère innovant de ces objectifs dans de nombreuses régions du monde. Il n’est pas envisageable ni de se rasseoir à la table des négociations pour réduire le nombre d’objectifs, ni d’abandonner des objectifs de lutte contre des risques systémiques pour la planète comme la pauvreté, le changement climatique, ou la perte de biodiversité.

Il sera important dans les mois qui viennent de renforcer le discours autour des ODD, en mettant en valeur les champions et les structures et outils mis en place et qui fonctionnent.

AEF info : Faut-il prioriser seulement quelques ODD comme le proposent certains ?

Guillaume Lafortune : Il n’y a pas de raisons de ne pas avancer sur tous les ODD en parallèle, grâce à des politiques publiques ambitieuses et des investissements. Le SDSN a déterminé six grandes transformations qui permettraient d’atteindre les 17 ODD : investissements de santé et bien-être, éducation et égalité, décarbonation, biodiversité, développement urbain, et révolution digitale. Ce découpage aide aussi à déterminer quels ministères doivent collaborer entre eux.

AEF info : Dans votre tribune, vous décrivez trois actions prioritaires pour rebondir. Pouvez-vous les décrire ?

Guillaume Lafortune : Avoir des leaders plus forts et plus présents. Il n’y aura pas de changements majeurs sans implication forte et accélération des efforts du G7 et du G20. Pas mal d’espoirs reposent sur l’Union européenne, avec un marché unique qui peut influencer le reste du monde et le faire avancer vers des modes de production plus durables. La Chine (Belt and Road Initiative), les États-Unis (Build back better plan) et l’Union européenne (Global Gateway) ont lancé de grands programmes d’investissement. Cela peut faire progresser les ODD en termes d’infrastructures mais il faudra s’assurer qu’ils soient alignés et qu’ils ne financent pas les énergies fossiles.

Il faut un jeu collectif avec une coopération internationale et un système onusien fort, réfléchir à comment rendre les processus et les instruments du FMI, de la Banque mondiale, de l’OMS, plus efficaces pour répondre aux défis de notre ère. Courant septembre, la commission du Lancet sur le Covid-19 présidée par le président du SDSN va publier un gros rapport qui donnera des pistes et des recommandations sur les leçons à tirer de la crise du Covid pour aligner le rôle et les mandats des institutions internationales sur l’atteinte du développement durable.

Enfin, il est nécessaire de renforcer le rôle de la société civile. On l’a vu avec le Covid, la science et la recherche peuvent fournir des informations utiles pour prendre des décisions et trouver des solutions. Renforcer le lien entre gouvernement, secteur privé et secteur scientifique, aligner les innovations sur le développement durable. Nous avons besoin de plus de mécanismes, incluant à l’échelon local et régional, pour mettre en lien ces différents acteurs.

AEF info : Quel sera le rôle du sommet de 2023 sur les ODD ?

Guillaume Lafortune : En plus du forum annuel de haut niveau, il y a tous les quatre ans une réunion des chefs d’État et de gouvernement pour faire le point sur le progrès envers les ODD. La dernière était en 2019, depuis le monde a bien changé. En septembre 2023, il faudra reconnaître que l’on n’est pas sur la trajectoire pour atteindre les objectifs, mais aussi identifier ce qui a bien fonctionné ou pas, qui sont les champions et les bonnes pratiques, et quelles sont les grandes priorités pour restaurer et accélérer les progrès. Nous espérons qu’il y aura des engagements de financement de cet agenda, notamment pour les pays à faibles revenus et revenus intermédiaires. Entre-temps, il y aura plusieurs réunions, comme l’assemblée générale de l’ONU, la COP 27, la COP biodiversité, qui apporteront sans doute aussi des avancées.

AEF info : Quel est l’impact concret de l’Agenda 2030 que vous observez dans les politiques publiques et les initiatives des acteurs privés ?

Guillaume Lafortune : C’est normal que l’on n’ait pas atteint les ODD à mi-chemin, en revanche il devrait déjà y avoir des progrès dans les politiques publiques. Au sein du G20, il y a une grande diversité sur la manière dont les pays ont intégré les ODD dans l’action publique. Les pays nordiques font référence aux ODD dans des documents stratégiques comme le budget national. La Finlande et la Suède ont des plans climat plus ambitieux. D’ailleurs la Suède veut être le premier pays à avoir une cible quantifiée pour réduire les émissions de CO2 dans sa consommation à l’étranger. La Finlande incite à l’implication de la société civile avec des panels de citoyens permanents sur les ODD. D’autres pays comme l’Allemagne et le Mexique utilisent beaucoup les objectifs comme cadre au sein de leur administration publique.

Certains pays en revanche ne font aucun effort, n’ont aucun portage, comme les États-Unis, la Russie et le Brésil. D’ailleurs, parmi ces pays, les États-Unis sont le seul qui n’a jamais fait de revue nationale volontaire de ses avancées auprès de l’ONU.

Il y a eu un travail onusien et du secteur privé pour opérationnaliser cet agenda. Les ODD ont d’abord été adoptés pour les États, avant d’être utilisés par les régions et par des acteurs privés. Aujourd’hui, il y a une tendance internationale pour tendre vers la cible net zéro (ODD 13 sur le climat). On voit également une prise de conscience et grand développement de la finance autour des ODD, avec de nouveaux instruments pour aider des pays en développement, dans lesquels il est parfois difficile d’avoir accès à des financements de long terme. La multiplication des obligations durables est un signal fort.

AEF info : La France fait-elle partie des leaders sur les ODD ?

Guillaume Lafortune : La France se classe 7e sur 163, derrière les pays nordiques. Globalement les pays de l’OCDE performent mieux sur les objectifs sociaux économiques (de l’ODD 1 au 10) mais aucun de ces pays n’est en voie d’atteindre tous les ODD. Malgré tout, on observe en France de gros soucis d’inégalités et d’accès à certains services publics d’éducation et de santé ainsi qu’en matière de consommation et production durable, de lutte contre le changement climatique et de perte de biodiversité, de systèmes agricoles et de régimes alimentaires. Il y a aussi beaucoup d’externalités négatives qui sont générées à l’étranger par la consommation du pays. La France se classe 154e sur 163 pays dans le classement des externalités négatives.

Côté politique, la France est classée dans la catégorie "engagement faible". Il n’y a pas eu de portage politique très fort. L’accord de Paris a pris une grosse partie de la lumière. Quant à la feuille de route nationale, il faut voir de quelle manière elle est vraiment utilisée. L’Espagne a mis en place un ministère de l’Agenda 2030. Dans plusieurs pays, l’unité qui coordonne les ODD est rattachée au cabinet du Premier ministre ou du président, afin d’avoir un appui fort du plus haut niveau du gouvernement. Ce n’est pas le cas en France, même si une recommandation d’un rapport récent de France Stratégie souligne l’intérêt de rattacher l’unité qui s’occupe des questions de "durabilité" au chef du gouvernement.

Enfin, du côté du suivi des progrès, la France a remis une seule revue nationale volontaire alors que certains pays en sont à deux ou trois. Elle devrait en préparer une pour septembre 2023, qui devrait être publiée en même temps que la première de l’UE. L’Insee a rapidement mis en place une série d’indicateurs pour faire le suivi des ODD et il y a eu un rapport du Parlement missionné par le Premier ministre (lire sur AEF info), ce qui représente des signes positifs. Tout comme le fait que Paris devient une place forte de la finance verte.

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