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Importations de gaz américain : quel impact en termes d'émissions de gaz à effet de serre ?

Dans le contexte de la guerre en Ukraine, les fournisseurs de gaz européens se sont notamment tournés vers les États-Unis pour réduire leurs approvisionnements russes. Un choix que l’ONG américaine The Natural Resources Defense Council ou que le bureau d’études Carbone 4 juge discutable : selon eux, le gaz américain, principalement du gaz de schiste, serait particulièrement émetteur de méthane lors de son extraction, ce qui alourdirait considérablement le bilan des émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble de son cycle de vie. Toutefois, il n’existe aujourd’hui pas encore d’outil international normalisé évaluant les émissions de méthane sur l’ensemble du cycle de vie du gaz importé. Malgré tout, l’Europe et les États-Unis font avancer petit à petit leur législation. En outre, pour le DGA d’Engie Didier Holleaux, des solutions techniques existent pour réduire l'impact.

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La guerre en Ukraine a rebattu les cartes du gaz en Europe. Pour remplacer les 45 % de gaz fournis par la Russie en 2020 sur une consommation estimée à 394 milliards de m³ (et les 17 % des 46 milliards de m³ importés en France), les fournisseurs européens cherchent de nouvelles sources d’approvisionnement. À l’image d’Engie qui a signé en mars 2022 un contrat sur quinze ans avec l’américain NextDecade pour 2,3 milliards de m³ chaque année.

Mais ces importations interrogent certaines ONG. "Le gaz naturel a longtemps été considéré comme une 'énergie de transition' […]. Il est vrai que, par rapport au charbon, la combustion du gaz émet à peine deux fois moins de dioxyde de carbone, le gaz à effet de serre qui est le principal moteur du changement climatique. Cependant, l’extraction, le traitement et le transport du gaz émettent également des gaz à effet de serre", pointe dans son rapport de décembre 2020 "Sailing to nowhere" l’ONG américaine The Natural Resources Defense Council (NRDC). "Ces émissions dites 'amont' représentent 20 à 30 % des émissions totales des hydrocarbures. Elles sont donc différenciantes : en fonction de la façon dont le gaz est produit, du trajet qu’il a à parcourir et comment il le parcourt, l’impact total d’un gaz ou d’un autre ne sera pas du tout le même", précise à AEF info Alexandre Joly, responsable du pôle énergie chez Carbone 4, le bureau d’études fondé par Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean. Selon l’ingénieur, le gaz américain, issu à 79 % de la fracturation hydraulique, serait particulièrement émetteur de gaz à effet de serre en phase amont.

D’importants volumes à venir de gaz de schistes importés

Il faut d’abord savoir que les importations de gaz américain n’ont pas commencé avec la guerre en Ukraine : en 2015, Engie avait signé un accord d’achat-vente de GNL pour une durée de cinq ans avec l’américain Cheniere Marketing International LLP. Selon un document daté de 2016 publié sur son site internet, Cheniere se félicitait de compter parmi ses clients EDF, Total, Iberdrola ou l’entreprise espagnole Gas Natural Fenosa (devenue Naturgy en 2018). "Entre 2007 et 2017, les États-Unis ont transformé leurs infrastructures d’import pour exporter massivement le gaz de schiste qu’ils ont découvert", explique Sophie Méritet, maîtresse de conférences en sciences économiques à l’université Paris-Dauphine et chercheuse au Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières. Durant l’année 2021, les États-Unis avaient ainsi déjà exporté 22 milliards de m³ à destination de l’UE.

"Mais les Etats-Unis préféraient tout de même jusqu’alors exporter en Asie. La guerre en Ukraine a retourné la situation, en leur ouvrant un débouché à haut prix en Europe", poursuit la chercheuse. Le 25 mars 2022, dans une déclaration commune, la Commission européenne s’engageait à garantir à partir de 2023 et jusqu’en 2030 au moins, "une demande stable de GNL supplémentaire provenant des États-Unis à hauteur d’environ 50 milliards de m³ par an". Des volumes conséquents qui feront passer les États-Unis parmi les principaux fournisseurs énergétiques de l’Europe.

les fuites de méthane en question

Pour quel coût en termes de gaz à effet de serre ? "Le premier facteur pénalisant du gaz de schiste, ce sont les fuites qui ont lieu pendant son extraction", explique Alexandre Joly. Or le méthane qui s’échappe a, selon l’Agence internationale de l’énergie, un potentiel de réchauffement climatique 84 à 87 fois plus élevé que le dioxyde de carbone (en considérant une durée de 20 ans). Toujours selon l’agence, il est responsable à hauteur de 30 % de la hausse de la température mondiale depuis la révolution industrielle ; la réduction de ses émissions constitue donc une mesure indispensable pour réussir à tenir les objectifs fixés dans l’accord de Paris.

Or dans son rapport "Global Methane Tracker" de 2022, l’AIE note que les producteurs américains sont les deuxièmes contributeurs mondiaux aux émissions liées au pétrole et au gaz, derrière les Russes. L’agence pointe notamment les fuites massives en provenance du bassin Permien au Texas, soit la zone où sont produits les gaz de schiste (lire sur AEF info).

"Le principal problème rencontré lors de ce type d’extraction, c’est le dégazage des eaux de fracturation, explique auprès d’AEF info Didier Holleaux, directeur général adjoint d’Engie, notamment en charge des réseaux internationaux d’approvisionnement en gaz. Lorsque ces eaux sont recueillies dans des bassins à ciel ouvert, le méthane se dégage dans l’atmosphère. Mais elles peuvent être récupérées dans des conteneurs fermés", assure-t-il. Selon le directeur, les émissions de méthane dépendent donc avant tout des pratiques des opérateurs. "Certains comme Exxon Mobil ou Equinor mettent en œuvre les meilleures pratiques en vigueur. D’autres producteurs, plus petits et plus fragiles financièrement peuvent avoir des pratiques moins abouties", poursuit-il.

Mais la production n’est pas le seul moment pendant lequel des gaz à effet de serre dits amont sont produits. "Le second facteur pénalisant, c’est la liquéfaction puisqu’il faut de l’énergie pour compresser le gaz et le rendre liquide, puis le transporter sur de grandes distances", reprend Alexandre Joly. "Les gaz à effet de serre émis vont ici dépendre du type d’électricité utilisée pour les compresseurs", répond Didier Holleaux, citant à l’appui le projet canadien MacDermott d’usine d’export de GNL alimentée par de l’hydroélectricité.

Bataille de chiffres

Si le gaz importé en Europe est loin d’avoir un coût environnemental neutre, quels outils permettent de mesurer l’équivalent en gaz à effet de serre de l’ensemble de son cycle de vie ? Dans un article publié en avril 2022 dans Connaissances des Énergies, Alexandre Joly estime que les émissions totales du GNL américain utilisé pour un usage de chauffage en Europe sont comparables à celles que pourrait avoir la houille. Le NRDC arrive aussi à la conclusion que, sur un laps de temps de 20 ans, les émissions de gaz à effet de serre du gaz de schiste américain exporté en Europe sont comparables à celle du charbon.

Interrogé sur l’étude de Carbone 4, Didier Holleaux juge les chiffres "contestables". "Il n’existe presque plus d’usage thermique du charbon dans un pays comme le nôtre, donc comparer gaz et charbon sur un usage devenu marginal pour le charbon est peu pertinent", estime-t-il. "Il s’agit de donner un point de repère sur l’usage principal du gaz qu’est la chaleur, afin de montrer que ce gaz importé émet beaucoup de gaz à effet de serre", répond Alexandre Joly. Questionné sur son mode de calcul, il explique s’être fondé sur des outils satellites et des études bibliographiques. "La Norvège a des données précises, mais beaucoup de pays patinent sur les données. En fait, il n’existe pas de base homogène, explique-t-il. Notre analyse n’a donc pas vocation à l’exhaustivité et nous la présentons en toute humilité", poursuit-il.

Il n’existe en effet aujourd’hui aucun outil de mesure et de vérification international normalisé pour analyser les émissions amont de méthane – et donc a fortiori les émissions de gaz à effet de serre du gaz. Ces éléments sont pourtant cruciaux pour remplir l’objectif du pacte mondial sur le méthane (Global methane pledge) lancé par les États-Unis et l’Union européenne en novembre 2021, et qui vise une réduction de 30 % des émissions mondiales d’ici à 2030 par rapport à leur niveau de 2020 (lire sur AEF info).

Législations européenne et américaine en mouvement

"Des méthodes et procédures standardisées pour la mesure empirique, le reporting et la vérification (MRV) des émissions de méthane du gaz et du GNL faisant l’objet d’échanges internationaux devraient être convenues dès que possible, idéalement d’ici à fin 2022, entre les acheteurs européens et leurs fournisseurs, et approuvées par les gouvernements et la Commission européenne", recommande dans un rapport de l’Oxford Institute for Energy Studies publié en janvier 2022 le chercheur Jonathan Stern. "Des délais plus longs signifieront que les objectifs de réduction du méthane pour 2030 ne pourront pas être atteints", prévient-il.

Dans le prolongement de sa stratégie d’octobre 2020 pour réduire les émissions de méthane et dans le cadre du deuxième paquet "Fit for 55", la Commission a présenté le 15 décembre 2021 une proposition sur le sujet. L’article 27 en particulier prévoit un renforcement des exigences de mesure et de déclaration des émissions amont pour les importateurs. Mais la législation européenne s’inscrit dans le temps long. "Compte tenu de l’urgence de réduire les émissions d’ici à 2030, il sera nécessaire que les gouvernements nationaux […] introduisent ces obligations avant l’entrée en vigueur du règlement européen", écrit Jonathan Stern. La chercheuse Sophie Méritet n’est pas confiante. "L’Europe ne peut rien faire car elle a trop besoin de gaz", considère-t-elle.

Et que font les fournisseurs européens ? Questionné sur la mise en place d’indicateurs d’émissions de gaz à effet de serre, Didier Holleaux, qui est également président d’Eurogas, répond que l’industrie doit "y travailler nécessairement". Il considère toutefois que l’obligation relève davantage des producteurs. "Et les industriels américains les plus sérieux n’ont pas attendu l’Europe pour se verdir", reprend-il.

À l’échelle fédérale, le président Joseph Biden a dévoilé en novembre 2021 un plan d’action pour la réduction des émissions de méthane, comprenant notamment un projet de règlement de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) à destination des producteurs de pétrole et de gaz. "La règle proposée réduirait de 41 millions de tonnes les émissions de méthane entre 2023 et 2035, soit l’équivalent de 920 millions de tonnes de dioxyde de carbone. C’est plus que la quantité de CO2 émise par toutes les voitures particulières et avions commerciaux américains en 2019", avance l’agence américaine dans un communiqué. "C’est une bonne chose que ces projets aient été lancés avant la guerre en Ukraine, juge la chercheuse Sophie Méritet. Cela va encadrer l’essor du gaz de schiste", espère-t-elle. En attendant, cette quantité de méthane est encore relarguée dans l’atmosphère. À l’heure où la rupture climatique est de plus en plus visible, indicateurs de comparaison mondiaux et renforcements législatifs et réglementaires sont attendus avec impatience.

Le débat sur le GNL s’invite à l’Assemblée nationale

 

Le débat sur l’impact environnemental du GNL touche l’Assemblée nationale avec les articles 13 et 14 du projet de loi portant mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat visant à autoriser plus rapidement un projet de terminal méthanier flottant que TotalEnergies souhaite installer sur le site du port du Havre, en dérogeant au droit environnemental ordinaire. En commission, les députés ont limité à cinq ans l’autorisation d’exploitation, précisant que celle-ci ne pourra être renouvelée au-delà de cette période "que par la loi".

Les ONG sont vent debout contre ces mesures : les Amis de la Terre France, "demandent la suppression totale des articles 13 et 14 et la mise en place d’un véritable plan pour l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables" tandis que Greenpeace France "dénonce les largesses accordées à TotalEnergies".

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