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Mobilités : "Il faut davantage de financements pour 2023 et que cela soit plaidé politiquement" (L. Coudret-Laut, Erasmus+)

Après six ans et demi à la direction de l’agence française Eramus+, Laure Coudret-Laut fait valoir ses droits à la retraite et dresse le bilan de son mandat dans une interview accordée à AEF info, le 22 juin 2022. Elle identifie trois grands changements durant cette période : la création d’un système d’accréditation pour le scolaire et la formation professionnelle ; la mise en place des alliances d'universités européennes et l’instauration d’une stratégie ciblée sur quatre enjeux sociétaux. Aujourd’hui, elle juge le démarrage du programme 2021-2027 "trop plat" et demande "un vrai coup d’accélérateur" pour 2023. Face à l'augmentation globale des financements Erasmus+, elle estime que l’enjeu pour le futur de l’agence française est de "conserver sa qualité de gestion".

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Laure Coudret-Laut, directrice de l'Agence Erasmus + Erasmus +

AEF info : Vous quittez la direction de l'agence Erasmus+ le 30 juin 2022 pour prendre votre retraite après un mandat de six ans et demi. Comment le programme a-t-il évolué pendant cette période ?

Laure Coudret-Laut : À Bruxelles comme au niveau national, ce qui a le plus changé c'est l'importance qui est maintenant donnée dans l'agenda politique à l’éducation et à la formation. Il y a une vraie prise de conscience qu’il faut mieux protéger la jeunesse, et qu’il faut des financements dans l’éducation. La réflexion qui a le plus changé concerne le besoin pour une Europe forte d’avoir des gens bien formés et de pouvoir les former tout au long de la vie. Ce n’était pas tellement ce qu’on avait en France mais cela a progressivement été bien intégré, par exemple avec la réforme "choisir son avenir professionnel" et le développement de l’apprentissage. Cette idée des compétences est devenue centrale. Dans ce contexte, nous avons pu montrer que les mobilités sont sources d’apprentissage de compétences transversales.

Outre le fait que le programme est bien doté, et qu’il a été augmenté – il n’y a pas eu beaucoup de programmes augmentés pour la période 2021-2027 – c’est la façon dont il est organisé qui constitue un vrai changement. Le système d’accréditation pour le scolaire et la formation professionnelle est une petite révolution car les établissements qui jusque-là travaillaient au coup par coup et se projettent maintenant sur plusieurs années pour ouvrir leurs organisations à l’international.

La deuxième révolution concerne la mise à niveau de tous les secteurs qui sont désormais tous structurés de la même façon : pour l’enseignement supérieur, les alliances d’universités européennes ; pour le scolaire, les académies Erasmus+ des enseignants ; pour la formation professionnelle, les centres d’excellence. Cet élément important, et qui manquait, va apporter beaucoup de choses par les acteurs eux-mêmes. Tous les secteurs auront la possibilité d’expérimenter dans des projets innovants, ce qui rentre vraiment dans le rôle de l’Europe de modernisation de notre système éducatif.

La troisième révolution c’est l’adéquation entre l’outil Erasmus+ et les enjeux sociétaux. Il y a quatre stratégies à mettre en place pour répondre à quatre enjeux : le numérique, l’environnement, l’inclusion et les valeurs européennes. C’est un vrai plus et ça nous a obligés à nous organiser différemment avec quatre conseillères techniques dont chacune s’occupe d’une stratégie.

AEF info : Ces quatre enjeux sont-ils tous investis de la même manière ? N’y en a-t-il pas un en souffrance ?

 

"Parmi les quatre priorités du programme, c’est évidemment sur l’inclusion que nous serons jugés."

 

Laure Coudret-Laut : Non, c’est tellement inscrit dans une politique globale que chacun des États est obligé de les mettre en action. Je suis plutôt optimiste là-dessus. Parmi les quatre priorités, c’est évidemment sur l’inclusion que nous serons jugés. Arriverons-nous à faire en sorte que ce programme bénéficie à ceux qui n’en bénéficiaient pas avant ? Il y a un effort considérable à faire sur l’information auprès des publics dans les zones rurales, les REP+ et les composantes d’université où il y a très peu de mobilités.

Nous avons engagé tout un travail en ce sens. Nous avons bien transformé l’agence et expérimentons des choses intéressantes : travail de rénovation de notre réseau des développeurs ou encore expérimentation des bureaux territoriaux Erasmus+.

AEF info : À ce stade pouvez-vous nous dire si l’agence a obtenu des résultats dans le domaine de l’inclusion ?

Laure Coudret-Laut : Nous observons des progrès dans le choix que font les acteurs dans les thématiques de leurs projets et les demandes de financement de mobilités avec le nouveau "forfait inclusion". En revanche, faute d’outils, nous ne se sommes pas encore capables de distinguer parmi les jeunes qui ont effectué une mobilité, ceux qui sont partis sur des critères d’inclusion.

AEF info : Face aux objectifs ambitieux d’un "Erasmus pour tous" les moyens dont vous disposez sont-ils à la hauteur ?

 

"Les pays qui envoient le plus d’apprenants en mobilité trouvent comme nous que les financements ne sont pas assez importants."

 

Laure Coudret-Laut : Le démarrage du programme est trop plat. On a eu une première année post-Covid où on est reparti plus bas que la dernière année du précédent programme. Pour 2023, il faut qu’on ait davantage de financements pour qu’on puisse financer cette inclusion et toutes les démarches nécessaires pour aller vers ces publics. C’est un sujet que j’ai à cœur, il faut un vrai coup d’accélérateur et que cela soit plaidé politiquement.

AEF info : Cette demande de moyens, la partagez-vous avec vos homologues des autres agences nationales avec lesquels vous vous êtes réunis à Arcachon, en mai dernier ?

Laure Coudret-Laut : Les pays qui envoient le plus d’apprenants trouvent comme nous que les financements ne sont pas assez importants : c’est vrai pour l’enseignement supérieur allemand, c’est vrai en Espagne et pour l’apprentissage et en Italie.

AEF info : Les agences disposent-elles d’assez de moyens pour assurer leurs missions, dans ce contexte d’augmentation des financements du programme ?

Laure Coudret-Laut : Dans les financements qu’elle octroie aux agences nationales, la Commission européenne tient compte de l’augmentation globale des financements et nous accompagne pour qu’on puisse recruter davantage car elle est très vigilante aux personnes qui travaillent dans les agences et à leurs compétences. C’est plutôt les tutelles administratives – soumises à des restrictions drastiques de ressources – qui ne comprennent pas que l’on crée des emplois quand elles en ont moins. C’est un débat récurrent que nous avons chaque année au mois de décembre lors des discussions sur le budget initial. C’est une vraie bataille, car on ne peut pas faire plus avec moins et avec la même qualité.

AEF info : Lors de la rencontre organisée entre directeur d’agences nationales à Arcachon, en mai dernier, sur quels sujets avez-vous décidé d’interpeller la Commission européenne ?

Laure Coudret-Laut : Nous avons mis une forte pression sur la Commission européenne pour le développement des outils numériques car cela n’avance pas assez vite (notamment pour l’outil avec lequel les établissements enregistrent les mobilités réalisées).

L’idée est de faciliter la gestion des mobilités pour les établissements. Ils doivent actuellement travailler mobilité par mobilité, c’est qui crée une grande complexité et qui est fastidieux. On voit très bien ce que le numérique peut apporter dans ce domaine.

Le deuxième objectif c’est de faciliter la vie de l’étudiant quand il part en mobilité avec tout une série de services. Il aurait accès à son dossier, la reconnaissance de ses crédits, des infos pratiques avant son départ sur l’établissement qui l’accueille, sur le logement et les aides disponibles…

AEF info : Et qu’en est-il du projet de carte étudiante européenne (lire sur AEF info) ?

Laure Coudret-Laut : Les réactions sur la carte européenne sont très variables d’un pays à l’autre. C’est lié à la façon dont est organisé l’enseignement supérieur dans chaque pays. Par exemple, les Allemands n’y sont pas favorables du tout. En France, nous sommes plutôt allants sur le sujet. Il y a un coût à cette transformation, que peuvent sans doute assumer des établissements qui ont de grands volumes de mobilités, mais pas ceux qui ont des petits volumes de mobilité… Pour ces derniers, il vaut mieux passer par un consortium. C’est donc d’une grande complexité à mettre en œuvre. Je ne dis pas que la carte étudiante européenne ne va pas se faire, je dis que cela va prendre du temps.

AEF info : Il y a eu une sorte d’engouement pour l’idée d’une internationalisation à distance à la suite de la crise du Covid. Que penser de cette idée aujourd’hui ? N’est-ce pas une "mobilité" au rabais ?

 

"Dans toutes les agences, il y a un retour à la normale depuis le Covid et partout, nous faisons le même constat de l’appétence des jeunes à vouloir partir."

 

Laure Coudret-Laut : Ce nouveau programme nous offre une très grande diversité dans la création des mobilités : on peut jouer sur les durées, sur de l’individuel, sur des groupes qui partent ensemble. Quelque part, cela réinterroge l’image de la mobilité classique que l’on connaît du départ de six mois, individuel. Pouvoir faire des mobilités plus courtes pour voir ce que cela donne, cela ouvre aussi la mobilité à des gens qui craignaient de partir seul durant six mois.

Cela vaut franchement le coup d’accompagner les mobilités courtes par du numérique. Par exemple pour un campus d’été centré sur un sujet très spécifique, on peut travailler et débattre numériquement en amont de la mobilité. Et si après le séjour, il y a des échanges très productifs, on peut utiliser le numérique pour faire un suivi. Je trouve que c’est génial et que ce n’est pas au rabais. Cela peut répondre à des problématiques que nous n’arrivions pas à traiter avant.

Par contre, l’idée que tout le monde avait de ne faire que du numérique et que tout le monde allait être content… ça, c’est fini ! Dans toutes les agences, il y a un retour à la normale depuis le Covid et partout, nous faisons le même constat de l’appétence des jeunes à vouloir partir. Quand les gens construisent un projet de mobilité, c’est un projet personnel, c’est aller ailleurs, rencontrer une civilisation différente, s’intégrer dans un environnement différent… L’idée de l’échange est centrale et sera défendue par les étudiants et les élèves eux-mêmes.

AEF info : L’un des grands chantiers qui s’est ouvert pendant votre mandat est celui des alliances d’universités européennes. Quel bilan tirez-vous de leur lancement ?

 

"Il faut garder en tête que les universités européennes ont été faites pour que les étudiants en bénéficient et pas seulement les structures."

 

Laure Coudret-Laut : Les établissements qui ont le mieux résisté au Covid et qui ont continué à faire des échanges sont impliqués dans des alliances d’universités européennes. Celles-ci ont consolidé des rapports interinstitutionnels qui étaient déjà forts entre un certain nombre de partenaires et se sont ouvertes à des partenaires nouveaux. Elles ont impliqué toute la hiérarchie des universités, notamment en France où la pression politique pour qu’il y ait des réponses était forte. Résultat, les responsables de projet dans les universités ont été transversaux, ce qui fait travailler différemment en interne. De ce point de vue, ça a été très positif.

Même si leur démarrage a pâti de la période du Covid, les universités européennes ont permis des rapprochements extrêmement sensibles. La coopération est pensée dans sa globalité et fait partie de la stratégie. Cela avance bien, les enseignants-chercheurs se parlent beaucoup plus entre eux. Ce n’est pas trop mesurable à ce stade, mais l’impact à moyen terme est évident.

Mais il faut garder en tête que les universités européennes ont été faites pour que les étudiants en bénéficient et pas seulement les structures. Il y a encore à atteindre l’objectif de 50 % de mobilité chez les étudiants des universités européennes. C’est plus compliqué. La mise en œuvre étant liée aux financements, s’ils sont exponentiels ça ira.

AEF info : Vous étiez conseillère Éducation, Jeunesse et Sport à la Représentation permanente de la France avant de prendre la tête de l’agence Erasmus+ française en 2016. En quoi cette expérience vous a-t-elle aidé ?

 

"Il faut que l’agence puisse conserver sa qualité de gestion avec l’augmentation du volume financier du programme. C’est l’essentiel."

 

Laure Coudret-Laut : J’ai insufflé dans l’agence les mêmes pratiques que j’avais eues quand j’étais à Bruxelles : on discute ensemble, on prend une position, la personne qui représente l’agence dans un groupe de travail donne la position de l’agence et après rend compte de la réunion. Le fait d’avoir travaillé à Bruxelles, que je sache ce qu’est le lobbying auprès des parlementaires, que je sache très bien travailler avec mes collègues européens, ça a facilité le travail que nous avons mené dans les réunions informelles de directeurs dans notre petit réseau des directeurs de la Méditerranée. J’ai transposé la culture de Bruxelles en négociant collectivement avec mes homologues car quand on est plusieurs à s’opposer à quelque chose, la Commission revoit ses positions plus facilement. Quelque part, nous sommes devenus une agence nationale très européenne.

AEF info : Que souhaitez-vous pour le futur de l’agence ?

Laure Coudret-Laut : Il faut que l’agence puisse conserver sa qualité de gestion avec l’augmentation du volume financier du programme. C’est l’essentiel. Le deuxième enjeu, c’est de bien défendre les appels 2023 et 2024 pour qu’il y ait le booster dont nous avons besoin. L’agence doit aussi garder son attractivité car il nous faut des gens compétents qui restent un peu de temps avec nous. Il faut que les gens qui travaillent avec nous trouvent du sens et du plaisir à ce qu’ils font. Nous avons déjà travaillé sur un accord de télétravail et revu le référentiel des carrières et des rémunérations pour qu’ils soient plus attractifs pour les personnels non-fonctionnaires.

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