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Home| Social / RH| Fonction publique| Dépêche n°674003

Former les agents à la langue des signes, une nécessité assurée depuis 2004 aux finances publiques du Val-de-Marne

De 2004 à 2020, près de 200 personnes sourdes et malentendantes étaient accueillies au sein de la DDFIP (direction départementale des finances publiques) du Val-de-Marne, à Créteil. Deux agentes formées à la langue des signes sont chargées de les aider à réaliser leurs démarches administratives. Si la demande a baissé depuis la pandémie, accueillir ces usagers en présentiel est essentiel puisque la communication à distance, par courriels, les met en difficulté. Leur usage du français étant différent, le langage fiscal est donc un défi.

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La DDFIP du Val-de-Marne est l'une des seules d'Île-de-France à avoir des agents formés à la langue des signes. Pexels - SHVETS production

À 64 ans, Bernadette Leygue est l’une des deux agentes de l’administration à aider les personnes sourdes et malentendantes à réaliser leurs tâches administratives. Elle s’apprête à prendre sa retraite. "Je dois partir, mes enfants et petits-enfants me le demandent", rit-elle, non sans une pointe de tristesse. "Cela fait vingt ans que j’accompagne les personnes sourdes et malentendantes, un lien s’est créé." Et d’ajouter : "Je voudrais vraiment qu’il y ait une relève, c’est important."

"La direction fera tout son possible pour maintenir l’accueil spécialisé des personnes sourdes et malentendantes et assurer la relève de cette équipe", assure Aurélie Sauzet, responsable de la mission cabinet et communication à la Direction départementale des finances publiques du Val-de-Marne (DDFIP 94), toujours en recherche d’un remplaçant quelques mois avant le départ de Bernadette Leygue.

accompagner 200 personnes par an

Tout commence en 2004, année durant laquelle une formation à la langue des signes a été mise en place. Une formation de dix ans, avec quatre à huit semaines d’enseignements par an, dont a fait partie Bernadette Leygue. Étant une enfant Coda (child of deaf adults, c’est-à-dire née de parents sourds), l’agente se dit "sensible" à la situation des personnes souffrant de ce handicap. Elle n’était cependant pas familière avec la langue des signes, parlant en code avec ses parents, et s’est donc portée volontaire pour apprendre la langue des signes et accueillir les personnes sourdes et malentendantes au sein de la DDFIP du Val-de-Marne. Exerçant au service de publicité foncière, Bernadette Leygue est ainsi régulièrement détachée au service des impôts des particuliers, qui accueille les usagers.

L’accompagnement des personnes souffrant de ce handicap, qui a lieu à Créteil, a débuté en même temps que la formation, en 2004. Une campagne de communication a été menée par la DDFIP pour informer les sourds et malentendants. "Chaque année, le service communication de notre Direction édite des affiches spécifiques, qui sont ensuite diffusées aux mairies du département, à l’académie de la langue des signes, à la CAF, à la CPAM, et à la MDPH", complète Aurélie Sauzet.

Au total et avant la pandémie, près de 200 personnes sourdes et malentendantes sont accueillies chaque année à la DDFIP du Val-de-Marne, notamment lors de la période des déclarations de revenus. La ville de Créteil a d’ailleurs relayé cette année l’accueil mis en place par les Finances publiques pour venir en aide aux personnes souffrant de ce handicap.

signer la fiscalité

Recevoir en présentiel les personnes sourdes et malentendantes pour les aider est primordial, échanger des mails pour expliquer les démarches à suivre s’avérant souvent inutiles. "Je sais tout de suite, en recevant un mail, quand c’est un sourd qui me l’a envoyé", témoigne Bernadette Leygue. "Il y a des particularités, les personnes sourdes n’ont pas la même syntaxe que nous. Donc ils n’écrivent pas le français comme nous l’écrivons, et selon l’académie de langue des signes, l’écrit les met en difficulté. Ce que confirme notre expérience. L’écrit les conduit à se mettre en retrait."

Elle estime que la grande majorité des personnes sourdes éprouvent des difficultés avec l'écrit. "Quand je reçois des personnes sourdes, je fais plutôt des schémas et j’adapte ma langue des signes au langage fiscal". Certains mots ne sont en effet pas transposables en langage des signes. Par exemple, "dégrèvement", même épelé, ne sera pas compris et est plutôt remplacé par réduction. "Plafonnement" ne veut rien dire d’autre qu’un plafond en langue des signes. Accueillir des personnes sourdes et malentendantes demande donc "une vraie formation" : "Si vous ne comprenez pas ce que vous demande un sourd, vous allez mal traiter sa demande, et ça a des conséquences."

aller vers l’autonomie

L’accueil en présentiel a néanmoins été mis à mal par la crise sanitaire. "Le nombre de personnes malentendantes nous sollicitant a beaucoup diminué", analyse Aurélie Sauzet. Elle insiste sur l’adaptation de l’administration à la pandémie : "Nous avons accru nos capacités d’accueil à distance (courriels, téléphone)" et l’accueil en présentiel a été maintenu autant que possible pour "les personnes les plus fragiles ou les moins aguerries à internet", et ceux nécessitant un accompagnement en langue des signes, précise-t-elle. Néanmoins, les personnes sourdes et malentendantes "ont perdu l’habitude de venir" : "Certains ne reviennent pas alors que je les voyais chaque année", regrette Bernadette Leygue.

Peur de la pandémie ou adaptation aux nouvelles technologies ? "On essaie de les rendre autonomes", affirme Aurélie Sauzet. Une indépendance renforcée par l’offre accrue de services en ligne. Une fois familiarisées avec les outils numériques grâce à l’aide des deux agentes, les personnes sourdes et malentendantes peuvent ensuite directement chercher les documents dont ils ont besoin sans passer par l’accueil spécialisé de la DDFIP. "À partir du moment où ils n’ont pas à envoyer un message, c’est confortable pour eux", salue Bernadette Leygue. Des travaux au sein de la DDFIP du Val-de-Marne sont également en cours pour "encore mieux accueillir nos usagers". "Il y aura un fléchage particulier pour les personnes en situation de handicap, avec une priorité clairement signalée", explique Aurélie Sauzet.

un manque d’accompagnement en Île-de-France ?

 

Si 200 personnes sourdes et malentendantes étaient accompagnées chaque année (avant le Covid-19) par la DDFIP du Val-de-Marne à Créteil, toutes n’étaient pas originaires du département. "Au départ, on ne recevait que le 94. Puis on s’est rendu compte qu’il y avait une grosse demande, et on a accueilli les usagers de toute l’Île-de-France", se souvient Bernadette Leygue. "On ne peut pas régler leurs problèmes particuliers, puisqu’ils ne sont pas de notre département, mais on contactait les collaborateurs de la DGFIP d’autres départements. Parfois, on peut régler leur demande en échangeant par téléphone avec le collègue du département compétent, sinon on explique bien la demande au collègue, c’est beaucoup plus simple pour les usagers sourds."

Une organisation qui témoigne selon elle d’un manque de formation à la langue des signes au sein de la région. "Il n’y a pratiquement plus d’accueil pour les sourds dans les autres départements d’Île-de-France", regrette-t-elle.

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Gaëlle Sheehan, journaliste