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À l’université de Lille, "la dévolution du patrimoine n’est pas envisageable sans un accompagnement sérieux" (E. Peyrat)

"Nous sommes intéressés à terme par la dévolution. Mais nous attendons de connaître les orientations des prochains gouvernements en la matière", affirme Étienne Peyrat, premier VP de l’université de Lille, lors d’une rencontre avec AEF info fin mai 2022. "Nous considérons en effet, au regard de l’état du bâti, que la dévolution du patrimoine est difficilement envisageable sans un accompagnement sérieux". L’établissement n’a pas demandé à participer à la troisième vague de dévolution lancée fin 2021 (lire sur AEF info). Son SPSI 2021-2025 estime que près de 43 % du bâti a un niveau de conformité réglementaire "peu ou pas satisfaisant". "Pour repenser nos campus, nous devons dépasser la question technique de l’immobilier et partir de la stratégie en matière de formation et de recherche", considère Étienne Peyrat.

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Étienne Peyrat, 1er VP de l’université de Lille, chargé de la gouvernance et du pilotage. AEF - S. Ma.

AEF info : Vous avez été désigné en début d’année 1er vice-président de l’université de Lille, chargé de la gouvernance et du pilotage (lire sur AEF info). Le patrimoine fait partie de vos chantiers prioritaires. Si vous deviez établir un état des lieux d’entrée du bâti, que diriez-vous ?

Étienne Peyrat : La création de l’université de Lille en 2018 puis l’intégration de l’Inspé en 2020 ont entraîné un changement d’échelle. Notre établissement gère un patrimoine très étendu : nous occupons 650 000 m2 de surface Shon, ce qui correspond à 181 bâtiments répartis sur une vingtaine de sites. Ce n’est pas si loin des 800 000 m2 d’Aix-Marseille université. Ce changement d’échelle se traduit aussi en termes RH : la direction de l’immobilier et de la logistique compte 250 personnes, au siège et sur les campus. Et 180 personnes environ sont aussi sur ces fonctions dans les composantes. Les emplois vont de l’entretien-maintenance des bâtiments à la conception et au suivi des opérations, avec parfois des expertises très pointues.

Pour en rester au diagnostic, près de 43 % du patrimoine présente un niveau de conformité réglementaire "peu ou pas satisfaisant", ce qui renvoie à des problèmes d’accessibilité et de sécurité, à la présence d’amiante (sans danger pour les usagers mais à prendre en compte en cas de travaux), à des installations électriques à améliorer etc. Nous avons identifié des problèmes techniques majeurs ou un état de vétusté important sur 192 000 m2 de surface. Une grande partie du bâti date des années 1960-1970 : la Cité scientifique et le campus [SHS] de Pont-de-Bois ont été construits à Villeneuve-d’Ascq à un moment où l’État accompagnait très fortement la création des villes nouvelles. Le vieillissement simultané de ces bâtiments est un défi… mais l’accompagnement de l’État n’est plus le même.

Quatre campus principaux

 

L’université de Lille s’organise autour de quatre campus principaux et de sites secondaires. Le plus vaste est le campus de la Cité scientifique à Villeneuve-d’Ascq (250 000 m2) qui regroupe les formations et les laboratoires en sciences et technologies. Vient ensuite le campus Santé, proche du CHU de Lille (115 000 m2). Le campus Pont-de-Bois, à Villeneuve-d’Ascq, occupe la troisième position (107 000 m2) : il regroupe une grande partie de la formation et de la recherche en SHS. Enfin, le campus Moulins (44 500 m2), situé dans Lille intra muros, correspond à la faculté de droit et de science politique.

Le schéma pluriannuel de stratégie immobilière 2021-2025 de l’université de Lille a été validé le 8 mars 2022 par le préfet. Il prévoit de mettre la politique immobilière "au service de la stratégie de l’établissement" en "améliorant la prise en compte des usages et des besoins des occupants" et en "améliorant la maîtrise des surfaces et l’optimisation des coûts d’exploitation".

AEF info : Ce patrimoine est-il encore adapté aux besoins de l’université en 2022 ?

Étienne Peyrat : Les bâtiments de la Cité scientifique et de Pont-de-Bois ont été pensés pour les usages de la deuxième moitié du XXe siècle, avec des cours en amphi et des TD, des bureaux individuels pour les enseignants-chercheurs et des structures pour les unités de recherche. La répartition des bâtiments sur la Cité scientifique correspond par exemple aux grands secteurs disciplinaires, comme en témoignent les noms des bâtiments : P pour la physique, M pour les mathématiques, C pour la chimie… Si les noms restent, les usages changent. Cela peut donner un sentiment de confusion et de décalage pour les usagers et les personnels.

 

"La définition de l’offre de formation nous dira quels sont nos besoins."

 

Pour repenser nos campus, nous devons dépasser la question technique de l’immobilier et partir de la stratégie en matière de formation et de recherche. La définition de l’offre de formation nous dira quels sont nos besoins : faut-il aménager des salles adaptées à des travaux en petits effectifs ? doit-on garder des amphithéâtres pour les cours magistraux ? Si oui, comment les équiper pour intégrer l’hybridation de l’enseignement ? Il faut aussi avoir une réflexion sur les espaces dévolus aux services de documentation et aux tiers lieux étudiants, des endroits qui servent la réussite étudiante. Enfin, pour la recherche, se pose la question de l’implantation de certaines unités : les laboratoires ont parfois besoin de se rapprocher physiquement. On le voit par exemple avec le projet OncoLille, dont le bâtiment sera inauguré à l’automne sur le campus santé et rassemblera des équipes sur le cancer.

AEF info : À qui appartient le patrimoine de l’université ? Envisagez-vous de demander sa dévolution ?

Étienne Peyrat : Les terrains occupés par l’université de Lille (1,5 million de m2) sont très majoritairement des biens de l’État (1,2 million de m2). Il faut y ajouter de manière très marginale (66 000 m2) quelques biens acquis en propre, pour l’essentiel des réserves foncières.

En 2010-2011, avant la fusion, aucune université lilloise ne s’était positionnée sur les expérimentations de dévolution du patrimoine. L’université de Lille a ensuite été prise par son processus de réorganisation. Plus récemment, nous avons choisi de ne pas participer à la troisième vague de dévolution. Nous considérons en effet, au regard de l’état du bâti, que la dévolution du patrimoine est difficilement envisageable sans un accompagnement sérieux. De plus, nous avons des interrogations sur les modalités exactes de dévolution : ces modalités ont évolué entre la première vague, qui prévoyait des dotations, et la vague actuelle.

 

"La SCSP est déjà très en dessous des besoins."

 

Le rapport de la sénatrice Vanina Paoli-Gagin sur la gestion de l’immobilier universitaire (lire sur AEF info), daté de septembre 2021, évoque la question des dotations de manière générale. Vanina Paoli-Gagin souligne que l’État alloue 407 M€ par an aux établissements pour l’entretien, l’exploitation et la maintenance des bâtiments, une dotation qui passe par la SCSP globalisée. Sur cette somme, 140 M€ sont consacrés à la maintenance, soit 9 euros par m2, et 260 M€ à la logistique, soit 16 euros par m2. Or la DIE évalue le coût de maintenance et d’entretien à 30 euros par m2 et le coût de la logistique à 50 euros par m2. On voit bien que la SCSP est déjà très en dessous des besoins et qu’il y a là un enjeu essentiel en cas de dévolution.

Cela ne veut pas dire que nous ne sommes pas intéressés par la dimension politique de la dévolution. Avoir la maîtrise de son patrimoine permettrait à l’université de travailler avec les collectivités locales sur des sujets très concrets comme l’affectation du foncier. Aujourd’hui, nous sommes souvent obligés, en tant qu’affectataires de biens qui appartiennent à l’État, de passer par des procédures complexes, ce qui peut susciter l’incompréhension des collectivités. La dévolution est un levier pour apparaître comme un acteur autonome et non comme un simple opérateur.

AEF info : Autrement dit, vous ne fermez pas la porte à une dévolution du patrimoine ?

Étienne Peyrat : Nous sommes intéressés à terme par la dévolution. Mais nous attendons de connaître les orientations des prochains gouvernements en la matière. Bien financée, la dévolution du patrimoine pourrait devenir un levier essentiel. D’abord pour améliorer la qualité de l’accueil au premier cycle, qui est l’une des sources d’attractivité des grandes institutions mondiales. Ensuite, pour réussir la transition écologique de l’État : agir sur le patrimoine universitaire peut donner des résultats probants.

AEF info : Quel serait le montant nécessaire pour une remise à niveau globale du patrimoine immobilier de l’université de Lille ?

Étienne Peyrat : Les évaluations qui figurent dans le schéma pluriannuel de stratégie immobilière 2021-2025 évaluent à 360 M€ le coût de la remise aux normes de l’ensemble du parc immobilier de l’université de Lille. Ces évaluations ont été discutées avec des experts extérieurs et sont partagées avec l’État. Ces 360 M€ nous permettraient de rétablir l’état du bâti et de lutter contre les déperditions d’énergie et d’eau puisque les réseaux sont assez vétustes. Cette somme très importante ne suffira pas pour atteindre des infrastructures à très haute performance.

 

"Si le gouvernement ne prend pas des mesures très ambitieuses, le décret de 2019 restera assez théorique."

 

Si l’on évoque les exigences du décret de juillet 2019 sur les bâtiments à usage tertiaire, décret qui nous demande de réduire de 40 % nos consommations d’énergie d'ici 2030, il faut être clair : en l’état, l’université de Lille n’y arrivera pas sur l’ensemble de son patrimoine. Et elle n’est pas la seule. Toutes les universités françaises sont très probablement dans le même cas. Si le gouvernement ne prend pas des mesures très ambitieuses, ce décret restera assez théorique. Ce serait dommage, même si c’est une manière assez française de fonctionner.

AEF info : Quelles actions avez-vous déjà engagées ?

Étienne Peyrat : Nous avions déposé 14 projets dans le cadre du plan France relance. Quatre ont été retenus pour un total de 40 M€. Ils sont ambitieux. Citons la création pour 18 M€ d’une enveloppe thermique autour du bâtiment de la faculté de pharmacie, un choix qui permet d’éviter une démolition reconstruction au coût carbone important. Le deuxième chantier d’ampleur concerne le rapatriement sur la Cité scientifique de l’IUT du Recueil (17 M€). Deux autres projets concernent la rénovation énergétique de deux bâtiments de la Cité scientifique (pour 5 M€ au total).

Par ailleurs, le CPER à venir (2021-2027) prévoit de transformer nos campus en "éco-campus". Nous allons par exemple reprendre tous les réseaux enterrés (gaz, électricité, eau) de la Cité scientifique pour mettre en place des outils de contrôle et de suivi de gestion des flux. Nous allons aussi réduire l’artificialisation et l’imperméabilisation des sols, en remplaçant les nombreux parkings par des lieux de convivialité étudiante grâce à la CVEC. Nous souhaitons aussi mieux gérer la biodiversité sur les campus.

Un plan d’investissement de 267 M€

 

Le SPSI prévoit notamment 267 M€ d’investissement d'ici 2025, principalement sur les campus Cité scientifique, Pont-de-Bois et Santé. Ces projets seront financés par des fonds du futur CPER 2021-2027, le plan de relance et un reliquat du plan Campus.

Il faut compter dans cette enveloppe la rénovation complète de la BU SHS du campus Pont-de-Bois, pour un montant de 45,9 M€ (lire sur AEF info). La procédure de marché global de performance a été lancée début 2022. Le projet sera finalisé en avril 2023.

AEF info : Comment l’université s’organise-t-elle pour mener ces chantiers ?

Étienne Peyrat : Le président Régis Bordet a souligné l’importance de la question des transitions écologique et environnementale pour l’université de Lille. L’enjeu du développement durable va être intégré dans la stratégie globale de l’établissement, comme d’autres universités l’ont déjà fait. À l’heure actuelle, l’équipe chargée du développement durable et de la responsabilité sociale est positionnée au sein de la direction générale de la vie étudiante. Elle devrait rejoindre la direction de l’immobilier et de la logistique. En interne, les gens sont prêts à ces évolutions.

Il sera peut-être nécessaire de renforcer les équipes de manière conjoncturelle. En effet, avec le plan de relance, nous avons dans les tuyaux des projets massifs qu’il faut suivre de près dans un contexte d’inflation et de crise énergétique. Il faut reconnaître que dans les deux prochaines années, ce sera une difficulté. Mais nous devons aussi plus largement nous poser la question du type d’expertise dont nous avons besoin. Cette question peut être traitée à plusieurs niveaux : à l’échelle de l’université, avec les établissements composants de l'établissement public expérimental, et à une échelle plus large, en jouant la carte de la mutualisation. Un exemple : si nous décidions de développer des bornes de recharge pour les voitures électriques, nous pourrions avancer avec d’autres établissements, plutôt que de réinventer l’eau chaude chacun de notre côté.

Nous souhaitons d’ailleurs être plus actifs dans les réseaux nationaux et internationaux, comme le réseau PEEC 2030 lancé par France Universités il y a quelques années. Nous voulons aussi travailler à la place de l’université de Lille dans des classements comme le THE Impact, qui prend en compte les pratiques liées aux objectifs du développement durable de l’ONU. La question du patrimoine doit faire partie d’une stratégie globale.

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Sylvain Marcelli, journaliste