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"Beaucoup d’entreprises ont créé des comités taxonomie-CSRD" (Anne-Marie Jolys Bris, BM&A)

Un KPI chiffre d'affaires qui réserve des mauvaises surprises, un KPI Capex qui permet aux entreprises exclues de la taxonomie de mettre en valeur des mesures individuelles, et un KPI Opex qui reste "obscur" (1): ce sont quelques-uns des enseignements d’une étude réalisée par les cabinets BM&A, Ginini Antipode et KPMG sur les premières informations publiées au titre du règlement européen sur la taxonomie dans les documents enregistrement universel (36 groupes du SBF 120 ayant publié à fin mars), pour l’APDC (Association des professionnels et directeurs comptabilité). Dans un entretien accordé à AEF info, Anne-Marie Jolys Bris, directrice exécutive de BM&A, et Marie-Cécile Moinier, associée pour le même cabinet d’audit, reviennent sur les résultats de leur étude.

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AEF info : Comment les entreprises accueillent leurs nouvelles obligations relatives à la taxonomie verte européenne ?

Anne-Marie Jolys Bris : Ce que les entreprises ont immédiatement remarqué, c’est le côté binaire de la taxonomie : soit vous êtes une activité durable, soit vous ne l’êtes pas. Certaines d’entre elles sont complètement exclues alors qu’elles ont développé des politiques RSE depuis longtemps. C’est le cas notamment des secteurs de la distribution et du luxe.

Et même si quatre autres domaines vont être prochainement ajoutés à la taxonomie (biodiversité, eau, économie circulaire, pollution), certaines n’arriveront pas à se raccrocher. Elles vont vouloir communiquer quand même, en élaborant des KPI [des indicateurs clés de performance] alternatifs.

Marie-Cécile Moinier : Cette première phase de divulgation est ambivalente puisque ce sont les activités qui contribuent le plus au réchauffement climatique qui sont mises sur le devant de la scène. Mais leur éligibilité à la taxonomie ne signifie pas que leurs activités sont alignées sur la taxonomie. Nous ne le saurons que l’année prochaine.

On observe par ailleurs que les entreprises espèrent que la CSRD leur permettra de mieux mettre en valeur leurs politiques RSE. C’est un outil dont certaines espèrent beaucoup profiter.

AEF info : Quel est l’enjeu pour les entreprises ?

Anne-Marie Jolys Bris : La grande question que les entreprises se posent, c’est l’impact qu’aura la taxonomie sur leur accès aux investisseurs. Elles y voient également un enjeu sur leur image de marque.

Les principaux enseignements de l’étude

 
  • Trente-six groupes du SBF 120 ont évoqué la taxonomie dans leurs documents d’enregistrement universel à fin mars : Accor, LVMH, Capgemini, Téléperformance, Dassault Systèmes, Rexel, Biomérieux, Getlink, Bureau Veritas, La Poste, EssilorLuxottica, SNCF, Renault, Air Liquide, Safran, Bouygues, Sanofi, Covivio, Sartorius Stedim Biotech, EDF, Schneider Electric, Eiffage, Christian Dior, Engie, Danone, Gecina, Elis, Klepierre, Hermès International, Orange, Kering, Saint-Gobain, la Française des jeux, TotalEnergies, L’Oréal, Vinci.
  • 58 % ont publié un chiffre d’affaires éligible : il est très élevé pour l’immobilier (86 % pour Covivio, 100 % pour Gecina et Klepierre), plus faible pour la construction et les matériaux (16 % pour Saint-Gobain, 35 % pour Bouygues, 36 % pour Vinci et 50 % pour Eiffage), l’énergie (20 % pour Engie, 56 % pour EDF) et la technologie (50 % pour Dassault Systèmes, 2 % pour Capgemini).
  • Les secteurs liés à la santé, à l’agroalimentaire et aux services et biens de consommations n’ont pas publié de chiffre d’affaires éligible.
  • 47 % des entreprises ont publié un KPI Capex, avec "des disparités intra-secteurs plus accentuées que pour le KPI chiffre d’affaires" (66 % pour EDF, 15 % pour Engie par exemple).
  • L’ensemble des entreprises n’ayant pas publié de KPI Opex ont fait appel à l’exemption de calcul en raison de la non-matérialité.
  • 33 % des émetteurs ont donné des KPI alternatifs.
  • 36 % évoquent de façon assez détaillée les quatre autres objectifs à venir, estimant que la part de leur pourcentage d’éligibilité devrait s’améliorer et mieux refléter leurs activités ou efforts environnementaux.
  • 22 % évoquent les perspectives d’alignement, la moitié anticipant un pourcentage d’alignement plus faible que le pourcentage d’éligibilité, l’autre espérant un taux d’alignement élevé.

AEF info : On voit dans votre étude que même les entreprises qui ont peu de chiffre d’affaires éligible peuvent avoir un Capex éligible. Comment expliquez-vous cela ?

Anne-Marie Jolys Bris : Il existe trois moyens de calculer son KPI Capex, dont l’un qui ne se réfère pas aux activités alignées sur la taxonomie : les entreprises peuvent inclure "des mesures individuelles permettant aux activités ciblées de devenir sobres en carbone ou d’aboutir à des réductions d’émissions de gaz à effet de serre". C’est comme cela que des entreprises ayant peu ou pas de chiffre d’affaires éligible à la taxonomie peuvent communiquer sur leurs Capex.

AEF info : Et comment interpréter les trois KPI sur le chiffre d’affaires, le Capex et l’Opex ?

Anne-Marie Jolys Bris : Le KPI sur le chiffre d’affaires est forcément important, il va être regardé, c’est évident. Les entreprises vont devoir être granulaires et segmenter leurs activités pour identifier celles qui sont alignées.

Comme cela a déjà été dit, le Capex permet aux entreprises de montrer qu’elles sont vertueuses grâce aux mesures individuelles.

Le KPI Opex est lui difficilement compréhensible. Il reste obscur. Beaucoup d’entreprises considèrent qu’il n’est pas significatif.

Marie-Cécile Moinier : Il fait référence à des frais de maintenance et de formation. La R&D en est exclue. La manière dont les entreprises ont communiqué sur ce ratio (absence de communication sur le dénominateur lorsque le ratio est considéré comme non significatif) fait écho à des interrogations sur son utilité.

AEF info : Comment s’organisent les entreprises pour répondre aux obligations liées à la taxonomie ?

Anne-Marie Jolys Bris : Beaucoup d’entre elles ont créé des comités taxonomie-CSRD. Même s’il n’est pas forcément le leader sur le sujet, c’est en général le directeur de la RSE qui est allé voir le directeur financier, considérant qu’il faudrait qu’ils travaillent ensemble, notamment sur les aspects de reporting. Pour le moment, les premières publications se sont un peu faites "sur un coin de table", mais ces comités travaillent à des outils plus solides. La direction générale est également impliquée.

AEF info : Les entreprises sont-elles démunies face à ces nouvelles obligations ?

Marie-Cécile Moinier : Le passage du texte à la mise en œuvre n’est pas évident. Certaines fédérations professionnelles ont déjà bien travaillé pour aider leurs adhérents. C’est le cas du secteur du bâtiment avec un référentiel adapté. En tout état de cause, le travail va devoir être très fin. Calculer son éligibilité puis son alignement sur la taxonomie va nécessiter d’aller chercher les données dans les contrats, les projets immobiliers… Ce ne sera pas un travail en chambre.

Anne-Marie Jolys Bris : Il faudra également observer la manière dont les acteurs financiers vont collecter les données. C’est un enjeu du trilogue en cours sur le projet de directive CSRD. On ne sait pas à ce stade qui va collecter les données, et où elles seront disponibles. L’Esma, l’équivalent européen de l’AMF, a déjà dit qu’il lui serait impossible de faire ce travail.

AEF info : L’objectif de la taxonomie est d’inciter les émetteurs et les acteurs financiers à aligner les investissements sur des activités compatibles avec l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050. Cela peut-il fonctionner ?

Marie-Cécile Moinier : On ne le sait pas encore. Le règlement est encore frais, et pour le moment, les entreprises subissent un peu leur chiffre d’éligibilité. L’alignement va leur mettre une claque. Si un jour la taxonomie joue ce rôle d’orientation des investissements, ce sera à plus long terme.

La taxonomie en résumé

 

La taxonomie est un règlement européen de 2019 qui prévoit une classification des activités économiques pouvant être considérées comme participant à la transition écologique. Elle est en train d’être concrétisée à travers des actes délégués qui précisent les critères techniques auxquels les activités doivent répondre pour être considérées comme vertes, y compris les critères DNSH (2). Les critères relatifs au climat (atténuation et adaptation) sont déjà entrés en vigueur (à l’exception de ceux sur le gaz naturel et le nucléaire, qui sont encours d’examen au Parlement et au Conseil). Ceux sur les autres enjeux environnementaux (biodiversité, eau, pollution et économie circulaire) sont en cours d’élaboration.

La première étape a lieu cette année : les grandes entreprises doivent publier leurs KPI éligibles à la taxonomie s’agissant du volet climat. En 2023, elles devront publier la part de leur chiffre d’affaires aligné sur la taxonomie. Les acteurs financiers pourront alors calculer l’alignement de leurs propres fonds sur la taxonomie.

(1) Le Capex correspond aux dépenses d’investissement; l'Opex aux dépenses d'exploitation.

(2) Pour être reconnue dans la taxonomie, une activité économique contribuant significativement à un objectif environnemental devra également prouver qu’elle ne cause pas de préjudice important aux cinq autres objectifs environnementaux.

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Claire Avignon, journaliste