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LPR, dotation des laboratoires, start-up : 4 chercheuses médaillées du CNRS jugent le bilan "recherche" d’Emmanuel Macron

Elles sont chercheuses et créatrices d’entreprises, toutes distinguées par une médaille du CNRS (d’or ou de l’innovation) récompensant leur carrière en astrophysique, biologie du développement, biothérapie ou physique des plasmas. Valérie Castellani, Ane Aanesland, Françoise Combes et Amanda Silva Brun reviennent pour AEF info sur le quinquennat qui s’achève et livrent des pistes de réflexion pour la prochaine mandature. Elles plaident notamment pour accélérer le déploiement de la LPR, simplifier l’écosystème et donner des moyens récurrents aux laboratoires sans pour autant saupoudrer.

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Frédérique Vidal, ministre de l'ESRI, Emmanuel Macron, président de la République et Antoine Petit PDG du CNRS lors de la cérémonie des 80 ans de l'organisme. Droits réservés - DR - BENOIT TESSIER / POOL/EPA/Newscom/MaxPPP

À quelques jours du second tour de l’élection présidentielle qui opposera Marine Le Pen à Emmanuel Macron, l’heure est au bilan du quinquennat du président sortant. AEF info a interrogé quatre scientifiques pour savoir ce qu'elles retiennent en matière de recherche et d’innovation :

  • Valérie Castellani, médaille de l’innovation 2018 du CNRS, directrice de recherche du CNRS à l’Institut Neuromyogène à Lyon (CNRS, Inserm et université Claude-Bernard Lyon-I) (lire sur AEF info) ;

  • Ane Aanesland, médaille de l’innovation 2019 du CNRS, spécialisée en physique des plasmas, PDG et cofondatrice de la start-up ThrustMe, qui conçoit des moteurs ultralégers pour propulser les satellites de la nouvelle génération en orbite (lire sur AEF info) ;

  • Françoise Combes, médaille d’or 2020 du CNRS, lauréate du prix international L’Oréal-Unesco en 2021. Astrophysicienne, elle est professeure au Collège de France et titulaire de la chaire "Galaxies et cosmologie" depuis 2014 (lire sur AEF info) ;

  • Amanda Silva Brun, médaille de l’innovation 2021 du CNRS, double docteure, en pharmacie galénique et en biologie cellulaire et cofondatrice des start-up EverZom et Evora Biosciences (lire sur AEF info).

la lpr : un bilan contrasté

Adoptée en novembre 2020 avec une programmation budgétaire de 25 Md€ sur dix ans, la LPR (loi de programmation de la recherche) n’en est pas moins clivante. Si certains acteurs de la communauté scientifique accueillent positivement ces nouveaux moyens financiers, d’autres déplorent la finalité de la loi et sa mise en œuvre concrète.

"Il est difficile d’avoir une opinion tranchée sur cette loi recherche tant il y a des points positifs et négatifs", concède d’emblée Valérie Castellani, qui constate toutefois que "la réalité du quotidien des chercheurs est inquiétante". "Le premier point positif est tout d’abord d’avoir lancé cette loi, même si la revalorisation des carrières des chercheurs est insuffisante et loin des standards internationaux", considère-t-elle. En outre, Valérie Castellani estime que "la ventilation des moyens prévus par la loi ne fait du tout l’unanimité dans la communauté."

Elle prend l’exemple des CDI de mission, qui peuvent "compenser la loi Sauvadet" obligeant un employeur public à cédéiser un agent contractuel ou mettre un terme au contrat au bout de six ans de CDD. "Pourquoi ne pas utiliser l’argent des CDI de mission pour créer des postes pérennes ? Fallait-il créer ce dispositif ?", s’interroge la chercheuse.

Des propos partagés par Françoise Combes qui recense "des points positifs" concernant la LPR mais qui met en cause son rythme, avec des "investissements très progressifs, sur dix ans…". "Tout est au compte-gouttes, avec des promesses toujours remises à plus tard", regrette la chercheuse. Elle évoque les chaires de professeur junior, qui "peuvent aider à installer un chercheur qui revient de l’étranger" mais regrette que "cela ne concerne que quelques personnes". Par ailleurs, elle s’inscrit dans les propos de Valérie Castellani et déplore que la durée des CDI de mission ne "soit pas prolongée de façon permanente" (lire sur AEF info). "Nous sommes très loin d’atteindre les 3 % de recherche dans le PIB", résume Françoise Combes.

appels à projets et financement récurrent de la recherche publique

Grâce à la LPR, le budget de l’ANR dépasse pour la première fois le milliard d’euros, ce qui permet mécaniquement de faire passer le taux de succès à 23 % puis à un taux cible de 30 %. "Qui peut être mécontent du taux de sélection de l’ANR ?", questionne Valérie Castellani. "La vraie question n’est pas celle-là, mais plutôt la répartition entre le financement sur projet et les financements récurrents", assure-t-elle, plaidant pour "une augmentation des financements récurrents des unités de recherche".

"Nous avons fait dix ans d’études, auxquels s’ajoutent cinq à six ans de post-doc, avant de passer par une étape de sélection drastique, et on nous dit ensuite qu’il faut encore prouver la valeur scientifique de notre projet pour bénéficier de moyens financiers ?", s’agace Valérie Castellani. "Les appels à projets sont importants mais doivent être complémentaires des financements récurrents car nous passons notre temps à les remplir !", déplore-t-elle.

La chercheuse illustre son propos : "J’ai participé à un recrutement de chargé de recherche pour l’Inserm. La moyenne d’âge des candidats était de 38-40 ans. Trouvez-vous cela normal ? Attendre 40 ans pour avoir un poste avec le salaire que l’on devrait percevoir à 28 ans montre un réel dysfonctionnement." Aussi appelle-t-elle à "rééquilibrer la balance".

Françoise Combes loue également l’effort réalisé pour remonter les taux de succès de l’ANR, qui est une "bonne chose" même si la France "reste loin du compte, notamment en comparaison de certains pays". "À l’étranger, une thèse peut se faire en 4 ou 5 ans, ce qui laisse la possibilité de publier plus d’articles et d’avoir plus de succès pour un post-doc. En France, au bout de deux ans et demi, un doctorant commence à chercher un point de chute, avec un ou deux papiers, ce qui est très maigre", pointe-t-elle. Elle choisit l’exemple de l’astrophysique, qu’elle connaît bien, et observe que les Français sont "toujours les derniers pour le nombre de propositions pour le VLT de l’ESO, faute de jeunes chercheurs dynamiques et efficaces".

"saupoudrer a minima et viser l’excellence"

"Oui, les appels à projets prennent du temps", approuve Amanda Silva Brun. "Mais comment faire autrement ? Comment mieux répartir le gâteau ? Dans ce quinquennat, il y a eu une profonde évolution : beaucoup d’appels à projets ont été lancés avec davantage de financements. C’est d’ailleurs parfois difficile à suivre mais cela reste très positif", concède-t-elle.

"Je pense qu’il ne faut pas saupoudrer, ou alors a minima, tout en ayant une vraie politique de soutien qui vise l’excellence", considère en outre Amanda Silva Brun. La chercheuse estime par ailleurs qu’il est important de "donner sa chance à tout le monde, avec un minimum garanti pour tous les laboratoires".

la france, une "sorte 'de club med' déclassé ?"

 

"La France forme, avec d’autres pays du Sud de l’Europe comme l’Espagne et l’Italie, une sorte de 'club Med' déclassé au point de vue finances et moyens par rapport à d’autres pays étrangers", juge Françoise Combes. "Notre attractivité est assez faible et les salaires sont inférieurs à ce qui se pratique à l’étranger, tout comme les moyens alloués à l’accompagnement d’un chercheur qui voudrait monter une équipe en France", poursuit la chercheuse.

la recherche et l’innovation ont "pris de l’ampleur" dans ce quinquennat

Ane Aanesland se veut plus optimiste et considère que "depuis le début du quinquennat, la recherche et l’innovation ont pris une plus grande ampleur, avec plus de visibilité, plus l’argent et plus d’outils d’aide à la valorisation". Elle fait notamment référence à la French Tech, qualifiée "d’essentielle" avec "ses focus sur la deep tech et l’industrialisation" (lire sur AEF info).

"Dans mon domaine de compétences, la bioproduction et les biothérapies, la crise sanitaire a mis en évidence la fragilité de l’écosystème de recherche et d’innovation. Et je dois dire qu’il y a eu une forte réponse du gouvernement", confirme Amanda Silva Brun. "Aussi je n’oserais pas parler de déclassement scientifique car la science française est excellente. En revanche, il y a une marge de progression en matière d’innovation", expose la docteure en pharmacie galénique et en biologie cellulaire.

loi pacte et start-up nation

Le quinquennat d’Emmanuel Macron reste, entre autres, symbolisé par le slogan "start-up nation", qui marque la volonté du gouvernement de placer le curseur sur la création de jeunes pousses dès 2017. L’objectif de voir émerger 25 licornes d'ici 2025 est même atteint depuis le début de l’année 2021. Après l’innovation digitale et numérique, le gouvernement met désormais l’accent sur la deep tech, autre mot-clé qui peut résumer la présidence d’Emmanuel Macron. L’objectif ? Créer les futurs champions de demain grâce à de l’innovation de rupture qui provient des laboratoires de recherche.

"Depuis quelques années et même avant le quinquennat d’Emmanuel Macron, nous observons une évolution tangible dans le métier de chercheur, confirmée avec la loi Pacte, qui marque une volonté de recoller le monde de l’entreprise avec celui des chercheurs", note Valérie Castellani. Cette loi est une "amélioration indiscutable de la loi Allègre de 1999 qui a permis de décloisonner et de lever les freins existants. La loi Pacte inscrit la création d’entreprises dans les missions des chercheurs et fait évoluer l’état d’esprit des tutelles, ce qui constitue également une évolution culturelle essentielle", poursuit la directrice de recherche du CNRS à l’Institut Neuromyogène à Lyon.

"Avant, le chercheur n’avait pas envie de torpiller sa carrière en essayant de créer une entreprise car il craignait d’être pénalisé. Aujourd’hui, il peut valoriser cette expérience dans sa carrière, au même titre que l’enseignement", expose la médaillée de l’innovation 2018.

"créer une entreprise est une opportunité, pas une fatalité"

Valérie Castellani, par ailleurs fondatrice de l’entreprise Oncofactory, une start-up spin-off du CNRS qui propose un procédé innovant pour la production de tumeurs ciblées issues de patients et le criblage de thérapies anti-cancéreuses efficaces, alerte toutefois sur la nécessité "de ne pas tomber dans l’excès inverse" (lire sur AEF info).

"Au même titre que de nombreux chercheurs, je pense que tout projet de recherche fondamentale n’a pas vocation à se transformer en start-up." "Le chercheur qui n’a pas envie de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale ne doit pas être pénalisé ni ostracisé", met-elle en garde. "La création d’entreprise est une opportunité, pas une fatalité et encore moins une obligation", résume la chercheuse qui plaide pour "éveiller l’intérêt des chercheurs à la création d’entreprises sans rien forcer".

"la culture entrepreneuriale prend de l’ampleur"

"Je suis cofondatrice de deux start-up, Everzom et Evora Biosciences, et je peux confirmer que de nombreuses aides ont été mises en place depuis le début du quinquennat, permettant le financement des start-up, notamment dans les premières années de leur développement", indique Amanda Silva Brun. En revanche, "il est vrai que c’est parfois plus compliqué dans la phase d’accélération", constate-t-elle. "Everzom a été sélectionné dans le cadre du programme Accélérateur de l’EIC et je pense que la mise en place d’autres dispositifs équivalents serait très bénéfique", préconise-t-elle. Des propos corroborés par Ane Aanesland, qui fait observer qu’en France, "il est plus facile de lever des fonds pour l’amorçage ou en late stage, car il y a moins de concurrence sur ces montants-là, que de faire des tours de table de 10 ou 20 M€".

Amanda Silva Brun estime que "l’incitation à créer des entreprises est une très bonne chose". "Il y a une culture entrepreneuriale qui est en train de prendre de plus en plus d’ampleur avec une culture du risque et de l’apprentissage via l’échec. Les étudiants et les chercheurs commencent à intégrer d’avantage ces aspects", souligne-t-elle. "Si l’on crée une entreprise, c’est parce que ça fait sens pour la société en général et pour les établissements publics de recherche, tout en respectant un cadre bien précis pour éviter les conflits d’intérêts", alerte-t-elle néanmoins.

lisibilité et l’écosystème

Souvent critiqué pour sa grande complexité, le fameux mille-feuille à la française peine à gagner en lisibilité. "Il reste trop compliqué", confirme Ane Aanesland. "Pour une entreprise comme Thrust Me, il est toujours plus facile d’établir des contrats de recherche avec des universités étrangères (Norvège, Australie, Belgique) qu’avec des universités françaises, car elles comprennent les contraintes de temps des start-up, à la différence de leurs homologues françaises qui font parfois jouer la montre, ce qui ralentit le processus d’innovation", détaille-t-elle.

"Le paysage a été réorganisé depuis dix ans, avec la création des idex, des équipex issus du PIA, puis des PEPR", rappelle pour sa part Françoise Combes. "Cela a pris beaucoup de temps mais ces structures sont désormais visibles", observe-t-elle. "Au final, les universités se sont regroupées, progressent au classement de Shanghai, ce qui fait apparaître la France en un peu plus gros sur la carte, même si cela ne change rien au niveau local."

quels chantiers pour la prochaine mandature ?

 

"Il faut vraiment doter les équipes de recherche de financements récurrents et recréer des postes dans la recherche et dans les fonctions support", préconise Valérie Castellani. "Poursuivre la revalorisation des carrières est nécessaire car elle ne correspond pas aux attentes de la communauté", pointe-t-elle. Toutefois, la chercheuse dit avoir espoir que "la vague deep tech permette de favoriser la reconnaissance des docteurs pour la société" car "l’innovation de rupture vient bien des docteurs, pas des ingénieurs".

"La LPR avait des aspects positifs mais il faudrait accélérer et augmenter ses moyens", suggère pour sa part Françoise Combes. "On nous a promis des milliards mais on ne voit arriver que des millions", déplore-t-elle. Enfin, Ane Aanesland estime qu’il faut "simplifier" et "surtout prendre les bonnes décisions plus rapidement pour que la France ne rate pas le train de l’innovation et reste leader et non pas suiveur".

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Julien Jankowiak, journaliste