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Guerre en Ukraine : la RSE, outil de décision ou manœuvre de diversion ?

La RSE peut-elle aider les entreprises françaises à décider si elles doivent rester en Russie ou quitter le pays ? "Avant de clouer au pilori celles qui restent, regardons leur raison d'être", conseille ainsi Armand Hatchuel, chercheur aux Mines Paris. Et alors que le président ukrainien alimente les appels au boycott, le Medef s'en remet aux "consignes du gouvernement français, qui, jusqu'à présent, ne leur a pas demandé de quitter la Russie". Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, rappelle lundi 28 mars 2022 qu'il "appartient aux entreprises de faire ce choix".

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Encore présente en Russie, Auchan est l'une des entreprises françaises dans le viseur de Volodymyr Zelensky. MaxPPP

"C'est face aux épreuves que nous verrons si les engagements RSE pris par les entreprises fonctionnent, si les principes adoptés sont capables d'être un fil d'Ariane lorsque les décisions sont difficiles à prendre", estime Pierre Victoria, le nouveau président de la Plateforme RSE (lire sur AEF info). L’ancien directeur développement durable de Veolia réagit au lendemain de l’appel du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, aux entreprises françaises de "quitter le marché russe" pour "cesser d’être les sponsors de la machine de guerre de la Russie" (lire sur AEF info).

S’appuyer sur sa raison d’être

Interviewé sur France Inter le 14 mars dernier au sujet de TotalEnergies, Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur, expliquait son rôle n’était pas "de désigner un tel ou un tel mais de rappeler que c’est la responsabilité des entreprises d’écouter ce qu’il se passe", en s’appuyant sur leur raison d’être. "Un nombre très important d’entreprises a pris cette décision unilatérale, sans qu’on leur demande, de stopper leurs activités en Russie : il faut leur rendre hommage, ce ne sont pas des décisions faciles. Une entreprise, ce sont des salariés, des actionnaires mais aussi des parties prenantes. Une entreprise ne travaille pas seulement pour ses actionnaires et il faut que tout le monde le comprenne !" Qu’il s’agisse des entreprises qui prennent des risques en quittant la Russie, ou qu’il s’agisse de celles qui "tardent à le faire", "toutes seront soumises à de lourdes conséquences" mais il revient "à chaque entreprise de prendre sa décision".

"Je trouve la proposition de Thierry Breton très intéressante", rebondit Armand Hatchuel, professeur en sciences de gestion aux Mines Paris et à l’université PSL, puisqu’elle suggère qu’avec la raison d’être, "nous avons un nouvel espace de discussion". "On découvre que les outils de la loi Pacte [raison d’être, mission] permettent d’enrichir à la fois la lecture que nous avons de l’entreprise et la manière dont l’entreprise va penser." C’est "l’épreuve du feu pour la loi Pacte… qui n’était pas prévue pour le feu… mais finalement démontre son utilité", estime le chercheur qui, grâce à ses travaux a contribué à son élaboration.

Rester ou partir

"Globalement", la réaction des entreprises face à la guerre en Ukraine est "beaucoup plus forte que celle à laquelle la plupart des observateurs aurait pensé", constate Armand Hatchuel. "La tonalité générale" pour une entreprise avec une raison d’être est que celle-ci la pousse à partir, ou du moins "à réduire la voilure et en tout cas à prendre des mesures de suspension". Mais "paradoxalement, elle pourrait aussi la conduire à rester" en Russie, explique-t-il comme il l’a écrit dans sa chronique parue dans Le Monde le 22 mars. "L’intérêt d’avoir une raison d’être précise et élaborée est donc de sortir de l’invective facile : on est obligés d’entrer plus finement dans le débat grâce à cet outil, pour analyser la situation."

"À condition que la raison d’être ne serve pas de paravent", souligne Armand Hatchuel, les entreprises qui considèrent devoir rester au nom de leur raison d’être  — comme Danone (lire sur AEF info) ou le groupe Rocher a pu le faire — peuvent s’en servir pour expliquer leur position, permettant aux parties prenantes de comprendre. "Sous l’occupation nazie, toutes les entreprises françaises n’ont pas fermé… En revanche, elles ont été sévèrement jugées lorsqu’elles ont collaboré, c’est-à-dire qu’elles ont aidé les forces militaires de l’occupant." Par ailleurs, "il est important de se rappeler qu’une bonne partie de la critique de la RSE des firmes mondialisées consistait à pointer leur versatilité, à savoir venir et s’en aller au gré de leurs bénéfices… On leur disait 'Prenez au sérieux vos installations ! Si vous vous installez dans un pays, installez-vous sur un territoire, travaillez avec les populations'".

Finalement, "nous avons enrichi un positionnement qui était avant un peu simpliste : 'L’État n’a rien à dire aux entreprises, il n’a rien à leur demander, les entreprises ne doivent pas être citoyennes, etc.'  Il y a maintenant un débat sur l’action politique de l’entreprise. Et ce débat n’a même pas besoin de venir de l’extérieur : l’entreprise le fait naître elle-même avec sa raison d’être !", relève le professeur. "Avant de clouer au pilori ceux qui restent, regardons leur raison d’être."

"On suit les recommandations du gouvernement"

Pour l’instant, les entreprises semblent rester dans l’expectative. À l’Orse, un questionnaire a été envoyé aux 120 adhérents de l’association qui regroupe des grandes entreprises du monde de l’industrie, des services et de la finance, des sociétés de gestion de portefeuille et investisseurs, des organismes professionnels et sociaux ou encore des ONG. "Les membres sont très intéressés de savoir, comme sur tous les sujets sensibles, comment les uns et les autres traitent ce point" de la guerre en Ukraine, précise Sylvain Lambert, vice-président de l’Orse et associé co-responsable du département développement durable de PwC France et Maghreb. Quand ce travail de recensement sera terminé, les réponses seront "compilées et partagées en interne, elles n’ont pas vocation à être partagées".

Mais "je ne peux pas répondre à la question 'est-ce qu’au nom de la RSE les entreprises doivent partir ?'", reconnaît le consultant. "Toutes les situations sont complexes… C’est une question politique." Interrogé sur BFMTV mi-mars, Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, avait défendu les enseignes françaises toujours présentes en Russie en affirmant que la "responsabilité employeur est de ne pas fermer". Il affirmait aussi : "En tout cas, nous, on suit les recommandations de notre gouvernement et il ne nous demande pas de fermer."

Des recommandations aux consignes

Après l’appel du président ukrainien, la position du mouvement patronal est-elle toujours la même ? Contacté par AEF info, le Medef renvoie vers l’interview accordée au Figaro le 25 mars. Exit la question de la responsabilité mais les entreprises françaises "suivent les consignes du gouvernement français, qui, jusqu’à présent, ne leur a pas demandé de quitter la Russie", redit le patron des patrons. "Mais bien sûr, dès que ce sera le cas, elles obéiront immédiatement. Plus largement, toutes les entreprises occidentales sont face à un dilemme moral : rester, c’est donner l’impression fausse qu’on accepte l’invasion russe. Mais en partant, elles laissent leurs actifs aux mains du régime de Vladimir Poutine et de ses amis, qui feront passer une loi de nationalisation. Il est clair que c’est dans ce scénario-là que ces actifs financeront l’effort de guerre russe", estime Geoffroy Roux de Bézieux. Un argument également mis en avant par Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies (lire sur AEF info).

Le porte-parole  du gouvernement, Gabriel Attal, rappelle ce lundi sur Public Sénat, qu'il est demandé aux entreprises "de ne pas s’engager dans de nouveaux investissements" en Russie. Il ajoute : "A partir de là, ça devient une décision de chaque entreprise. Il y a des entreprises qui ont décidé de se retirer de la Russie. On ne s’y est pas opposés. […] Je pense qu’elles font ce choix en se posant plusieurs questions : d’abord les questions opérationnelles, des questions d’image, de réputation aussi, évidemment. Et donc, il appartient aux entreprises de faire le choix." Sollicité par AEF info, le cabinet d’Olivia Grégoire, la secrétaire d’État à l’Économie sociale, solidaire et responsable qui a porté la loi Pacte, a répondu ne pas pouvoir communiquer sur ce dossier des entreprises tricolores encore en activité en Russie. La période de réserve électorale a commencé le 18 mars dernier.

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Ioana Doklean, journaliste