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De l’université d’Edimbourg à l’Insa Lyon, quelles bonnes pratiques pour "étudier vert" ? (replay du webinaire AEF info)

Comment encourager les étudiants à préférer le train à l’avion ? Quel est le premier poste d’économie énergétique ? Faut-il inscrire l’écologie dans les formations obligatoires, ou proposer des modules facultatifs ? À l’occasion du lancement du "Cahier de tendances de l'ESRI" 2022, Debora Kayembe, rectrice de l’université d’Édimbourg, Sébastien Thierry, directeur adjoint d’Erasmus France, Nicolas Freud, chef de projet ClimatSup à l’Insa Lyon et Lise Breteau, avocate au barreau de Paris spécialiste des impacts environnementaux du numérique, ont partagé leurs savoir-faire pour rendre les études "vertes".

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L'actualité de l’année 2022 est déjà riche en annonces d’initiatives d’établissements d’ESR pour améliorer leurs pratiques en matière de développement durable. Outre la remise du rapport final de Jean Jouzel en février (lire sur AEF info), qui concerne l’ensemble du secteur et dont les acteurs vont devoir se saisir, en l’espace de quelques mois, on peut citer par exemple Polytechnique, qui a annoncé un ambitieux "Plan climat" (lire sur AEF info), CY Cergy Paris Université, qui a construit son projet "Excellences" comme "la colonne vertébrale de sa transition écologique" (lire sur AEF info), Skema BS, qui a affiché son intention de calculer son empreinte carbone à courte échéance (lire sur AEF info), l’Insead, qui a indiqué vouloir réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 67 % d'ici 2035 (lire sur AEF info), ou encore les Arts et métiers, qui ont signé l’Accord de Grenoble (lire sur AEF info). Les étudiants, eux, expriment de plus en plus une forte attente d’action (lire sur AEF info).

Mais le chantier du passage à l’acte est immense. Comment l’aborder ? Quelles sont les bonnes pratiques déjà expérimentées dans les établissements ? Comment repenser, en particulier, l’usage du numérique ou les mobilités internationales, deux sources importantes, avec le bâti, d’émissions carbone ? C’est pour mettre ces questions au centre des débats qu’AEF info a organisé, le 23 mars 2022, un webinaire intitulé "Mobilités, cursus, numérique… : étudier 'vert', est-ce possible ?", et dont voici le replay. Il s’accompagne de la publication du "Cahier de tendances de l’ESRI" 2022, qui aborde une bonne partie des sujets du webinaire (lire sur AEF info).


quels chemins vers la sobriété numérique ?

En matière de transition écologique, "il n’y a pas de spécificité de l’enseignement supérieur ou de la recherche", assure d’abord Lise Breteau, avocate au barreau de Paris spécialiste des impacts environnementaux du numérique. "Toutes les activités humaines, surtout celles que la crise sanitaire a développées, comme le télétravail et les visioconférences, devraient nous inquiéter", poursuit-elle. Car la spécificité du secteur numérique, "c’est qu’il a une croissance très forte, avec un triplement des émissions en 15 ans. On va avoir beaucoup de mal à réduire si on ne change pas rapidement le scénario, les usages et les pratiques."

Précisément, pour changer de scénario, il faut comprendre que "c’est l’achat de matériel neuf qui a l’impact écologique le plus fort" en matière de numérique, explique Lise Breteau. "À titre personnel mais aussi comme institution, retarder l’achat de matériel numérique neuf ou acheter reconditionné sont les plus grands leviers que l’on ait". 

À ceux qui parlent de "numérique sobre", Lise Breteau oppose la complexité de la définition de la "sobriété", que "tout le monde entend différemment". Elle insiste : "Le principal enjeu, c’est de maîtriser le parc d’équipements en ayant une gestion qui favorise la réparation ou l’achat reconditionné". Elle ajoute que si l’acquisition est inévitable, il est possible de prévoir dès le départ une "seconde vie" pour les appareils, "par exemple en les reconditionnant pour réinjecter ce matériel sur le marché, ou le céder aux étudiants".

pas de réglementation à ce jour sur l’empreinte carbone du matériel

Reste que, "quand on est directeur d’établissement aujourd’hui, on fait cela à titre volontaire", rappelle Lise Breteau, puisqu’il n’y a pas encore d’accompagnement légal ou réglementaire malgré la loi du 15 novembre 2021, qui vise à réduire l’empreinte environnementale du numérique. "Cette loi est pionnière, c’est une première mondiale", souligne Lise Breteau.

Actuellement, cette loi prévoit des réorganisations internes et des maquettes de formation (avec des modules sur la sobriété énergétique et l’écoconception des systèmes) mais ne concerne que les formations d’ingénieur, ce qui est "une erreur", selon l’avocate. Le collectif Green IT, dont elle fait partie, plaide pour que les sujets d’écoconception ne soient pas réservés à des techniciens, mais qu’ils soient intégrés aux cursus des écoles de commerce, de management, ou encore de design.

En 2017, les mobilités Erasmus+  ont représenté 420 000 tonnes équivalant carbone

En matière d’empreinte carbone, les écoles de commerce, qui envoient massivement leurs étudiants en échanges ou en stages à l’étranger, sont confrontées à la difficulté d’étudier "vert". Pour Sébastien Thierry, directeur adjoint d’Erasmus France, la part des mobilités internationales est indéniable dans l’empreinte environnementale de l’ESR. Citant une étude non publiée, il indique qu’en 2017, les mobilités Erasmus+ ont représenté 420 000 tonnes équivalent carbone, et que 80 % de ces mobilités impliquaient un trajet en avion.

Il n’empêche, assure-t-il, que la question de verdir ces mobilités occupe le Conseil de l’Europe depuis la COP 21, où il a été décidé que 30 % du budget européen contribuerait à la transition écologique au sein de chacune des politiques européennes.

à Erasmus+, prime à la formation et aux transports plus verts

En ce qui concerne le programme Erasmus+, "la réduction de l’empreinte carbone passe d’abord par des incitatifs pour utiliser des transports écoresponsables", explique Sébastien Thierry. "Concrètement, il y a un complément financier qui est donné aux étudiants pour les encourager à employer le bus ou le train, pour lesquels ils peuvent également avoir des jours supplémentaires de voyage, puisque ce sont des modes de transport plus lents".

 

"La sobriété numérique est souvent une passerelle vers l’inclusion, comme quand on donne des ordinateurs reconditionnés aux étudiants de son université."

Lise Breteau, avocate

 

À noter que certains étudiants ne sont jamais partis à l’international, et que le volet inclusion et développement social d’une mobilité doit aussi être pris en compte, relève Sébastien Thierry : "Il faut regarder l’utilité de la mobilité en dehors de la seule empreinte carbone". Lise Breteau renchérit : "La sobriété numérique est souvent une passerelle vers l’inclusion, comme quand on donne des ordinateurs reconditionnés aux étudiants de son université."

Ensuite, le verdissement d’Erasmus+ - "qui est un programme d’éducation, donc avec un rôle important à jouer en matière de sensibilisation et d’évolution des comportements", décrit Sébastien Thierry - est inscrit dans l’une des quatre priorités du dispositif. "Erasmus+ vérifie la contribution de l’ensemble des acteurs du programme, même des porteurs de projet, qui doivent décliner leur stratégie en matière de transition écologique, laquelle est évaluée et suivie", assure Sébastien Thierry. "On en est au démarrage, mais c’est une volonté très forte", souligne-t-il.

à l’insa Lyon, une réforme des contenus "pas comme les autres"

La formation est également au cœur de la stratégie de l’Insa Lyon et du groupe Insa, déclare Nicolas Freud, chef de projet ClimatSup à Lyon. "Cela fait des années qu’il y a des initiatives, mais il y a eu une accélération autour de 2018 avec le rapport du Giec sur le 1,5 et les grèves sur le climat en 2014", raconte-t-il. "Nous avons pris la décision d’écrire une feuille de route pour l’établissement, laquelle s’est construite de manière concertée et a été votée par le CA", précise-t-il. "On peut s’appuyer dessus pour déployer un assez vaste chantier", se réjouit-il.

 

"On ne peut pas attendre cinq ans pour avoir la première génération d’étudiants formés à la transition écologique, alors on infuse en parallèle dans toutes les années."

Nicolas Freud, Insa Lyon

 

En effet, "il y a l’ambition de former la totalité des étudiants sur cinq ans pour qu’ils comprennent les enjeux et puissent développer des capacités d’actions pour transformer les milieux dans lesquels ils vont travailler". Mais "ce n’est pas une réforme comme les autres", martèle Nicolas Freud. "On ne peut pas attendre cinq ans pour avoir la première génération d’étudiants formés à la transition écologique, alors on infuse en parallèle dans toutes les années."

L’Insa Lyon, et plus largement le Groupe Insa, a été accompagnée par The Shift Project dans son processus de transition écologique. Les deux structures ont publié trois volumes sur la formation des ingénieurs aux enjeux verts - un manifeste, un guide méthodologique et un recueil de retours d’expériences - "dont les deux derniers peuvent être intéressants pour tous les profils de formation", indique aussi Nicolas Freud, notamment le "référentiel d’objectifs d’apprentissage" adaptable dans tous types d’établissements.

Mais une telle entreprise n’est pas sans peine, reconnaît-il, puisque les enseignants sont attachés à leur liberté académique, mais surtout qu’ils goûtent peu de voir les heures dévolues à leur matière se rétrécir, même au profit de ces nouveaux enseignements de développement durable crédités d’ECTS. "Ce changement culturel pour des chercheurs très spécialisés est difficile, tout comme le fait d’aborder des sujets plus politiques. Cela demande une posture pédagogique particulière."

la stratégie climat de l’université d’Edimbourg

À l’international, certains établissements ont été pionniers sur la question du développement durable : c’est le cas, par exemple, de l’université d’Édimbourg, qui s’est donné un plan d’actions dès 2010-2011, et a élaboré une "stratégie climat globale" dès 2016. En effet, dans une université, "tous les postes sont consommateurs en énergie", affirme lors du webinaire Debora Kayembe, nommée rectrice de l’université d’Édimbourg en 2021. C’est pour cela que la problématique requiert une stratégie globale, portée au niveau de l’institution. En 2021, l’université d’Edimbourg a justement reçu un Green gown award pour saluer cette "approche d’ensemble".

Debora Kayembe rappelle que son institution s’est fixé comme objectif "la neutralité carbone en 2040". Une première étape devait être franchie d'ici 2025, en ramenant les émissions de carbone "aux niveaux de l’année de référence 2007-2008", et en "réduisant les émissions de carbone par million de livres sterling de chiffre d’affaires de 50 % par rapport aux niveaux de l’année de référence", indique le site de l’université écossaise. "Ces deux objectifs ont été atteints", assure l’institution.

À ce jour, elle a même "réduit ses émissions de carbone de 15 % depuis 2007-2008, au cours d’une période où le chiffre d’affaires a augmenté de 100 %", saluent les trophées Green Gown. Dans le détail, les émissions de carbone pour 2019-2020 étaient de 73 347 tonnes de CO2, contre 86 707 tonnes de CO2 en 2007-2008, précise l’université. "Les émissions relatives de carbone par million de livres sterling de chiffre d’affaires étaient de 65,5 pour 2019-2020, contre 156 pour l’année de référence."

création d’un fonds de soutien aux initiatives durables

Parmi ses initiatives multiples, l’université d’Edimbourg a notamment créé un "fonds pour un campus durable" : "Le personnel et les étudiants peuvent demander les 2,75 millions de livres sterling au cours des trois prochaines années pour obtenir un soutien dans leurs projets sur l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables et d’autres projets de durabilité qui génèrent des économies de coûts et des avantages environnementaux", détaille l’institution.

Évidemment, la dimension immobilière est au cœur de la stratégie de réduction de son impact environnemental, avec des financements de plusieurs dizaines de millions de livres engagés depuis 2016 pour rénover les réseaux d’énergie et de chaleur sur le campus. Un "plan directeur énergétique" a été conçu pour élaborer "une stratégie à long terme pour éliminer le gaspillage d’énergie, minimiser la demande d’énergie, optimiser l’efficacité énergétique et permettre la transition vers des sources d’énergie à faible émission de carbone".

la recherche d’Edimbourg, un moteur de sa stratégie climat

La recherche est également mise à contribution : les chercheurs de l’institution écossaise ont ainsi obtenu "plus de 50 millions de livres sterling au cours des sept dernières années pour financer des travaux sur la science du climat, l’atténuation des émissions et les solutions durables". L’université encourage les "recherches novatrices" dans des domaines tels que la capture et le stockage du carbone et les énergies renouvelables, son objectif étant "de devenir une plaque tournante, au sein de la ville au sens large, pour l’échange d’idées et d’opinions sur la meilleure façon de relever l’un des grands défis mondiaux". Un partenariat avec la ville d’Édimbourg a d’ailleurs été mis sur pied en février 2020, pour lui fournir des conseils "indépendants et experts".

La recherche de l’université est aussi mise au service de "l’innovation bas carbone", en collaboration avec des petites et moyennes entreprises - son "Edinburgh Climate Change Institute" a d’ailleurs reçu le Guardian Sustainable Business Award pour son projet Low Carbon Innovation, qui "vise à soutenir le développement de produits et services innovants à faible émission de carbone".

une consultation des personnels sur les voyages d’affaires

Enfin, sur la question des mobilités, un "groupe de travail sur les voyages et l’aviation" a été formé en 2019, "dans le but de fournir des recommandations pour réduire les émissions de carbone des voyages d’affaires", précise le site de l’université. "Une consultation avec le personnel a été achevée en 2020. À la suite de la consultation, des recommandations pour améliorer les politiques et les pratiques ont été élaborées par le groupe de travail et approuvées par l’exécutif de l’université en juin 2020. Ces recommandations sont actuellement mises en œuvre par le département des affaires sociales."

Cependant, il reste encore beaucoup à faire. Ainsi, le modèle économique de l’université d’Edimbourg, qui repose sur les frais de scolarité, la conduit à ne pas pouvoir imposer de cours obligatoires à ses étudiants, explique Debora Kayembe. L’institution se contente de les "inciter fortement" à choisir les formations au développement durable qu’elle dispense, et qui ont été rendus gratuits. "Les étudiants doivent pouvoir choisir leur éducation, surtout quand chaque cours a un prix pour eux, notamment pour les étudiants internationaux", rappelle-t-elle.

des ressources pour aller plus loin

 

Lors du webinaire d’AEF info, plusieurs participants ont partagé des ressources documentaires pour aller plus loin sur les thèmes abordés. Nous les avons réunies ici :

Des initiatives :

  • à l’université Gustave Eiffel, un partenariat avec Ecodair pour inciter les étudiants à acheter du matériel reconditionné plus écologique et moins cher ;
  • à l’université de Montpellier, Uni-Eco, un projet de partenariats stratégiques au sein du programme Erasmus+ afin d’impulser les pratiques durables au sein des universités ;
  • à KU Leuven, l’obligation pour le personnel de direction de payer une compensation carbone pour les trajets liés au travail.

Se documenter :

  • la Consultation nationale étudiante 2020 du Refedd sur les étudiants face aux risques environnementaux ;
  • un serious game sur le modèle de la fresque du climat : la fresque du numérique ;
  • le livre L’enfer numérique. Voyage au bout d’un like de Guillaume Pitron (éditions Les liens qui libèrent), qui, selon un lecteur d’AEF info, "éclaire sur les questions suivantes : quelles sont les conséquences physiques de la dématérialisation ? Comment les données impalpables pèsent-elles sur l’environnement ? Quel est le bilan carbone du numérique ?" ;
  • un guide de l’Ademe sur la sobriété numérique.

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Zoé Courtois, journaliste