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Un an après leur projet de loi, les citoyens de la convention climat "inquiets, écœurés et désemparés"

Ils se sont investis d’octobre 2019 à février 2021 dans la convention citoyenne pour le climat. Ils ont débattu, mis au point puis porté leurs mesures pour les traduire — bien que partiellement — dans la loi. Un an après la présentation du projet législatif le 10 février 2021 en Conseil des ministres et à la veille de l’élection présidentielle, AEF info a recontacté plusieurs membres du collectif, aujourd’hui partagés entre écœurement et incompréhension de voir le sujet "structurant et stratégique" du climat passer hors des radars de la campagne électorale.

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Les membres de la Convention citoyenne pour le climat Droits réservés - DR

"J’écoute les débats et ce que je me dis, c’est 'que font les journalistes à n’avoir comme sujets que le racisme, la police, le sécuritaire ?' Je suis écœurée." Un an après la présentation le 10 février 2021 en Conseil des ministres du projet de loi climat et résilience, AEF info a repris contact avec les membres de la convention citoyenne pour le climat en ce début février 2022.

Parmi eux, Yolande Bouin, qui a rejoint La France insoumise à l’occasion des dernières régionales en Bretagne. En pleine campagne présidentielle très atone sur le climat et la biodiversité, elle rejette d’abord la faute sur le traitement médiatique de la campagne. "Si le climat et l’urgence climatique sont absents du débat, il ne tient qu’aux journalistes de remettre ces sujets au goût du jour", pointe-t-elle.

Buzz

Car certains candidats "ont des choses à dire", soutient-elle, citant logiquement le mouvement qu’elle a rejoint — qui, "par rapport à l’urgence climatique, porte le programme le plus complet et reprend le plus de mesures de la convention citoyenne" — mais aussi le candidat écologiste Yannick Jadot. "Mais on ne les interroge pas là-dessus ! Les médias font du buzz en parlant de racisme, de migrants, du sécuritaire, car ils savent qu’en face Le Pen, Zemmour et Pécresse vont y aller de plus belle à celui qui renchérira pour remporter la mise… Je suis écœurée", s’emporte-t-elle.

Éloise, étudiante en médecine et militante pour Youth for climate, exprime également face à cette campagne un "sentiment de non prise en compte de l’urgence climatique et de l’avis des citoyens qui placent pourtant l’écologie en tête de leurs préoccupations !" C’est en effet ce qui était ressorti de l’étude "Fractures françaises" d’Ipsos Sopra-Steria pour Le Monde, publiée en septembre dernier. Amenés à choisir l’enjeu qui les préoccupait le plus à titre personnel parmi neuf propositions différentes, les Français interrogés ont placé l’environnement "dans le tiercé de tête (41 %), un point seulement derrière la délinquance, cinq points derrière l’avenir du système social mais sept points devant l’immigration", relevait alors le quotidien.

"Ce n’est pas une désillusion de plus", explique Éloise, "mais c’est une perte d’espoir. Je me pose la question : à quel moment va-t-on enfin tenir compte de l’urgence climatique ?"

"Déception profonde"

"Ce sujet est complètement étouffé, c’est une déception profonde", ajoute William Aucant, conseiller régional des Pays de la Loire aujourd’hui en charge en charge de la gouvernance citoyenne de la campagne de Yannick Jadot (lire sur AEF info). Déception d’autant plus grande que, rappelle-t-il, "selon le Giec, il reste dix ans pour rectifier le tir et, durant le prochain mandat, le ou la présidente sera obligé d’avoir des mesures fortes pour le climat"… mesures dont personne ne débat. "C’est très inquiétant", renchérit Vita Evenat. "Nous sommes très proches de points de bascule, c’est le dernier délai pour agir. Dans dix ans, il sera impossible de faire marche arrière. C’est l’avenir de nous tous, de nos enfants, s’ils pourront avoir une vie normale ou pas, qui est en jeu."

"Il y a un véritable souci avec cette élection", poursuit Grégoire Fraty, secrétaire général de la fédération nationale des unions régionales des organismes de formation, engagé sur la liste LREM lors des dernières régionales en Normandie et responsable presse de la Convention des entreprises pour le climat. Pour lui, malgré la prise de conscience dans la société et le fait que des solutions existent, les sujets abordés demeurent "caricaturaux", se résumant par exemple à pour ou contre le nucléaire, pour ou contre l’éolien, sans jamais parvenir "à parler de fond".

"Pas d’espoir"

Amandine Roggeman, chargée du développement international du Château de Versailles et membre du comité des parties prenantes du groupe ADP, voit de son côté dans l’absence du climat la preuve d’une "inertie globale". "Les élections sont dans deux mois à peine et il n’y a pas de débat, personne ne se saisit de ce sujet structurel et stratégique…", ajoute-t-elle, "désemparée".

Car ce "désintérêt" et cette "occasion manquée" de débattre sérieusement de la transition lui font craindre en retour "une abstention assez forte".

Tout aussi "déconcertée", Éloise abonde : "les politiques ne répondent pas à la quête de sens des jeunes", qui sont "tous un peu perdus" — ces propos faisant écho à la récente étude de l’Institut Montaigne relatant "l’impressionnante désaffiliation politique" des 18-24 ans. Elle-même ignore d’ailleurs à ce stade pour qui voter les 10 et 24 avril prochains.

une surprise, mais "à moitié"

Ancien coprésident de l’association Les 150, Jean-Pierre Cabrol se dit également "clairement déçu" de la situation, mais "à moitié surpris" seulement. Pour lui, toute campagne présidentielle est habituellement une "phase politique dans laquelle l’environnement ne fait pas partie des éléments à prendre en compte pour inciter à voter". "Mis à part les Verts, personne n’est très motivé", observe-t-il, ajoutant, fataliste, que "c’est comme ça depuis 20 ans, la campagne s’articule autour de l’activité économique et la sécurité. Thématiques auxquelles s’ajoute maintenant le grand remplacement".

Ce qu’il a d’ailleurs observé ces dernières années et durant son expérience de membre de la CCC, c’est que "dès que l’on mêle politique et environnement, ça ne fonctionne pas, on rentre dans une guerre avec l’économique et le social et l’environnement est toujours oublié — alors qu’il est le facteur le plus important pour le futur !" Preuve selon lui que la population et ses gouvernants ne sont "pas assez dans l’embêtement et l’embarras pour y réfléchir vraiment", les impacts de la crise climatique n’étant selon lui "pas encore suffisants… Mais ça va arriver sous peu".

Il ajoute que si le gouvernement a fait "pas mal de choses durant le quinquennat", c’est "loin d’être suffisant". Car il a agi dans une période de transition et contribué à faire "ce qu’il aurait fallu faire il y a 20 ans". Aussi espère-t-il que quand Emmanuel Macron "se sera déclaré, il axera une partie de son programme sur ces enjeux".

L’association les 150 "en sommeil"

Si les membres de la convention citoyenne interrogés se disent inquiets de l’état du débat, prévoient-ils pour autant d’interpeller directement les candidats ? Pour l’heure, l’option n’est pas à l’ordre du jour. Car le principal vecteur qu’ils auraient pu mettre à profit pour s’adresser aux concurrents, l’association Les 150, serait "en sommeil" depuis que ses deux derniers coprésidents l’ont quittée au printemps dernier — Mélanie Cosnier étant devenue conseillère régionale écologiste en Pays de la Loire et Jean-Pierre Cabrol n’ayant plus assez de temps à lui consacrer face à un métier "prenant".

Le chef d’entreprise de Haute-Savoie juge que l’évolution de l’association n’est pas surprenante. Initialement, elle "devait permettre d’assurer une certaine continuité entre les travaux de la convention et ceux à mener avec le gouvernement pour concevoir le projet de loi". Mais l’association "s’est délitée, n’ayant pas eu tellement d’impact et de complicité avec ce gouvernement sur la rédaction" de la future loi climat et résilience (lire sur AEF info).

Agny Kpata, sa nouvelle coprésidente, refuse cependant le terme d’une association "en veille", notant que si les 150 ne sont pas restés "actifs à 100 %", les sollicitations restent nombreuses et l’association reste présente sur les réseaux sociaux. Elle-même dit être en contact avec les relais jeunes, mais aussi avec les associations du Pacte de pouvoir de vivre. Elle s’est également impliquée dans une tournée des tiers lieux, permettant notamment aux citoyens impliqués de continuer à parler de transition et de rencontrer des élus locaux.

"anciens combattants"

Reste que pour certains, l’association Les 150 vise surtout à ce que les membres de la convention restent en contact, "ça s’arrête là", poursuit Jean-Pierre Cabrol. Et Yolande Bouin d’abonder : "il s’agit avant tout d’un truc d’anciens combattants", qui ne s’exprimeront plus collectivement. Jean-Pierre Cabrol ajoutant de toute façon que l’association n’a "pas les moyens" d’organiser pareille interpellation.

La promotion des 146 propositions repose donc désormais sur les engagements individuels de chacun, "selon ses envies et ses convictions. C’est le plus important", poursuit Jean-Pierre Cabrol. "On est passé au temps de l’action individuelle", ajoute Amandine Roggeman. À l’image de l’interpellation des candidats à laquelle Grégoire Fraty va participer avec la Convention des entreprises pour le climat. Il souligne également qu’il faut savoir tourner la page de la convention. "Le collectif n’a plus lieu d’être aujourd’hui", assume-t-il, notamment parce que ses membres reflétaient la diversité de la société française et qu’aujourd’hui, ils ont rejoint différents partis ou engagements, en passant de LFI, LREM, EELV à la primaire populaire, voire d’autres conventions citoyennes au plan local ou sectoriel.

"Tout ce spectre politique rend incohérentes les positions collectives." D’ailleurs, ajoute-t-il, la "vocation" des 150 n’était pas de devenir "des professionnels citoyens, c’était un 'one shot'", les 150 ne devant "pas devenir une force d’opposition" mais jouer "le rôle de passeurs d’idées, de relais". À d’autres donc désormais de se mobiliser, d’investir les associations et la sphère politique, invite Grégoire Fraty. Tout comme Isabelle Robichon, qui ajoute que l’association n’a ni les moyens, ni la légitimité (elle ne rassemble plus les 150), ni la visibilité pour s’exprimer. Selon elle, c’est désormais aux citoyens "d’agir au niveau local, de s’engager, de parler à la presse et de marcher", tout comme elle le fera le 12 mars en participant à l’une des douze marches "Look up !" (1) organisées en France.

faire revivre le serment des citoyens

William Aucant, qui avait été à l’origine du serment des citoyennes et des citoyens pour le climat fin février 2021, avoue cependant "qu’une petite partie de lui-même aurait aimé" voir le collectif se relancer à l’occasion de la présidentielle. "À l’heure actuelle, je n’entends aucun candidat dire qu’il va reprendre les 146 propositions dans leur état d’origine, il donc reste une opportunité à saisir", explique-t-il. Car c’est pour les candidats un travail "déjà fait" qui contribue à diminuer les émissions de gaz à effet de serre dans un esprit de justice social, rappelle-t-il.

Pour remettre ce document sur le devant de la scène, lequel a été "cyniquement filtré durant le quinquennat", il appelle les citoyennes et citoyens à faire que leur serment "ne reste pas lettre morte". En signant ce texte, qui fait l’objet de plus de 1 700 signatures sur la plateforme Change.org, les membres de la CCC s’engageaient à "porter, appliquer ou transmettre" une longue liste d’objectifs — dont ceux de rendre obligatoire la rénovation énergétique globale des bâtiments d’ici à 2040, de réguler la publicité pour réduire les incitations à la surconsommation ou encore de réduire les émissions de gaz à effet de serre sur les autoroutes et voies rapides "dans leur quotidien, dans leur travail et dans leurs activités". Cet engagement tiendra-t-il jusque dans les urnes ?

(1) Baptisées ainsi en référence au film satirique "Don't look up : Déni cosmique" diffusé sur Netflix.

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Émilie Legendre, journaliste