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Une année dans les écoles de Roubaix (5e épisode) : comment sont accompagnés les élèves allophones

Roubaix accueille actuellement près de 300 élèves récemment arrivés en France sans maîtriser notre langue, soit 17 % des élèves allophones du département du Nord. Ces enfants, de 45 nationalités différentes, sont inscrits dans des classes ordinaires. Ils bénéficient en plus d’un enseignement renforcé en "français langue seconde", modulé en fonction de leurs besoins. Au sein de l’unité pédagogique pour élèves allophones arrivants (UPE2A) du collège Jean-Baptiste-Lebas, leur parcours force souvent l’admiration des enseignants. "Ces élèves ont des histoires compliquées et sont convaincus que l’école va les sauver", souligne Justine Herman, professeure d’anglais. "Deux, trois ans après leur arrivée, ce sont souvent les plus brillants et les plus pertinents de l’établissement, sans doute parce qu’ils connaissent la valeur de l’école", remarque Julien Flant, l’un des CPE du collège.

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Des élèves étudient la conjugaison au sein de l'unité pédagogique pour élèves allophones arrivants du collège Lebas, à Roubaix, fin janvier 2022. AEF - S. Ma.

ROUBAIX, ÉPISODE 5


Les écoles, collèges et lycées de Roubaix, quasiment tous en éducation prioritaire, concentrent un grand nombre de difficultés scolaires. Les acteurs locaux y déploient une énergie considérable pour contrer les déterminismes. AEF info publie, au cours de l'année scolaire 2021-2022, une série de reportages pour raconter ce territoire complexe, à raison d’un article par mois. Après avoir évoqué la lutte contre l’évitement scolaire (lire sur AEF info), les projets de la Cité éducative (lire sur AEF info), le "sacerdoce" des enseignants (lire sur AEF info), le respect de la laïcité et des valeurs de la République (lire sur AEF info), nous vous proposons ce mois-ci de découvrir la prise en charge des élèves allophones.

"Madame, je ne comprends rien", soupire Abdoullah. "J’ai eu, c’est quel temps ? Aidez-moi, les autres !" dit-il en se tournant vers ses camarades, Kiarra, Mahmoud, Hudayfa et Mohamed. En cette fin janvier 2022, ils sont cinq à démêler les subtilités des conjugaisons de leur "langue seconde", le français - l’effectif a été divisé par deux avec les absences liées au Covid. Au tableau, les terminaisons de l’imparfait toisent les élèves, qui sont maintenant penchés sur leur exercice de conjugaison. L’enseignante passe de table en table, avec une infinie patience : "Kiarra, quand tu dis nous allons au cinéma, es-tu dans le passé ?" Puis s’adressant à la classe : "Si vous dites nos parents, à quoi ça correspond : je, tu, il, nous, vous, ils ?" Le cours se termine par une courte rédaction sur le thème "Comment était votre chambre d’enfant ?". Cette fois, le problème d’Abdoullah, ce n’est pas l’imparfait : "Madame, j’avais pas de chambre quand j’étais petit". "Vous pouvez imaginer, bien sûr", rassure la professeure, s’adressant au petit groupe.

Le collège Jean-Baptiste-Lebas - du nom d’un ancien maire de Roubaix - accueille 26 élèves allophones, venus de Syrie, d’Algérie ou de Roumanie (1). Certains arrivent en cours d’année, après un parcours de migration parfois épuisant, en étant souvent dans une grande précarité. Les quinze premiers jours, les petits nouveaux sont plongés dans leur classe d’adoption, de la sixième à la troisième, selon leur âge. Ils découvrent une autre langue mais aussi, pour ceux qui n’ont jamais été scolarisés, de nouvelles règles de vie. Après cette immersion, ils continuent à suivre les cours dans leur classe d’adoption, mais ils bénéficient d’un emploi du temps aménagé pour apprendre le français quelques heures par semaine au sein de l’UPE2A. "Ils ont le droit de suivre ces cours de 'français langue seconde' pendant trois ans", explique Marie Carlier, la principale adjointe.

des histoires compliquées

"Vous avez vu, près du bureau du principal, les portraits des élèves qui ont remporté des prix d’excellence ?", demande Hélène Jacques Petit, professeure de lettres et pilier du dispositif depuis six ans. Parmi les élèves distingués chaque année pour leurs résultats scolaires, "à chaque fois, il y a au moins deux UPE2A", souligne-t-elle avec fierté. Il y a deux ans, un élève arménien a été cité comme Prodige de la République, pour son courage et son investissement au collège. Mineur isolé, Gor est arrivé en France fin 2018, sans parler un mot de notre langue. Il a passé deux ans au collège Lebas où il s’est fortement impliqué, allant jusqu’à aider ses camarades en difficulté scolaire. "Il s’est retroussé les manches et a brillé tout de suite", se remémore Morgane Gueguen, conseillère principale d’éducation.

"Ces élèves ont des histoires compliquées et sont convaincus que l’école va les sauver", explique Justine Herman, professeure d’anglais, qui enseigne les bases du français dans l’UPE2A. "Comme ils sont demandeurs, on leur donne du temps en plus. L’an dernier, j’ai passé des heures à aider un élève de troisième, venu de Syrie, qui avait une rage de s’en sortir incroyable", témoigne-t-elle. L’idée est d’aller de l’avant, pas de revenir sur des parcours de vie parfois très douloureux. "Ils parlent très peu de leur histoire, ils sont très pudiques", remarque Justine Herman.

Trois enseignantes se répartissent une vingtaine d’heures de cours de français par semaine au sein de l’UPE2A. En réalité, c’est tout le collège qui s’investit pour l’accueil et la réussite de ces élèves, inscrits d’office dans le dispositif "Devoirs faits". "L’objectif, c’est de les faire quitter le plus vite possible l’UPE2A", affirme Hélène Jacques Petit. À la sortie, les élèves doivent avoir le niveau B1 du cadre européen de référence pour les langues, qui certifie un premier niveau d’autonomie et peut être attesté par le Delf, diplôme d’études en langue française délivré par l’État depuis 1985.

"Ils connaissent la valeur de l’école"

"Ce qui est stupéfiant, c’est la vitesse à laquelle certains élèves réussissent à apprendre notre langue", souligne Julien Flant, l’un des CPE du collège. "Deux, trois ans après leur arrivée, ce sont souvent les plus brillants et les plus pertinents de l’établissement, sans doute parce qu’ils connaissent la valeur de l’école". Pour autant, l’intégration demande du temps et de la patience. "Ces élèves peuvent avoir la tentation de rester entre eux, c’est humain", reconnaît le CPE. Dans les couloirs ou dans la cour, ils aiment échanger dans leur langue maternelle… Parfois, il leur faut aussi surmonter des traumatismes liés à leur parcours. "Ceux qui viennent d’un territoire en guerre peuvent avoir quelques réactions violentes", pointe Julien Flant. La communauté éducative entoure ces enfants pour les aider à reprendre pied.

Le collège doit aussi faire face à des différences culturelles : les familles n’ont pas toujours les mêmes attentes que l’école. "L’absentéisme est plus important chez les filles que chez les garçons, en particulier dans les familles syriennes", observe la CPE Morgane Gueguen. "Parfois les filles répondent : moi je vais me marier !" L’établissement rappelle alors l’obligation de formation jusqu’à 18 ans. "Nous, nous voulons que les enfants soient à l’école pour qu’ils trouvent leur place dans la société," résume Marie Carlier, principale adjointe.

Le cas particulier des enfants venus de Guyane

 

Plusieurs établissements roubaisiens sont confrontés à l’arrivée d’élèves venant de Guyane, sans maîtriser le français. Certains n’ont pas été scolarisés auparavant ou l’ont peu été ; d’autres viendraient en réalité du Suriname voisin. Ils ne peuvent pas être intégrés dans une UPE2A car ils viennent du territoire national. Le collège Lebas travaille actuellement sur un projet d’accompagnement spécifique. Un professeur d’histoire-géographie y prend en charge des cours d’alphabétisation. "L’enjeu sera de pérenniser cette solution puis de la dupliquer sur d’autres collèges", indique Morgane Gueguen, CPE au collège. Ce projet pourrait être porté dans le cadre de la Cité éducative.

Les parents sont les bienvenus

En arrivant en France, les parents des élèves de l’UPE2A découvrent eux aussi un monde nouveau. Lorsqu’ils ne parlent pas français, ils peinent à se faire comprendre. "Le dialogue n’est pas toujours évident", reconnaît Julien Flant. "Heureusement, je parle anglais, ce qui est souvent aussi le cas des familles syriennes. Et nous avons quatre assistants d’éducation qui maîtrisent l’arabe".

Afin de renforcer les liens avec ces familles, le collège accueille chaque lundi matin des parents dans le cadre de l’opération "OEPRE" ("Ouvrir l’école aux parents pour la réussite des enfants"). Ce dispositif créé en 2008 propose des formations gratuites en français (comprendre, parler, lire et écrire) et en mathématiques, ainsi qu’une présentation du fonctionnement de l’école et des valeurs de la République.

Depuis septembre, l’action connaît un franc succès au collège Lebas, sans doute grâce au partenariat noué avec le centre social et la mairie. "Les parents sont plus nombreux que d’habitude, à tel point qu’on a dû ouvrir la permanence, en plus de la salle habituelle, pour les accueillir dans le respect de la distanciation sociale", se réjouit Marie Carlier. Une trentaine de parents participent, et pas uniquement des mamans, ce qui est une première. La possibilité de passer en janvier le Delf a amplifié la motivation du groupe. Une vingtaine de parents se sont inscrits, visant un niveau A1 ou A2 (utilisateurs élémentaires).

"C’est une richesse d’avoir une UPE2A et ce dispositif OEPRE au sein de l’établissement", estime Hélène Jacques Petit. "Outre l’ouverture d’esprit, cela fait du bien à l’ensemble du collège de voir ces élèves extrêmement motivés, qui travaillent très dur et qui réussissent".

Roubaix accueille 17 % des élèves allophones du Nord

 

Roubaix, la ville aux 100 nationalités, a longtemps accueilli plus d’élèves allophones qu’ailleurs. "C’est une réalité historique sur 30 ou 40 ans", confirme Emmanuel Hauchard, directeur du Casnav de l’académie de Lille, joint début février par AEF info. "Cependant, nous constatons depuis quelques années une baisse du nombre d’arrivées", remarque-t-il. Roubaix comptait 260 élèves allophones en décembre 2021, deux fois moins qu’en 2016. Résultat, la ville accueille aujourd’hui 17 % des élèves allophones du département, contre 30 % en 2016. Les pays d’origine sont, dans l’ordre d’importance, la Roumanie, l’Algérie et la Syrie.

Comment expliquer cette tendance à la baisse ? "Le Covid a pu différer des parcours migratoires, en compliquant notamment le regroupement familial", analyse Emmanuel Hauchard. "On peut aussi faire l’hypothèse que les nombreux programmes de rénovation urbaine ont entraîné une baisse des logements à bas prix disponibles immédiatement, rendant la ville moins attractive". Le secteur d’arrivée numéro 1 est aujourd’hui Lille et ses communes limitrophes, avec notamment l’accueil de mineurs isolés afghans.

"Malgré cette baisse, nous n’avons pas retiré de postes à Roubaix", précise le Casnav. "Nous avons redéployé les moyens existants entre les collèges. Tous ces dispositifs fonctionnent bien mais sans être à plein régime. C’est positif car les enseignants sont moins sous tension et les élèves sont mieux accompagnés." Le collège Lebas est l’établissement où tous les élèves sont évalués à leur arrivée, sur leur niveau linguistique et scolaire, avant d’être répartis dans les différents collèges.

Dans le premier degré, le fonctionnement est différent. Les cinq enseignants de l’UPE2A ont chacun leur école de rattachement. Ce sont les enfants qui font le déplacement pour bénéficier des cours de français, en fonction de leurs besoins. "Certains viennent 3 heures, d’autres 6, 9 ou 12", explique Marine Flandin-Mohamed, enseignante rattachée à l’école Lavoisier. "Chez ceux qui n’ont pas ou très peu été scolarisés, tout est à construire : il faut leur apprendre à devenir élève, à rester assis sur une chaise, à tenir un crayon… et faire en sorte qu’ils aient plaisir à venir. Dès qu’ils deviennent autonomes, le volume horaire se réduit, l’objectif étant qu’ils soient le plus possible inclus dans leur classe." La pratique est différente dans les CP et CE1 dédoublés : l’enseignant de l’UPE2A intervient directement dans la classe, en co-intervention.

Le dernier épisode de notre série "Une année dans les écoles de Roubaix" paraîtra en avril 2022 : il portera sur la coopération entre l’école et les parents et la logique de co-éducation.

(1) Ce reportage a été réalisé avant la guerre en Ukraine.

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Le Casnav de l’académie de Besançon a développé deux applications destinées aux élèves allophones et aux élèves non-sédentaires. Leur objectif : favoriser la continuité scolaire. Ces applications ("kit français" et "dik-ap"), gratuites, contiennent des explications traduites dans plusieurs langues. Elles ont été présentées, pour qu’ils en soient les relais, à l’ensemble des adultes impliqués dans l’accompagnement des jeunes qu’elles visent : aux professeurs des UPE2A et des unités pédagogiques spécifiques, aux travailleurs sociaux, aux partenaires associatifs. Elles ont vocation à pallier les difficultés des enseignants qui n’arrivent pas à joindre les élèves qui vivent dans des conditions matérielles difficiles et/ou qui ne pratiquent pas encore le français. Elles contiennent des ressources qui doivent susciter avant tout l’intérêt des jeunes tout en étant accessibles en toute autonomie.

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Sylvain Marcelli, journaliste