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Pour maintenir les écoles ouvertes, il faut revoir le protocole de dépistage et vacciner les enfants (Bruno Lina)

"Avec un virus plus transmissible et une population qui n’est pas immunisée, des phénomènes épidémiques dans les écoles sont inévitables", estime Bruno Lina. Dans une interview à AEF info le 16 décembre 2021, le virologue des Hôpitaux civils de Lyon et membre du Conseil scientifique plaide, dans le contexte actuel, en faveur d’un dépistage itératif des élèves et non réactif, comme le prévoit le protocole de l’Éducation nationale, de manière à "détecter précocement les élèves asymptomatiques et pré-symptomatiques (en période d’incubation)". Bruno Lina encourage à "ne pas avoir d’approche manichéenne" et à choisir le dépistage itératif ou réactionnel selon la situation épidémique et l’âge des élèves. Dans le contexte des variants, le scientifique considère comme "illusoire" de penser qu’on peut maintenir les écoles ouvertes "en gardant le même protocole et sans vacciner les enfants".

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Bruno Lina, virologue, professeur au CHU de Lyon, membre du conseil scientifique Covid-19. Inserm / François Guenet

AEF info : En décembre, le nombre d’élèves positifs recensés par le MENJS n’a jamais été aussi haut que depuis avril 2021. Est-ce la conséquence de l’augmentation du dépistage des élèves, induit par le nouveau protocole sanitaire de novembre (lire sur AEF info?

Bruno Lina : Le système se fonde sur un dépistage réactionnel élargi à une classe à partir du moment où un enfant de la classe est malade. Cette logique de dépistage permet de déceler des asymptomatiques qui n’auraient pas été détectés sans ça. Ce dépistage multiplie donc par un facteur de l’ordre de 1,5 à 2 le nombre d’infections documentées et donc le taux d’incidence.

Si on ne fait pas ce dépistage et qu’on laisse les enfants infectés asymptomatiques à l’école, ils vont être responsables d’une transmission intrascolaire qui induirait aussi une augmentation du nombre de cas, et surtout une diffusion du virus. Il faut admettre que les enfants en âge scolaire sont pratiquement, aujourd’hui, une des tranches d’âge pour laquelle le taux d’incidence est le plus élevé. Ça n’est pas uniquement lié au dépistage mais aussi à la circulation du virus dans ce groupe d’âge.

L’important n’est pas de dire qu’on dépiste beaucoup mais qu’il y a de nombreux cas parce que le virus circule fortement.

À LIRE OU À RELIRE

 

Cette dépêche fait partie d’une série de trois publications qui analysent la période qui s’est écoulée depuis septembre 2020.

  • L’évolution du taux d’incidence en milieu scolaire peut-elle être analysée au regard des protocoles sanitaires ? (lire sur AEF info)
  • En dépistant plus les enfants, dénombre-t-on plus de cas positifs ? (lire sur AEF info)

AEF info : Comment expliquez-vous cette flambée du nombre de cas ?

Bruno Lina : Le premier élément tient à l’histoire naturelle du virus. Nous allons tous être infectés ou immunisés par le virus, personne ne passera entre les gouttes.

Par ailleurs, le virus circule davantage chez les populations non immunisées. Dans la mesure où beaucoup de personnes sont immunisées - car elles sont vaccinées ou ont contracté le virus - dans les tranches d’âges plus élevées, l’espace de circulation du virus bascule chez les moins immunisés : les moins de 12 ans.

Enfin, le virus a évolué depuis mars 2020. Il était alors très peu infectant chez les enfants, contrairement à la plupart des autres viroses respiratoires dont la transmission passe essentiellement par la boucle des enfants. Depuis, il a changé sa biologie et sa capacité de transmission. Désormais, même si le taux de transmission reste moins élevé en proportion chez les enfants que chez les adultes, nous sommes à un moment où il devient visible chez eux. Des chaînes de contamination se mettent en place. Le variant Omicron va encore augmenter ce potentiel.

Avec un virus plus transmissible et une population qui n’est pas immunisée, des phénomènes épidémiques dans les écoles sont inévitables.

AEF info : La solution consiste-t-elle à fermer les écoles ?

Bruno Lina : Ça parait la plus simple mais c’est en fait un mauvais calcul. Nous pouvons être fiers d’être le pays qui a le moins fermé ses écoles, c’est une décision courageuse. Maintenant, pour être logique jusqu’au bout, il faut tout faire pour les maintenir ouvertes. Mais, dans le contexte des variants, il est illusoire de penser qu’on peut le faire en gardant le même protocole qu’aujourd’hui et sans vacciner les enfants.

 

"Pour garder les écoles ouvertes, nous devons être capables de dépister de façon très précoce les cas de Covid-19 qui seraient des sources d’infection dans une classe."

 


Pour garder les écoles ouvertes, nous devons être capables de dépister de façon très précoce les cas de Covid-19 qui seraient des sources d’infection dans une classe. Nous pouvons sécuriser le temps scolaire et périscolaire en mettant en place un système de dépistage itératif, comme nous le proposons avec Vittoria Colizza (lire sur AEF info ici et ), et en l’accompagnant par la vaccination des enfants.

AEF info : Pourquoi le dépistage réactif, stratégie sur laquelle repose le protocole actuel, n’est-il pas adapté ?

Bruno Lina : Avec un dépistage réactif, rien n’est prévu a priori. Nous sommes tributaires de ce qui va se passer sans pouvoir anticiper. C’est très compliqué à organiser quand l’incidence est élevée car elle implique une fréquence très élevée de déplacement des laboratoires pour tester ou recueillir les prélèvements. Ils doivent également avoir la capacité à livrer les résultats sous moins de 24 heures. Or, ils doivent aussi s’occuper du diagnostic dans le reste de la population.

Dans l’expérimentation de ce dépistage, les établissements ont été mis en difficulté car, à un moment donné, les laboratoires n’étaient plus en mesure de répondre et d’être réactifs dans la fenêtre de tir prévue pour avoir un impact sur la circulation du virus (lire sur AEF ici et ).

AEF info : En quoi un dépistage régulier et systématique, comme le propose également le Conseil scientifique (lire sur AEF info), serait-il plus adapté ?

Bruno Lina : Ce dépistage serait plus simple car il s’organise, en quelque sorte, à l’avance. Le laboratoire sait le nombre de prélèvements qu’il devra effectuer à telle date, pour des résultats à rendre un jour donné. Cette organisation, qui peut perdurer dans le temps, est plus robuste car elle n’est pas tributaire de l’incidence.

Il s’agit d’être en anticipation et non en réaction. Grâce à un rythme de dépistage régulier suffisamment fréquent, cela permet de détecter les formes asymptomatiques qui commenceraient à se développer, avant qu’elles n’engendrent des cas secondaires dans la classe.

À mon avis, nous serions nettement plus efficaces en termes de contrôle de la situation car nous pourrions détecter précocement les élèves asymptomatiques et pré-symptomatiques (en période d’incubation), évitant ainsi des fermetures de classes.

AEF info : Pourquoi cette stratégie n’est-elle pas mise en place ?

Bruno Lina : L’un des enjeux majeurs du ministère de l’Éducation nationale est de dire qu’il faut garantir les mêmes chances pour toutes les écoles et toutes les classes. Autrement dit, si on organise quelque chose, cela doit être transposable partout, dans les zones urbaines comme rurales, avec une bonne acceptabilité des parents.

 

"L’un des enjeux majeurs du ministère de l’Éducation nationale est de dire qu’il faut garantir les mêmes chances pour toutes les écoles et toutes les classes."

 


Le niveau d’acceptabilité des familles pour le dépistage diffère selon les procédures.

Dans le cas du dépistage réactionnel, c’est très simple, vous communiquez aux parents d’une classe qu’il y a un cas dans celle-ci : il faut voir si leur enfant est malade. L’acceptabilité est très bonne car il y a un cadre, le test est contextualisé.

Dans le dépistage itératif, la logique n’est pas la même : on demande aux parents s’ils acceptent que leur enfant soit testé systématiquement, une fois par semaine. Le ministère redoute que l’adhésion à ce dépistage soit nettement en dessous de celui au dépistage réactionnel. Et cette crainte est légitime. C’est pour tester cela aussi que nous avons mis en place une expérimentation dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Elle doit également être réalisée en Île-de-France et en Nouvelle-Aquitaine.

AEF info : En quoi consiste-t-elle ?

Bruno Lina : Les élèves d’une dizaine d’écoles de quatre départements de la région Aura sont testés chaque semaine, depuis fin novembre. Dans le Rhône, en Isère et en Savoie, les familles adhèrent de 70 % à 80 % au dépistage systématique de leur enfant. Ce taux est d’ailleurs en augmentation au bout de trois semaines. En revanche, dans le Puy-de-Dôme, le taux d’adhésion était inférieur à 40 % dans deux écoles ; l’expérimentation s’est donc arrêtée. Cela nous amène à nous interroger : est-ce que dans des contextes plus ruraux, il est plus difficile de mettre en place un dépistage itératif ? C’est bien possible.

Pour autant, lorsque le ministère a conduit son expérimentation de dépistage réactionnel (lire sur AEF info), cela s’est imposé aux écoles des dix départements concernés. L’adhésion a été plutôt bonne et peut-être même meilleure que si cela avait été un dépistage itératif. Sauf que cette stratégie ne fonctionne plus à partir du moment où le taux d’incidence est trop élevé.

AEF info : Quels enseignements tirez-vous de votre expérimentation de dépistage itératif ?

Bruno Lina : C’est très préliminaire, nous aurons davantage d’indications début janvier. Pour le moment, nous constatons que cette stratégie demande beaucoup de travail aux directeurs d’école. Sur quatre points de recueil, nous avons eu une augmentation, puis une baisse, du nombre d’élèves positifs alors que, dans le reste du Rhône, ce nombre augmentait. Nous pourrions ainsi démontrer que cette logique permet d’avoir un taux d’incidence significativement plus faible dans les écoles de l’expérimentation que dans les écoles qui ne font pas ce dépistage en amont.

Malgré la perspective de détection de cas asymptomatiques, les parents se sont rendu compte que ces cas n’étaient pas très nombreux et qu’ils n’entraînaient l’exclusion scolaire que de l’enfant concerné, le reste du groupe classe restant accueilli à l’école et en périscolaire. Cette stratégie permet une gestion de l’école plus sereine avec moins de cas et l’impression que le système marche.

Tout l’enjeu est d’arriver à expliquer que cette logique de dépistage n’a du sens que s’il y a une bonne adhésion. Il faut que les parents se l’approprient, qu’ils en comprennent le sens et la logique.

En faisant cela, nous sommes dans le cadre d’une politique de santé publique. Cela revient à basculer vers une logique de gestion du risque en amont plutôt que de contrôle en réaction.

AEF info : Est-ce que cette stratégie a fait ses preuves à l’étranger ?

Bruno Lina : Il y a deux exemples un peu caricaturaux. L’Autriche a mis en place ce dépistage itératif dans les écoles, à raison de deux tests par semaine. Ceux qui n’y participent pas ne vont pas à l’école. Le taux d’adhésion est de 98-99 %.

En Angleterre, ils ne le font pas en primaire mais au collège et ça n’est pas obligatoire. Le taux d’adhésion n’est pas très bon, il est de 40 %. Cela ne marche pas.

L’efficacité de cette stratégie ne peut être bonne que si la participation est élevée.

AEF info : Si votre expérimentation est concluante, comment, concrètement, tester chaque semaine les quelque 6,5 millions d’écoliers du primaire ?

Bruno Lina : L’une des solutions serait de faire du "poolage". Les prélèvements de tous les enfants de la classe sont réunis dans un seul échantillon qui sera testé. Si le "pool" est positif, alors il faut tester, individuellement, chaque élève. Ça demande un peu de technique en amont. Mais ce peut être une option qui permet d’augmenter la capacité de tests sans augmenter le nombre de tests.

 

"Il ne faut pas avoir d’approche manichéenne : selon la situation épidémique, le dépistage itératif ou réactionnel est adapté."

 


Cette méthode est pertinente quand le taux d’incidence baisse car il y a plus de probabilité d’avoir un échantillon négatif à l’échelle du groupe classe. Il ne faut toutefois pas qu’il soit inférieur à un certain seuil, sinon il reviendrait à ne dépister essentiellement que des négatifs. En revanche, lorsque le taux d’incidence est trop élevé, elle n’est pas adaptée car il y a une trop forte probabilité d’avoir un cas positif dans chaque classe.

Il ne faut pas avoir d’approche manichéenne : selon la situation épidémique, le dépistage itératif ou réactionnel est adapté.

AEF info : Alors qu’ils n’étaient pas encore en âge d’être vaccinés, les élèves de 6e étaient jusqu’à présent soumis au même protocole sanitaire que les autres collégiens, à ceci près qu’ils doivent, depuis fin novembre, réaliser deux autotests hebdomadaires (lire sur AEF info). Quelle doit être la stratégie pour cette catégorie d’élèves ?

Bruno Lina : Le risque en primaire et en secondaire n’est pas le même. En secondaire, pour les élèves de sixième, il est plus opportun de faire un dépistage réactionnel car ils sont dans un contexte où les autres classes sont vaccinées à plus de 80 %. Le risque de transmission n’est pas le même que dans le premier degré.

Avec le Conseil scientifique, nous avions envisagé la solution des auto-tests. Mais nous l’avions écartée car ça pouvait stigmatiser les élèves de 6e. Par ailleurs, ce n’est pas évident à organiser compte tenu des élèves qui ont pour certains un an d’avance ou de retard. Enfin, en termes d’efficacité pour prévenir de la diffusion du virus, il faut aussi préférer la vaccination au dépistage, bien sûr !

AEF info : Alors que la possibilité de vacciner les moins de 12 ans approche (lire sur AEF info), quelle doit être la place de la vaccination des enfants dans la lutte contre le Covid ?

Bruno Lina : Même s’il y a une corrélation directe entre l’âge et les formes graves de la maladie - qui sont marginales chez les enfants-, il faut les vacciner. Ils peuvent être au contact d’enfants immunodéprimés ou avoir des personnes immunodéprimées dans leur entourage, et il faut aussi garder en tête que certains d’entre eux font les pathologies cardiaques inflammatoires assez invalidantes (PIMS)…

 

"L’enjeu de la vaccination est le même que celui du dépistage : maintenir les écoles ouvertes."

 


L’enjeu de la vaccination est le même que celui du dépistage : maintenir les écoles ouvertes.

AEF info : Quelle pourrait être la situation épidémique à l’école au retour des élèves en classe au terme des vacances scolaires ?

Bruno Lina : Je pense que la fermeture des classes, en raison des congés, va réduire l’incidence dans le groupe d’âge. Les vacances conduisent à "transporter" le risque de contamination de l’école vers la cellule familiale. Mais au retour, je fais le pari que le taux d’incidence dans la tranche d’âge des scolaires sera plus bas que celui qu’on a maintenant tout simplement parce que les enfants n’auront pas pu se contaminer entre eux pendant cette période.

On ne peut pas imaginer qu’il y ait une baisse du taux d’incidence chez toutes les classes d’âge sauf celle des scolaires. S’il n’y a pas de baisse, ce sera la conséquence d’une bouffée épidémique massive et qui aura concerné l’ensemble de la population.

Il n’en reste pas moins que la rentrée est un enjeu pour l’école et qu’elle doit donc être préparée.

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Luce Burnod, journaliste