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Home| Social / RH| Fonction publique| Dépêche n°664217

"La voie professionnelle devrait être la voie normale d’accès à la haute fonction publique" (G. Hermitte, M. Ballereau, ENA3C)

Les orientations du rapport Bassères sur la préfiguration de l’INSP "vont dans le bon sens avec le souhait de rendre plus attractives les carrières publiques longues pour des praticiens du privé et de la société civile. […] Nous défendons une approche plus globale d’une dialectique voie étudiante-voie professionnelle moins centrée sur la distinction privé-public", estime Guillaume Hermitte, le président de l’association ENA3C (qui regroupe d’anciens élèves de l’ENA issus du 3e concours) dans une interview à AEF info, ce 16 décembre 2021. Pour l’ENA3C, la voie professionnelle devrait constituer la voie normale d’accès à la haute fonction publique, "pour une administration davantage tournée vers l’action". Son vice-président Michel Ballereau souligne de son côté la nécessité d’octroyer plus de marges de manœuvre budgétaires aux managers.

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Guillaume Hermitte et Michel Ballereau, président et vice-président de l'ENA3C. Pour eux, l'INSP devrait pouvoir délivrer des diplômes, ce ne permet pas juridiquement son statut d’établissement public administratif. Droits réservés - DR

AEF info : Quelle est votre appréciation générale du rapport Bassères remis au gouvernement fin novembre (lire sur AEF info) sachant que le ministère de la Transformation et de la Fonction publiques a indiqué que ses propositions seraient analysées avant leur éventuelle mise en œuvre par la future directrice de l’INSP, Maryvonne Le Brignonen ?

Guillaume Hermitte : Tout d’abord, je tiens à saluer le travail accompli par la mission Bassères qui était soumise à un calendrier serré. Il contient beaucoup d’orientations, souvent très opérationnelles même s’il ne va pas jusqu’au bout pour mener une vraie réforme de la haute fonction publique. Nous sommes ensuite à la disposition de la directrice de l’INSP pour travailler avec elle sur la mise en place des chantiers qui constitueront sa feuille de route.

Pour nous, en tant que représentants des troisièmes concours – ces profils expérimentés qui entrent à l’ENA après une expérience professionnelle assez longue, notamment dans le privé –, nous pensons que ses orientations vont dans le bon sens avec le souhait de rendre plus attractives les carrières publiques longues pour des praticiens du privé et de la société civile. Il est notamment proposé de descendre les années d’ancienneté requises à 4 ans, ce qui faisait partie de nos demandes en vue d’une plus grande convergence avec le concours interne.

Tout d’abord, parce que nous défendons une approche plus globale d’une dialectique voie étudiante-voie professionnelle moins centrée sur la distinction privé-public. Il ne faut en effet pas réduire les missions de service public à une logique statutaire. Il faudrait également permettre la possibilité d’avoir une approche cumulative de l’ancienneté. Actuellement, il faut soit 4 ans dans le public, soit 8 ans dans le privé pour passer l’un des deux concours et un candidat ayant 3 années d’expérience dans chaque secteur n’est par exemple pas éligible. Il faut donc harmoniser et simplifier, et non pas saucissonner (1).

Ensuite, nous défendons l’approche d’une voie professionnelle, une voie des praticiens pour une administration davantage tournée vers l’action, une haute fonction publique qui reconquiert de la capacité à conduire des projets complexes et pas seulement à établir les règles du jeu. Cette voie devrait d’ailleurs constituer la voie normale.

 

"La haute fonction publique a besoin de davantage valoriser des profils qui la rejoignent après avoir passé un concours à l’issue d’une première 'tranche de vie' professionnelle."

Michel Ballereau, vice-président de l’ENA3C

 

Michel Ballereau : L’État a besoin de recruter de vraies compétences à condition de savoir les utiliser. La réforme de l’INSP et la réforme de la fonction publique vont de pair. Il n’y a bien sûr pas de raison de fermer le recrutement aux étudiants. Le brassage entre différentes générations est une richesse dans un cursus de formation. Néanmoins nous pensons que la haute fonction publique a besoin de davantage valoriser des profils qui la rejoignent après avoir passé un concours à l’issue d’une première "tranche de vie" professionnelle. Les citoyens se plaignent parfois de l’État mais ils demandent aussi une régulation par l’État et des fonctionnaires. Il nous appartient donc de montrer que nous savons innover en revoyant les fondamentaux.

Guillaume Hermitte : Le rapport montre à cet égard  nombre de signaux allant dans ce sens : la mise en place d’épreuves permettant de détecter les parcours professionnels et les compétences dès la phase d’admissibilité, l’harmonisation de l’ancienneté requise, la spécialisation des parcours durant le cursus. Seulement, je serais curieux de savoir si l’on arrive à garder une logique entre ces orientations et le maintien du classement qui consiste à conserver un thermomètre unique pour mesurer l’employabilité à la sortie de l’ensemble des membres d’une promotion.

 

"Il est difficile de continuer à considérer que les personnes ayant plusieurs années d’expérience professionnelle avant l’ENA ou étant passées par la voie étudiante, aient la même employabilité et candidatent sur des mêmes postes à la sortie."

Guillaume Hermitte, président de l’ENA3C

 

Nous rejoignons en ce sens les observations de la mission Bassères qui souligne le caractère inédit de ce processus d’affectation en sortie d’ENA qui conduit à ce que ce ne soit pas l’employeur qui choisisse ses recrues. Nous sommes favorables à ce qu’à la sortie, les modalités d’appariement entre ce que veut un employeur – ce sur quoi travaillera la Diese avec les administrations pour formuler des besoins en postes différents – et les profils des futurs hauts fonctionnaires, puissent être améliorées. Il est par ailleurs difficile de continuer à considérer que les personnes ayant plusieurs années d’expérience professionnelle avant l’ENA ou étant passées par la voie étudiante, aient la même employabilité et candidatent sur des mêmes postes à la sortie.

AEF info : Comment justement expliquez-vous que le gouvernement semble, pour l’heure, vouloir maintenir le classement malgré l’obligation désormais d’une expérience professionnelle sur le terrain avant de prétendre aux grandes administrations ?

Guillaume Hermitte : Lorsque je lui posais cette même question, Patrick Gérard, l’ancien directeur de l’ENA, dont je salue le travail fait en matière de construction d’un véritable référentiel de compétences, me faisait valoir que bien qu’imparfait, le classement pouvait constituer malgré tout une forme de protection pour les internes et les troisièmes concours.

Face à des pratiques de recrutement de certains ministères préférant intégrer des profils plus juniors, à la tête bien faite, perçus comme plus corvéables voire malléables, plutôt que des profils plus matures, qui pourraient exiger des pratiques de management et des aspirations à la qualité de vie au travail un peu différentes, notamment dès lors qu’il existe des charges de famille par exemple, le classement demeurait une protection.

Si telle devait être la justification, il me semble que le gouvernement devrait suivre la logique qu’il porte à travers la réforme, et mener à bien ce travail de fond sur la façon dont les employeurs valorisent certains types de profils, et d’autres moins. Parfois peut-être du fait du propre parcours du "recruteur" et parce que la professionnalisation de la fonction RH reste à construire.

Michel Ballereau : Si l’on s’en tient au classement, il ne faut pas oublier le classement d’entrée à l’ENA. Rien n’interdit de communiquer aux employeurs le classement d’entrée. Mais conserver le classement qui implique une logique individuelle n’est pas la meilleure solution si l’on veut que les gens sachent travailler en équipe. Les deux objectifs sont antinomiques. Il n’est pas possible d’utiliser des moyens qui se contredisent. Si l’on veut réformer la fonction publique, il faut avant tout apprendre à travailler en équipe, à avoir cette considération d’autrui et à mener des projets.

AEF info : Comment changer les pratiques de recrutement ?

Guillaume Hermitte : Donnons sa chance à la Diese. En plus de mettre en place des viviers et de sélectionner parmi eux les futurs dirigeants des cadres de l’État, un travail plus étroit et coordonné va se faire avec les différents secrétaires généraux des ministères pour que leurs lignes directrices de gestion s’intègrent dans les lignes interministérielles, pour que la structuration des RH des ministères mette en place plus d’outils, notamment d’évaluation, et qu’elle puisse également effectuer un travail approfondi de prospective RH et d’analyse de données pour construire une véritable gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.

Il faut reconnaître qu’Émilie Piette et Maryvonne Le Brignonen ont une feuille de route ambitieuse et chargée. Elles vont devoir animer et coordonner ce travail. Nous nous tenons à leur disposition y compris sur le sujet des compétences professionnelles sachant que certains membres de notre association étaient DRH avant de passer le concours de l’ENA. Nous avons donc une réflexion avancée sur le sujet et animons un groupe de travail avec l’association des internes de l’ENA, l’AAEENA et même l’AATF pour travailler sur ces fondamentaux d’une voie professionnelle d’accès aux carrières publiques longues plus structurée.

 

"Les ministères pourraient volontiers recruter des hauts fonctionnaires plus opérationnels mais aujourd’hui, les règles de gestion budgétaires des emplois ne confèrent pas de marges de manœuvre."

Michel Ballereau

 

Michel Ballereau : Les ministères pourraient volontiers recruter des hauts fonctionnaires plus opérationnels mais, aujourd’hui, les règles de gestion budgétaires des emplois ne confèrent pas de marges de manœuvre. Cette logique de la réforme de la haute fonction publique mérite d’aborder la totalité des questions et leviers RH. Or il faudra bien un jour se poser la question des marges de manœuvre octroyées à ces managers que l’on souhaite responsabiliser. Ils ont souvent besoin de disposer de leviers de motivation de leurs équipes. Mais aujourd’hui, la LOLF ne le permet pas. Cela pourrait être le prochain rendez-vous pour que la réforme de la haute fonction publique aille à son terme.

AEF info : Que pensez-vous enfin de l’ouverture de l’INSP sur le monde universitaire et de la recherche souhaitée par le gouvernement ?

Guillaume Hermitte : La nécessité de délivrer des diplômes, notamment des doctorats, parce qu’il s’agit d’un enjeu d’influence de la France par rapport aux grandes organisations internationales, est réelle. Il faut avoir un institut capable de mener vers ce type de reconnaissance. Mais le choix du statut d’établissement public administratif pour l’INSP l’empêche juridiquement de délivrer des diplômes sachant que certaines voix plaidaient au CSFPE pour un statut d’établissement public à caractères scientifique et culturel lui permettant de le faire.

Le rapport Bassères tient donc compte du choix gouvernemental et aborde des solutions plus souples permettant de conduire des élèves à obtenir à terme un master ou à faire de la recherche et obtenir un doctorat via des partenariats. Ce sera clairement une plus-value de l’INSP par rapport à l’ENA. Outre les diplômes, l’INSP doit également être plus présent sur la scène internationale en termes de prospective sur les grands enjeux de politique publique, ce qu’offrait assez peu la fabrique des hauts fonctionnaires jusqu’à présent.

Michel Ballereau : Cette approche d’une reconnaissance internationale est importante. Le doctorat reste la référence à l’international et nécessite de prendre du recul en développant l’aptitude à emmener une réflexion avec une certaine liberté d’approche. Mais acquérir ce type de reconnaissance demande du temps.

"Pour une administration plus ouverte et tournée vers l’action"

 

Le 8 décembre dernier, l’ENA3C a organisé au Lieu de la transformation publique de la DITP une table ronde intitulée "pour une administration plus ouverte et tournée vers l’action" (2), précédée d’une intervention de Florian Balzy, adjoint à la DGAFP, et de Gaëlle Fierville, chef de bureau de l’encadrement supérieur à la DGAFP, sur notamment, les perspectives de la réforme de la haute fonction publique. Point commun aux propos des intervenants : "Transformer l’action publique, notamment en réarmant les territoires par les fonctions opérationnelles, supposera de renforcer les marges de manœuvre et la responsabilité des décideurs publics et s’appuyer pour cela sur des profils compétents et expérimentés", rapporte Guillaume Hermitte, le président de l’ENA3C.

Isabelle Saurat, secrétaire générale pour l’administration du ministère des Armées, a notamment souligné la nécessité de mettre en place les structures RH adéquates pour accompagner les personnes dans leur projet de carrière, Sylvain Mathieu, DIHAL, insistant de son côté sur l’importance de laisser plus de latitude aux employeurs eux-mêmes, en passant d’un pilotage RH par le tableau des emplois et effectifs à un pilotage par la masse salariale à la main du manager de proximité.

(1) Cette année, l’ENA ne proposait plus trois concours mais cinq : le concours Talents (6 places), le concours interne, le concours externe, le troisième concours (7 places) et le concours docteurs (2 places). Or le rapport Bassères propose de créer un nouveau concours externe, réservé aux titulaires d’une bourse de l’enseignement supérieur ayant effectué un parcours préalable de formation sur le modèle des actuelles classes Talents ainsi qu’une voie dérogatoire pour les docteurs au concours interne.

(2) sont intervenus Isabelle Saurat, SG du ministère des Armées ; Sylvain Mathieu, délégué interministériel à l’Habitat et à l’Accès au logement ; Nina Prunier, cheffe du bureau des relations individuelles de travail au ministère du Travail, administratrice de l’association ENA3C ; Anthony Broussillon, magistrat au tribunal administratif de Paris et président de l’Association Intern’ENA. Étaient également présents, outre les représentants de l’EN3C Daniel Keller et Hélène Furnon-Pétrescu, respectivement président et 1re vice-présidente de l’AAEENA ; Thierry Duclaux, président du G16 ; Agnès Arcier, présidente fondatrice d’Administration moderne ; Lucila Modebelu, présidente de FP21.

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