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Les alliances européennes, "des terrains de jeu pour imaginer les universités du futur" (S. Fdida, 4EU+)

"L'évaluation à mi-parcours de 4EU+ nous conforte dans le modèle que nous voulons promouvoir : la mise en place d’un système intégré qui respecte l’autonomie institutionnelle et la liberté académique", déclare Serge Fdida, VP international sortant de Sorbonne université (1), membre fondatrice de l’alliance européenne. Lors d’une interview à AEF info le 9 novembre 2021, il fait le point sur le développement de l’alliance, que la pandémie a en partie freiné tout en "facilitant la feuille de route sur un certain nombre de sujets comme l’innovation pédagogique, les infrastructures numériques et la gouvernance". Les universités européennes, dont "il existe une diversité de modèles", sont "des instruments de lobby très importants", estime-t-il. Il souligne que la DG Culture et Éducation de la Commission européenne "les voit comme des terrains de jeu pour imaginer les universités du futur".

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Serge Fdida, vice-président engagement international de Sorbonne université Droits réservés - DR - Laurent ARDHUIN

AEF info : Quel a été l’effet de la pandémie sur le développement de l’alliance 4EU+ portée par six établissements européens dont Sorbonne université ?

Serge Fdida : L’alliance 4EU+ est un des partenaires stratégiques de Sorbonne université : nous avions imaginé l’alliance en 2017, avant le discours du Président Emmanuel Macron, ce qui nous avait permis d’anticiper la mission qu’il confiait aux universités très en amont. Une fois lauréats de l’appel de la DG EAC, nous avions l’avantage d’avoir pu bénéficier de deux années pour structurer notre vision et préparer notre communauté. La pandémie a eu pour conséquences de ralentir voire d’empêcher la réalisation de certaines activités – principalement liées à la mobilité physique – mais aussi parce que les universités étaient complètement mobilisées par la gestion de l’urgence créée par la crise et la nécessité d’assurer la continuité des services. Cependant, cette pandémie a aussi facilité la feuille de route sur un certain nombre de sujets comme l’innovation pédagogique, les infrastructures numériques et la gouvernance.

Les universités membres de 4EU+

 

Les six membres de l’alliance sont :

  • Sorbonne université ;
  • université Charles à Prague (République tchèque) ;
  • université d’Heidelberg (Allemagne) ;
  • université de Varsovie (Pologne) ;
  • université de Milan (Italie) ;
  • université de Copenhague (Danemark).

AEF info : Quelles sont les conclusions de l’évaluation à mi-parcours de l’alliance ?

 

"Nous considérons que nous avons une mission vis-à-vis d’un certain nombre d’enjeux sociétaux, d’où nos quatre 'flagships' (programmes phares) en santé, environnement, Europe et numérique".

 

Serge Fdida : Nous venons de recevoir l’évaluation à mi-parcours qui met en avant les avancées importantes dans le déploiement de nos activités, l’organisation du partenariat, y compris la gouvernance et la pérennisation. Elle reconnaît que notre déclaration de mission s’inscrit pleinement dans les objectifs de la DG EAC sur sa réflexion pour les universités du futur. Cela nous conforte dans le modèle que nous voulons promouvoir : la mise en place d’un système intégré qui respecte l’autonomie institutionnelle et la liberté académique. Nous avons, parmi nos membres, des personnalités fortes : six universités de recherche intensives très importantes dans leur paysage respectif. Nous ne voulions pas créer un partenariat supplémentaire, mais contribuer à l’identité européenne sans opposer excellence et inclusion, former de futurs citoyens européens ouverts sur le monde, et promouvoir une compétitivité forte de l’Europe dans le domaine de la recherche. Le tout porté par une même vocation : nous considérons que nous avons une mission vis-à-vis d’un certain nombre d’enjeux sociétaux, d’où nos quatre flagships (programmes phares) en santé, environnement, Europe et numérique.

Nous avons mené un travail de fond pour structurer, organiser et planifier les missions de 4EU+. Nous orchestrons des coopérations à tous les niveaux au sein de l’alliance afin de "penser 4EU+" dans nos établissements. Par exemple, en ce qui concerne les formations, nous souhaitons déployer ­ – pour chacun des flagships – des learning pathways, c’est-à-dire des curricula personnalisés, avec des compétences données. Nous avons organisé pour cela deux appels à projets pédagogiques, fin 2020 et à l’été 2021, pour commencer à créer ces curricula ; 61 projets ont été financés. L’idée est que, dans 18 mois, à la fin de la 1re phase, ces curricula puissent être déployés comme offre commune des établissements membres de 4EU+.

AEF info : L’alliance vous aide-t-elle à remporter des projets européens ?

Serge Fdida : C’est sur la base de ces activités qui se déploient et de l’engagement de nos communautés que nous pouvons maintenant préparer ensemble des projets européens. Avec la consolidation de nos accords de coopération existants, sur la mobilité, le logement, les curricula… Nous répondons déjà à de nombreux critères importants dans l’évaluation de projets soumis à des appels. Sur la recherche, il a fallu que les flagships s’organisent car l’effort et la volonté ne peuvent venir que de l’intérêt de nos enseignants-chercheurs, qui est suffisamment mature aujourd’hui.

Nous avons créé un "virtual developpement office" (bureau virtuel de développement de projets) pour accompagner les projets incubés dans 4EU+, au niveau européen. Il est prématuré de présenter des chiffres qui indiqueraient plus de succès à l’échelon européen mais nous sommes confiants car nous avons produit du contenu et nous avons structuré le partenariat depuis sa création.

Par contre, nous ne souhaitons pas créer de bureaux 4EU+ partout : nous nous appuyons sur les services des établissements, nous mettons en place une coordination pour accompagner ces projets, qu’il s’agisse des ERC, des MSCA, du renforcement des capacités (2), etc. : nous voulons exploiter les compétences existantes mais surtout que 4EU+ se déploie en s’intégrant dans les politiques des établissements.

 

"Nous ne sommes pas intéressés par la mise en place d’un diplôme européen mais nous voulons donner une dimension européenne aux diplômes de nos établissements proposés par 4EU+".

 

AEF info : Que pensez-vous des discussions sur un diplôme européen (lire sur AEF info) ?

Serge Fdida : Il y a beaucoup d’agitation sur cette question qui inclut une dimension politique, mais tout dépend du sens que l’on donne à cela. Il existe effectivement des barrières concrètes et pratiques, en termes de réglementation, de calendrier, de systèmes d’accréditation ou d’infrastructures numériques. Nous soutenons l’idée d’une approche européenne pour l’assurance qualité dans les programmes conjoints fondés sur l’accréditation institutionnelle des établissements comme c’est déjà le cas pour certains. Au sein de 4EU+, nous avons mené un travail de fond sur l’analyse des systèmes de qualité dans les établissements avec l’idée de développer un processus qualité interne qui pourrait déboucher sur une accréditation au niveau de l’alliance. Nous ne sommes pas intéressés par la mise en place d’un diplôme européen mais nous voulons donner une dimension européenne aux diplômes de nos établissements.

AEF info : Quelle est la différence fondamentale entre l’approche de la Commission européenne et la vôtre ?

Serge Fdida : Il y a plusieurs façons de contourner ou traiter les obstacles. Certaines alliances ont demandé à la Commission de trouver des solutions, que ce soit en ce qui concerne la définition d’une entité juridique ou la création d’un diplôme européen. Nous soutenons et participons à ce travail de coconstruction avec les autres alliances et la Commission, mais, pour ce qui concerne 4EU+, nous préférons avancer vers le schéma évoqué juste avant qui s’inscrit pleinement dans l’approche européenne pour l’assurance qualité dans les programmes conjoints qu’il faudrait mettre en œuvre : les étudiants seront valorisés avec des diplômes forts de nos établissements organisés et reconnus par l’Alliance.

 

"Nous avons installé le bureau de l’Alliance à Heidelberg avec notre secrétaire générale Isabelle Kratz et son équipe, dont le fonctionnement est garanti par les droits acquittés par les six universités (70 000 € par an et par établissement)".

 

AEF info : Et du point de vue de l’entité juridique ?

Serge Fdida : Nous avons été parmi les premiers à parler d’une entité juridique. Notre modèle économique est fondé sur la gestion de plusieurs sources de financement (européens, nationaux, locaux) que nous devons engager pour servir les missions de l’Alliance. Une entité juridique doit nous permettre de surmonter cette difficulté de gestion et d’asseoir la pérennité de l’alliance, qui s’appuie également sur le développement de notre identité et de notre modèle économique. Nous avons choisi une entité juridique de droit allemand, German law association (eingetragener Verein/e.V.), ce qui équivaut à une association loi 1901 (lire sur AEF info). Cela prête peut-être à sourire mais les instituts Max Planck ou le DAAD sont fondés sur la même entité juridique. Si une autre identité juridique équivalente européenne correspond à nos besoins, on l’adoptera. Pour le moment, c’est une solution adaptée. Nous avons installé le bureau de l’Alliance à Heidelberg avec notre secrétaire générale Isabelle Kratz et son équipe, dont le fonctionnement est garanti par les droits acquittés par les six universités (70 000 € par an et par établissement).

AEF info : Où en est le budget de 4EU+ ?

Serge Fdida : Notre modèle économique, qui était déjà explicité dans notre réponse à l’appel de la DG EAC, est composé pour un tiers par la Commission (5 M€), pour un tiers par les États membres (3) et pour un tiers par les universités partenaires, à quoi s’ajoute le top-up de la DG RTD (2 M€). Je crois que nous sommes les seuls à avoir démarré comme cela, avec un budget de 15 M€ : dès le départ, nous devions concevoir notre projet avec des moyens à la hauteur de nos ambitions.

Nous sommes à peu près arrivés à mi-parcours, nous allons demander 4 à 6 mois d’extension pour compenser les retards dus à la pandémie, ce qui pourrait nous amener à début 2023 : on a encore un peu plus d’un an pour apporter la preuve de notre capacité de déploiement.

Le 30 novembre, un nouvel appel a été publié (lire sur AEF info) auquel peuvent répondre les 17 alliances de la première vague, ainsi que, en fonction des budgets, quelques autres. J’imagine que ne seront retenues que celles qui auront démontré leur réalisation et leur capacité de développement futur. La commissaire Mariya Gabriel souhaite atteindre 10 % d’universités de l’Union européenne inscrites dans ce dispositif. Elle a donc incité les alliances à croître jusqu’à neuf partenaires par un système de financement incitatif. Les dossiers seront évalués avant l’été de manière à être déployés avant la fin 2022 et à assurer une continuité avec le financement initial. Ce deuxième financement est prévu sur quatre ans avec un complément de deux ans si les résultats sont concluants. Nous espérons aussi que les États membres suivront. Aujourd’hui, cinq des six États dans lesquels sont les partenaires de 4EU+ contribuent au financement (sauf le Danemark).

 

"Le Conseil de Gouvernance de 4EU+ a décidé, à ce jour, de ne pas élargir à de nouveaux membres, même s’il a ouvert une réflexion sur les critères d’un éventuel élargissement, en particulier visant à renforcer les campus existants".

 

AEF info : Plusieurs universités frappent à la porte de l’alliance 4EU+ dont, en France, Paris-II (lire sur AEF info). Allez-vous élargir le nombre de membres de 4EU+ pour répondre aux standards de l’appel ?

Serge Fdida : 4EU+ est une alliance à six. Aligner la vision et orchestrer le déploiement des six universités est déjà un challenge. Nous comprenons cette attente de la Commission, mais l’essentiel pour nous est de réussir. La responsabilité des six partenaires est que l’alliance s’inscrive dans la politique de chaque établissement, qu’elle y joue un rôle transformant et contribue ainsi au succès des universités européennes et de l’Europe de l’éducation et de la recherche.

Au moment de la création de l’alliance, nous avons évité d’opposer excellence et inclusion. Nous avons pensé couple franco-allemand, universités de recherche intensives, en nous fondant sur les membres de la Leru et leur coopération avec le réseau CE7 (des universités d’Europe centrale et orientale) dont deux universités membres nous ont rejoints, formant ainsi 4EU+. Nous avons été sollicités par d’autres établissements, en renonçant à les intégrer pour les mêmes raisons – nous avons poussé à six membres (4EU+) quand nous avons découvert les critères du premier appel.

Le conseil de gouvernance de 4EU+ a décidé, à ce jour, de ne pas élargir à de nouveaux membres, même s’il a ouvert une réflexion sur les critères d’un éventuel élargissement, en particulier visant à renforcer les campus existants. Il est intéressant de noter que des évolutions dans la gouvernance de certains établissements de 4EU+ (université de Varsovie notamment, et bientôt Charles et Sorbonne université) n’ont pas remis en cause l’alliance bien au contraire. Il est essentiel pour nous de nous engager dans la durée et de faire en sorte que l’intérêt de 4EU+ soit perceptible pour nos communautés d’étudiants, d’enseignants-chercheurs et de personnels administratifs.

AEF info : Qu’attendez-vous de la suite et notamment de la présidence française de l’UE ?

Serge Fdida : Les universités européennes sont des instruments de lobby et de réflexion très importants. La DG EAC les voit comme des terrains d’expérimentation pour imaginer les universités du futur. On travaille en groupe avec les autres pour y réfléchir, en coconstruction avec la Commission et les États membres. Chaque alliance est responsable de son devenir. Il y a une diversité de modèles, chacun doit le pousser pour comprendre comment cela peut servir les besoins de chaque établissement et ceux de l’Europe. Beaucoup de barrières sont liées à la réglementation des États membres : une action forte de la France avec les États membres devrait nous permettre d’aller plus vite dans la réalisation des objectifs, en particulier sur les questions d’accréditation au niveau des alliances et d’une politique de moyens concertée. Les alliances ont milité pour un financement intégré entre les programmes Erasmus+ et Horizon Europe (block funding). Je n’y crois pas. Nous aurons un financement DG EAC de quatre années plus deux, grâce à l’appel à venir. Ce qui signifie que nous devrons continuer à associer diverses sources de financement pour soutenir l’éducation, la recherche, l’infrastructure… Néanmoins, la reconnaissance dans les appels de la qualité des coopérations engagées par les alliances pourrait apporter un avantage compétitif et ainsi contribuer au financement des universités européennes.

La DG EAC est très engagée. Il faudrait un engagement plus ferme de la DG RTD qui pour le moment finance essentiellement de la coordination sur un certain nombre de sujets. Il est essentiel d’obtenir un soutien généralisé des États membres : le Danemark n’accompagne pas ses universités et, à notre niveau, c’est gênant. A contrario, c’est très bien que la France porte ça haut dans l’agenda.

(1) Sorbonne université a renouvelé son conseil d'administration à la mi-novembre (lire sur AEF info) et aura une nouvelle équipe de direction à l'issue de l'élection à la présidence, prévue le 14 décembre prochain.

(2) Dans le cadre du programme Erasmus+, il s'agit "des projets de coopération transnationale fondés sur des partenariats multilatéraux conclus principalement entre des établissements d'enseignement supérieur situés dans des pays participant au programme et des pays partenaires admissibles".

(3) Pour rappel, certains pays comme la France et l'Allemagne, apportent des financements nationaux complémentaires à leurs établissements d'enseignement supérieur engagés dans des alliances d'universités européennes.

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Anne Roy, journaliste