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Nicolas Grivel : "Je quitte l’Anru avec le sentiment d’avoir parcouru un chemin significatif pour lancer le NPNRU"

Directeur général depuis décembre 2014, Nicolas Grivel quitte, à fin octobre 2021 (lire sur AEF info), l’Agence nationale de rénovation urbaine pour la Caisse nationale des allocations familiales, après sa nomination en Conseil des ministres du 27 octobre 2021. L’occasion pour lui de dresser, en exclusivité pour AEF info, un bilan de ces sept années, marquées par le lancement "de A à Z" du NPNRU et les "relations parfois tendues entre l’État et Action logement", qui "ont pu impacter l’agence". À quelques mois de l’élection présidentielle, "c’est un bon moment pour qu’un nouveau directeur général arrive", estime-t-il. Avant de dresser, pour son successeur, la liste des chantiers en cours : la validation des derniers projets NPNRU, l’étude des clauses de revoyure, la poursuite du travail sur les nouvelles thématiques, ou encore la transformation de la gestion de l’agence.

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Nicolas Grivel quitte son poste de directeur général de l'Anru fin octobre 2021. Droits réservés - DR - Anru

AEF info : Quel bilan tirez-vous de ces sept années passées en tant que directeur général de l’Anru ?

Nicolas Grivel : Outre le bonheur d’avoir exercé cette fonction passionnante, je pars avec le sentiment d’avoir parcouru un chemin significatif pour accompagner le lancement du NPNRU de A à Z, de la conception du programme à son lancement opérationnel, en passant par la définition de la maquette financière initiale, le passage du budget de 5 à 10 puis à 12 milliards d’euros, la sélection des quartiers puis le lancement des projets, la validation à 95 % de ces derniers, l’examen des clauses de revoyure, le suivi pour s’assurer que les projets sont bien au rendez-vous…

Malgré toutes les difficultés que nous avons pu rencontrer, je crois que tous les acteurs admettent et reconnaissent cette avancée. Le gouvernement a soutenu fortement cette politique, il est rare de constater un tel accroissement budgétaire en si peu d’années. Mais tout n’est pas fini. Il reste beaucoup à faire sur le NPNRU car le programme va vivre sa vie et évoluer au fil des années.

AEF info : Pourquoi partir maintenant alors que le NPNRU entre, en effet, en phase pleinement opérationnelle ?

Nicolas Grivel : Objectivement, il n’y a pas de bon moment pour partir. La durée de mon mandat est respectable, il est rare de rester aussi longtemps dans ce type de poste. Je crois que c’était nécessaire pour donner une forte impulsion au NPNRU. Mais je n’aurais de toute façon pas pu voir toutes les réalisations dans les quartiers, il m’aurait fallu rester encore une dizaine d’années pour cela ! Je continuerai à suivre avec plaisir les projets de l’Anru dans le cadre de mes nouvelles fonctions de directeur général de la Caisse nationale des allocations familiales et lors de visites à titre personnel.

Nous ne sommes pas non plus dans un mauvais moment pour quitter l’agence, après le Conseil interministériel des villes de janvier dernier, qui a acté l’augmentation de 2 Md€ (à 12 Md€) du budget du NPNRU (lire sur AEF info) et les négociations intenses qui ont accompagné cette annonce. Désormais, il faut passer en phase opérationnelle avec les porteurs de projets sur les clauses de revoyure. C’est un bon moment pour qu’un nouveau directeur général arrive. Cela lui laissera également le temps de préparer de nouvelles propositions à appuyer auprès du futur gouvernement, l’année prochaine.

95 % des projets NPNRU validés par l’Anru

 

Au 30 septembre 2021, l’Anru a validé en comité d’engagement les projets de 425 quartiers représentant un investissement tous financeurs confondus de 36,4 Md€, dont 11,6 Md€ de concours financiers apportés par l’Anru en subventions ou en prêts (sur les 14 Md€ prévus pour le NPNRU). Ces projets prévoient la démolition de 95 820 logements sociaux et la réhabilitation de 135 200 HLM ainsi que la construction de 76 800 logements sociaux et de 920 équipements publics, dont 330 écoles.


AEF info : Quelles difficultés avez-vous rencontrées durant votre mandat ?

Nicolas Grivel : Le choix de recréer de A à Z un programme, le NPNRU, après une première intervention dans le cadre du PNRU qui a été pensé initialement pour être unique, engendre une vraie complexité. Il faut sélectionner de nouveaux quartiers, poser un nouveau cadre juridique et financier… Lancer un nouveau programme donne, par ailleurs, l’impression que tous les projets vont démarrer en même temps alors qu’au départ du NPNRU, certaines villes étaient prêtes quand d’autres commençaient à peine les chantiers du PNRU. Les débats de 2017-2018 sur le délai de lancement du programme étaient la marque de ces difficultés. Depuis tout s’est beaucoup accéléré.

Il y a une vraie réflexion à mener au cours des prochaines années sur une conception permanente et continue du renouvellement urbain, afin de proposer une action moins scindée et plus adaptée à la réalité des programmes et du terrain. D’autant que de nouveaux quartiers, qui étaient jusque-là dans de meilleures conditions que les quartiers retenus par l’Anru, pourraient à terme y prétendre.

AEF info : Quel bilan tirez-vous du PNRU dont les engagements financiers sont en cours de clôture ?

Nicolas Grivel : Nous avons tiré beaucoup de leçons de ce premier programme pour le NPNRU. À commencer par l’idée qu’un impact massif et touchant l’ensemble des fonctions du quartier (l’habitat, les espaces publics, le développement économique…) est important et plus susceptible d’améliorer l’attractivité de celui-ci. Nous avons également tiré le constat des limites de ce premier programme : la focale "très quartier" et n’intégrant pas assez l’approche intercommunale, le manque de regard sur les phénomènes en jeu sur l’ensemble de l’agglomération, qui ont amené à concentrer la pauvreté dans ces quartiers…

Le PNRU a également permis le développement de nouveaux métiers autour de la gestion urbaine de proximité, de la relation bailleurs sociaux-collectivités territoriales… Nous nous appuyons sur ces savoir-faire et ces acquis pour le NPNRU.

Je crois aussi que la valeur forte de l’Anru réside dans sa capacité à être au rendez-vous des engagements pris dix ou douze ans plus tôt. Cela sécurise les acteurs locaux qui, sans cela, ne s’engageraient pas sur de tels projets. Tout en étant un établissement public d’État, l’agence est financée en large majorité par d’autres acteurs (1) et c’est cette alliance des forces – alors que jusque-là l’action était plus diffuse – qui en fait un partenaire fort et intéressant. La rénovation urbaine ne peut fonctionner que si elle s’articule avec d’autres politiques publiques : par exemple, nous ne réussirons pas la mixité sociale dans les quartiers sans mixité scolaire et inversement. Ce sont autant de sujets complexes qui doivent être embrassés par les acteurs locaux et ce, pas seulement dans la phase de conception des projets mais aussi dans la phase de réalisation.

AEF info : L’Anru a beaucoup diversifié ses thématiques d’intervention ces dernières années : l’agriculture urbaine avec l’appel à projets Quartiers fertiles, l’éducation avec un financement plus important accordé à la rénovation des écoles… Quels champs l’agence pourrait-elle encore investir ?

Nicolas Grivel : On parle souvent d’amplification financière mais il y a également une amplification thématique qui est un facteur de réussite en profondeur et dans la durée des projets. L’éducation est un excellent exemple et il faut aller au bout de la démarche que nous avons contribué à lancer sur les cités éducatives portées par l’Agence nationale de la cohésion des territoires.

Nous avons effectivement rencontré une vraie appétence pour l’agriculture urbaine et l’annonce prochaine de la troisième tranche de Quartiers fertiles le confirmera. Maintenant l’enjeu est celui du déploiement opérationnel et de l’animation de cette communauté professionnelle nouvelle. Le sujet de la transition énergétique est également très présent et les concrétisations dans le NPNRU seront significatives. En matière de développement économique, il faut intensifier les projets et appuyer leur mise en œuvre avec le soutien de la Banque des territoires et du fonds de co-investissement de l’Anru notamment.

Autre thématique à traiter : la santé qui était déjà dans notre radar mais que le Covid a vraiment mise en lumière. Les projets doivent prendre en compte la question de l’offre de santé, l’état de santé des populations en amont de notre intervention, en lien avec les agences régionales de santé. Tous ces sujets font que de nouveaux habitants auront envie ou non de s’installer dans un quartier et la rénovation urbaine peut être un levier pour les aborder.

Enfin, la sécurité est aussi un facteur de la réussite ou de l’échec d’un projet et être un frein à la mixité si elle n’est pas assurée. Il faut encore travailler à la sécurisation et à la gestion des chantiers puis veiller, dans la durée, à ce que la délinquance ne revienne pas dans un quartier rénové. Il faut faire des forces de l’ordre des forces de réussite de la rénovation urbaine. Sur tous ces sujets, l’Anru s’inscrit dans une dynamique partenariale forte, sous l’impulsion des ministères de la Ville et du Logement notamment

AEF info : Hormis ces sujets, quels dossiers laissez-vous en cours pour votre successeur ?

Nicolas Grivel : La transformation profonde de la gestion financière de l’agence, qui s’appuie notamment sur le nouveau système d’information (lire sur AEF info) et sur son passage en comptabilité privée prévu par la loi Elan (lire sur AEF info), est bien engagée mais toujours en cours.

L’allocation des ressources du NPNRU n’est pas encore achevée : restent encore quelques projets franciliens et marseillais, avec des enjeux significatifs, à valider. Tout comme le sujet des clauses de revoyure pour amplifier les projets qui n’est qu’entamé : nous avons déjà validé plus de 50 abondements de projets mais au final plus d’une centaine d’autres devraient également en bénéficier. Surtout, le défi est celui du déploiement opérationnel rapide et efficace du programme, en trouvant des solutions adaptées dès que des difficultés ponctuelles, inévitables, se poseront.

AEF info : Action logement, principal financeur de l’Anru, est en pleine réforme de sa gouvernance et de ses missions. Ces changements peuvent-ils affecter l’Anru et les contributions de l’organisme paritaire au NPNRU ?

Nicolas Grivel : Avec Action logement, nous sommes partis d’une situation qui n’était pas évidente : sa contribution au PNRU est passée, en 2009, des 50 % initialement prévus à quasiment 100 %. Ce qui a posé une question de confiance du côté d’Action logement envers l’État, lors du lancement du NPNRU. Dès lors, il a fallu trouver les moyens de restaurer celle-ci. Par ailleurs, les relations parfois tendues entre l’État et Action logement en dehors de l’Anru ont pu impacter l’agence, qui se trouvait, en conséquence, freinée.

Mais nous avons, je crois, réussi collectivement à mettre ces problèmes derrière nous et à rétablir une confiance réciproque. Confiance partagée également avec l’Union sociale pour l’habitat et l’ensemble des autres partenaires. Sans cela, nous n’aurions pas pu valider 95 % des projets aussi rapidement. L’amplification de la contribution d’Action logement, comme celle des autres partenaires, au fil des augmentations du budget du programme prouve également le retour de cette confiance. Nous verrons par la suite comment ces relations évolueront mais le gouvernement a manifestement conclu qu’il était plus positif pour tous de travailler en confiance avec l’organisme paritaire.

La prochaine convention quinquennale État-Action logement 2023-2027 doit définir le rythme global des contributions de l’organisme aux politiques publiques et notamment à la rénovation urbaine. Mais je ne suis pas inquiet pour les ressources futures de l’agence. L’envie de réussir collectivement la rénovation urbaine et le montant des financements promis sont tels que l’Anru et ses partenaires seront fidèles à leurs engagements.

AEF info : Vous n’êtes donc pas inquiet quant à la capacité de l’agence à absorber une "bosse" des paiements, comme cela a été évoqué pour le premier programme…

Nicolas Grivel : En réalité, le PNRU n’a pas connu de bosse mais plutôt un plateau de paiements étalé sur plusieurs années. Il est possible que ce soit également le cas pour le NPNRU mais l’intention des différents partenaires est d’assurer les paiements quand ils sont nécessaires afin de ne pas mettre quiconque en difficulté, à commencer par les maîtres d’ouvrage que sont les collectivités territoriales et les bailleurs sociaux.

AEF info : Le débat sur la mixité sociale est toujours très présent. Le projet de loi 3DS en sera une nouvelle illustration. Comment aller plus loin sur ces sujets ?

Nicolas Grivel : Ce sont évidemment des sujets complexes et sensibles mais toute notre action est guidée par la volonté d’un meilleur équilibrage territorial des populations, pour cesser de concentrer les difficultés sociales. L’ensemble du NPNRU y contribuera, à la fois par ses actions propres, par la mobilisation des contreparties d’Action logement qui sont des apports à la mixité sociale, par l’action des élus et des bailleurs autour des attributions de logements sociaux et par le portage d’une stratégie intercommunale d’habitat répartissant mieux les différentes formes de logements.

Pour accompagner et amplifier ce mouvement, je pense qu’il faudra définir et assumer plus explicitement une responsabilité politique, forcément intercommunale, de lutte contre la ségrégation territoriale et contre la concentration résidentielle des mêmes catégories sociales. En adoptant d’ailleurs sur ces sujets une approche non exclusivement centrée sur les populations les plus fragiles, car l’existence de quartiers ou de villes concentrant des populations plus aisées contribue en miroir à la ségrégation des plus précaires.

(1) Le NPNRU, dont le budget s'élève désormais à 12 Md€, est financé par Action logement (8,4 Md€), l'USH via la CGLLS (2,4 Md€) et l'Etat (1,2 Md€) (lire sur AEF info).

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