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Télétravail : quel effet sur le service rendu, les encadrants, les femmes ou l’usage des locaux ? (webinaire AEF/HCERES)

Après la crise sanitaire, quelles nouvelles pratiques se sont déployées au sein des établissements d’enseignement supérieur et quelles questions posent-elles en matière de gestion des RH ? Voici quelques-unes des questions abordées lors du dernier webinaire AEF info-HCERES, le 22 octobre 2021. Pour Pierre Mathieu (université de Clermont-Auvergne), la massification du télétravail nécessite de repenser les pratiques professionnelles, alors que "l’excès d’autonomie" a pu poser des problèmes de "communication ou de coordination au niveau de collectifs de travail". De son côté, Valérie Gibert (université de Strasbourg) juge qu’il faudra tirer un bilan du télétravail et revient sur les surcoûts qu’il occasionne pour les établissements (matériel, immobilier). Françoise Le Fichant (université de Nantes) appelle quant à elle à la "vigilance" sur deux publics : les encadrants et les femmes.

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Comment se déroule la rentrée 2021, marquée par le retour sur site des étudiants et des personnels ? Passée l'euphorie, Valérie Gibert, DGS de l'université de Strasbourg, relève "une petite lassitude" et "une fatigue" des équipes administratives et techniques ainsi que chez les équipes de gouvernance, avec "un retour des arrêts maladie" ; et ce malgré l'accompagnement dont ont bénéficié les personnels. Elle s’exprimait lors d’un débat sur les nouvelles pratiques en matière de GRH, dans le cadre du dernier webinaire dédié aux effets de la crise sur l’ESRI organisé par le HCERES et AEF info le 22 octobre 2021.

Outre le retour à "un rythme normal au quotidien", "on a l’impression qu’il a fallu rattraper un an et demi et accélérer sur les nouveaux projets. Les collègues ont le sentiment de faire en un trimestre le boulot d’un an". Le tout couplé à un retour des sujets de rentrée, "comme la gestion des locaux", explique-t-elle.

télétravail : un recours massif dont il faudra faire un bilan (V. Gibert)

Ce retour sur site s’accompagne également d’un déploiement massif du télétravail dans les établissements. "La direction de l’université de Strasbourg n’a pas souhaité limiter le recours au télétravail" et l’établissement compte actuellement plus de 1 000 agents en télétravail, soit plus de 50 % de la population dont les missions le permettent (contre 90 dossiers en 2019), témoigne ainsi Valérie Gibert.

Du côté de l’université de Nantes, Françoise Le Fichant, vice-présidente "responsabilité sociale", témoigne aussi de l’engouement du télétravail auprès des personnels : les conventions de télétravail sont en augmentation de 62 %, l’établissement comptant "831 télétravailleurs sur 2 000 personnels Biatss". "47 % des télétravailleurs exercent entre 1,5, voire 5 jours, de télétravail, contre 33 % antérieurement".

Le télétravail constitue, selon Valérie Gibert, une "véritable révolution", la DGS ajoutant que "le regard que l’on porte sur ce dispositif a complètement changé et repose sur une nouvelle vision de l’autonomie". Le travail à distance "est fortement accompagné", la DRH de l’université de Strasbourg ayant été lauréate d’un appel à projets pour mettre en place des formations pour les télétravailleurs, le personnel d’encadrement et les managers. "Il sera important de faire un bilan qualitatif à l’issue de cette année de recours massif au télétravail sur l’organisation : est-ce qu’on a bien poursuivi notre mission de service public ? Le lien avec le public a-t-il été bien maintenu ? Les étudiants ont-ils été suffisamment accueillis dans les services ? Le report des lignes téléphoniques a-t-il été fait de manière systématique ?", lance-t-elle.

Repenser les pratiques professionnelles

Ce déploiement massif du télétravail nécessite d’être accompagné, souligne pour sa part Pierre Mathieu, maître de conférences de sciences de gestion à l’université de Clermont-Auvergne, qui a notamment mené une étude sur le télétravail en temps de crise dans son établissement (lire ici et lire ici). Il revient sur "trois enjeux que doivent investir les institutions". Tout d’abord, "repenser les pratiques professionnelles", ce qui nécessite d’ "imaginer et construire les modalités de pilotage et fonctionnement un peu différents", alors que l’on peut estimer que les activités à distance vont être "multipliées par dix".

"Il y a un grand travail à faire dans nos institutions pour prendre un peu de distance et laisser du temps pour travailler sur la sédimentation de ces pratiques", poursuit-il. "Dans ce contexte, il va falloir réfléchir à comment accompagner cette croissance du télétravail au niveau de la gouvernance, des composantes et des équipes administratives", précise-t-il. Ce travail sur les pratiques professionnelles doit notamment porter sur "l’équilibre vie pro/vie perso qui a connu un changement de paradigme", explique Pierre Mathieu : on est passé d’une "séparation assez stricte des deux sphères" à une "imbrication".

Analyser l’émergence de "nouvelles solidarités professionnelles"

Pierre Mathieu souligne également qu’il faut "mener un travail sur l’encadrement" : "On a pu s’apercevoir que l’excès d’autonomie posait des problèmes de communication, de coordination au niveau de collectifs de travail et qu’il était nécessaire de réinventer des cadres pour le travail fait ailleurs".

Enfin, il note la nécessité de "mener un travail autour des dynamiques culturelles" dans les établissements. La crise et les activités en "mode dégradé" ont permis un "croisement des regards des sphères professionnelles entre elles, les personnels administratifs et les enseignants-chercheurs ayant éprouvé "les mêmes difficultés et découvert ce que pouvait vivre l’autre".

Cela a conduit à "de nouvelles solidarités professionnelles, en dehors des lignes hiérarchiques traditionnelles". Il faudra "analyser en profondeur cette convergence des représentations". "Il y a eu une résilience et une appropriation des nouvelles contraintes avec de nouveaux outils" et il faut "capitaliser sur ces éléments".

avoir une "Vigilance" sur les encadrants et les femmes (F. Le Fichant)

Françoise Le Fichant alerte de son côté sur "deux vigilances" dans le cadre du déploiement du télétravail. Sur les "encadrants" tout d’abord, la vice-présidente craignant qu’ils "paient parfois le prix" du recours au télétravail de leurs équipes : "Ils se rendent parfois compte qu’il y aura perte de la continuité du service public et vont sacrifier leurs jours de télétravail flottants (quatre par mois) pour être là et répondre aux demandes des services et des étudiants". Pour pallier ce risque, l’établissement a mis en place un webinaire à destination des encadrants.

La vice-présidente estime qu’il faut également être vigilant quant aux femmes, qui sont "plus demandeuses" et représentent "77,5 % des télétravailleurs à l’université de Nantes". "Tous les historiens vous diront que les femmes sont véritablement devenues autonomes quand elles sont sorties de leur foyer et il faut faire attention à ce qu’elles ne s’enferment pas à cause du télétravail", souligne-t-elle. On peut "tempérer" ce risque en "équipant véritablement bien les télétravailleurs, ce qui amènera plus d’hommes à recourir au télétravail". Cela permettra une "parité" même si "elle n’enlèvera rien à la charge mentale des femmes".

La question du télétravail le mercredi

 

François Le Fichant explique qu’à l’université de Nantes "les jours les plus demandés pour le télétravail sont le mercredi et le vendredi". Concernant le mercredi, "cela peut parfois choquer ou surprendre", car "indéniablement, cela signifie que le télétravail va permettre de garder plus facilement ses enfants à domicile". Si "on peut le regretter", la vice-présidente se veut pragmatique : "Je considère que si parmi ces télétravailleurs il y a des personnes qui élèvent seul/e leur enfant et que le télétravail peut leur faciliter la vie, j’ai envie de dire pourquoi pas, tout en restant vigilant sur la quantité de travail fourni et la concentration de ces personnels". Il faut également être attentif à ce que ces personnes "ne s’invisibilisent pas et ne soient pas oubliées dans les promotions", ce qui est souvent le cas "dans le privé", fait-elle remarquer.

ne pas créer de "distorsions" entre les télétravailleurs et les autres

"On va vers une organisation du travail qui sera plus individualisée et ne pourra fonctionner que par une approche globale, collective", souligne Françoise Le Fichant.

Mais attention à "ceux qui ne peuvent pas télétravailler et qui pourraient avoir le sentiment qu’on s’occupe un peu moins d’eux", alerte-t-elle. Concernant par exemple le forfait de 2,5 € par jour télétravaillé (limité à 220 € par mois), "on a le sentiment qu’il risque d’être assimilé à une prime que ceux qui ont des missions télétravaillables auront et que les autres ne toucheront pas", avec le danger de créer des "distorsions" entre personnels.

Télétravail : Un Surcoût qui pèse sur le budget des établissements

Mais le télétravail est-il économiquement viable ? "Pour l’instant, c’est du surcoût, tout n’est pas pris en charge par l’État et cela pèse lourd sur les budgets des établissements. Mais à terme, il faudra analyser ce qu’on va gagner en productivité, en qualité du service rendu et d’amélioration de l’organisation collective et je pense que l’aspect qualitatif va l’emporter sur l’aspect quantitatif", témoigne Valérie Gibert, qui plaide pour voir ces coûts comme un "investissement".

Elle énumère les coûts liés à la nécessité d’équiper les personnels (ordinateurs, outils de bureautique, téléphones, nouveaux outils numériques, système d’information, intranet "robuste"), mais aussi ceux liés à la "réflexion immobilière qui s’engage". À l’université de Strasbourg, il s’agit de "coûts en termes d’aménagement des locaux afin de créer des espaces conviviaux pour travailler en équipe", mais aussi d’investissements avec les collectivités locales sur des espaces de co-working "hors les murs" de l’établissement, dans le but de "faciliter les déplacements des personnels". "La question de l’attachement au bureau individuel reste taboue, mais peut-être faudra-t-il se la poser : est-ce nécessaire de mobiliser un bureau à temps plein s’il n’est utilisé que quelques jours dans la semaine ?", lance la DGS.

Ne pas aller vers une "déconstruction trop rapide des espaces" (Pierre Mathieu)

"Il y a un plaisir du lieu et de l’espace partagé et je ne crois pas qu’il faille aller vers leur déconstruction trop rapide", tempère Pierre Mathieu, ajoutant que "l’enjeu sera de les réinventer pour savoir ce que l’on fait sur place et à distance". "Je ne crois pas qu’on puisse faire l’économie d’une modification structurelle des usages et nos publics ont une acculturation très forte à ces questions de distanciel", les jeunes ayant vécu pour certains leurs études secondaires, leur baccalauréat ou une partie de leurs études supérieures à distance. Dans le même temps, le retour sur site a permis aux étudiants de découvrir "des lieux intéressants de vie et pas seulement d’examens ou de règles strictes".

Dans cette perspective, il lance "deux pistes de réflexion" : "Nous sommes de plus en plus mis au défi en tant qu’institution sur notre capacité à nous adapter et les lieux et les mètres carrés pourraient être traités sous forme d’espaces de créativité et de socialisation". Il rappelle notamment le "refuge qu’ont représenté les bibliothèques universitaires pour certains jeunes qui n’en pouvaient plus de leur espace de vie".

"L’essentiel de la réflexion sur notre milieu doit venir de nous" (T. Coulhon)

 

Revenant sur l’organisation des webinaires AEF info-HCERES sur la crise, Thierry Coulhon, président du Haut Conseil, explique avoir eu "l’intuition qu’il était utile de rapprocher le HCERES du terrain". "Cela nous rappelle la nécessité d’être à l’écoute du terrain dans la manière dont on l’évalue […] car les initiatives et les fonctionnements qui en émanent sont nombreux". "Une leçon à tirer est qu’en temps de crise on n’a pas le choix, on se fait confiance et la question est de trouver comment continuer à le faire en dehors de la crise", retient-il."L’essentiel de la réflexion sur notre milieu et les universités doit venir de nous et pas d’instances exogènes, afin d’éviter les 'il n’y a qu’à, il faut qu’on'", ajoute-t-il, mentionnant la récente note de la Cour des comptes sur "les universités à l’horizon 2030" (lire sur AEF info).


quatre webinaires hceres-aef sur l'impact de la crise

 

La rentrée 2021 a été l’occasion, pour le HCERES et AEF info, de mener un partenariat inédit pour ausculter les premiers effets à moyen terme de la crise sanitaire du Covid-19 sur le système d’enseignement supérieur et de recherche français, après 18 mois de très fortes turbulences (lire sur AEF info). 

Vous pouvez retrouver les vidéos de ces quatre webinaires ci-dessous, ainsi que les synthèses écrites qui en ont été faites :

  • Session 1 : "Enseigner à l’aune de la crise sanitaire" (01/10/21) 

Partie 1 :  Quelles pédagogies dans l’après-crise Covid ?

Partie 2 : Formation, carrières, temps de service : de nouvelles perspectives pour la pédagogie ?

  • Session 2 : "Quelles conditions de vie et d’études pour les générations post-Covid ?" (08/10/21) 

Partie 1 :  Vie étudiante : l’impact multiforme de la crise renouvelle fortement les pratiques

Partie 2 : Précarité étudiante : une urgence à améliorer la coordination et à établir de meilleurs indicateurs 

  • Session 3 : "Quelles incidences de la crise sur la recherche ?" (15/10/21) 

Partie 1 :  Christian Bréchot : "L’impact de la France à l’international sur le Covid a été très limité"

Partie 2 : Covid : en France, l’ESRI n’a pas été considéré comme un acteur de la résolution de la crise

Partie 3 : "Ce n’est pas aux institutions de recherche d’être les arbitres des controverses"

  • Session 4 : "Quels effets de la crise sur la gouvernance et la GRH des établissements ?" (22/10/21) 

Partie 1 :  Comment les gouvernances universitaires se sont-elles adaptées durant la crise sanitaire ?

Partie 2 : Télétravail : quel effet sur le service rendu, les encadrants, les femmes ou l’usage des locaux ?


 
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Camille Cordonnier, journaliste