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Décarbonation : "Tous les secteurs doivent s’y mettre, même si ce n’est ni facile, ni confortable" (Emma Stokking)

"Nous rencontrons les candidats et leurs équipes pour leur présenter notre plan, que nous voyons comme un cadre de référence. Nous ne disons pas qu’il est la seule voie pour respecter l’accord de Paris, mais nous savons qu’il fonctionne, qu’il n’est pas hors sol et qu’il a bénéficié de l’aide de centaines de professionnels. Si un candidat n’est pas d’accord, notre question est la suivante : comment compte-t-il faire pour réduire de 5 % par an les émissions de gaz à effet de serre ?" Emma Stokking, porte-parole du "plan de transformation de l’économie française" élaboré depuis près de deux ans par le Shift Project, revient pour AEF info sur ce projet ambitieux. Selon elle, il montre que "tous les secteurs doivent s’y mettre, tous sont concernés". "Ce n’est ni facile, ni confortable, mais si cette transformation est planifiée et non subie, elle ne sera pas synonyme de contraction. En étant plus résiliente, la France va en sortir beaucoup plus forte."

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AEF info : Quel était le but du Shift Project lorsque vous vous êtes lancés dans l’élaboration du "plan de transformation de l’économie française", dit PTEF ?

Emma Stokking : Le cœur de notre préoccupation reste de libérer l’économie d’une double contrainte : celle des énergies fossiles disponibles en quantité limitée et auxquelles nous sommes intoxiqués, et celle des émissions de gaz à effet de serre (CO2, etc.). De gré ou de force, nous allons devoir nous transformer. La spécificité du PTEF est d’adopter une approche systémique de l’économie alors que nous avions privilégié depuis notre création en 2010 une approche sectorielle en travaillant sur l’énergie, les mobilités, l’enseignement supérieur, les bâtiments… Cette approche systémique implique justement de mettre en cohérence les transformations des différents secteurs étudiés.

Autre spécificité : nous avons voulu avant tout étudier en profondeur les flux physiques (matières premières, énergies…) — et moins les financements —, et nous attaquer de manière très fine à la question des emplois. Nous avons ainsi voulu contrecarrer l’argument habituel selon lequel nos propositions vont détruire davantage d’emplois qu’elles n’en créent : après calcul, c’est même l’inverse.

AEF info : Vous avez lancé ce projet au moment de la crise sanitaire au printemps 2020. Pourquoi ?

Emma Stokking : Nous réfléchissions déjà à cette approche au moment où la crise sanitaire a émergé, mais ce moment de suspension, cette mise à l’arrêt nous a paru être une bonne occasion de nous poser. Elle a été le déclencheur pour nous mettre en ordre de bataille. Nous avons alors décidé de travailler sur une bonne quinzaine de secteurs : certains étaient déjà identifiés, d’autres comme la culture et la santé ne l’étaient pas du tout. Nous avons d’abord établi des fiches avant de travailler d’octobre 2020 à mars 2022 à des publications sectorielles. Nous prévoyons de publier un livre en janvier prochain pour récapituler nos travaux. Nous continuerons à travailler en 2022 et au-delà sur certains secteurs que nous avons mis en pause faute de moyens, notamment ceux des forêts et de la défense.

Point important : nous avons été financés par du financement participatif à hauteur de 500 000 euros auprès de 4 000 donateurs en à peine deux mois.

AEF info : Voir la culture et la santé apparaître au côté de la mobilité et de l’industrie peut paraître surprenant. Pourquoi ce choix ?

Emma Stokking : Nous avons souhaité que les Français puissent se projeter dans cette société décarbonée. Ils ont déjà pu s’interroger sur ce que cela signifierait pour eux en termes de déplacement et de logement. Moins sur ce que cela signifierait en termes de soins, de culture ou encore d’instruction car ce sont des sujets assez inexplorés.

J’ajoute que nous avons fait le choix de travailler sur la santé en pleine crise sanitaire, au moment où a surgi la prise de conscience de la vulnérabilité de la France face aux chocs externes et de sa dépendance à une chaîne d’approvisionnement très fragile. De la même manière, la culture a été profondément fragilisée durant la période. Nos travaux doivent permettre de rendre ces secteurs plus résistants aux chocs.

Ceux sur la santé montrent que le gros des émissions provient de la production de médicaments et des instruments. En se réindustrialisant, la France pourra au moins diminuer le scope 2, car les usines seront alimentées par de l’électricité décarbonée, et agir sur les scopes 1 et 3 en transformant l’activité. Nous insistons aussi sur les cobénéfices. Par exemple, favoriser la marche et le vélo permettra de réduire le nombre de maladies liées à la sédentarité et réduire la consommation de produits carnés aura aussi des bénéfices sur la santé des Français.

AEF info : Quel message global souhaitez-vous passer aux différents secteurs qui s’interrogent sur cette transformation ?

Emma Stokking : Tous les secteurs doivent s’y mettre, tous sont concernés. Ce n’est ni facile, ni confortable, mais si cette transformation est planifiée et non subie, elle ne sera pas synonyme de contraction. En étant plus résiliente, la France va en sortir beaucoup plus forte.

AEF info : Quels sont vos repères : la stratégie nationale bas carbone ? L’objectif de réduction des émissions de gaz à 2030 de la France ?

Emma Stokking : Nous nous référons à l’accord de Paris et évaluons à 5 % la baisse annuelle nécessaire dès 2021 pour respecter ce texte. Plus nous attendrons, plus la courbe sera pentue, de l’ordre de 10 % par an si la France attend 2025 pour baisser ses émissions. La SNBC est également une toile de fond.

AEF info : Comment expliquez-vous que la France ne soit pas encore au bon rythme de réduction des émissions ?

Emma Stokking : On sent qu’il y a encore une croyance dans le fait que la technologie va nous sortir de là. La technologie et l’innovation peuvent bien sûr nous aider mais ce serait prendre un gros risque que de tout miser sur elles. Nous sommes donc relativement prudents sur cette approche. Sachant que notre vision s’adapte à chaque secteur. Ainsi, nos travaux misent à 80 % sur la technologie et à 20 % sur la sobriété pour réduire les émissions du secteur industriel (notamment de la sidérurgie et de la chimie). Pour d’autres secteurs comme la mobilité longue distance, nous parions davantage sur la sobriété et sur un fort report modal de l’avion et de la voiture vers le train. Disons qu’on rentre dans des arbitrages plus précis entre des intérêts économiques de court terme et des intérêts économiques mais aussi sociaux et environnementaux à plus long terme.

AEF info : L’un des débats intéressants lors de la convention citoyenne pour le climat a porté sur le temps de travail des Français. L’idée étant qu’en étant plus sobres, nous aurons moins besoin de produire, ce qui pourrait dégager du temps pour des activités associatives ou autres. Est-ce un sujet dont vous avez discuté ?

Emma Stokking : Cette question du temps de travail est beaucoup revenue lorsque nous avons publié notre rapport intermédiaire sur l’emploi. Nous ne l’avons pas encore intégrée dans nos réflexions, car nous développons une vision très macro, mais nous y réfléchissons.

Un autre sujet que nous avons identifié est la résistance très forte au changement, ce qui nécessitera un accompagnement des acteurs à l’échelle territoriale. Par exemple, un salarié qui change de travail accepte une mobilité de 30 km au plus. C’est une contrainte que nous devons prendre en compte.

AEF info : Vos travaux sont publiés en pleine campagne présidentielle. Comment comptez-vous les relayer aux candidats ?

Emma Stokking : Nous rencontrons les candidats et leurs équipes pour leur présenter notre plan, que nous voyons comme un cadre de référence. Nous ne disons pas qu’il est la seule voie pour respecter l’accord de Paris, mais nous savons qu’il fonctionne, qu’il n’est pas hors sol et qu’il a bénéficié de l’aide de centaines de professionnels. Nous avons aussi mis en ligne toutes nos données pour qu’on puisse éventuellement réfuter nos conclusions. Si un candidat n’est pas d’accord, notre question est la suivante : comment compte-t-il faire pour réduire de 5 % par an les émissions de gaz à effet de serre ? Nous aidons à la réflexion et à dépasser des débats parfois bloquants, comme celui sur le risque de destruction des emplois.

AEF info : Comment voyez-vous la place des questions énergétiques et climatiques dans la campagne présidentielle ?

Emma Stokking : On sent que les lignes bougent, car les candidats se posent la question de l’indépendance économique du pays, de sa résilience. Nous insistons auprès d’eux sur l’importance d’anticiper les politiques climatiques, sans quoi les dommages économiques et les pertes d’emplois seront encore plus brutaux.

Les travaux du Shift Project

 

Le Shift Project a récemment publié :

Consulter l’ensemble des travaux du Shift sur le PTEF.


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Claire Avignon, journaliste