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Convention des entreprises pour le climat, session 2 : petit à petit, les oiseaux font leur nid

La deuxième session de la Convention des entreprises pour le climat s'est tenue du mercredi 20 au vendredi 22 octobre 2021, à Lille, sur le site d'EuraTechnologies. Axée sur les nouveaux modèles d'affaires, cette séquence invitait les participants à se poser les bonnes questions quant à leur modèle économique. Pour nourrir leur réflexion, avant la mise en application lors des groupes de travail : mises en perspective historique et économique, témoignages d'entreprises pionnières. Yannick Servant, co-fondateur de la CEC, espère aussi une résonance politique de la coalition.

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Les 150 entreprises de la Convention se retrouvent à Lille, sur le site d'EuraTechnologies, pour une deuxième session consacrée aux nouveaux modèles d'affaires. Droits réservés - DR - CEC

À la Convention des entreprises pour le climat, on se donne des noms d’oiseaux. Cela n’est pas insultant, c’est informatif. Pinson, alouette, hulotte, tourterelle, colombe, héron, geai, palombe, merle, mésange, chouette, moineau, cigogne, chardonneret. Et colibri, évidemment. Ce jeudi, à EuraTechnologies, un incubateur de start-up lillois, chacun des participants porte un badge autour du cou rappelant nom, prénom, société et catégorie de volatile pour signaler à quel "camp de base" appartient l’entreprise. Soit quinze équipes de dix à douze personnes qui ont été constituées afin de travailler sur une "feuille de route pour une transition économique et écologique", à affiner au fur à mesure des six sessions que durera la convention.

Repenser son modèle d’affaires

La session 1 s’est tenue à l’ESTP Cachan du 9 au 11 septembre 2021 (lire sur AEF info). "Ces premières séances étaient vraiment consacrées au constat climatique et scientifique, que nous nous sommes tous pris dans la tronche", indique à AEF info Nicolas Froissard, co-dirigeant du groupe SOS, une association spécialisée dans l’entrepreneuriat social qui regroupe des entreprises et des associations (réseaux de crèches, hôpitaux, Ehpad…), également membre du mouvement Impact France. "Lors de cette deuxième session, nous allons davantage travailler sur nos entreprises, nous projeter car il est important de parler des modèles économiques", estime-t-il.

Dans l’auditorium, ils sont aujourd’hui environ 250. Dirigeantes ou dirigeants, accompagnés de leur "planet champion" (souvent, une personne en charge des questions de RSE dans l’entreprise), lèvent la main pour faire silence, ensemble. Puis se livrent à un exercice de méditation pour se "reconnecter à l’intention initiale", sous l’impulsion de Stéphane Riot, le fondateur de NoveTerra. Concentrés, ils sont prêts pour les 400 ans d’histoire en 30 minutes de Bertrand Valiorgues. Le professeur de stratégie et de gouvernance à l’université Clermont-Auvergne leur offre une perspective de la raison d’être au fil des siècles.

problèmes de demain ?

"Se questionner sur la raison d’être n’est pas original" selon le professeur de stratégie mais il faut "bien comprendre les spécificités de la période contemporaine". En 1664, la raison d’être de la Compagnie des Indes orientales est ainsi stipulée dans une lettre de mission, signée par Louis XIV. En 1807, la société anonyme est créée dans le code de commerce et nécessite pas moins de dix autorisations annuelles pour vérifier la "moralité et les compétences des dirigeants". Les contrôles sont assurés par l’État. La nouveauté avec la raison d’être de 2019, telle que posée par la loi Pacte, réside dans le fait que "c’est l’entreprise elle-même qui énonce sa raison d’être. Avant, c’était soit le pouvoir royal, soit l’État. "C’est hyper intéressant comme recontextualisation", réagit Frédéric Daniel, directeur du développement de Reforestaction.

Carole Gervais, consultante en RSE, innovation et stratégie, leur présente la démarche "FSSD" (Framework for Strategic Sustainable Development), développée en Suède en 1989 par le scientifique Karl-Henrik Robèrt. C’est une démarche "systématique, stratégique et participative", avec laquelle "30 % des collectivités territoriales suédoises fonctionnent aujourd’hui". Pour l’anecdote, elle a été présentée en prime time à la télévision suédoise et chaque citoyen a reçu après la retransmission une K7 et un manuel FSSD, raconte Carole Gervais. La démarche doit permettre aux entreprises de pouvoir répondre "oui" à ces trois questions :

  1. Avez-vous une définition du développement durable opérationnelle pour votre organisation ?
  2. Cette définition vous permet-elle d’évaluer votre situation aujourd’hui et d’avoir une visibilité sur les enjeux de demain ?
  3. Êtes-vous confiants que les solutions que vous développez aujourd’hui ne deviendront pas les problèmes de demain ?

Cette "paire de lunettes pleine durabilité" encourage à "réfléchir le plus en amont possible", assure la consultante qui insiste en particulier sur le troisième point. Interface a été la première entreprise américaine à essayer la démarche FSSD.

La gouvernance, sujet numéro un

Interface, cette société de dalles de moquette citée en exemple de conférence en conférence pour la vision avant-gardiste de son fondateur Ray Anderson qui a conduit à un revirement industriel complet entre 1994 et 1996. "On est Américains, on sait raconter les histoires", plaisante Eric Rampelberg, vice-président et général manager de la filiale Europe du sud, Inde et Asie du sud-est chez Interface. Mais il est à la CEC pour partager son expérience et cette dernière lui a appris qu’en termes de gouvernance, "les grosses ETI familiales sont plus faciles à pivoter" que les sociétés du CAC 40 ou du SBF 120.

"D’ailleurs, s’il existe des problèmes de gouvernance dans votre entreprise, c’est le sujet n° 1 à régler, et maintenant ! Il faut le traiter avant de lancer quoi que ce soit. Si votre conseil de surveillance, votre conseil d’administration, vos investisseurs… ne comprennent pas ce que vous faites, ne comprennent pas ce que vous voulez changer, vous allez avoir un sujet. Faites un test et demandez-leur : 'Pour vous, c’est quoi l’économie circulaire ?' S’ils répondent 'le recyclage', recommencez tout à zéro."

On ne se lève pas le matin pour vendre de la moquette

Le dirigeant évoque aussi "l’effet d’onde" et prévient : "Vous n’y arriverez pas seul." Il faut mobiliser "d’abord son équipe, puis les salariés, les fournisseurs, les clients". Dans cette optique Interface participe à l’initiative "NextWave Plastics" avec notamment Dell, Ikea, HP… sur les déchets plastiques déversés dans les océans. En 2020, Interface a été lauréat du prix mondial de l’action climatique des Nations unies (catégorie neutralité carbone). "Honnêtement, on ne se lève pas le matin pour vendre de la dalle de moquette, on se lève pour ça", résume Eric Rampelberg, qui loue le "positivisme à l’américaine, proche de l’utopie".

"Le DG d’Interface raconte qu’à un moment, il leur a fallu trois ans de préparation en amont pour muscler leur bilan et absorber les coûts, permettant ainsi d’amorcer leur changement de modèle" passant du linéaire au circulaire, retient Laurent Félix, directeur général France d’Ekimetrics, une entreprise spécialisée en data science et intelligence artificielle, qui a été l’une des 30 premières sociétés à rejoindre l’aventure CEC. "Toutes les entreprises ne peuvent pas forcément se le permettre. Dans la situation actuelle, l’État devrait leur servir de garant" pour assurer leur transition, considère-t-il. Nicolas Froissard du groupe SOS approuve : "C’est à l’État d’accompagner les changements de modèle."

Comment poser la question régénérative

"La grande majorité des modèles économiques sont construits sur une logique 'volumique' à visée de croissance", qui conduisent à une impasse, économique quand les marchés saturent, climatique et environnementale quand les limites planétaires sont atteintes, pour Christophe Sempels, co-fondateur et DG de Lumia, un établissement d’enseignement supérieur privé. Le chercheur propose une alternative avec des modèles économiques régénératifs. Pour parvenir à changer ses modes de production, il faut parvenir à se poser une "question générative".

Ce que devront faire les entreprises de la convention : elle sera leur "trame de réflexion" tout au long de la CEC, car une fois le "problème bien posé, on a fait un sacré bout de chemin". Pour la faire émerger, l’économiste a mis en place une méthodologie : cinq séquences de questionnement de 30 minutes à chaque fois, suivies de 15 minutes de synthèse, avant de se regrouper avec trois autres entreprises pour se confronter à un effet miroir.

Une consigne qui résonne, pour Nicolas Froissard, avec les propos de Caroline Gervais : les solutions d’aujourd’hui ne doivent pas être les problèmes de demain.  "Pour contrer ça, on ne peut pas rester tout seul, il faut une confrontation, se faire challenger." D’autant que si un certain immobilisme des entreprises en matière climatique a prévalu pendant longtemps, "aujourd’hui on aurait presque tendance à assister à une certaine précipitation : la coopération devient alors vitale".

Conséquences et coopération

Christophe Sempels explique la marche à suivre. Les participants devront d’abord "formaliser les principales composantes de leur modèle économique". Il leur sera ensuite "demandé de réfléchir à la capacité de leur modèle économique à prendre en charge les enjeux environnementaux et sociaux" pour pouvoir formuler la fameuse question générative. "Face à un problème complexe, nous avons à tendance à réfléchir en commençant par les causes. Je vous propose un saut quantique : ne pas réfléchir par les causes mais par les conséquences si ledit problème était résolu."

"Montez dans l’arbre des conséquences. Picorez-en quelques unes et demandez-vous avec qui vous devriez coopérer pour agir là-dessus. La bonne nouvelle, c’est que vous avez probablement des partenaires dans la salle", assure Christophe Sempels. Par ailleurs, "n’hésitez pas à voyager dans votre chaîne de valeur pour vérifier le niveau d’alignement avec les clients et les parties prenantes".

Un "cercle 2", un magazine et un podcast

Pendant quatre heures, 152 entreprises planchent pour trouver leur question générative. La CEC a en effet accueilli deux nouveaux membres : SNCF Voyages et Banque populaire Méditerranée. "Il était éventuellement question d’une troisième entreprise mais l’absence aux deux premières sessions compromet l’intégration", indique Yannick Servant, l’un des cofondateurs de la CEC. Elles sont nombreuses, les entreprises qui veulent rejoindre la coalition. "Nous voulons proposer une alternative à ce 'Cercle 2' mais nous réfléchissons encore à ce que nous pouvons leur offrir : une forme de parrainage avec une entreprise du premier cercle ? l’accès aux contenus ?", comme ceux que l’on trouve sur le portail individualisé des participants.

Un magazine de 52 pages est né aussi, "CAP" pour "créer d’autres perspectives". Il doit "aider les participants à transmettre le message" dans leurs entreprises, en faisant comprendre ce que le DG fait pendant ces trois jours de sessions mensuelles. "Trois cent mille salariés sont potentiellement concernées par le mouvement de la Convention des entreprises." Un podcast est aussi en préparation. "Concernant le pan politique de la démarche, dont les participants ont déjà l’idée globale, nous allons leur expliquer plus précisément ce que nous faisons avec Eric Duverger [créateur de la CEC] depuis trois mois."

Amorce de la phase politique

Lors de la convention citoyenne pour le climat, "pendant plusieurs mois, les citoyens et les experts ont bossé de leur côté pour ensuite remettre leurs propositions telles quelles aux parlementaires, quelque part mis devant le fait accompli", explique Yannick Servant. Ces parlementaires ont été "exposés à la pression des différents lobbys : ils ne pouvaient pas prendre le temps nécessaire !", analyse le cofondateur de la CEC comme l’une des raisons de l’échec de la loi climat et résilience. "C’est pourquoi nous voulons associer dès maintenant ces politiques, qu’ils soient députés, sénateurs ou membres de ministères, que nous avons rencontrés ces derniers mois."

"Pour un début de coconstruction, on pourrait imaginer qu’il y ait un invité du monde politique lors de la troisième session. Peut-être quelqu’un d’un ministère pour s’assoir et écouter les échanges d’un camp de base ?", avance Yannick Servant. Cette session 3 se tiendra du 2 au 4 décembre à Nantes, sur le campus d’Audencia. "Nous voulons aussi créer des moments de rencontres", hors des sessions. La CEC comprend par exemple plusieurs acteurs de la construction, qui pourraient soumettre leurs feuilles de route au ministère du Logement. Les uns comprendraient les contraintes des autres, et vice versa. Et la récupération politique ? "C’est l’un des risques", concède Yannick Servant mais "nous sommes un mouvement spontané, indépendant et autofinancé", oppose-t-il. La CEC vole de ses propres ailes.

Les six rencontres de la CEC


  • Session 1 du 9 au 11 septembre à Paris : "Constat et monde d’après"
  • Session 2 du 20 au 22 octobre à Lille : "Nouveau cap"
  • Session 3 du 2 au 4 décembre à Nantes : "Nouvelle boussole"
  • Session 4 du 20 au 22 janvier à Lyon : "Génie humain"
  • Session 5 du 10 au 12 mars à Marseille : "Embarquer l’équipage"
  • Session 6 les 22 au 23 avril et 18 juin à Paris : "Témoigner"
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Ioana Doklean, journaliste