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Home| Social / RH| Ressources humaines| Dépêche n°660494

"La RSE est sortie grandie et mature de la crise" sanitaire (Hélène Valade, présidente de l’Orse)

"La RSE sort grandie et mature de cette crise, contrairement à ce qu’il s’était passé lors de la crise financière de 2008 où cela avait été la Bérézina dans les entreprises, avec des directions RSE laminées, décapitées. Là, ce n’est absolument pas le cas", déclare à AEF info Hélène Valade, présidente de l’Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises (Orse) et directrice développement environnement de LVMH. Mais il faudra du courage aux entreprises pour la suite, "car nous sommes au pied du mur" sur le climat et la biodiversité. "C’est pourquoi le mot d’ordre de l’Orse pour 2022 est celui de la transformation juste, pas seulement celui de la transition juste." Afin d’armer au mieux ses 120 membres, l’organisation axe sa feuille de route sur l’impact du Covid-19 dans le monde du travail (télétravail, santé mentale), les nouvelles réglementations ou encore la gouvernance.

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Hélène Valade, présidente de l'Orse et directrice développement environnement de LVMH Droits réservés - DR - Gabriel de La Chapelle

AEF info : Comment les problématiques liées à la crise du Covid-19 entrent-elles dans le champ de votre feuille de route pour 2022 ?

Hélène Valade : Le sujet est immense, car nous avons vécu deux années qui ont contribué à expérimenter d’autres formes de relations au travail, à la fois en termes d’organisation du temps et de modalités. Pour accompagner les entreprises dans la mise en place du télétravail, l’Orse a publié en janvier dernier le premier guide méthodologique faisant suite à l’ANI de 2020 (lire sur AEF info). Il nous semblait essentiel d’être force de propositions et de solutions pour toutes les entreprises qui souhaitent appliquer ce mode de travail à plus grande échelle, et de les inviter au questionnement sur ses modalités et son impact. Nous allons poursuivre ce travail. Nous avons emmagasiné et documenté les expériences des entreprises membres de l’Orse. Nous continuerons à aider nos membres à s’approprier l’expérience de leurs collaborateurs pour concevoir l’accord le plus ajusté à leurs attentes.

Nos membres sont très en attente de comprendre ce qui est le mieux, alors que les salariés ont à la fois une immense joie de se retrouver et pris, pour certains, des habitudes confortables en télétravail. Les accords qui sont signés en ce moment se pérennisent au-delà de la situation d’urgence et ils dépassent de beaucoup le nombre de jours télétravaillés avant la crise. Pour moi, le principal est qu’il y a une modification expérimentée pendant la crise qui est entérinée dans les entreprises.

Nous allons par ailleurs ouvrir un cycle de conférences sur le futur du travail et la valeur travail en début d’année, avec notamment des sociologues pour comprendre ce qui est en train de se passer. Il y a une évolution du travail, au sens salarial du terme, ainsi que l’institutionnalisation d’autres formes de travail.

AEF info : En matière de santé au travail, allez-vous travailler sur la santé mentale des salariés, sujet qui a pris une importance forte au sortir de la crise sanitaire ? Sur quelles autres problématiques en lien avec la qualité de vie au travail prévoyez-vous de réfléchir ?

Hélène Valade : Un autre sujet lié au télétravail, et que cette crise a fait apparaître de manière plus forte qu’avant, est l’enjeu de santé. Il faut observer la manière dont l’entreprise se comporte au regard de cette nouvelle préoccupation, notamment en matière de prévention.

Sur le sujet de la santé mentale en particulier, nous allons travailler comme nous le faisons toujours à l’Orse. Nous allons poursuivre nos échanges dans le cadre de notre groupe de travail "prévention santé", avec nos membres, qui échangent leurs préoccupations et leurs bonnes pratiques, et avec des experts qui apporteront des éclairages essentiels, par exemple des représentants de la médecine du travail. Nous ferons une synthèse de tout cela, qui donnera lieu à un livrable. Nous avons sur ce sujet le soutien de notre partenaire Aesio.

Nous allons englober la question de la qualité de vie au travail en couvrant à la fois la thématique du télétravail et celle de la santé au travail. Nous établissons aussi un lien de plus en plus fort entre ces nouvelles modalités d’organisation et l’enjeu environnemental, qui pose une problématique extrêmement forte de mobilité. Tout est écosystémique. Certains salariés, notamment les jeunes, font des choix de modalités de travail en phase avec cette préoccupation environnementale.

AEF info : Comment comptez-vous continuer à accompagner les salariés aidants pour cette année ?

Hélène Valade : L’Orse est à la pointe sur le sujet des aidants depuis des années. La Plateforme RSE nous a confié la mission de co-rapporter un groupe de travail dédié à cette problématique. Il s’agit de formuler un avis demandé par les trois ministères de la Santé, de l’Économie et du Travail et qui sera rendu en début d’année prochaine.

AEF info : Vous nous disiez il y a un an que l’enjeu allait être la montée des compétences en matière de RSE (lire sur AEF info). Est-ce que cela s’est vérifié cette année ?

Hélène Valade : Nous avons en effet vu toute l’année la volonté des entreprises de monter en compétences sur le sujet. Nous mettons d’ailleurs ce sujet à l’ordre du jour de 2022. La formation est en train de changer de nature. La RSE et les thématiques environnementales deviennent des compétences.

Remettre cette idée de formation au centre de nos réflexions en 2022, c’est aussi s’intéresser aux modalités de la formation sur la RSE et le développement durable, qui, à notre sens, ne peuvent plus être généralistes mais doivent être ajustées aux enjeux de l’ensemble des métiers de l’entreprise. Par exemple, il faut se demander comment former un vendeur que les clients interrogent sur des questions RSE ou environnementales. Nous commençons également à construire des passerelles avec des DRH sur un plan partenarial pour les inclure dans ces réflexions.

AEF info : Caroline Renoux, fondatrice du cabinet de recrutement Birdeo, alerte par ailleurs sur une pénurie des compétences en RSE (lire sur AEF info). Les besoins des entreprises semblent exploser et en face il n’y aurait pas assez de profils pertinents. Est-ce un élément que vous remontent vos membres ?

Hélène Valade : Je partage complètement ce constat. Cela fait des années que nous œuvrons pour la création de modules RSE et développement durable dans les disciplines traditionnelles, et non des formations RSE posées complètement à côté. Nous n’avons pas besoin de généralistes de la RSE. Nous avons besoin de doubles casquettes, or nous rencontrons des difficultés à impliquer l’ensemble des programmes de formation et d’éducation sur le sujet… Nous sommes en pénurie de profils possédant cette double casquette, qui en réalité n’est pas si double que cela : je fais de la comptabilité, mais j’ai aussi des notions de comptabilité triple capital ; je suis acheteur, mais je fais sourcer mes achats. Tout cela, c’est encore très rare.

AEF info : Devoir de vigilance, révision de la directive sur le reporting de durabilité, règlement sur la taxonomie verte… Au vu de l’actualité européenne et de la présidence française du Conseil de l’UE au 1er janvier prochain, allez-vous créer un groupe de travail spécifique à l’Europe ? Une personne en particulier sera-t-elle en charge de la veille de ces sujets ?

Hélène Valade : Nous n’avons pas seulement un pôle finance durable, nous avons aussi construit un groupe de travail dédié à la taxonomie verte — nous ferons probablement la même chose pour la taxonomie sociale — qui permet de mettre en lien nos membres travaillant sur le sujet avec des experts de la Commission européenne et de la DG Trésor pour essayer de naviguer à travers cette complexité.

Nous travaillons également avec l’Efrag (European Financial Reporting Advisory Group) pour comprendre les changements liés à ce nouveau référentiel qui vise à rendre homogène le reporting entre les entreprises. Homogénéisation que nous appelons d’ailleurs de nos vœux ! Pour que la performance extrafinancière soit robuste, il faut qu’elle s’appuie sur un référentiel partagé et commun. Le cas échéant, nous aurons du mal à nous faire entendre de la finance.

Nous avons un autre groupe de travail sur la nouvelle directive européenne relative au reporting, parce que là aussi il y aura des évolutions notables, notamment sur la double matérialité, sur les champs et les enjeux qui vont être couverts. Nous élaborons des ébauches de ce que pourrait être la traduction de ce nouveau reporting dans les documents de référence des entreprises.

AEF info : Sur la taxonomie, l’Orse a fait paraître cet été un document très synthétique. Était-ce une demande de vos 120 membres ?

Hélène Valade : En sus des informations recueillies au sein des groupes de travail, nous avons estimé essentiel de produire un document très pédagogique. Ce document est à destination de nos membres, mais nous souhaitons qu’il circule dans l’entreprise car la taxonomie fait partie de ces nouveaux sujets qui incitent à faire des liens entre différentes fonctions de l’entreprise qui ne communiquaient pas beaucoup auparavant. Ainsi, pour la taxonomie verte, finance et RSE doivent communiquer. Encore faut-il doter les directions développement durable d’outils qui vont permettre d’expliciter ces nouveaux éléments à l’intérieur de l’entreprise. C’est l’objectif de ces documents de deux ou quatre pages, dont nous allons généraliser la formule à d’autres sujets un peu complexes.

AEF info : Certains de vos adhérents préparent-ils une "taxonomie maison" comme Saint-Gobain (lire sur AEF info) ?

Hélène Valade : À ma connaissance, il n’y en a que deux : Saint-Gobain et Suez qui a fait paraître la sienne il y a quelques mois. Elle est "maison" mais elle se situe bien dans le cadre qui se profile avec la taxonomie verte européenne. Suez a pris les devants, donc ça n’augure pas de la forme finale de la taxonomie verte, mais pour autant c’est très intéressant.

AEF info : Où en est votre groupe de travail sur la comptabilité intégrée, lancé l’année dernière (lire sur AEF info) ? Cette nouvelle comptabilité est-elle testée par des entreprises aujourd’hui ?

Hélène Valade : L’Orse s’est attelé à un travail passionnant d’acculturation qui aura duré un an. Le 16 novembre se tiendra une conférence de restitution de l’ensemble de nos travaux. Notre démarche se veut pédagogique et pragmatique sur ce que signifie une comptabilité triple capital, en montrant les méthodes existantes en France et dans le monde. Nous présenterons les premiers retours d’expérience des rares entreprises qui ont commencé à s’en emparer. C’est un travail neuf, ambitieux, qui touche au dur du dur que représente la comptabilité d’une entreprise. Compter d’une certaine manière, c’est compter selon un référentiel. La comptabilité est toujours le fruit d’une vision des choses.

AEF info : Raison d’être et mission préoccupent-elles vos membres ?

Hélène Valade : Notre groupe de travail sur la raison d’être et la mission est toujours actif et nous mettons l’accent cette année sur le dialogue avec les parties prenantes parce que les réseaux sociaux changent la nature de ce dialogue. Les parties prenantes ne sont plus exactement celles qui constituaient les cartographies traditionnelles. Comment traiter de façon plus participative les jeunes ? Les consommateurs ? Les clients ? Nous remettrons le sujet sur la table en 2022.

AEF info : Les entreprises sont-elles volontaires dans ce dialogue avec les parties prenantes, ou subissent-elles ce mouvement ?

Hélène Valade : La pertinence de conduire un dialogue est de plus en plus inscrite et comprise par les entreprises. Ce n’est pas de l’ordre de l’obligation. En revanche, comme d’habitude, il y a beaucoup d’inquiétudes et on ne sait pas comment s’y prendre. Il y a du désarroi face à ces thèmes qui ne sont pas simples et pour lesquels on a besoin d’avoir des bonnes pratiques, des modes d’emploi. Aujourd’hui, certaines entreprises ont des pratiques assez abouties en la matière. Du côté de nos membres, c’est notamment le cas pour Suez, Veolia, BNP Paribas ou encore la Maif. 

AEF info : Fin septembre, EY et Deloitte publiaient le troisième bilan des DPEF (déclarations de performance extrafinancière) (lire sur AEF info). Julien Rivals, associé chez Deloitte, affirmait qu’en 18–24 mois, les sujets RSE avaient changé de dimension, notant une forte progression des grandes entreprises. Dressez-vous le même constat ?

Hélène Valade : Oui, en deux ans, il y a eu un gain de maturité parce que tous ces sujets se sont inscrits plus profondément dans la stratégie globale de l’entreprise.

D’une certaine manière, ce mouvement a été favorisé par la crise, qui a révélé l’utilité sociétale des entreprises, que nous avions tendance à oublier. Et pendant cette crise, les entreprises ont confié un rôle un peu nouveau à leur direction RSE : les patronnes et patrons de la RSE faisaient partie des comités de crise mis en place pour gérer l’impact de la pandémie. C’est un signe fort de maturité de la fonction que d’être associée à la gestion de crise ! Peut-être aussi parce que cela touchait à la fois à la vulnérabilité de la personne et à celle de la planète, les DDD ont été plus sollicitées qu’avant et ce faisant, cela a nécessité une grande montée en compétences et donc une professionnalisation.

La RSE sort grandie et mature de cette crise, contrairement à ce qu’il s’était passé lors de la crise financière de 2008 où cela avait été la Bérézina dans les entreprises, avec des directions RSE laminées, décapitées. Là, ce n’est absolument pas le cas.

AEF info : Dans quel état d’esprit abordez-vous cette prochaine année ?

Hélène Valade : Je souhaite mettre l’accent sur le côté structurel de la transformation qui doit être conduite. Comme l’année dernière, je suis dans un état d’esprit foisonnant et énergique, mais je pense qu’il faut que cela conduise à une transformation structurelle courageuse et juste. Notre travail est de donner les outils pour cela, tout en ayant le courage de la nuance de temps en temps. Le travers du côté foisonnant est de prendre n’importe quelle solution et de l’appliquer. Il faut prendre le temps sur la partie environnementale d’aller challenger les choses sérieusement pour identifier les impacts. Il faut du courage aussi, car nous sommes au pied du mur. Les perspectives sur le climat et la biodiversité sont très noires. Tout cela ne va pas être facile, c’est pourquoi le mot d’ordre de l’Orse pour 2022 est celui de la transformation juste, pas seulement celui de la transition juste.

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