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Home| Social / RH| Protection sociale| Dépêche n°659691

Mutualité : "Nous devons définir notre raison d’être, pour nous montrer plus offensifs que défensifs" (E. Chenut)

La Mutualité française élira le mardi 5 octobre prochain son nouveau président. En liste pour la présidence avec Jean-François Furet-Coste, actuel président de Solidarm, Eric Chenut, actuel vice-président délégué de la MGEN, détaille à AEF info ses principaux objectifs. Il affirme ainsi la nécessité de clarifier la "raison d’être" des mutuelles, afin de rendre leurs actions plus visibles du grand public et des décideurs. Et de leur permettre, une fois cette clarification opérée, de se montrer plus offensives pour proposer des solutions et d’imposer dans le débat public, à l’heure où le Hcaam planche sur des scénarios de "Grande sécu". Eric Chenut formule également plusieurs propositions pour redynamiser la démocratie interne dans le respect des instances et faire de la Mutualité un espace d’engagement pour des citoyens désireux d’agir.

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Eric Chenut Droits réservés - DR

AEF info : Entre mi-juin et mi-septembre, vous avez effectué un tour des régions, au cours duquel vous avez rencontré les militants mutualistes. Qu’en avez-vous principalement retiré ?

Eric Chenut : Cela fait 25 ans que je suis engagé en Mutualité, je connais bien le mouvement et ses nombreuses facettes. J’ai vécu dans mon parcours mutualiste des réalités très diverses selon les fonctions que j’occupais et le contexte général. Mais malgré cela, partout où je suis passé durant ces trois mois, j’ai découvert des choses. Partout j’ai rencontré des innovations, des personnes qui créaient, expérimentaient… Voir des femmes et des hommes qui n’ont pas baissé les bras - bien au contraire ! -, et continuent encore, malgré la crise sanitaire, à faire avancer des projets constitue déjà une formidable bouffée d’oxygène. Surtout, toutes les personnes que j’ai croisées m’ont dit, salariés comme militants, que c’est au niveau des territoires, en proximité, que se perçoit le mieux la plus-value des actions mutualistes. Mais elles ont exprimé le souhait que ces actions soient davantage portées, valorisées, mises en lumière.

C’est pourquoi je suis convaincu que nous devons relever le défi d’une meilleure communication, à commencer en interne, pour bien connaître tout ce qui se fait à l’intérieur du mouvement, et pouvoir ensuite le porter vers l’extérieur et le faire rayonner, mais aussi pour créer de l’émulation et faire essaimer les bonnes pratiques. Il serait tout de même paradoxal que les professionnels de la mutualisation des risques que nous sommes ne soient pas en mesure de mettre en commun leurs expériences et leurs ressources. Je prends l’exemple d’une union régionale qui a initié un super projet sur le champ de la santé environnementale, consistant en une application en open source pour apprendre aux parents comment éviter les pollutions intérieures. Autant capitaliser dessus et faire en sorte qu’elle soit utilisée par un maximum d’adhérents mutualistes ! Il faut favoriser les initiatives mutualistes portées par des mutuelles ou des unions, dans la mesure où évidemment le bénéfice est accessible à tous les adhérents.

AEF info : L’actualité le prouve régulièrement, il y a aussi un fort enjeu de communication vers l’extérieur…

Eric Chenut : Effectivement, si l’on veut faire davantage rayonner l’action mutualiste, nous devons objectiver notre plus-value, nos externalités, notre impact, ou pour le dire autrement notre empreinte mutualiste. Nous sommes dans une société où la défiance est telle qu’il ne suffit pas qu’on dise les choses pour que les gens les croient. Nous avons besoin de montrer aux adhérents en quoi on génère du bénéfice, de l’intérêt, au-delà des seules prestations reversées, par la prévention, le conventionnement, les services, l’offre de soins, etc. Face aux nouvelles attentes et besoins des adhérents - égalité d’accès aux soins, personnalisation dans les accompagnements -, face à l’évolution des professions de santé, face aux appréhensions et aspirations des citoyens en matière de transition numérique, de santé environnementale, il nous faut démontrer que nous ne nous contentons pas de solvabiliser l’accès aux soins. Il ne faut pas nous laisser enfermer dans le seul champ de la complémentaire santé, mais au contraire mettre en valeur tout le champ d’action des mutuelles, afin que les adhérents le perçoivent, et au-delà l’opinion publique puis les décideurs. Rendre opposable cette plus-value est un défi majeur que doit relever la Fédération, y compris en se faisant aider d’experts.

Ces réflexions m’ont amené à la proposition suivante, qui est au centre de ma candidature. Compte tenu de toutes les transformations que nous avons vécues – avec le passage de 6 000 à 350 mutuelles, le questionnement sur le "sens", l’utilité, l’efficacité des mutuelles, les évolutions du cadre réglementaire et prudentiel, la généralisation des contrats collectifs, etc. – et de la diversité de nos métiers – assureur en santé, prévoyance, épargne retraite, autonomie, offreur de soins, préventeur, action sociale, etc. – il nous faut définir ce qui caractérise le fait "d’agir en mutualité", notre identité, notre raison d’être. Certaines mutuelles sont déjà engagées dans cette voie. Mais nous, à l’échelle du mouvement, quels sont les communs que nous apportons pour la société, les adhérents, et à chacune des entreprises mutualistes ? Je propose donc que d’ici au Congrès en septembre 2022, nous prenions le temps de nous accorder sur notre "raison d’être". Ce qui nous permettra, ensuite, d’apporter des réponses en termes de communication, de prioriser nos projets et d’adopter une attitude beaucoup plus offensive que défensive. C’est une attente forte des élus vis-à-vis de la fédération : qu’elle propose et se montre offensive.

AEF info : Comme vous le disiez, le monde mutualiste a dû beaucoup évoluer… Certains reprochent à la fédération d’avoir trop accompagné ce mouvement, en privilégiant par exemple les intérêts des grosses mutuelles par rapport à ceux les plus petites…

Eric Chenut : Je n’oppose pas les mutuelles entre elles en fonction de leur taille ou de leur métier. Le mouvement mutualiste a besoin de tout le monde, et j’entends vraiment incarner le mouvement dans sa diversité. Telles qu’elles sont organisées, nos instances permettent, via les collèges, la représentation de cette diversité. Il faut la préserver, tout en améliorant les choses. Je propose par exemple de mettre davantage de moyens pour créer le lien entre les représentants au conseil d’administration de la fédération et les composantes de leurs collèges pour les associer en amont de la réflexion, et leur rendre des comptes en aval de la prise de décision.

Par ailleurs, je crois beaucoup, sous l’égide de la Fédération, à la mise en place de cercles affinitaires afin que les mutuelles se parlent entre elles via des outils collaboratifs et d’échanges. Certains sujets concernent toutes les mutuelles et d’autres seront plus spécifiques aux mutuelles d’entreprises, de fonctionnaires, d’épargne retraite, etc. Il faut donc créer des espaces "de synergie féconde" avec l’appui de la fédération. Cela lui permettra de mieux approcher la réalité terrain des mutuelles, tandis que ces dernières pourront capitaliser sur l’expertise que la Fédération peut leur apporter.

Enfin, je souhaite conforter la capacité des mutuelles à impulser des réflexions à l’échelle fédérale. Dans cette perspective, je propose de faire évoluer les statuts afin de leur permettre de pousser des questions d’intérêt général et mutualiste en assemblée générale, via les unions régionales, les services fédéraux et les instances devant l’instruire avant de la soumettre à la délibération collective. L’assemblée générale hiérarchiserait les vœux si cette révision de l’ancien dispositif "de vœux" rencontrait le succès. Il s’agit de renforcer la participation mutualiste dans le respect des instances, tout en renforçant le rôle des unions régionales. C’est d’autant plus important que, parfois, les mutuelles sont confrontées à des difficultés qu’elles ont l’impression de vivre seules dans leur coin. Évidemment, elles rencontrent des problématiques spécifiques – réglementaires, prudentielles, fiscales, etc. – selon leur activité, mais elles aussi partagent de nombreux sujets, le recrutement des militants ou l’attractivité des métiers mutualistes. Il faut davantage les partager et valoriser des solutions.

AEF info : Mais des mutuelles sont devenues tellement importantes qu’on a le sentiment qu’elles pourraient presque se passer des services de la Fédération… D’autres sont dans des groupes de protection sociale. Sans compter la concurrence des mutuelles entre elles sur certains marchés. Comment redonner de l’unité dans ce contexte compliqué ?

Eric Chenut : On parlait déjà de la concurrence à mon entrée dans la mutualité au début des années quatre-vingt-dix et il semblait qu’elle était déjà une réalité inscrite et ancienne. Elle est un fait, nous devons faire avec. À nous d’en faire un catalyseur pour nous pousser à innover, à avoir une longueur d’avance, ce sera la meilleure réponse pour regagner des parts de marché dans le champ assurantiel. Il n’y a pas de fatalité à la banalisation, à nous, comme je le disais, de montrer en quoi et comment nous nous différencions des autres assureurs et des institutions de prévoyance au travers notre posture d’acteurs globaux de santé, assureur santé, épargne retraite, prévoyance, mais aussi offreur de soins, préventeur et de plus en plus dans le service d’accompagnement pour réinventer l’expérience adhérent ou employeur.

Ce que je constate c’est que les grands groupes bien qu’ayant des tailles qui leur permettent de développer leur expertise propre font le choix de continuer à adhérer à la Fédération, de s’y impliquer. Cela prouve qu’ils estiment que celle-ci est utile, qu’elle apporte au travers son rôle de syndicat professionnel, d’acteur du mouvement social une plus valeur indispensable pour leur action et développement. La Fédération permet de porter au nom de l’ensemble des mutuelles, groupes et unions une parole institutionnelle qui s’enrichit de la diversité de nos composantes, nous avons donc besoin d’être unis pour que cette parole soit forte.

Au regard des échéances électorales à venir présidentielles et législatives, à l’aune des travaux engagés par le Hcaam pour réinterroger le périmètre AMO/AMC, les enjeux liés à la PSC (protection sociale des fonctionnaires) nous avons tous intérêt à ce que l’ensemble des mutuelles sous l’égide de la Fédération, portent ensemble de propositions utiles et concrètes, que l’on appréhende l’ensemble des enjeux de la protection sociale. Cette crise sanitaire a montré ô combien la santé devait être appréhendée de manière holistique, dans une approche "one health". Notre système privilégie trop le "cure" au détriment du "care". Nous, en tant que mutualistes, dans nos capacités à personnaliser les accompagnements, nous pouvons être apporteurs de solutions pour autant que l’on nous associe, que l’on nous octroie les marges de manœuvre pour innover comme nous l’avons fait tout au long de notre histoire.

La Fédération doit être utile autant aux groupes qu’aux petites mutuelles, aux mutuelles santé qu’aux mutuelles portant des risques longs comme l’épargne retraite ou la prévoyance, à l’assurance qu’aux livres III, etc. Toutes nos activités, toutes nos couvertures mutualistes, services ou réalisations participent de la Mutualité, ce qui importe quelle que soit l’entité, c’est que nous confortions le fait d’agir en mutualiste.   

AEF info : Vous évoquez la difficulté de recruter des militants… Ambitionnez-vous toujours de constituer un mouvement social ? Comment faire face à ces difficultés ?

Eric Chenut : Nous devons faciliter l’engagement des hommes et les femmes qui ont envie d’agir sur leur environnement, de réfléchir ensemble, de pousser une action, un projet, à l’échelle de leur quartier, de leur village ou de leur champ professionnel. C’est vraiment important pour deux raisons. Quelle est notre histoire ? Nous sommes des sociétés de personnes, qui se sont créées, car des gens ont, à un moment donné, décidé de mettre des ressources en commun pour prévenir un risque ou réaliser des choses qu’ils ne pouvaient réussir tout seul. Il s’agit donc de retrouver cette dynamique, à l’échelle territoriale – via les unions régionales, qui sont la maison commune du mouvement à l’échelle du territoire. Par ailleurs, la concentration du nombre de mutuelles a fait que le nombre de personnes qui parlent mutualité, réfléchissent mutualité et en parle autour d’eux s’est beaucoup réduit. Il faut donc fédérer autour de nous des gens qui agissent par nous et avec nous. Peut-être ne siègeront-ils pas à un conseil d’administration pendant plusieurs années, mais peu importe ; si déjà ils participent à quelque chose qui leur est utile pour eux et les autres grâce à notre soutien, tout le monde sera gagnant. Je note que cela demandera quelques moyens, notamment en termes de formation.

AEF info : Vous le disiez, un des enjeux de la Mutualité est de se montrer plus offensive. À l’aune d’une élection présidentielle, des enjeux importants l’attendent. Comment défendre les intérêts des mutuelles ?

Eric Chenut : Il s’agit de défendre une Fédération qui soit à la fois un syndicat professionnel pour promouvoir et défendre les intérêts des entreprises mutualistes, un acteur du mouvement social à part entière, et une Fédération qui apporte des services aux mutuelles. Avec, au cœur, l’innovation, notamment pour formuler des propositions en matière de soutenabilité des cotisations des plus de 70 ans, si nous ne voulons pas que les pouvoirs publics nous imposent des solutions inadéquates et qui démontreraient notre incapacité à faire vivre des solidarités choisies. Nous devons également initier de nouvelles activités – autour de la santé au travail, de l’accompagnement et de la prévention - et nous adapter au virage numérique, qui a connu une nette accélération pendant la crise sanitaire. Des outils sont déjà en place pour alimenter le future store "mon espace santé", sur lesquels nous devons encore avancer, en menant une réflexion éthique sur ces sujets. Autre enjeu important : aider les mutuelles qui le souhaitent à sortir de la mono-activité, source de fragilité.

L’enjeu principal étant toujours, finalement, d’appréhender la santé au sens large selon la charte d’Ottawa, dans ses dimensions physique, psychique et sociale, auxquelles j’ajouterai la dimension environnementale. De faire en sorte que ce positionnement soit clairement perceptible de l’opinion, et, par conséquent, des relais d’opinion - l’État, les parlementaires, les élus locaux, la sécurité sociale, etc. Il faut remettre en perspective le fait que la Mutualité, grâce à tous ses métiers, est capable d’agir sur les déterminants de santé et peut contribuer à réduire les inégalités.

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