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Home| Ville intelligente| Ville intelligente| Dépêche n°659102

"Rationner les déplacements est plus juste qu'imposer une taxe carbone" (Sylvie Landriève, Forum vies mobiles)

Sylvie Landriève, directrice de l'institut de recherche Forum vies mobiles, explique l’échec des politiques publiques à réduire les émissions du secteur des transports, dans une interview à AEF info, le 21 septembre 2021. Afin de respecter la stratégie nationale bas carbone et son objectif de réduire les émissions du secteur de 90 % d'ici à 2050, l’institut soutenu par la SNCF s’est penché sur le principe d’une carte carbone dédiée aux déplacements (1). Elle aurait pour objectif de rationner les déplacements les plus carbonés, en voiture et en avion, selon des principes d’égalité et d’équité. La carte serait créditée d’un nombre de quotas carbone modulable selon le territoire et la situation personnelle et serait débitée lors du passage à la pompe à essence ou lors de l’achat de billets d’avion. Une proposition "plus juste" que la taxe carbone, selon Sylvie Landriève.


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Sylvie Landriève, directrice du Forum vies mobiles Droits réservés - DR - FVM

AEF info : Pourquoi les émissions des transports continuent-elles à augmenter ?

Sylvie Landriève : Nous faisions chacun environ quatre kilomètres par jour au XIXe siècle, nous en faisons 50 aujourd'hui en moyenne. Les transports nous permettent d’aller plus vite mais ils sont aussi une source d’émissions de gaz à effet de serre croissante. Les politiques publiques, jusqu’à maintenant, ne sont pas parvenues à endiguer la croissance des émissions du secteur car les déplacements augmentent en fréquence et en portée. Dans les enquêtes d’opinion que nous réalisons, nous constatons que les gens sont au moins confusément conscients que le problème écologique lié aux déplacements existe, mais ils ne voient pas trop comment faire pour les réduire.

AEF info : Pour être en phase avec l’objectif de neutralité carbone, la stratégie nationale bas carbone impose de réduire les émissions du secteur des transports de 90 % d'ici à 2050 en France. Que signifie cet objectif pour nos déplacements ?

Sylvie Landriève : Notre projet de recherche révèle la radicalité des transformations que nous devons mener. Réduire les émissions de 90 % ne signifie pas que nous devrons arrêter de nous déplacer. De nombreux modes de déplacements ne sont pas ou sont peu émetteurs : la marche, le vélo, le train… Et plus les véhicules individuels sont occupés, moins ils sont émetteurs. Il faudra cependant moins se déplacer avec des moyens de transport qui émettent beaucoup, comme les véhicules thermiques et l’avion. L’un des enjeux est d’arriver à sortir du système organisé autour de la voiture individuelle. Aujourd’hui, un tiers de la population vit en relative grande proximité de ses activités quotidiennes, soit huit à neuf kilomètres, et pourrait se passer de la voiture à moindres frais. La question est plus compliquée pour les personnes qui sont au-delà de 50 km. Le modèle de la grande ville construit entre les années soixante et les années quatre-vingts fait qu’on ne se déplace pas moins que dans les petites villes et les zones rurales. Et au-delà d’une certaine taille, les déplacements augmentent en temps.

AEF info : Votre projet de recherche envisage un rationnement des déplacements carbonés au moyen de quotas carbone. Pourquoi ce principe serait-il plus acceptable que la taxe carbone ?

Sylvie Landriève : La taxe carbone sur les carburants a été la première politique visant à limiter les déplacements carbonés (en plus de faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’État) et elle a été gelée à la suite du mouvement des gilets jaunes. Aujourd’hui, il n’est plus question pour le gouvernement de remettre le sujet sur la table, alors qu’elle était défendue par les experts et la classe politique avant sa mise en œuvre. Nous partons du constat que plus les gens sont riches, plus ils polluent. Or, ce qui nous gênait dans la taxe carbone est qu’elle pesait plus fort sur ceux qui polluaient le moins. Nous ne disons pas que le rationnement serait plus accepté que la taxe carbone mais il aurait le mérite d’être plus juste. Car la taxe carbone est indolore pour les riches et au minimum très agaçante pour les plus modestes. C’est la difficulté des politiques fiscales où l’on veut attraper tout le monde.

AEF info : Pourquoi le rationnement des déplacements carbonés serait-il plus juste ?

Sylvie Landriève : L’attribution des quotas sera équitable, modulée selon les types de territoire où l’on vit ainsi que selon les profils de ménage, de métiers et de situations personnelles (recherche d’emploi, problèmes de santé…). L’étude que nous avons menée se concentre sur les déplacements les plus émetteurs, sur le territoire national, à savoir ceux en voiture et ceux en avion, et exclut les déplacements internationaux, le transport de marchandises, ainsi que la venue de touristes, qui est trop compliquée à régir. L’idée est que les gens ne se retrouvent pas dans l’impossibilité de faire ce qu’ils faisaient la veille. Nous proposons donc un rationnement progressif jusqu’en 2050, qui serait d’abord testé dans certains territoires puis déployé plus largement. Un marché d’échanges, plafonné, est également mis en place entre les individus.

AEF info : Vous pointez la difficile question des déplacements domicile-travail. Quel est le rôle des entreprises sur le sujet ?

Sylvie Landriève : Les plans de déplacement des entreprises [qui sont obligatoires pour les entreprises de plus de 100 salariés], sont des documents purement administratifs qui n’ont pas d’effets, alors que les déplacements des salariés représentent près de la moitié des émissions des entreprises. Lors d’une enquête en 2016, nous avions pu observer que les entreprises ne se préoccupaient pas ou peu du sujet car il relève d’une nette séparation entre la vie de l’entreprise et le domaine privé. Pour de nombreuses raisons, les entreprises se sont désengagées du sujet.

AEF info : Le rationnement des déplacements carbonés existe-t-il déjà dans d’autres pays ?

Sylvie Landriève : Il est souvent perçu comme antinomique avec le principe de libre circulation et avec les politiques publiques qui préfèrent laisser le marché distribuer les revenus. Et le terme de rationnement renvoie à une période de pénurie et de guerre, même si son image n’est pas forcément la même dans tous les pays. En France, on pense aux tickets alimentaires mais en Grande-Bretagne, le rationnement était lié à un projet national et collectif de résistance contre les Allemands. À ce jour, seule une commune de 120 000 habitants, en Finlande, nommée Lahti, a expérimenté le rationnement de manière volontaire. Les habitants qui réduisaient leurs déplacements ont été récompensés sous la forme de tickets cadeaux (cinéma, théâtre…). Notre idée est de poursuivre le projet de recherche pour trouver une ville moyenne ou un département en France qui accepterait l’expérimentation.

AEF info : La France est-elle un élève particulièrement mauvais sur le sujet des déplacements ?

Sylvie Landriève : Il faut noter que tout le monde ou presque possède une voiture, que la France est un pays producteur de voitures et que l’ensemble du système est construit autour de l’automobile. On peut donc comprendre qu’il ne soit pas facile de sortir aisément de ce système vieux de plus de 70 ans. La difficulté supplémentaire est que la France est un pays peu densément peuplé et la politique des métropoles n’a pas arrangé les choses. Une politique qui serait intrinsèquement inégalitaire et brutale par rapport à ce qui a été fait pendant des années a donc peu de chances de marcher. Par ailleurs, les politiques publiques invitent à se déplacer le plus possible : faire des études à l’étranger, se déplacer pour trouver un emploi… Nous assistons à un changement complet de paradigme avec la crise sanitaire : elle révèle les possibilités de télétravail, la place que l’on peut accorder au vélo… Une nouvelle donne est peut-être en train de se jouer.

Deux cas concrets

 

Sylvain, cadre, se déplace régulièrement pour son travail (en voiture et en avion). Il sera obligé de réduire ses émissions de carbone de 6 % dès 2030, de plus de 40 % en 2040 et de 97 % en 2050 passant de 3,1 tCO2 en 2021 à 0,1 tCO2 en 2050. Il lui faudra limiter les déplacements domicile-travail en privilégiant le télétravail ou en covoiturant. Il devra arrêter de prendre l’avion en 2040 et, à terme, déménager ou acheter une petite voiture électrique.

Jean-Pierre, chauffagiste, se déplace beaucoup pour son travail, environ 125 km par jour, en plus de son trajet domicile-travail. Il émet environ 5,6 tonnes de CO2 par an. Il devra réduire ses émissions de 7 % en 2030, de 37,5 % en 2040 et atteindre 0,2 tonne de CO2 en 2050 (–96 %). Il lui faudra optimiser ses déplacements, réorganiser sa clientèle avec ses collègues et à terme changer de véhicule pour une voiture électrique.

 


(1) Étude prospective réalisé par les étudiants du master "approche interdisciplinaire des énergies de demain" (Paris Diderot)

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