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Cinq nuances de vert. Le détail des programmes des candidats à la primaire EELV en matière d’écologie

S’ils partagent tous le même constat, celui de l’urgence à agir face au dérèglement climatique, les cinq candidats à la primaire écologiste apprécient différemment les solutions pour y parvenir. Sur le nucléaire, la fiscalité ou encore l’accompagnement des ménages précaires dans la transition énergétique, leur vision diverge. À la veille du premier tour de la primaire, du jeudi 16 au dimanche 19 septembre, AEF info passe en revue les programmes de Delphine Batho, Jean-Marc Governatori, Yannick Jadot, Éric Piolle et Sandrine Rousseau.

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Photomontage des prises de paroles des candidats a la primaire écologiste durant les journées d'été des écologistes à Poitiers, jeudi 20 et vendredi 21 aout 2021. MaxPPP - La Nouvelle République/Mathieu Herduin

De manière cordiale, les cinq candidats ont développé leur vision d’une "République écologique, sociale, démocratique, résiliente et laïque" portée par le parti, lors de trois débats organisés dimanche 5 septembre par France Inter/France Info, mercredi 8 septembre par LCI et vendredi 10 septembre par Mediapart. Ils s’affronteront lors d’un premier vote organisé en ligne, du 16 au 19 septembre à 17h, puis lors d’un second tour qui départagera les deux sortants, du 25 au 28 septembre à 17h. Le vote en ligne sera ouvert pour les 122 670 citoyens qui se sont enregistrés auprès du parti jusqu’au 12 septembre, moyennant la somme de deux euros.

De "l’écoféminisme" portée par Sandrine Rousseau jusqu’à "l’écologie pragmatique et centriste" de Jean-Marc Governatori, en passant par la "décroissance" de Delphine Batho, l’écologie "radicale et pragmatique" d’Éric Piolle et "l’écologie de combat et de solutions" de Yannick Jadot, les programmes des candidats à la primaire du parti Europe Ecologie-les Verts offrent un large spectre de nuances sur de nombreux sujets.

Qui sont-ils ?

  • Delphine Batho, née en 1973, est députée des Deux-Sèvres (non-inscrite) depuis 2007, présidente du mouvement Génération Écologie depuis 2018 et ancienne ministre de l’Écologie du gouvernement de Jean-Marc Ayrault de 2012 à 2013. Elle a été limogée après avoir dénoncé le budget de son ministère. Elle a commencé sa carrière comme adhérente au Parti socialiste et comme militante au sein de SOS-Racisme. Lire sa profession de foi.
  • Jean-Marc Governatori, né en 1958, est conseiller municipal d’opposition de Nice et ancien directeur de magasins de meubles. Il est fondateur de l’Alliance écologiste indépendante et coprésident de Cap écologie avec Corinne Lepage. Lire sa profession de foi.
  • Yannick Jadot, né en 1967, est un ancien militant associatif et ancien directeur des campagnes de Greenpeace (notamment au moment du Grenelle de l’environnement). Il est adhérent des Verts depuis 1999 et élu eurodéputé depuis 2009. Il avait remporté la primaire écologiste en 2016 avant de se retirer au profit du candidat socialiste Benoît Hamon. Lire sa profession de foi.
  • Éric Piolle, né en 1973, est maire de Grenoble depuis 2014 et a rejoint EELV en 2009. Il est ingénieur informatique de profession. Lire sa profession de foi.
  • Sandrine Rousseau, née en 1972, est enseignante et chercheuse en économie à l’université de Lille et ancienne porte-parole et secrétaire nationale adjointe d’EELV de 2013 à 2018. Lire sa profession de foi.

Leur première mesure

À commencer par leur "première mesure" une fois arrivée au pouvoir. Pour l’élu niçois Jean-Marc Governatori, représentant de l’Alliance écologiste indépendante, la priorité sera donnée à un grand débat national portant sur l’éducation et dont les propositions seront soumises à référendum. Pour l’eurodéputé Yannick Jadot, il s’agira de décider la fin de l’élevage industriel au 1er janvier 2025, soutenue par la création d’un ministère délégué au bien-être animal, et de mettre en place un moratoire sur la création de zones commerciales en périphérie des villes.

La députée Delphine Batho, qui avait défendu l’interdiction des néonicotinoïdes dans la loi biodiversité de 2016, entend quant à elle prendre un décret interdisant les pesticides, néonicotinoïdes et substances classées comme perturbateurs endocriniens et CMR. Éric Piolle souhaite initier un référendum sur l’inscription de la protection du climat dans la Constitution — une mesure reprise de la convention citoyenne sur le climat, soutenue puis abandonnée par Emmanuel Macron en raison d’une opposition du Sénat — et mettre en place le référendum d’initiative citoyenne. Quant à l’économiste Sandrine Rousseau, elle défend un "pacte de dignité sociale et écologique", assorti d’un revenu minimum d’existence à 850 euros, d’un plan sur la santé publique, d’une loi sur la fin de vie et d’un statut juridique octroyé aux animaux.

accord sur l’agriculture et l’alimentation

Le consensus entre les candidats est relativement élevé sur les questions agricoles, alimentaires et sur la protection du bien-être animal. Pour Jean-Marc Governatori, il s’agit d’aller progressivement vers un monde végétarien puis vegan, "c’est le sens de l’histoire", en s’appuyant sur la "potagérisation de la France" pour faire face aux besoins alimentaires. Yannick Jadot propose de "renégocier la dette des agriculteurs" et de mettre en place des contrats d’accompagnement des installations agricoles vers un "système durable, idéalement en bio et avec des protéines pour ne plus dépendre des importations", en s’appuyant sur "l’argent de la PAC".

La proposition de Delphine Batho d’interdire les pesticides est reprise par Sandrine Rousseau, qui souhaite l’appliquer dans les cinq ans tout en mettant en avant le poids des oppositions : "On doit avoir un débat sous contraintes avec la FNSEA, il va falloir entrer dans un rapport de force." "Nous avons un ennemi désigné, l’agro-industrie, elle ne sera pas notre partenaire", abonde Éric Piolle.

Une position partagée par l’ancienne ministre de l’Écologie de Jean-Marc Ayrault, qui estime que "les lobbys ne sont pas si forts que cela quand la société se mobilise. Quand j’étais ministre, j’ai tenu bon mais j’ai été limogée", raconte l’autrice de l’essai "Insoumise" (Grasset, 2014), dans lequel elle relate son expérience du pouvoir. "Il y a aujourd’hui un système de connivence dans la très haute fonction publique, il faut mettre en place une barrière étanche entre l’État et le secteur privé", propose-t-elle.

quelle place du véhicule électrique ?

En matière de mobilité, tous s’accordent sur la nécessité de développer les transports en commun, le fret ferroviaire ou encore les petites lignes de train du quotidien. Mais plusieurs questions agitent les débats, à commencer par la gratuité des transports publics. Si Yannick Jadot s’y oppose, Delphine Batho souhaite laisser toute latitude aux collectivités locales pour la décider et Jean-Marc Governatori propose des "prix bas". La mesure est franchement soutenue par Éric Piolle, à "condition de trouver des ressources", malgré l’échec de sa mise en place dans sa ville de Grenoble en raison d’un "coût élevé de 90 millions d’euros".

"Il faut revoir les contributions, notamment celles des entreprises, pour financer la gratuité des transports, qui permet l’émancipation des plus jeunes et des plus précaires", porte Sandrine Rousseau. Éric Piolle reprend également à son compte la proposition de la convention citoyenne pour le climat de la suppression des lignes aériennes en cas alternatives en train en moins de 4h30, alors que la loi climat et résilience de 2021 a abaissé cette contrainte aux alternatives en moins de 2h30.

Les échanges sont également très vifs sur la question du véhicule individuel et de la place des voitures électriques. Yannick Jadot défend la position la plus proche de celle du gouvernement actuel et de la Commission européenne : décider de la fin de la vente des moteurs thermiques en 2030 (contre 2040 inscrit dans la loi d’orientation des mobilités de 2019 et 2035 selon la proposition de la Commission qui doit encore être discutée par les États membres et les députés européens) et miser sur le développement d’une industrie du véhicule électrique française et européenne autonome "afin de ne pas dépendre de la Chine et des États-Unis".

En revanche, ses concurrents n’hésitent pas à tacler le modèle du véhicule électrique, "un fléau géopolitique" pour le candidat centriste, en raison de la dépendance aux métaux rares, qui lui préfère des véhicules roulant au GPL ou aux biocarburants de 3e génération. "Le problème du véhicule électrique, c’est que l’on ne change pas de modèle", rétorque Sandrine Rousseau. "Il faut le dire, il va nous falloir diminuer le nombre de voitures en circulation", afin de réduire les émissions du secteur des transports qui représentent 30 % des émissions du pays environ, ajoute-t-elle. "Il faut sortir d’une vision où l’on solutionne tous les problèmes par un changement technologique", abonde Delphine Batho, qui défend l’idée de règles et de taxes sur le poids des véhicules.

sortie du nucléaire et acceptabilité des éoliennes

Si les cinq candidats s’accordent sur la nécessité de privilégier les économies d’énergie, les énergies renouvelables et la sortie des énergies fossiles, ainsi que sur le non-renouvellement du parc de réacteurs nucléaires, leur vision diffère sur le calendrier de sortie du nucléaire et les moyens alloués. Pour Yannick Jadot, la sortie du nucléaire doit s’effectuer dans les "15 à 20 prochaines années" et "de manière responsable", quand Éric Piolle l’envisage vers 2045, assortie d’un plan d’accompagnement des 50 000 emplois du secteur. "Il faut accompagner cette reconversion et miser sur le démantèlement des réacteurs", juge-t-il.

"Il faut s’interroger sur notre capacité à maintenir des centrales nucléaires alors que nous allons affronter des périodes de sécheresse et des catastrophes climatiques de plus en plus importantes", estime pour sa part Sandrine Rousseau. Les cinq candidats s’opposent aussi unanimement au projet de stockage des déchets radioactifs Cigéo et à son principe de "réversibilité" mais seule Delphine Batho se dit opposée également au principe de "stockage en sub-surface", souvent présenté comme alternative au stockage profond.

La question du développement des éoliennes, terrestres et offshore, a également fait l’objet de débats sur son acceptabilité. Jean-Marc Governatori porte la position la plus radicale : uniquement des "petites éoliennes" et "seulement quand les habitants le souhaitent". "J’entends les réticences" quant aux paysages, convient Sandrine Rousseau, qui souhaite que le sujet soit également posé pour les centrales nucléaires et "leurs lignes à haute tension qui strient les paysages". "On ne peut pas installer toutes les éoliennes dans les Hauts-de-France et en Aquitaine", s’emporte Delphine Batho, qui demande "une boussole" pour équilibrer le développement des énergies renouvelables.

Cristallisation autour de la décroissance

C’est essentiellement sur les questions économiques que les avis des cinq candidats diffèrent. En matière de fiscalité ou encore de financements, ils portent des projets de société radicalement différents afin de lutter contre les dérèglements climatiques. Défendant son projet de "décroissance", Delphine Batho cristallise une partie des débats autour de cette notion, qui s’apparente davantage à une réorientation de la croissance, selon les travaux des économistes comme Joseph Stiglitz ou encore Éloi Laurent, qu’à une réduction radicale de la consommation. "Il s’agit de la seule voie réaliste pour réduire nos émissions", prône-t-elle, en demandant de "remplacer la boussole du PIB par des indices de bien-être". "La décroissance financera la décroissance, on arrêtera de mettre de l’argent public dans les pesticides, les engrais et l’endettement des agriculteurs pour le réorienter vers l’agriculture biologique", illustre-t-elle. Elle fustige à ce sujet les Jeux olympiques de 2024, "qui ne sont pas vertueux et financent la croissance et le béton" mais estime qu’il serait trop tard pour les annuler en 2022.

Sandrine Rousseau estime pour sa part que "la décroissance sans le contrôle des marchés financiers, sans projet social, sans réforme de la fiscalité, n’existe pas. Le sujet est bien de sortir de l’accumulation de matières". Éric Piolle se dit "pas fan" de l’expression de décroissance tandis que Jean-Marc Governatori juge le terme "peu audible par les dix millions de personnes qui doivent survivre sous le seuil de pauvreté", mais admet qu’il prône un "nouveau modèle de société".

divergences sur la taxe carbone

La question de l’avenir de la fiscalité carbone est loin de faire l’unanimité, tout comme ses modalités d’accompagnement. Jean-Marc Governatori propose de ne pas toucher à son niveau actuel, quand Delphine Batho s’appuie sur les travaux de la convention citoyenne pour le climat pour demander son arrêt. Elle met en garde ses concurrents : "Il est dangereux, à l’heure où les écologistes doivent aller à la conquête de l’électorat populaire, d’y aller avec un mot d’ordre de retour de la taxe carbone, qui est une version libérale du greenwashing de l’économie et permet de faire un hold-up sur les ménages."

Plus radicale, Sandrine Rousseau souhaite augmenter le prix du carbone pour les entreprises jusqu’à "200 à 250 euros la tonne de CO2" d’ici la fin du mandat (alors que le prix des quotas carbone sur le marché européen EU ETS est d’environ 50 euros à ce jour). Pour les ménages, elle propose la mise en place de "quotas carbone" et le versement d’une prime en amont pour les ménages les plus modestes.

Éric Piolle, qui se dit proche du mouvement des gilets jaunes, porte le principe d’un "ISF climatique" qui pourrait générer huit milliards d’euros de revenus. Il consisterait à taxer les 1 % de la population les plus fortunés qui émettent deux fois plus d’émissions de gaz à effet de serre que les 50 % les plus pauvres. Il reprend aussi le niveau de 100 euros la tonne de CO2 en 2030 inscrit dans la loi de transition énergétique de 2015 mais propose une compensation pour les ménages modestes via une revalorisation de 10 % des bas-salaires et une revalorisation de la prime d’activité de 5 %.

Yannick Jadot propose de son côté une compensation de la taxe carbone pour les familles les plus fragiles, "euro par euro" et soutient le principe d’une "taxe carbone aux frontières" pour "protéger les entreprises françaises du dumping social et environnemental". L’eurodéputé est shadow rapporteur de ce projet au Parlement européen, connu sous le nom de "mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Europe" ou CBAM.

réduction du rôle du président

Les écologistes s’accordent enfin sur la nécessité d’une révision des institutions et sur la réduction du rôle du président de la République. Pour Yannick Jadot, elle doit passer par la nomination d’un vice-Premier ministre à l’écologie, qui traitera les questions liées à l’environnement, à la santé et à l’alimentation. Pour Delphine Batho, qui porte "le refus du présidentialisme", il s’agit d’instaurer un référendum sur l’élection du chef de l’État, tandis que Jean-Marc Governatori propose un "triumvirat primo-ministériel" (trois Premiers ministres), avec une nouvelle assemblée citoyenne sur le modèle de la Chambre du futur potée par la FNH, aux côtés du Sénat et de l’Assemblée nationale. Sandrine Rousseau insiste de son côté sur la nécessité de renforcer les contrepouvoirs que sont la presse et la justice, et de réallouer des moyens financiers dans les tribunaux.

La primaire organisée par le parti EELV doit ni plus ni moins permettre de "déclencher un souffle dans la société pour changer le rapport de force", espère Delphine Batho. "Il s’agit d’imposer la réflexion écologique dès maintenant", conclut Sandrine Rousseau.

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Aline Brachet, journaliste