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Biodiversité : bataille de chiffres autour de l’ambition du futur cadre mondial post-2020

Sans même être officiellement ouverte, la COP 15 de Kunming est-elle déjà un échec au regard de l’ambition à porter en matière de protection de la nature ? Tel est le risque pointé par plusieurs ONG lors du congrès mondial de l’UICN, déplorant que le sommet n’ait pas retenu plus fortement l’objectif de protéger au moins 50 % de la planète d’ici à 2030, qu’elles assurent être l’objectif correspondant aux données scientifiques. Et non celui d’au moins 30 % mis en avant depuis 2019 au plan politique par le biais de la coalition de la haute ambition coprésidée par la France et le Costa Rica.

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Tag sur l'avenue du Prado à Marseille en faveur de la motion 101 et de la protection de la moitié de la planète AEF - Emilie Legendre

Le congrès mondial de la biodiversité qui s’est achevé à Marseille le 10 septembre a vu s’affronter deux visions de l’ambition pour la nature, et la bataille devrait se poursuivre jusqu’à la COP 15 de Kunming, au printemps 2022.

Protéger 30 % de la planète…

L’enjeu porte sur la surface de la planète à protéger. Depuis la publication du premier projet de cadre mondial de la biodiversité post-2020, le texte envisage que la communauté internationale s’engage à protéger au moins 30 % des surfaces terrestres et maritimes d’ici à 2030 (lire sur AEF info). Une formule simplifiée à l’expression "30 by 30" ou "30X30" — sigle aisé à retenir et à porter politiquement, à l’image du 2 °C pour le climat.

Il est ainsi défendu au niveau international au sein d’une coalition lancée lors de l’Assemblée générale des Nations unies de septembre 2019, nommée Coalition de la haute ambition pour la nature et les peuples. Co-présidée par la France et le Costa Rica, elle compte 72 États (à l’exception notable de la Chine, qui présidera la COP 15 ou des États-Unis).

Sur son site, la coalition l’assure, l’objectif qu’elle met en avant se fonde sur la science et plusieurs rapports. Elle en liste ainsi plusieurs, dont l’emblématique article paru au printemps 2019 dans Science Advances, intitulé "A global deal for nature - Un accord mondial pour la nature".

… Un objectif "arbitraire"

Une référence qui inquiète les membres d’Avaaz rencontrés à Marseille par AEF info, dont son directeur de campagne Oscar Soria, qui rappelle que l’article ne s’arrête pas aux 30 %. En effet, l’étude affirme qu’il faudra "protéger officiellement 30 % de la Terre et désigner 20 % supplémentaires comme zones de stabilisation du climat, d’ici à 2030, afin de rester en deçà de 1,5 °C". La source citée par la coalition pour une haute ambition est donc en quelque sorte tronquée et l’auteur principal de l’article lui-même, Eric Dinerstein, a alerté en avril dernier dans une interview accordée à Vox que l’objectif de protéger 30 % de la planète d’ici à la fin de la décennie était "arbitraire" et résultait d’un choix politique, n’étant fondé sur "aucune base scientifique".

L’occasion pour le scientifique, désormais directeur du programme solutions pour la biodiversité et la vie sauvage de Resolve, ONG basée à Washington, de réaffirmer que "ce dont nous avons réellement besoin" est de protéger la moitié de la planète. "Les études les plus récentes concluent même à la nécessité de protéger 50,4 % des espaces terrestres", ajoute Oscar Soria auprès d’AEF info le 10 septembre.

Il cite en effet une étude publiée en septembre 2020 dans Science Advances, ayant à nouveau pour auteur principal Eric Dinerstein, intitulée "Un 'filet de sécurité mondial' pour inverser la perte de biodiversité et stabiliser le climat de la Terre" (dont une synthèse a été réalisée par la Fondation pour la recherche sur la biodiversité). Étude qui conclut que la protection de 35,3 % de la superficie terrestre — en plus des 15,1 % des terres étant déjà protégées — est nécessaire. Et ce, afin de conserver des sites particulièrement importants pour la biodiversité et de sauvegarder des services rendus par les écosystèmes tels que la préservation des puits de carbone essentiels à la limitation du réchauffement à 1,5 °C, détaille Avaaz.

Motion 101

Ce débat s’est retrouvé au cœur du congrès mondial de la nature, au sein d’une motion déposée à l’initiative d’Harvey Locke, écologue canadien et fondateur du mouvement "Nature needs half - La moitié pour la nature". Lui souhaitait que le congrès de l’UICN soit l’occasion de graver dans les résolutions de l’Union la nécessité de protéger au moins la moitié de la planète, volonté qui faisait l’objet de la motion 101.

Déposée en 2019, elle avait été retenue par le comité de sélection, à l’inverse d’un texte porté par la France et défendant une moindre ambition : l’objectif de 30 %. "Nous n’avons pas eu d’explication sur cette décision de rejet", se rappelle l’ambassadeur à l’environnement d’alors, Yann Wehrling, contacté par AEF info le 14 septembre. "D’autres motions portaient sur ce sujet et nous avons été invités à les modifier", dit-il "de mémoire".

Ainsi à Rome, en février 2020, tandis que le monde s’inquiétait de l’arrivée du coronavirus en Europe, négociateurs français et canadiens ont profité de la deuxième réunion du groupe de travail dédié à la rédaction du futur cadre mondial de la biodiversité post-2020 (lire sur AEF info), pour reprendre la motion d’Harvey Locke et y apposer entre crochets l’objectif de 30 % au côté de celui des 50 %, avant de se lancer dans une campagne visant à mobiliser autour de ce nouvel objectif.

"Pas de remise en cause du 50 %"

"Dans mon souvenir, quand nous avons discuté de la motion à l’époque, il n’y avait pas de volonté de remise en cause de l’objectif de protection in fine fixé à 50 %", se rappelle Yann Wehrling. Le but alors de l’amendement français était de "reconnecter" les débats de l’UICN avec ceux de la COP 15 et ne pas se focaliser sur un objectif "hors de portée en réalité" selon l’ex-ambassadeur.

Car comment en effet passer de 17 % d’aires terrestres protégées à 50 % en huit ans, interroge le désormais vice-président de la région Île-de-France chargé de la transition écologique, du climat et de la biodiversité, quand ces dix dernières années "nous ont permis de grappiller même pas 10 % supplémentaires" ? "J’ai beau être très militant", dit-il, "je constate qu’il n’est plus l’heure de se faire plaisir mais davantage de focaliser son énergie" sur l’atteinte d’un compromis "réaliste", tenant compte de ce que les États "sont prêts à concéder".

Il met par ailleurs en garde sur le fait de "ne pas se tromper de bataille", invitant à ce que des critères qualitatifs soient adoptés et respectés. Et ce, afin de sécuriser le fait qu’en 2030 au moins 30 % des aires seront réellement protégées, reléguant les "aires de papier" dans le passé.

à Marseille, un non-choix

Au final, à Marseille, le choix finalement retenu a été celui de ne pas choisir entre les deux ambitions, et d’adopter une motion contenant deux paragraphes. Dès le premier, le congrès "demande à toutes les composantes de l’UICN de reconnaître les avancées de la science, la majorité d’entre elles indiquant qu’il sera probablement nécessaire de protéger, conserver et restaurer au moins la moitié de la planète, voire plus, pour inverser le déclin de la biodiversité et lutter contre le changement climatique".

Puis, le congrès "invite" toutes les composantes de l’UICN à soutenir "au minimum", un objectif de protection et de conservation efficaces et équitables d’au moins 30 % des zones terrestres et des eaux intérieures.

Adoption dont s’est félicitée la Wild Foundation :


Mais qui comporte une ombre au tableau : l’objectif le plus ambitieux a été évincé de la déclaration finale du congrès, dite "Manifeste de Marseille", laquelle se limite à "implorer" les gouvernements de fixer des objectifs ambitieux en matière d’aires protégées et à appeler à ce "qu’au moins 30 % de la planète soit protégée d’ici à 2030". Il est d’ailleurs à noter que dans sa communication en Conseil des ministres du 15 septembre, le ministère de la Transition écologique ne cite pas la motion 101 mais seulement la déclaration finale et son invitation à tous les États de "protéger 30 % de leur territoire terrestre et en mer, à l’image de la stratégie française des aires protégées" (lire sur AEF info).

une "Avancée" malgré tout

 

Pour Harvey Locke, écologue canadien à l’origine de la motion 101, la situation en matière de biodiversité est similaire à celle du climat à la veille de l’adoption de l’accord de Paris : "la reconnaissance politique était possible sur l’objectif 2 °C quand la science disait 1,5 °C", se remémore-t-il. Pour lui, le fait qu’in fine le texte comporte la mention au moins 30 % "laisse la porte ouverte, crée une énergie, un élan" vers l’objectif 50 %. "On doit en faire beaucoup plus, mais le texte peut être vu comme satisfaisant dans le moment actuel", poursuit l’expert, d’autant qu’ "il reconnaît également de manière forte l’importance des peuples autochtones", se réjouit-il.

Il ajoute cependant, et "personnellement", que "l’objectif de préserver 50 % de la planète aurait dû être adopté dès 2009 et le protocole de Kyoto respecté… mais dans un monde imparfait et au vu de l’urgence actuelle, constater un rassemblement d’intérêts [autour des 30 %] peut tout de même être vu comme une avancée pour la politique globale de l’environnement et du climat."

Créer l’illusion d’un consensus

Manœuvre analysée par plusieurs observateurs, dont les membres d’Avaaz, comme la volonté d’instaurer l’illusion d’un consensus international sur cette cible bien avant Kunming. Or, cette occasion manquée de s’exprimer plus clairement en faveur des 50 % avant que les négociations n’entrent dans le dur à Kunming pourrait s’avérer désastreuse. Car les États les moins allant en matière d’ambition travaillent déjà à saper la portée du futur cadre mondial de la biodiversité post-2020.

Ainsi début septembre, le Brésil est intervenu pour tenter de modifier la rédaction du cadre afin de transformer l’objectif mondial de 30 % en un objectif national. Un choix avantageux pour ce pays où le taux de déforestation explose, et qui lui permettra de continuer à "développer l’Amazonie" tout en s’assurant le respect d’être doté de 30 % de son territoire protégé en 2030.

Sueurs froides

L’Indonésie et l’Argentine ont également proposé de mettre l’objectif de 30 % entre parenthèses. Ce qui provoque des sueurs froides à tous les négociateurs et observateurs présents à Nagoya en 2010. À l’époque, l’objectif était d’inscrire dans les cibles d’Aichi (dont aucune n’a depuis été intégralement respectée) celle de préserver 20 % de la planète à horizon 2020, simplifié sous le sigle 20x20. Un objectif que souhaite aujourd’hui reprendre l’Afrique du Sud et qui, en 2010, s’était finalement étiolé en un objectif de 17 % pour les terres et 10 % pour les mers.

Pour éviter que l’ambition ne recule davantage et que l’échec de Nagoya et d’Aichi ne se renouvelle, Avaaz met désormais l’accent sur la nécessité de considérer les objectifs de protection d’au moins 30 % au niveau mondial, et à ne pas perdre de vue que le plancher recommandé par les travaux scientifiques se trouve plutôt aux alentours des 50 %. "Agir de la sorte est un devoir moral mais aussi stratégique pour les États", pointe Oscar Soria, "ils ont un intérêt à préserver davantage la nature : celui d’éviter de futurs conflits fondés sur des ressources naturelles". Ainsi, analyse-t-il, "continuer à défendre l’objectif d’au moins 30 % pose deux problèmes, celui du respect de l’intégrité scientifique et de l’intelligence politique".

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