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Cyber : "Les travaux pour la création d’un service police-gendarmerie sont engagés" (Marc Boget, Comcybergend)

"À la demande du ministre de l'Intérieur, le directeur général de la gendarmerie nationale a lancé les travaux visant à la création d’un service à compétence nationale police-gendarmerie rattaché au Comcybergend". C’est ce qu’annonce le général Marc Boget, commandant de la gendarmerie dans le cyberespace, dans un entretien accordé à AEF info. Alors que le FIC commence mardi 7 septembre 2021 à Lille (1), il précise que la gendarmerie a pour objectif d’arriver "à un triplement" de ses capacités cyber, avec "en ligne de mire les JO 2024". Dans le cadre de la transformation numérique de la gendarmerie et du plan Gend 20-24, il souligne que "désormais, 40 % des officiers au minimum sont recrutés avec un profil scientifique", tandis que des "e-compagnies intègrent environ 25 % de formation dans le domaine numérique", contre 8 à 9 % dans une compagnie de gendarmerie standard.

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Le général Marc Boget est le premier commandant de la gendarmerie dans le cyberespace. Droits réservés - DR

AEF info : Le Comcybergend (commandement de la gendarmerie dans le cyberespace) a été officiellement créé par arrêté du 25 février 2021, et vous en avez pris le commandement pendant l’été (lire sur AEF info). Où en est la mise en place effective de ce nouveau service ?

Marc Boget : Le Comcybergend est réellement actif dans l’ensemble de ses dimensions depuis le 1er août dernier. Il intègre en son sein, sous mon commandement direct, la brigade numérique (lire sur AEF info), la plateforme Perceval de signalement des fraudes à la carte bancaire, le C3N (centre de lutte contre les criminalités numériques), et le département informatique-électronique de l’IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale). Il exerce par ailleurs un commandement fonctionnel sur l’ensemble des antennes C3N des sections de recherche présentes dans onze régions ainsi que sur les Solc (sections opérationnelles de lutte contre la cybercriminalité) existantes dans tous les départements.

S’agissant des antennes C3N, nous avons ciblé dans un premier temps les onze régions où il y a des Jirs (juridictions interrégionales spécialisées), c’est-à-dire là où se trouvent des magistrats spécialisés chargés de traiter les affaires complexes au niveau interrégional ou national. L’ambition est de mettre en place une antenne C3N dans chaque région.

AEF info : Pourquoi cette nouvelle structure a-t-elle été créée ?

Marc Boget : J’ai plusieurs lignes directrices à mon action. Le rassemblement de toutes les forces cyber de la gendarmerie nationale sous un seul étendard apporte plus de cohérence, plus de visibilité, et de meilleures performances. Ce grand commandement directement rattaché au DGGN est sur un positionnement transverse permettant d’animer l’ensemble des structures nationales et territoriales. Le périmètre d’intervention est large puisque cette structure a une capacité d’action allant de la prévention, à l’investigation du très haut du spectre qui peut concerner le web classique ou le dark web, que ce soit en matière de trafics de stupéfiants, d’armes, de pédopornographie etc., ou, phénomène d’actualité, de ventes de faux passes sanitaires.

L’objectif est d’arriver à moyen terme à un triplement des capacités cyber de la gendarmerie. C’est une priorité forte pour le DGGN, avec en ligne de mire les JO 2024, où l’on sait déjà que l’activité cyber sera intense, au regard des premiers retours d’expérience des JO de l’été 2021 à Tokyo. Le galop d’essai des JO 2024 sera, en 2023, la coupe du monde de rugby.

AEF info : Comment est organisé le Comcybergend ?

Marc Boget : Le Comcybergend est constitué de quatre divisions : la division stratégie pour l’analyse de la menace, les partenariats internationaux, la planification notamment ; la division proximité numérique pour la prévention, et l’action de proximité en amont des éventuelles infractions judiciaires ; la division C3N, qui est la partie investigation du haut du spectre, intégrant la coordination des échelons locaux, régionaux ou départementaux et enfin la division d’appui aux opérations numériques qui regroupe les experts techniques, une quarantaine de personnels de très haut niveau comprenant dans l’immense majorité des ingénieurs et des docteurs d’État. Ils ont une compétence technique reconnue y compris à l’international.

AEF info : Le DGGN, Christian Rodriguez, indiquait en décembre 2019 que la gendarmerie tablait sur 7 000 spécialistes en son sein concernant la cybersécurité, d’ici à 2022 (lire sur AEF info). Avec la création du Comcybergend, qu’en est-il de cet objectif ?

Marc Boget : Il est atteint. L’organisation du Comcybergend s’appuie sur un réseau de 7 000 cyberenquêteurs dans les départements. Nous comptons même arriver à 10 000 à moyen terme. Dans le cadre de la transformation numérique de la gendarmerie, et du plan "Gend 20.24", le DGGN Christian Rodriguez a en effet souhaité une inflexion très forte en la matière. Désormais, 40 % des officiers au minimum sont recrutés avec un profil scientifique et des "e-compagnies", composées de gendarmes très fortement axés sur le numérique sont mises en place. Là où dans une compagnie de gendarmerie standard, le numérique représentait 8 à 9 % du volume global de formation, les e-compagnies intègrent environ 25 % de formation dans le domaine numérique.

Le DGGN a souhaité aller encore plus loin en faisant du cyber une vraie filière RH au sein de la gendarmerie. Les compétences cyber s’inscrivent désormais dans un plan de carrière des gendarmes, examiné spécifiquement pour détecter les talents, les faire monter en compétences, et les former. C’est un signal très fort donné par le DGGN qui a perçu très tôt que la prochaine crise d’ampleur sera très vraisemblablement une crise cyber.

AEF info : A qui s’adresse le commandement de la gendarmerie dans le cyberespace ?

Marc Boget : La gendarmerie est une force de proximité (lire sur AEF info). Le Comcybergend s’adresse donc à tout le monde. Si je fais un focus sur les aspects de prévention pour illustrer mon propos, j’ai trois objectifs prioritaires : les élus, les collectivités de moyenne taille – l’Anssi s’occupant des plus importantes —, et les TPE-PME.

Concernant les élus et les collectivités, le ministre de l'Intérieur vient par exemple de signer une convention tripartite avec cybermalveillance.gouv.fr, et l’AMF afin de proposer aux adhérents de cette dernière un dispositif d’autoévaluation dénommé "Immunité Cyber". Sur la base de dix questions adressées aux élus, ce dispositif, proposé par la gendarmerie, permet d’établir un diagnostic de fragilité ou de solidité numérique de chacun, avec un classement par couleurs : vert pour ceux qui sont très bien sécurisés, orange pour ceux pour lesquels il y a des choses à revoir et que nous pouvons aider en matière de renforcement de leur protection, et rouge pour ceux qui sont en danger et qui devraient venir nous voir d’urgence. Ils peuvent ainsi solliciter une brigade locale ou contacter magendarmerie.fr pour les personnes plus habitués aux médias numériques.

Dans les deux cas, nous leur fournirons les premiers conseils et messages de prévention puis, en fonction de la situation, ils pourront être redirigés vers les spécialistes en technologies numériques départementaux au sein des Solc qui se chargeront de prendre contact pour établir avec eux un audit de la situation. Là encore, en fonction des résultats, il pourra leur être conseillé de s’adresser à un prestataire privé de leur choix pour les actes de remédiation nécessaires. Cybermalveillance.gouv.fr fournit dans ce cadre, une liste d’intermédiaires reconnus pour leur sérieux qui sera particulièrement utile. Pour ceux qui malheureusement auraient déjà subi des attaques, ou des tentatives d’intrusions, la présence des acteurs cyber de la gendarmerie permettra d’entamer immédiatement les actes d’investigation judiciaire grâce aux capacités d’investigation des Solc des groupements qui pourra, le cas échéant, bénéficier de l’appui de la section de recherche et de son groupe cyber de rattachement, voire l’échelon national. C’est le principe de l’agrégation des ressources permettant une montée rapide en compétences et en puissance qui fait la force de la gendarmerie en police judiciaire plus classique que l’on retrouve ici déclinée dans le monde cyber.

Ce partenariat fort avec l’AMF n’est que le premier et d’autres partenariats sont en préparation avec l’ensemble des associations d’élus ou les régions de France par exemple, car tous sont convaincus de la nécessité d’aider leurs adhérents en matière cyber et désireux de bénéficier des capacités de la gendarmerie dans le domaine.

AEF info : Et en ce qui concerne les entreprises ?

Marc Boget : Ce dispositif de prévention s’adresse également aux TPE et aux PME. La hausse des cyberattaques a montré l’importance de protéger ces acteurs économiques (lire sur AEF info). Les grands groupes, les grandes entreprises comme Thales ou Dassault, ont une structure SSI en place, des compétences techniques et des moyens internes pour éviter que les portes soient grandes ouvertes, ce qui ne les empêchent d’ailleurs pas de pouvoir être attaqués et de pouvoir bénéficier de l’appui du Comcybergend. Une collectivité ou un hôpital de taille moyenne ont quant à eux des structures beaucoup plus légères et pas forcément les compétences et la culture du risque cyber pour se débrouiller seuls (lire sur AEF info). Nous avons la aussi la capacité de leur venir en aide.

Nous nous adressons également à nos concitoyens qui ne doivent pas être abandonnés. Un chiffre : lorsque cybermalveillance.gouv.fr a été créé, un sondage a été fait auprès des Français, en leur demandant s’ils savaient qui solliciter en cas de problème cyber. Seules 0,6 % des personnes avaient répondu par l’affirmative. Forte de ce constat, la gendarmerie s’est donc mise en posture d’être un acteur important d’aide et de soutien à la population, aux entreprises et aux collectivités de taille moyenne.

Je tiens enfin à souligner l’état d’esprit très positif des acteurs industriels français qui eux aussi, souhaitent collaborer avec le ComCyberGend. Ils sont conscients qu’au-delà des enjeux économiques, la protection des intérêts nationaux et des forces vives de la nation est l’affaire de tous.

Travailler sur le volet prévention permet de sensibiliser et de conseiller les acteurs pour les aider à se prémunir d’attaques à venir. Il s’agit donc d’un travail en amont. En disposant d’enquêteurs et d’experts techniques partout sur le territoire hexagonal comme en outre-mer, à même de gérer des affaires complexes, je travaille sur la phase post-incident en vue de mettre hors d’état de nuire les auteurs. C’est ce qui fait la force de la gendarmerie : cette capacité à couvrir tout le spectre et à mobiliser les bonnes ressources au bon moment.

AEF info : La police nationale a elle-même plusieurs structures en matière de lutte contre la cybercriminalité. Comment vous coordonnez-vous ?

Marc Boget : Chacun travaille sous l’autorité de la section J3 du Parquet de Paris, spécialisée dans la cybercriminalité (lire sur AEF info). Le livre blanc sur la sécurité intérieure a par ailleurs promu la naissance d’un nouvel acteur sous la forme d’un service à compétence nationale dédié au cyber et placé sous l’autorité du directeur général de la gendarmerie nationale (lire sur AEF info). À la demande du ministre de l'Intérieur, le DGGN a ainsi lancé les travaux visant à la création de ce service police-gendarmerie rattaché au Comcybergend.

L’objectif est d’avoir une structure qui permette globalement au ministère de mieux fonctionner en utilisant de manière coordonnée les ressources des uns et des autres. La crise du coronavirus, avec les phases de confinement et de dématérialisation généralisée, démontre, s’il le fallait encore, l’importance de fédérer les forces. Ce futur service commun permet d’offrir une vision stratégique ministérielle de haut niveau et disposera d’une capacité judiciaire sur le très haut du spectre, à même d’appuyer, au plan investigation comme au plan technique, l’action des directeurs d’enquêtes complexes de la Préfecture de police, de la police ou de la gendarmerie nationale.

AEF info : Comment allez-vous travailler avec le commandement de la cyberdéfense ?

Marc Boget : Avec le Comcyber des armées, nous avons déjà affirmé conjointement notre volonté de renforcer encore les partenariats existants. Confrontés aux mêmes difficultés techniques et au même besoin d’appréhender la menace, il est naturel que nous renforcions encore nos axes de travail communs dans de multiples domaines comme la formation, la connaissance du milieu, les actes techniques… Il est enfin incontournable que nous soyons bien en phase puisque dans le cadre de son action le Comcyber peut avoir un volet judiciaire pour lequel le Comcybergend peut prendre la suite.

AEF info : Le Comcybergend a-t-il également pour mission le risque cyberterroriste (lire sur AEF info) ?

Marc Boget : Nous ne sommes pas en première ligne sur ce sujet, faisant partie du deuxième cercle de renseignement. Néanmoins, la gendarmerie a les outils – y compris juridiques — pour travailler dessus, et avoir une capacité de détection et de récupération des informations pour les transmettre aux services spécialisés. Dans certains cas, nous pouvons mettre à contribution nos capacités techniques et logistiques au profit des services spécialisés. Nous ne sommes absolument pas en concurrence avec d’autres services comme la DGSI, mais nous pouvons agréger nos moyens pour une meilleure réponse technique, et donc opérationnelle. Dans ce domaine, comme dans d’autres, des partenariats se mettent d’ailleurs en place avec les autres services de l’État, qu’il s’agisse des services de renseignement, des douanes ou d’autres…

AEF info : Quelle place aura le Comcybergend au sein du campus cyber ?

Marc Boget : Le Comcybergend, en tant que porteur de la stratégie et de l’action de la gendarmerie nationale dans le cyberespace, bénéficiera au campus cyber d’une proximité avec les autres acteurs du ministère de l’Intérieur présents (police nationale, Préfecture de police de Paris, DGSI), mais surtout des partenaires industriels au long cours et, à venir, des acteurs de la formation et des structures universitaires du monde de la recherche. S’insérer dans cet écosystème d’innovation et d’échange offre à la gendarmerie un espace propice à la cohérence stratégique et à l’entretien de partenariats pérennes.


(1) AEF info est partenaire média du FIC 2021.

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Jean-Marie Godard, journaliste