Continuer sans accepter

Bonjour et bienvenue sur le site d’AEF info
Vos préférences en matière de cookies

En plus des cookies strictement nécessaires au fonctionnement du site, le groupe AEF info et ses partenaires utilisent des cookies ou des technologies similaires nécessitant votre consentement.

Avant de continuer votre navigation sur ce site, nous vous proposons de choisir les fonctionnalités dont vous souhaitez bénéficier ou non :

  • Mesurer et améliorer la performance du site
  • Adapter la publicité du site à vos centres d'intérêt
  • Partager sur les réseaux sociaux
En savoir plus sur notre politique de protection des données personnelles

Vous pourrez retirer votre consentement à tout moment dans votre espace « Gérer mes cookies ».
Revenir en haut de la page

Crise Covid, crise climatique, crises politiques : quels impacts sur les relations académiques internationales ?

"Avec cette crise sanitaire, associée au dérèglement climatique et aux crises politiques, la mobilité étudiante et scientifique fait sans doute face au plus grand défi de ce siècle", estime Laurence Marion, DG de la CIUP, lors d’une garden party de rentrée organisée par AEF info à la Cité internationale, le 31 août 2021. M. Peyraud (MEAE), P. Goujet (CampusFrance), P. Tapie (Paxter) et L. Abbadie (Sorbonne U) ont évoqué les conséquences de ces différentes crises sur les relations académiques internationales, et Frédérique Vidal a abordé les enjeux de la présidence française de l’UE en clôture.

   Merci de découvrir AEF info !

Cette dépêche est en accès libre.

Retrouvez tous nos contenus sur la même thématique.

Tester AEF info pendant 1 mois
Test gratuit et sans engagement
  • Thématiques
  • Coordonnées
  • Création du compte

Thématiques

Vous demandez à tester la ou les thématiques suivantes*

sur5 thématiques maximum

1 choix minimum obligatoire
  • Enseignement / Recherche
  • 👁 voir plus
    ✖ voir moins

Fréquence de réception des emails*

Un choix minimum et plusieurs sélections possibles. Vous pourrez modifier ce paramétrage une fois votre compte créé

Un choix minimum obligatoire

* Champs obligatoires

Coordonnées

Renseignez vos coordonnées*

Veuillez remplir tous les champs
Votre numéro de téléphone n'est pas valide

* Champs obligatoires

Création de compte

Tous les champs sont obligatoires
Votre adresse e-mail n'est pas valide
Seulement les adresses e-mails professionnelles sont acceptées

Cette adresse vous servira de login pour vous connecter à votre compte AEF info

Votre mot de passe doit contenir 8 caractères minimum dont au moins 1 chiffre
Ces mots de passe ne correspondent pas. Veuillez réessayer

Votre mot de passe doit contenir 8 caractères minimum dont 1 chiffre

En validant votre inscription, vous confirmez avoir lu et vous acceptez nos Conditions d’utilisation, la Licence utilisateur et notre Politique de confidentialité

* Champs obligatoires

Valider

Merci !

Nous vous remercions pour cette demande de test.

Votre demande a été enregistrée avec l’adresse mail :

Nous allons rapidement revenir vers vous pour vous prévenir de l’activation de votre nouvel accès.

L’équipe AEF info


Une erreur est survenue !

Une erreur est survenue lors de l'envoie du formulaire. Toutes nos excuses. Si le problème persiste, vous pouvez nous contacter par téléphone ou par email :
 service.clients@aefinfo.fr  01 83 97 46 50 Se connecter

Intervention de Frédérique Vidal lors de la 'garden party' organisée par AEF info le 31 août 2021, à la Cité internationale universitaire de Paris. AEF

"Qui l'eût cru il y a seulement deux ans ?", s’interroge Laurence Marion, déléguée générale de la CIUP, lors d’une garden party de rentrée, organisée par AEF info en partenariat avec la Cité internationale, le 31 août 2021 dans les jardins de la Fondation Deutsch de la Meurthe. "Je ne vous cache pas le plaisir que nous éprouvons à préparer une nouvelle rentrée, à croiser à nouveau des étudiants avec des valises, ce que nous n’avions pas vu depuis quelque temps – trop de temps – et je suis sûre que vous partagez cette joie", témoigne Laurence Marion. "Avec cette crise sanitaire, associée au dérèglement climatique et aux crises politiques, la mobilité étudiante et scientifique fait face sans doute au plus grand défi de ce siècle", estime-t-elle.

La zone indo-pacifique : "priorité présidentielle" (M. Peyraud)

Premier intervenant d’une conférence intitulée "Crise Covid, crise climat, crises politiques : comment repenser l’international pour la prochaine décennie ?, Matthieu Peyraud, directeur de la culture, de l’enseignement, de la recherche et du réseau au MEAE, revient sur les conséquences des recompositions géopolitiques actuelles sur les coopérations scientifiques des établissements français. Après avoir rappelé les principes qui guident l’action de la diplomatie française dans le secteur de l’ESR, Matthieu Peyraud précise quelles sont les "grandes zones de projection" du pays.

 

"Nous portons un agenda spécifique, propre, français, dans la zone indo-pacifique où se joue l’avenir du monde."

Matthieu Peyraud (MEAE)

 

Il cite d’abord la zone indo-pacifique qui est, dit-il, "une zone stratégique et une priorité présidentielle". Dans un contexte où les puissances régionales, et notamment la Chine, investissent de plus en plus dans cet espace, Matthieu Peyrraud estime que "la France doit être davantage présente et mieux représentée dans les pays de la zone indo-pacifique".

"Nous sommes à la recherche de coopérations équilibrées, respectueuses des valeurs universelles de l’intégrité scientifique, des libertés académiques et au service du développement de l’intégration régionale", développe-t-il. "Nous portons un agenda spécifique, propre, français, dans cette zone où se joue l’avenir du monde."

Autres priorités évoquées : l’Afrique subsaharienne, d’une part, "qui concentre tous les enjeux pour la France : enjeux économiques, culturels, sécuritaires, migratoires" ; et l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, d’autre part. Dans cette dernière zone, "l’horizon nouveau est celui des pays du Golfe", explique Matthieu Peyraud. "Je pense en particulier à Abu Dhabi, avec la réalisation de la Sorbonne et je pense aussi à l’Arabie Saoudite", poursuit-il. "Cela fait partie des partenaires avec lesquels nous avons de nouveaux projets, avec des financements importants et une vraie envie des partenaires d’accueillir l’expertise française".

quelle politique de coopération académique avec la Chine ?

 

Matthieu Peyraud cite le triptyque "validé au niveau européen" d’après lequel la Chine est "un partenaire, un concurrent et un rival systémique". Si la France doit "continuer à nouer des partenariats", il faut, dit-il en citant Jean-Yves le Drian, "sortir du temps de la naïveté". "On a peut-être beaucoup donné, peut-être pas toujours en étant suffisamment attentifs. […] C’était la course à l’échalote car tout le monde voulait des partenariats avec les Chinois, donc on était, non pas en concurrence avec eux, mais entre nous", raconte Matthieu Peyraud.

Malgré la vigilance à adopter, "on peut tout à fait continuer à développer des partenariats avec la Chine, mais en étant un peu plus conscients de ce que cela veut dire". En effet, explique-t-il, "il y a des principes sur lesquels il ne faut pas transiger comme la liberté académique et l’intégrité scientifique et il y a quelques points de vigilance autour des risques d’ingérence et d’instrumentalisation". Il évoque "quelques épisodes récents, y compris dans des universités françaises, qui amènent tout le monde à être en éveil".

Sur le risque d’ingérence, il salue le travail de la mission d’information, notamment sur les Instituts Confucius (lire sur AEF info) : "Les sénateurs font un travail approfondi extrêmement précis, qui je crois sera utile pour l’information générale". Il rappelle toutefois : "On ne peut pas vivre sans la Chine, elle est là pour longtemps et ne déménagera pas de la planète."

70 millions d’étudiants en plus d’ici à 2035

Des axes stratégiques en phase avec les projections démographiques présentées par Pierre Tapie, président fondateur du cabinet de conseil Paxter. D’après les travaux de recherche qu’il a menés avec son cabinet, la population étudiante mondiale devrait continuer à augmenter, mais "beaucoup moins vite" : "Si elle a doublé entre 2000 et 2015, elle va augmenter d’environ 37 % entre 2017 et 2035, ce qui représente 70 millions d’étudiants en plus. Sur ces 70 millions, 20 seront en Afrique, 19 en Inde et 16 en Chine."

De plus, Pierre Tapie estime que cette hausse s’accompagnera d’une tendance à "la constitution de blocs d’influence pour lesquels l’Afrique sera le jardin d’échanges principal". Aussi, il qualifie "d’événement géopolitique majeur" "la baisse de la démographie étudiante aux États-Unis". Celle-ci devrait pousser des universités américaines à "casser les prix" et à accueillir, faute d’étudiants locaux, plus d’étudiants internationaux.

les deux "atouts compétitifs" de la France selon le cabinet Paxter

"Sur les 70 millions d’étudiants supplémentaires, une bonne partie peut être sous influence française", affirme Pierre Tapie. Il fait notamment valoir les deux "atouts compétitifs" de la France. Le premier est la professionnalisation des formations françaises : "Nous avons plus de deux siècles de tradition, aussi bien dans les universités, les BTS que les écoles, de la formation supérieure professionnalisante", dit-il. Ce savoir-faire est "reconnu mondialement", insiste-t-il.

 

"La France universitaire est dramatiquement sous-financée. […] Parce que nous avons appris à vivre maigre, nous savons faire des produits dont le rapport qualité/prix est excellent."

Pierre Tapie (Paxter)

 

Le second est "paradoxalement le corollaire de notre faiblesse : la France universitaire est dramatiquement sous-financée. Nous avons tous à nous battre pour que l’investissement public et privé dans l’ESR augmente de façon très significative. Mais parce que nous avons appris à vivre maigre, nous savons faire des produits dont le rapport qualité/prix est excellent". Un savoir-faire à exporter, d’après lui, dans les pays émergents de l’ESR dont les moyens peuvent être limités.

Il appelle ainsi la France à davantage d’ambition : "Du passage en 2011 de la 3e place en nombre d’étudiants étrangers à la 6e selon les derniers chiffres disponibles – ce qui n’est quand même pas glorieux –, nous pourrions peut-être remonter, non pas à la 3e, mais la 2e position. Nous continuons à penser que c’est possible et comme il y a des gens qui sont demandeurs de France, il n’y a pas de raison de s’en priver."

Selon Pierre Tapie, il y a peu de risques que l’augmentation du nombre d’étudiants dans le monde soit freinée par l’épidémie de Covid-19. S’agissant des mobilités étudiantes, "je ne pensais pas qu’on reviendrait aussi vite à la situation de 2019", ajoute-t-il au regard des chiffres de 2021.

La reprise des mobilités en 2021, mais des stratégies nationales différenciées

 

"En termes d’attractivité, les premiers chiffres qui remontent permettent l’optimisme" pour l’année 2021-2022.

Patrice Goujet (CampusFrance)

 

En effet, d’après Patrice Goujet, chargé de mission auprès de la directrice générale de CampusFrance, "en termes d’attractivité, les premiers chiffres qui remontent permettent l’optimisme" pour l’année 2021-2022. "On peut presque parler – avec un certain nombre de précautions – d’un effacement de l’effet de la crise Covid". Le nombre de dossiers arrivés en phase "préconsulaire" sur le portail "Étude en France" s’élève à 110 000, contre 90 000 à la rentrée dernière, indique-t-il.

Selon lui, "cela nous replace à peu près au niveau de la rentrée d’il y a deux ans, la dernière avant la crise Covid". Cependant, l’origine des étudiants accueillis évolue : "La part de l’Afrique et du Moyen Orient tend à croître (70 %) alors que la part de l’Asie, vu la réaction des pays asiatiques, a baissé de 25 %."

Une stratégie qu’il compare à celle des concurrents internationaux. Les États-Unis et le Canada qui avaient opté l’année dernière pour "des mesures restrictives sur l’accueil" et "un enseignement totalement à distance", ont "assez largement remis en question" cette stratégie pour la rentrée 2021, explique Patrice Goujet. Les États-Unis ont annoncé leur volonté de rouvrir un certain nombre d’établissements, mais peinent, selon lui, à délivrer des visas. "On peut donc penser que le premier semestre sera impacté par le délai de mise en œuvre". Malgré tout, "il y a déjà plus 25 % des universités américaines qui déclarent vouloir rouvrir en présentiel, et 14 % d’entre elles imposent une vaccination".

Si le Canada suit "à peu près la même stratégie", Patrice Goujet estime qu’il se montre "plus agile". Ainsi, "le Canada a pu accueillir des flux très importants, avec par exemple une hausse de 35 % des étudiants indiens". Côté Royaume-Uni, "la situation est encore ambiguë eut égard à leur stratégie sur le Brexit", déclare-t-il. Patrice Goujet rapporte par exemple "une perte de 57 % des primo-arrivants en provenance d’Europe, très peu compensée par la hausse de 8 % des étudiants en provenance d’Asie par rapport à l’année dernière".

Quant à la stratégie "zéro Covid" choisie par l’Australie et la Chine, elle "connaît aussi ses limites". D’après lui, "ce sont autant de raisons, quand on voit la fortune de nos concurrents, de penser que la France devrait relativement bien s’en sortir cette année". 

La présidence française de l’UE est une "Très belle opportunité" (F. Vidal)

Pour clore cette conférence, Frédérique Vidal, ministre de l’ESRI, évoque ses objectifs pour la présidence française de l’Union européenne, qui commencera au premier semestre 2022. "C’est un moment essentiel pour porter cette vision d’une Europe forte et souveraine ainsi qu’un certain nombre d’objets comme les universités européennes qui peuvent aussi jouer un rôle important", déclare-t-elle. "C’est une très belle opportunité de faire rayonner l’ESRI français."

La ministre évoque deux axes qui concernent l’ESR : "D’abord, l’idée d’une Europe globale. C’est bien l’Europe qui doit porter sa souveraineté, c’est bien l’Europe qui doit être attractive", affirme-t-elle en donnant à nouveau l’exemple des universités européennes.

Le deuxième axe, qu’elle nomme "l’Europe au carré", consiste à rappeler "le lien intime du triptyque 'enseignement supérieur, recherche, innovation', en y ajoutant le mot 'société'", explique-t-elle. "Quand on a construit Horizon Europe, une des vraies questions était de faire en sorte que les citoyens européens, non seulement acceptent, mais s’approprient un programme de recherche – le plus grand programme de recherche mondial en termes d’investissement", rappelle la ministre. Pour répondre à cette problématique, "l’idée a été de présenter le programme au travers de missions". Ces dernières doivent "parler aux gens", comme les missions "énergie et décarbonation" ou encore "guérir le cancer", qu’elle cite en exemples.

Une démarche qui, d’après Frédérique Vidal, encourage la transdisciplinarité : "Il n’y a pas un seul de ces défis qui ne peut se résoudre que par une seule discipline ; c’est bien l’apport de toutes les disciplines au chevet de ces défis, de ces challenges, qui peuvent nous donner cette vision."

le rôle des universités dans la lutte contre le réchauffement climatique doit être moteur

 

Pour Luc Abbadie, directeur de l’Institut d’écologie et des sciences de l’environnement de Paris à Sorbonne université, la crise Covid a été "un épisode d’adaptation sans précédent". "La grande leçon, c’est que finalement, il est possible de s’arrêter, d’envoyer aux oubliettes la fameuse phrase qu’on a tous entendue : 'On ne peut pas faire autrement' ou 'on n’a pas le choix'". De quoi faire le rapprochement avec l’enjeu climatique ? "Avec le climat, ce qu’il se passe, au fond, c’est au ralenti ce qu’il s’est passé avec la crise du Covid et c’est en cela que nous pouvons tirer des leçons." 

Pour lui, le rôle des universités dans la lutte contre le réchauffement climatique doit être moteur : "L’engagement doit être un élément structurant de la politique des établissements, il ne s’agit pas seulement de faire des petites choses à droite à gauche ou de favoriser des initiatives individuelles, mais il s’agit d’en faire une véritable politique d’établissement."

Alors que le MESRI a confié au climatologue Jean Jouzel, avec lequel travaille Luc Abbadie, une mission sur "Enseigner la transition écologique dans le supérieur" (lire sur AEF info), ce dernier témoigne de la forte demande des étudiants sur cette question : "Le grand défi, c’est d’être capable de répondre à cette demande et de l’accompagner en termes d’acquisition de concepts de base". Mais, ajoute-t-il, "la mobilisation d’aujourd’hui n’est pas suffisante en termes de vitesse et on risque d’être complètement dépassé, car il y a une impatience extrêmement forte pour savoir, mais aussi pour agir."

Le deuxième rapport de la mission devrait être l’occasion, d’une part, de produire "une sorte de guide sur le socle de compétences et de connaissances", c’est-à-dire sur "les modes de raisonnement qui semblent appropriés pour essayer de construire cette transition écologique" ; et d’autre part, de "sélectionner ce qui nous semble être les connaissances de base pour bien comprendre les enjeux, avoir des idées nettes sur les ordres de grandeur, et aussi comprendre les mécanismes de fond". Le tout en travaillant à "rendre les concepts appropriables par le monde enseignant, quelle que soit sa culture".

à lire aussi
Fermer
Bonjour

Vous souhaitez contacter

Alice Bouviala, journaliste