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La Fresque du climat, un outil de team building et de formation pour les entreprises (Cédric Ringenbach, président)

"Je suis fier d’être dans une entreprise qui a accepté que je passe trois heures sur mon temps de travail pour parler du climat" : c’est la phrase qu’a le plus entendue Cédric Ringenbach de la part de salariés ayant participé à une Fresque du climat. Cet ingénieur, spécialisé dans le conseil en gestion de projets informatiques, s’est mis à lire les rapports du Giec à partir de 2008. Puis, pour sensibiliser le plus grand nombre aux enjeux climatiques, il a mis au point un atelier ludique de trois heures baptisé "La Fresque du climat". Beaucoup jouée dans les entreprises — mais aussi dans les associations et les écoles — elle permet à ces dernières d’améliorer leur marque employeur, de faire du team building et de former leurs collaborateurs au climat. Pour AEF info, Cédric Ringenbach revient sur la genèse du jeu et son ambition internationale qui l’amènera à la COP 26 de Glasgow.

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Cédric Ringenbach, président et fondateur de la Fresque du climat Droits réservés - DR - Fresque du climat

AEF info : Comment avez-vous eu l’idée de créer la Fresque du climat ?

Cédric Ringenbach : Depuis 2009, je donne des cours sur le changement climatique dans mon entourage professionnel et personnel. En 2009, j’enseignais le changement climatique dans mon entourage professionnel et personnel sous la forme d’une journée entière de cours. Au printemps 2015, j’ai testé un format d’atelier de deux heures avec des graphiques du Giec à remettre dans l’ordre des causes et des effets. J’ai compris que cet exercice était extrêmement efficace sur le plan pédagogique. J’écoutais les gens en train de faire l’exercice et j’ai compris ce qu’il se passait dans leur cerveau à ce moment-là : c’était exactement ce qu’il fallait pour comprendre les enjeux climatiques.

Plus tard, j’ai fait participer un plus grand nombre de personnes et je me suis rendu compte que je pouvais former des animateurs assez facilement. En 2018, j’ai fait jouer 900 étudiants du pôle universitaire Léonard de Vinci en une demi-journée, après avoir recruté 30 animateurs en deux semaines. C’était la preuve que l’on pouvait passer à l’échelle. J’ai embauché une personne avec laquelle on a structuré pendant les mois suivants les outils pédagogiques pour former les animateurs.

AEF info : Expliquez-nous le principe de la Fresque.

Cédric Ringenbach : C’est un atelier de trois heures reposant sur un jeu de 42 cartes qui sont toutes des composantes du changement climatique. Le but, c’est de les remettre dans l’ordre. Au dos des cartes se trouvent des informations. C’est un jeu collectif pour cinq à sept personnes, rassemblées autour d’une table d’un mètre sur deux sur laquelle sont posées ces cartes, au fur et à mesure. C’est fondé sur l’intelligence collective car on va lire les cartes ensemble. Hésiter, réfléchir, se tromper, se corriger, débattre. Reconstituer la fresque — cette sorte de grand graphique où toutes les cartes sont reliées les unes aux autres — est la première étape de l’exercice qui dure une heure trente.

Il y a ensuite une phase de créativité (trente minutes) lors de laquelle on demande aux participants de repasser les flèches en couleur, de choisir un titre et de faire des dessins. Cette phase est apparue spontanément avant de devenir un élément structurel de l’exercice, pour plusieurs raisons. Déjà, à la fin, on a potentiellement quelque chose de très joli accroché au mur, qui laisse un souvenir pédagogique. L’autre raison, c’est que ça fait fonctionner une partie du cerveau, plus artistique qu’intellectuelle. Le résultat ? Ce ne sont pas les mêmes personnes qui mènent la partie créative et la partie "technique" de la Fresque. Le dessin est également une façon d’exprimer les sentiments éprouvés pendant la première phase de découverte de toutes ces mauvaises nouvelles. C’est un peu anxiogène donc concrètement, les gens dessinent la Terre en train de brûler, de pleurer. C’est thérapeutique.

La dernière phase (une heure) est celle du débat, consacré aux actions climatiques que l’on pourrait mettre en œuvre à titre individuel ou collectif, au niveau politique ou au sein de son entreprise. Les gens repartent en général très motivés. Ce que produit un atelier, c’est une prise de conscience et une envie d’agir.

AEF info : A qui s’adresse l’atelier ?

Cédric Ringenbach : Il n’y a pas de public cible précis. Aujourd’hui, concrètement, la Fresque est utilisée beaucoup dans des entreprises, dans des écoles (du primaire et du secondaire), dans l’enseignement supérieur, dans des associations.

Il existe une version du jeu pour les enfants : quand on fait jouer les CM2, ils ont un jeu de 21 cartes, un peu plus simples.

AEF info : Combien y a-t-il d’animateurs de la Fresque ? Et combien de personnes y ont joué ?

Cédric Ringenbach : Il y a plus de 6 000 animateurs en France, que l’on appelle des "Fresqueurs". Ces animateurs sont censés remplir un compteur qui indique en ce moment qu’au moins 200 000 personnes ont joué à la Fresque du climat mais nous sommes probablement bien au-dessus.

AEF info : Existe-t-il une version internationale du jeu ?

Cédric Ringenbach : Depuis trois ans, le jeu existe en 25 langues et nous sommes présents dans 40 pays. En Europe évidemment mais aussi au Vietnam, en Chine, aux États-Unis, au Canada, au Brésil… Sur la version anglaise de notre site (climatefresk.org) figure une carte du monde avec nos points de contact qui sont tous des bénévoles pour l’instant. Si en France quelque 200 000 personnes ont joué, dans les autres pays il s’agit au maximum de quelques milliers de personnes. Nous voudrions nous implanter, avec la création d’équipes permanentes rémunérées, mais pour cela il faudrait des moyens financiers venant de ces pays. Nous allons profiter de la COP 26 à Glasgow du 1er au 12 novembre prochain pour faire connaître notre initiative.

AEF info : Quel est votre business model ?

Cédric Ringenbach : Nous avons créé une association qui collecte les droits d’utilisation des entreprises, des consultants qui utilisent la Fresque, ce qui génère des revenus financiers significatifs. Nous n’avons pas eu besoin de faire appel à de l’argent public.

AEF info : D’ailleurs, combien coûte l’organisation d’un atelier de trois heures ?

Cédric Ringenbach : Pour une entreprise, c’est entre 1 500 et 3 000 euros. Le tarif varie en fonction de l’expérience de l’animateur. Pour une association, cela dépend du contexte. Si une association a besoin de faire jouer ses salariés et dispose de moyens financiers, elle achètera une fresque au même titre qu’une entreprise. Si en revanche elle veut organiser un événement grand public, elle peut nous contacter et en général on viendra gratuitement avec des bénévoles.

Pour les écoles, nous cherchons à rencontrer le ministère de l’Éducation nationale et le ministère de l’Enseignement supérieur afin d’obtenir une convention. Il y a pour l’instant beaucoup de bénévolat dans les écoles primaires et secondaires. Les animateurs peuvent parfois être rémunérés au tarif de vacataires, soit quelques dizaines d’euros. Quant à l’enseignement supérieur, nous avons une offre structurée dans le cadre de l’association qui est alors prestataire. C’est entre 10 et 20 euros par étudiant.

AEF info : Quelles sont les raisons évoquées par les entreprises pour se lancer dans une Fresque du climat ?

Cédric Ringenbach : Les entreprises mettent en avant deux motivations principales. Soit cela sert à faire du team building, soit c’est envisagé comme un outil de formation demandé par la direction développement durable.

AEF info : Quelles entreprises ont participé à la Fresque du climat ?

Cédric Ringenbach : Pour vous donner quelques exemples de grands groupes, chez EDF, plus de 10 000 personnes sont "fresquées". Le groupe Bouygues a fait jouer plus de 1 000 personnes, tout comme le groupe Orange.

Plusieurs sessions sont alors nécessaires. Les premières se déroulent avec un animateur externe. Pendant ces premières sessions des salariés se forment à l’animation : la compétence est ainsi internalisée pour les sessions suivantes ! C’est ce qui est puissant avec cet outil : il a été fait pour passer à l’échelle. D’abord on joue, puis on se forme avant de pouvoir former les autres.

AEF info : Quels événements sont prévus dans les semaines à venir ?

Cédric Ringenbach : Le 16 septembre, la Fresque du climat sera à l’université de Tours pour 3 500 étudiants. Et le 27 septembre est organisée pour le cabinet de conseil Deloitte une Fresque en distanciel. Avec le Covid, nous avons dû nous adapter. Maintenant que cela existe, on laisse le choix. Cette formule permet par exemple à Deloitte de faire participer en ligne plus de 200 personnes en même temps, à travers toute l’Europe.

AEF info : Quelles difficultés avez-vous rencontrées depuis le "lancement à grande échelle" de la Fresque en 2018 ?

Cédric Ringenbach : Le projet avance très vite, avec un déploiement exponentiel. Chaque année, on fait +400 %, c’est-à-dire que l’on multiplie par cinq le nombre de personnes qui ont joué, le nombre de personnes dans l’équipe, le budget… Nous avons des problèmes de riches.

AEF info : Quelles améliorations sont à apporter au jeu ou à la gouvernance de l’association ?

Cédric Ringenbach : Nous pensons que nous avons trouvé un bon mode d’organisation pour l’association, très décentralisée. Il n’est pas exactement horizontal car il y a des décisions prises de façon verticale mais il y a une grande autonomie laissée aux organisateurs, aux formateurs, aux référents locaux. Ils savent qu’ils ont la légitimité pour faire des choses.

AEF info : Comment vous assurez-vous que tous les ateliers ont la même qualité et les animateurs, le même niveau de compétences ?

Cédric Ringenbach : Nous faisons confiance à l’autoévaluation. Et le process de montée en compétences est très cadré. Les animateurs vivent le "parcours du fresqueur" qui consiste à devenir ceinture blanche, jaune, orange. Pour les formateurs d’animateurs, il y a la ceinture verte (ils sont 200 aujourd’hui) et les instructeurs ont une ceinture bleue (20 personnes).

Ce parcours du fresqueur permet de garantir qu’en fonction de son niveau de ceinture on a les compétences pour animer ou encadrer, former les autres. On passe d’une ceinture à l’autre via une évaluation des pairs appartenant au cran au-dessus (ce sont les ceintures vertes qui vous font passer de ceinture jaune à orange). Cadré mais décentralisé.

AEF info : Vous êtes ceinture noire ?

Cédric Ringenbach : Pour l’instant, cela s’arrête à la ceinture bleue. Nous nous sommes réservé de la marge pour plus tard, peut-être créer, des ceintures marron et noires.

AEF info : Est-ce que vous avez des retours des clients ?

Cédric Ringenbach : J’ai beaucoup entendu : "Je suis fier d’être dans une entreprise qui a accepté que je passe trois heures sur mon temps de travail pour parler du climat". Pour certaines sociétés, il y a un vrai enjeu de marque employeur en montrant à ses salariés ou à ses futurs collaborateurs qu’elles sont soucieuses des enjeux climatiques.

AEF info : Outre l’enjeu de la marque employeur, quels sont les autres apports d’une Fresque à une entreprise ?

Cédric Ringenbach : L’aspect team building est intéressant parce que c’est un atelier qui permet de faire connaissance, de souder les équipes. Une Fresque facilite aussi la prise de conscience. C’est également un outil qui permet aux responsables RSE de valoriser leur travail, en convainquant leurs collègues et leur direction.

Lors de la dernière phase du jeu, celle du débat, les discussions tournent autour de ce qu’il faudrait faire. Très souvent et très rapidement, le besoin de faire jouer la direction, mais aussi les clients, les fournisseurs, les actionnaires, apparaît. Les participants sentent que nous sommes dans une économie systémique et que si on ne fait pas prendre conscience de ces enjeux autour de nous, on n’arrivera pas à faire bouger les choses. Un réseau d’entreprises de transport a ainsi décidé d’enclencher la discussion avec ses clients pour évoquer avec eux le fait que, à terme, il faudra accepter l’idée que les délais de livraison seront un peu plus longs pour optimiser la logistique et éviter que les camions ne roulent à vide.

Nous entendons aussi, lors de l’étape du débat, des entreprises dire "on aimerait bien aller vers cette solution technologique mais il n’y a pas de demande", sans avoir vraiment vérifié… Et on entend d’autres entreprises se plaindre du manque d’offre… Alors nous les mettons en relation ! C’est dans l’ADN de la Fresque : on ne le fait pas juste pour une entreprise. C’est un projet plus large que telle ou telle entreprise car il est adossé à une communauté de fresqueurs. La Fresque contribue à diffuser cette idée que le climat est un sujet qui va nous obliger à sortir de nos habitudes, à dépasser les frontières de l’entreprise pour parler aux gens autour de nous.

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Ioana Doklean, journaliste