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"Qu’il s’agisse de climat ou de biodiversité, la question désormais est celle de l’ambition politique" (A. Larigauderie)

À quelques jours de l’ouverture du congrès mondial de la biodiversité, la secrétaire exécutive de l’IPBES Anne Larigauderie espère que la France, pays hôte, enverra "un message fort à tous ceux qui œuvrent pour la biodiversité, pour le respect des pollinisateurs ou l’agriculture durable". Que ces acteurs bénéficieront de "davantage de pouvoirs", de "soutien politique" et de mesures financières "plus fortes". Car si ces pratiques sont "à encourager, souvent les actes ne sont pas à la hauteur". Celle qui est à la tête du Giec de la biodiversité depuis 2014 et vient d’être reconduite dans ses fonctions appelle notamment à la suppression des subventions néfastes et souligne que tant en matière de climat que de biodiversité, "on en sait suffisamment pour savoir ce que l’on a à faire", "la question désormais est celle de l’ambition politique plus que celle de l’information dont on dispose".

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Anne Larigauderie, secrétaire exécutive de l'IPBES IPBES

AEF info : Vous avez été reconduite dans vos fonctions de secrétaire exécutive de l’IPBES en août. Quelles sont vos priorités pour ce nouveau mandat ?

Anne Larigauderie : Ces priorités restent celles que l’IPBES avait avant cette reconduction. Il s’agit notamment de la conduite du programme de travail jusqu’à 2030, approuvé par les gouvernements, et la continuité de ses grandes priorités.

AEF info : Deux rapports de cadrage ont notamment été approuvés lors de la 8e session de l’IPBES en juin dernier. Quel est leur objet ?

Anne Larigauderie : En effet, ces deux rapports thématiques, à paraître en 2024, visent à informer l’Agenda 2030 sur les objectifs de développement durable. Le premier analysera les interactions entre les domaines de l’eau, l’alimentation, l’agriculture, la santé, le climat et la biodiversité, l’intérêt étant de réfléchir à savoir comment atteindre les ODD sur l’ensemble de ces domaines de manière simultanée. Car, et c’est l’un des grands problèmes de nos sociétés, on a traité tous ces sujets de manière indépendante et conçu des solutions qui améliorent, par exemple, la situation au niveau du climat mais aux dépens de la biodiversité. Il s’agit de rompre avec cette habitude et de mieux comprendre les synergies, les interactions entre ces différents domaines.

L’autre rapport se concentrera sur les changements transformateurs à apporter. En somme, tout ce qui peut être fait par la société pour créer un vrai changement, et analyser les diverses implications dans toutes leurs dimensions : psychologique, comportementale, sociale, culturelle, économique, politique. Cet aspect est souvent moins traité que les aspects physiques et biologiques, et cela manque.

AEF info : D’ici à 2024, l’IPBES travaille-t-elle à d’autres évaluations ?

Anne Larigauderie : En ce moment, l’instance achève deux rapports, l’un sur l’utilisation durable des espèces sauvages, l’autre sur les valeurs de la biodiversité au sens large — pas seulement économiques — et les méthodes pour mesurer ces valeurs et en tenir compte dans les prises de décision. Ces deux rapports seront publiés lors de la 9e session de l’IPBES, à l’été 2022 à Bonn (1).

Puis, l’année suivante en 2023, lors de la 10e session plénière qui se tiendra pour la première fois aux États-Unis, sera publiée l’évaluation portant sur les espèces envahissantes et leur contrôle.

AEF info : La pandémie a-t-elle fait perdre à la biodiversité l’élan qu’elle était en train de gagner début 2020, à la veille d’une année qui devait être majeure sur le sujet ?

Anne Larigauderie : Jusqu’à maintenant, côté IPBES, nous avons réussi à maintenir le calendrier de publication annoncé, mais c’est compliqué. La dernière plénière en mode virtuel a duré non pas une mais deux semaines et sur différents fuseaux horaires. Par ailleurs, certains experts qui produisent les rapports ne se sont pas vus depuis deux ans ! Or, ce n’est pas la même chose de travailler via Zoom ou téléphone qu’en se voyant, la dimension humaine est très importante. Donc les travaux avancent, mais il est temps que cela s’arrête. D’ailleurs, nous souhaiterions que pour les évaluations à paraître en 2023, au moins une réunion physique des auteurs puisse se tenir en 2022, avant la session finale d’approbation.

Plus globalement, je dirais que oui, le sujet s’est maintenu en haut de l’agenda international. Pour y contribuer, l’IPBES a publié dans l’année un rapport issu d’un atelier de travail sur les liens entre pandémie et biodiversité, suivi d’un rapport publié en commun avec le Giec. La COP 26, en fin d’année, va aussi mettre en lumière les liens entre biodiversité et climat. Les problèmes environnementaux étant liés au changement climatique et à l’érosion de la biodiversité, ces sujets sont désormais inéluctables !

AEF info : A ce propos, quelle est votre réaction face aux conclusions du premier volet du sixième rapport d’évaluation du Giec sur les éléments scientifiques du changement climatique ?

Anne Larigauderie : Ce document donne des informations qui accentuent encore l’inquiétude que l’on peut avoir au sujet de l’impact du changement climatique sur la biodiversité. La certitude est renforcée quant au rôle humain dans le changement climatique et l’on sait désormais ce que l’on a à faire — on ne devrait d’ailleurs pas avoir besoin d’un nouveau rapport pour cela… Qu’il s’agisse de climat comme de biodiversité la question désormais est celle de l’ambition politique plus que celle de l’information dont on dispose. On en sait suffisamment pour savoir ce que l’on a à faire, il faut le faire ! Et le faire en s’appuyant sur l’élan bien plus important qui existe au niveau de la société civile, du secteur privé. Car si les États doivent donner l’élan et ouvrir la voie, ils restent trop timides dans de nombreux pays.

AEF info : Le congrès mondial de la nature est sur le point de s’ouvrir, qu’en attendez-vous ?

Anne Larigauderie : Ce congrès de l’UICN va donner un nouvel essor, apporter encore de nouvelles informations sur l’état de la biodiversité et redonner un élan supplémentaire à cette question, juste avant la COP 15 dont on sait désormais qu’elle sera divisée en deux parties. L’une, administrative, en octobre, et l’autre à Kunming en avril-mai 2022. C’est une étape importante sur ce chemin, comme cela était prévu il y a maintenant deux ans.

La France accueille ce congrès mondial, j’espère donc que le pays hôte va envoyer un message fort à tous ceux qui œuvrent pour la biodiversité, comme par exemple pour le respect des pollinisateurs ou l’agriculture durable. Qu’elle va leur donner davantage de pouvoirs, les mettre davantage en capacité par un soutien politique et des mesures financières plus fortes. Il faut encourager ces pratiques or souvent les actes ne sont pas à la hauteur. Par exemple, sur les subventions néfastes qui encouragent des pratiques qui polluent et qui sont bien documentées, il faut agir, non pas dans quatre ou six ans mais maintenant ! Et parvenir à résister aux questions politiques du moment, qui ne répondent qu’à des visions de court terme, pour emmener la société vers quelque chose de nouveau.

AEF info : En prévision de la COP 15, un nouveau texte de négociations a été dévoilé le 12 juillet dernier. Quel regard y portez-vous ?

Anne Larigauderie : Cette version comporte davantage de chiffres et encore plus de concret. Mais l’important sera de mettre à disposition des moyens pour permettre de mettre en œuvre ce nouveau cadre, car c’est ce qui a manqué pour le précédent cadre de 2010. Il y avait des objectifs trop généraux et trop peu chiffrés, aucun programme permettant de mettre en place un suivi en temps réel des objectifs à court et moyen terme. Cela est maintenant prévu avec le "monitoring framework" [cadre de suivi]. La convention sur la diversité biologique fait ce qu’elle peut pour apprendre du passé et mettre en place un texte ambitieux, fondé sur les données de l’IPBES en reprenant la classification des cinq facteurs directs d’érosion de la biodiversité établis dans l’évaluation mondiale de 2019 — changement d’utilisation des terres, surexploitation, changement climatique, pollutions et espèces exotiques envahissantes — et en y associant des indicateurs pour mesurer ces menaces et essayer de les endiguer. De ce point de vue, c’est une réussite. On a réussi à établir ce partenariat avec la convention, sur le même modèle que le Giec et la Ccnucc. C’était notre ambition dès le départ et nous y sommes parvenus.

AEF info : Vous évoquez le Giec. Est-il prévu qu’à l’avenir les deux instances travaillent davantage en commun ?

Anne Larigauderie : C’est le sens de l’histoire que de travailler davantage ensemble, la division entre climat et biodiversité est artificielle, institutionnelle, et d’ailleurs, dans les faits, de nombreux chercheurs font déjà le lien puisqu’ils sont impliqués à la fois au sein du Giec et de l’IPBES. Nous avons pour mandat de poursuivre les travaux en commun en se fondant sur la première collaboration dont les résultats ont été publiés en juin. Il pourrait donc éventuellement y avoir à l’avenir une évaluation menée en commun, nous allons en discuter dans les années qui viennent avec le Giec, afin de voir ce qu’il serait possible de faire. D’autant que le deuxième groupe de travail du Giec, qui étudie les impacts du changement climatique, l’adaptation et les vulnérabilités, publiera son rapport en février 2022. Ce document comprendra quelques éléments sur les liens entre biodiversité et réchauffement, dont l’IPBES tiendra compte dans ses futurs rapports.

(1) La réunion devrait probablement se tenir à Bonn en juillet 2022.

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