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The Shift Projet anticipe le "déclin irréversible" des principaux producteurs de pétrole de l’UE dès 2030

Publiée jeudi 27 mai, la nouvelle étude du Shift Project établit un diagnostic préoccupant de la production et des réserves des seize pays fournissant la quasi-totalité des approvisionnements en pétrole de l’Union européenne. Leur déclin apparaît ainsi "irréversible" dès 2030 au regard de la taille des champs actuellement exploités et de la raréfaction de nouvelles découvertes. "Aucun potentiel de développement" ne semble à même d’enrayer cette tendance selon le think-tank qui évoque plusieurs variables, dont la volatilité des prix du baril, et appelle au "réalisme".

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The Shift project alerte sur le risque d'approvisionnement futur de l'UE dans une étude publiée le 27 mai.

D’ici 10 ans, l’Union européenne manquera très probablement de pétrole. Prolongeant un précédent travail publié en juin 2020, qui alertait déjà sur la possibilité d’un "pic pétrolier" dans les années à venir (lire sur AEF info), The Shift Project alerte sur les "risques d’approvisionnement futurs" des 27 États membres dans une nouvelle étude, commandée par le ministère des armées et publiée le 27 mai 2021.

"Déclin irréversible"

L’enjeu est celui de la "pérennité des réserves pétrolières" du Vieux continent, explique Mathieu Auzanneau, directeur du think-tank en préambule de la conférence de presse du jour. L’UE est, de fait, le premier importateur mondial d’or noir aux côtés de la Chine (près d’1/10e de la production mondiale soit environ 550 000 millions de litres d’hydrocarbures), et dépend aujourd’hui presque intégralement de 16 pays (1), dont la Russie (30 % de l’approvisionnement total en pétrole brut en 2018), l’Irak (8,7 %) ou encore l’Arabie saoudite (7,4 %).

Les années 2020, déjà marquées par les effets de la crise sanitaire, ne présentent qu’une "contrainte d’approvisionnement tendancielle très limitée", précise Olivier Rech, consultant et auteur principal de ce travail. "On peut anticiper un retour à une relative normalité mais avec une production légèrement inférieure à ce qu’on a connu, entre 4 et 10 % de moins", ajoute-t-il. Mais la production totale de ces fournisseurs "risque de s’établir dans le courant de la décennie 2030 à un niveau inférieur de 10 à 20 % à celui atteint en 2019, faute de réserves suffisantes", souligne l’étude, parlant même d’un "déclin irréversible" de leur production. À titre d’exemple, le Kazakhstan, premier fournisseur de la France (15,4 %), verrait même sa production baisser de 40 % d’ici à 2050.

"Raréfaction" de nouveaux gisements

S’appuyant sur les données fournies par la société norvégienne Rystad Energy, source de référence dans ce domaine, qu’il a retravaillées pays par pays, le think-tank explique cette tendance par "deux phénomènes symptomatiques". D’abord la taille des champs pétroliers découverts et mis en production "tend à décroître au fil du temps". "Nous sommes face à un marqueur de l’exploitation d’une ressource non-renouvelable. Plus le temps passe, plus les ressources sont exigeantes, de taille réduite, dont l’accessibilité pose de plus en plus de problèmes, en particulier sur l’offshore profond [au moins 500 mètres]", précise Olivier Rech, également auteur de plusieurs éditions du World Energy Outlook de l’AIE.

Également en cause, l’allongement du délai, observé dans tous les pays, entre la découverte de nouveaux gisements et leur mise en production, une situation due à la "raréfaction" de champs de qualité de par leur situation géographique, la nature de leur fluide ou encore le mode d’exploitation viable. "On met en production aujourd’hui des champs qui ont été découverts durant les années quatre-vingt", précise Olivier Rech ajoutant que 70 % des exploitations découvertes au sein des 16 pays fournisseurs de l’UE ont déjà été utilisées. Le décalage est devenu flagrant au niveau mondial ajoute Marc Blaizot, ingénieur géologue et ancien directeur de l’exploration de Total : "Les découvertes des dernières décennies correspondent à 3 milliards de barils par an alors qu’on en consomme près de 35 milliards".

Dans ce contexte, l’Arabie saoudite, l’Irak et l’Iran se tailleraient "la part du lion", souligne Marc Blaizot, expert associé au projet. Premières réserves d’or noir au monde, l’Arabie Saoudite atteindrait ainsi, en 2030, un "niveau record" selon le Shift, avec 3,7 milliards de barils contre 3,6 en 2019, malgré des coûts de production en hausse, ce qui est "considérable" par rapport aux autres pays fournisseurs. Le pays subirait ensuite une baisse, limitée, de 20 % en 2050.

Prix du baril, facteur "déterminant"

Le prix du baril du brut constitue un facteur d’incertitude "déterminant" pour permettre ces nouvelles découvertes, expose par ailleurs Marc Blaizot. Selon lui, il doit atteindre un "minimum" compris entre 80 et 100 $ pour motiver des explorations devenues plus coûteuses. "Beaucoup de champs pétroliers, qui ne sont aujourd’hui pas économiques, peuvent le devenir", complète Alain Lehner, ingénieur et ancien président du comité gisement de Total, pour qui les réserves peuvent varier jusqu’à 20 % en fonction de l’évolution des prix.

Dans plusieurs scénarios révisés, Rystad Energy a estimé que le baril pouvait monter progressivement de moins de 40 $ entre juin et novembre 2020 à 70 $ en 2030 puis 90 $ en 2040 avant d’avoisiner les 120 $ en 2050. Mais le marché pétrolier, ébranlé par la crise sanitaire et son impact sur la consommation mondiale, reste soumis à une "incertitude élevée".

Autres points soulevés pouvant influencer le niveau des réserves de ces pays, celui du volume disponible sur le marché mondial et du niveau de la demande. Or, de nouveaux grands consommateurs, en tête desquels la Chine et l’Inde, se retrouvent "en concurrence" dans leur approvisionnement en brut avec les pays développés, bouleversant dès lors les équilibres. "L’augmentation de la consommation domestique de bon nombre de pays exportateurs tend en outre à réduire graduellement leur capacité d’exportation, exacerbant ainsi le risque de contraintes s’exerçant sur les pays importateurs nets", complète l’étude.

"Appel au réalisme"

Plusieurs thématiques n’ont toutefois pas été traitées dans l’étude, comme les implications géostratégiques des pays fournisseurs ou la stratégie des compagnies pétrolières qui conservent "un rôle majeur dans l’évolution du marché énergétique", précise le consultant Olivier Rech. De fait, les majors, dont la plupart ont entamé leur mue en réorientant leurs activités vers les énergies renouvelables ou le gaz, sont "confrontées à des injonctions fortes de diminuer drastiquement leurs émissions de CO2", rappelle Matthieu Auzanneau. Ainsi, Shell vient d’être condamnée par le tribunal de La Haye à réduire ses émissions de 45 % d’ici à la fin de 2030, la multinationale ayant été mise en cause pour ses activités climaticides (lire sur AEF info).

Pour autant, le pétrole reste la première source d’énergie mondiale et continue de fournir plus de 90 % de l’énergie nécessaire aux transports. "L’humanité n’est pas en train de sortir du pétrole. On est très loin des objectifs affichés par l’accord de Paris", insiste le directeur du Shit Project, parlant d’une "dissymétrie très nette entre les objectifs et les actes". "Notre travail est un appel au réalisme. Il faut avoir en tête la vitesse à laquelle la baignoire se vide", conclut-il.

(1) Par ordre décroissant d’importance à cette date : la Russie, l’Irak, l’Arabie Saoudite, la Norvège, le Kazakhstan, le Nigéria, la Libye, l’Azerbaïdjan, l’Iran, le Royaume-Uni, les États-Unis, le Mexique, l’Algérie, l’Angola, le Koweït et l’Égypte.

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Antoine Corlay, journaliste