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Les campus face à la pandémie. La menace d’une rentrée surchargée obscurcit l’embellie du mois de mai (chronique 9)

Le supérieur n’a pas pu en profiter pour rattraper le temps perdu, mais le "joli mois de mai" aura été à la hauteur de sa réputation, permettant de renouer avec un début de normalité. Si les campus restent vides, sauf ceux qui accueillent des oraux de concours, la pression est un peu redescendue, en particulier celle qui pesait sur les étudiants, témoignent les interlocuteurs d’AEF info dans cette avant-dernière chronique. Mais les préoccupations pour la rentrée n’en demeurent pas moins vives : sur le plan sanitaire bien sûr, avec des appels répétés à vacciner massivement les étudiants pour leur permettre de retrouver une vie sociale, et sur le plan financier ensuite. Car les effets de la crise ne se résument pas à un nombre de malades : un bac plus généreux, des réorientations nombreuses et une démographie étudiante en hausse pourraient faire exploser un système "arrivé au bout".

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En mai, la sociabilité a pu enfin reprendre un peu ses droits. (Illustration : campus de l'université Grenoble Alpes.) Université Grenoble Alpes

Jusqu’ici, tout va bien. Le reflux épidémique semble vouloir durer et les terrasses, devenues le symbole de la liberté, sont à nouveau animées. "On a moins de retours d’étudiants en détresse, et le déconfinement aide", note Esteban Bougeard, vice-président étudiant à Paris-I, le 4 juin 2021.

Certes, la date du 19 mai – à laquelle les établissements d’ESR étaient autorisés à repasser à une jauge de 50 % de leurs capacités d’accueil – ne restera pas gravée dans les mémoires : "Nous touchons à la fin de l’année, donc cette mesure n’a pas changé grand-chose, d’autant que nos élèves de 2e et 3e années sont partis en stage", observe Jean-François Hamet, DG de l’Ensicaen, le 25 mai. L’école d’ingénieurs normande n’accueille plus qu’une seule promotion dans ses locaux.

"Au 19 mai, la majorité de nos examens était déjà passée, il nous reste uniquement les examens de seconde session : le campus est vraiment vide", renchérit Patrick Courilleau, vice-président Formation et vie étudiante de CY Cergy Paris université, le 28 mai.

des oraux sur site moins festifs que d’habitude

Les seuls campus réellement animés, en ce début juin, sont ceux des grandes écoles qui ont choisi de faire passer leurs oraux d’admission en présentiel. Comme Audencia, qui se félicite de cette audace : "Avec l’accueil des candidats, le campus a repris vie", raconte Christophe Germain, le DG. "Ils sont ravis de venir sur site, de visiter l’école et la ville. Ça fait du bien."

Bien sûr, l’ambiance est moins festive qu’habituellement : cette année, pas de grands groupes d’étudiants invités au restaurant, ni de chorégraphies dans des amphis surchauffés pour séduire les impétrants. "Les moments de convivialité se font dehors et suivant un protocole", dit le directeur, qui constate malgré tout "un taux de présence des candidats supérieur aux années précédentes". 

Les appels à vacciner les étudiants avant la rentrée se multiplient

Les esprits sont dorénavant tournés vers la préparation de la rentrée, que l’on aimerait différente de la précédente. De Reims à Toulouse, en passant par Strasbourg, la priorité est donnée à la vaccination des étudiants, condition jugée sine qua non à une reprise paisible au mois de septembre.

Le lundi 7 juin, l’université de Reims Champagne-Ardenne et la communauté urbaine du Grand Reims, avec l’aide de la ville, ont ainsi organisé une "journée spéciale vaccination pour les étudiants", avec 2 000 doses disponibles et une salle spécialement dédiée à ce public. La veille, les présidences d’universités et les directions d’écoles de l’Université de Toulouse et du Crous lançaient, au travers d’une tribune, un appel "pour une vaccination massive de la communauté étudiante pour faciliter une rentrée en présentiel".

"Je pense que les étudiants auront envie de se faire vacciner pour gagner en liberté, afin de se retrouver ou se déplacer", indique Valérie Gibert, DGS de l’université de Strasbourg, à AEF info. "Nous travaillons actuellement avec l’ARS pour mettre sur pied un système de 'coupe-file' pour les étudiants dans les centres de vaccination. Les publics prioritaires sont les étudiants partant en mobilité à l’étranger – nous espérons que le système sera opérationnel à compter du 14 juin – et les étudiants étrangers qui doivent nous rejoindre en septembre."

la qualité de l’air devient une préoccupation

Si la vaccination du plus grand nombre est vue comme le meilleur rempart contre une nouvelle année chaotique, beaucoup d’établissements n’en négligent pas moins les moyens plus modestes de sécurisation. Sorbonne Paris-Nord a ainsi nommé une référente "maîtrise de la qualité de l’air", tandis que CY Cergy Paris université vient de passer commande de 150 capteurs mobiles de CO2 – "à 29,32 € TTC pièce", précise Patrick Courilleau. "Ils font la taille d’une brosse de tableau, et les enseignants les emmènent dans les salles de TD quand ils font cours. Sur le long terme, nous ne sommes pas sûrs que ce soit réellement utile d’en installer dans toutes les salles, c’est pour cela que nous avons fait ce choix."

L’Unistra adopte la même stratégie : pas de capteurs fixes, mais une dizaine de capteurs mobiles sont actuellement testés pour affiner les préconisations de rentrée. "Au vu des premiers résultats, nous n’avons pas d’inquiétude, l’aération est très efficace", observe Valérie Gibert. "Mais cela permet de rassurer la communauté et de mieux connaître nos locaux."

une rentrée "normale" ?

Beaucoup veulent croire cependant à une rentrée "normale". Neoma BS a annoncé mi-mai qu’elle se projetait sur un retour "en 100 % présentiel", "pour réapprendre à vivre ensemble", avant d’enclencher un "nouveau modèle pédagogique présentiel/distanciel" en janvier 2022 (lire sur AEF info). La confiance affichée est telle que l’école n’a prévu aucun investissement pour des capteurs CO2 : "Nous devons faire des arbitrages, et nous préférons nous équiper en salles hybrides", tranche Delphine Manceau, la DG.

À Audencia aussi, le scénario n’intègre aucune autre adaptation que les "précautions" déjà mises en place en 2020. "Les étudiants attendent du présentiel, donc on ne change rien par rapport aux emplois du temps d’avant la crise, à la différence qu’il faudra maintenir des sessions parallèles en distanciel pour les étrangers qui ne pourront pas venir", souligne Christophe Germain. "On imagine que ce sera difficile pour les Indiens, notamment." Le pays est en effet sur la "liste rouge" du MEAE, comme l’Afrique du Sud, l’Argentine, le Brésil ou la Turquie, où de strictes restrictions de voyage s’appliquent.

"éviter d’avoir à nouveau des photos d’amphis bondés"

Les universités sont à ce stade plus précautionneuses. "On espère aussi le présentiel à 100 %, mais on se prépare quand même à un plan B, car des incertitudes subsistent", indique Arnaud Giacometti, président de l’université de Tours, le 26 mai. "On a mis en place des groupes de travail pour voir quelles avaient été les difficultés quand nous avons fonctionné en semaines A/B, et pour partager les bonnes pratiques, de manière à être prêts si cela devait se reproduire."

Même approche à CY Cergy Paris université, qui "travaille toujours sur deux scénarios : une rentrée en 100 % présentiel avec possibilité de diminuer si le contexte sanitaire l’oblige, ou commencer en demi-jauge et remettre du 100 % présentiel vers début novembre, si tout va bien", décrit Patrick Courilleau, qui avoue "préférer le deuxième scénario". Quant à Esteban Bougeard, VP étudiant de Paris-I, il aimerait "essayer d’éviter d’avoir à nouveau des photos d’amphis bondés à la rentrée"…

quid du télétravail l’année prochaine ?

Quelques établissements signalent aussi réfléchir à la suite à donner aux longues expériences de télétravail qui ont marqué l’année 2020-21. Les personnels, enseignants ou non, envisagent-ils de rester plus souvent à la maison à l’avenir ? Le paysage est contrasté. Pour Xavier Sense, directeur de l’IUT Paris Rives de Seine (Université de Paris), chez les enseignants et enseignants-chercheurs, des habitudes ont été prises et "le retour à des pratiques dites normales ne sera pas immédiat".

 "Certains collègues enseignants ont trouvé un bénéfice au distanciel et certains, en nombre assez marginal il est vrai, demandent s’il sera possible d’effectuer une journée en distanciel à la rentrée", rapporte-t-il. "Nous ne refusons pas d’emblée ces demandes, mais nous ferons un accompagnement pour alerter sur les difficultés organisationnelles que cela pose. Certains cours très magistraux s’y prêtent bien. Mais autant enseigner à 100 % sous une seule modalité (tout-distanciel ou tout-présentiel) est relativement simple à organiser, autant le mode hybride est beaucoup plus complexe", relève-t-il.

Quant au télétravail des personnels non enseignants, il sera déployé "à partir de septembre". "C’est bien du 'travail à distance' et non du 'télétravail' au sens réglementaire, qui est pratiqué à l’IUT", précise-t-il. "Cela se fera probablement 1 ou 2 jours par semaine pour certains, mais il y a des métiers qui ne s’y prêtent pas, comme bibliothécaire, membre du service de scolarité, logistique et technique, etc."

"les demandes de télétravail concernent une minorité" (A. Giacometti)

À l’université de Tours, "les demandes de télétravail concernent une minorité d’enseignants-chercheurs", observe Arnaud Giacometti. De plus, si un retour à la normale est possible, il "invitera tous les enseignants-chercheurs à revenir sur site pour la rentrée", ce qui permettra de gérer plus facilement le distanciel par la suite s’il devait s’imposer. "On n’envisage pas un système à la carte si le présentiel est possible à 100 %", ajoute-t-il

Pas d’engouement non plus pour l’enseignement à distance chez les enseignants-chercheurs strasbourgeois, où la DGS n’a pas enregistré de demande pour en faire davantage. Elle rappelle qu’ils ont une obligation de résidence et qu' 'un minimum de présence des enseignants sur site est indispensable pour la cohésion des équipes pédagogiques et l’accompagnement des étudiants". "Tout cela doit se faire dans le dialogue."

En revanche, du côté des personnels administratifs, le télétravail séduit davantage. "On réactive donc notre protocole d’établissement, qui permet deux jours de télétravail par semaine, avec trois formules possibles : deux jours fixes par semaine, des jours fixes et 5 jours flottants ou 40 jours flottants", décrit Valérie Gibert. "Un protocole est élaboré pour chaque agent, signé par lui, son N+1, le DRH et moi-même."

la santé mentale des étudiants reste un sujet d’attention 

Autre leçon qui semble avoir été bien retenue : Covid ou pas Covid, il faut s’équiper pour répondre au mal-être étudiant. Cergy recrute ainsi, en ce moment, deux psychologues supplémentaires à mi-temps, tandis qu’Audencia souhaite embaucher "de nouveaux personnels chargés de l’accueil et l’accompagnement des étudiants dans leur vie de tous les jours : logement, petit boulot, démarches administratives, bourses, écoute et soutien psychologique, etc.". "Cela existe déjà à l’école, mais avec du personnel qui a d’autres fonctions à côté", dit Christophe Germain. "Là, une ou deux recrues seront dédiées à cette tâche."

 

"Nous recevons les étudiants tuteurs tous les 15 jours et nous sommes frappés de leur force de proposition et de leur inventivité."

Xavier Sense, directeur de l’IUT Paris Rives de Seine

 

À l’IUT Paris Rives de Seine, c’est le dispositif "tuteur en période de Covid" qui sera renouvelé. 12 étudiants de l’IUT y ont contribué cette année. "Nous avons demandé à ces étudiants s’ils souhaitaient poursuivre et ils ont dit oui", raconte Xavier Sense, le directeur.

"C’est amusant, quand ils parlent des étudiants qu’ils accompagnent, ils disent 'mes étudiants', comme le font les enseignants ! Nous les recevons tous les 15 jours et nous sommes frappés de leur force de proposition et de leur inventivité." Xavier Sense signale aussi le dispositif de "premier secours sur le volet mental" mis en place à l’échelle de l’université. "Une chose est certaine, il faudra continuer cet accompagnement et ne pas l’arrêter du jour au lendemain. Le confinement a duré trop longtemps pour cela."

À l’université de Tours, on pense aussi aux personnels, très sollicités cette année : "Notre service de santé est épuisé par cette année universitaire particulièrement difficile. On essaye de voir si on peut faire un geste pour ces personnels, qui ont vraiment été en première ligne", dit son président. "Il est possible qu’à la rentrée, la souffrance que certains ont pu ressentir ne disparaisse pas comme ça. Je pense qu’il y aura encore besoin d’accompagnement." Se pose aussi la question du maintien des aides d’urgence délivrées par le SSU. "La crise sociale n’est pas non plus derrière nous, je pense même qu’elle est plutôt devant", ajoute Arnaud Giacometti. "On aura encore à maintenir nos aides d’urgence de tout type à la rentrée."

le manque de moyens donne des sueurs froides aux universitaires

L’horizon est d’autant plus inquiétant que, si la crise sanitaire est tenue à distance en septembre, l’état financier de l’ESR, lui, sera à coup sûr tendu. Il l’est déjà depuis plusieurs années, mais la démographie étudiante amplifie le phénomène. "Avec les probables résultats exceptionnels du bac, nous devrons faire face à une situation plus que difficile", anticipe Joël Alexandre, président de l’université de Rouen, le 28 mai. "L’université absorbe plus de 32 000 étudiants – 35 000 avec le paramédical avec des effectifs à peine constants et cela devient compliqué, même si, avec notre situation financière, je parviens à obtenir des postes aux concours", note-t-il. 

 

"Un redémarrage de l’économie suppose des jeunes formés en nombre aux nouveaux défis. On arrive au bout du système !"

Joël Alexandre, président de l’université de Rouen

 

Mais Joël Alexandre craint d’assister, "comme pour l’hôpital, à un vrai désaveu". "C’est déjà le cas sur le second degré, où il y a maintenant beaucoup moins de candidats aux concours. C’est une forte inquiétude, d’où la demande de l’Auref de donner des moyens, via la LPR, pour la partie formation comme pour la partie recherche (lire sur AEF info). Un redémarrage de l’économie suppose des jeunes formés en nombre aux nouveaux défis. On arrive au bout du système !" 

Le président de l’université normande rappelle en effet que les moyens "promis pour fin juin depuis des mois, comme l’augmentation de 10 % pour les laboratoires, les conséquences de la LPR sur la masse salariale pour les revalorisations, ou la phase 2 du DSG (lire sur AEF info)", n’ont pas encore eu de traduction concrète. 

Le Sgen-CFDT promet "des actions à la rentrée"

Le 31 mai, lors d’un entretien avec AEF info, Franck Loureiro, SGA du Sgen-CFDT, promettait d’ailleurs "des actions à la rentrée" s’il n’y avait pas d’annonce de rallonge budgétaire pour la rentrée dans le PLFR. "Les collègues n’en peuvent plus, je me fais beaucoup de souci pour leur santé. J’en ai de plus en plus qui pleurent au téléphone", témoigne-t-il.

"On nous annonce encore 30 000 étudiants de plus à la rentrée et aucun moyen pour recruter. À un moment donné, ce n’est plus possible. On est aujourd’hui à 4,4 millions d’heures complémentaires ! C’est épuisant pour les collègues : résultat, ils ne peuvent plus produire de cours avec la même qualité qu’avant, n’arrivent plus à publier suffisamment – donc progressent moins dans leur carrière et pendant ce temps-là, on dégringole dans les classements en termes de publications par rapport à nos voisins européens ! Mais les deux sont très clairement liés."

"Je suis en fin de L3 et je ne suis pas sûr d’avoir un niveau de fin de L3"

"J’ai des pressions très fortes de mes composantes qui s’inquiètent pour cette rentrée sans moyens supplémentaires", confirme Arnaud Giacometti, à Tours. "Elles demandent des Ater, pour lesquels je n’ai pas de support. J’ai une vraie inquiétude."

L’université manque de bras, non seulement parce que le nombre d’étudiants augmente, mais aussi parce que nombre de ceux qui sont déjà dans le supérieur vont avoir besoin d’aide, après le cauchemar qu’ils ont traversé. "En termes de niveau pédagogique, ce qui ressort, c’est un syndrome de l’imposteur : on a l’examen, mais beaucoup n’ont pas l’impression d’avoir le niveau", dit Esteban Bougeard, le représentant étudiant de Paris-I. "Je suis en fin de L3 et je ne suis pas sûr d’avoir un niveau de fin de L3. C’est quelque chose qui revient dans les discussions." À ses yeux, la question de la remise à niveau est donc "très importante" pour améliorer la situation actuelle. 

"Les effectifs de néobacheliers ne m’inquiètent pas – le rectorat de Versailles m’ayant confirmé que l’on aurait une petite baisse sur l’académie, et même sur l’Île-de-France – mais ce sont plutôt les solutions que l’on va pouvoir donner à ces jeunes qui me préoccupent", confie Patrick Courilleau, à Cergy, pointant notamment le cas des réorientés de cette année. "Nous risquons d’avoir des profils étudiants qui, en terminale, avaient des dossiers fragiles, qui ont eu leur bac en 2020, et qui n’ont pas forcément eu la formation qu’ils visaient pour cette raison. Il est donc à craindre que l’on ait des jeunes qui ne se soient pas beaucoup investis pendant cette dernière année." Les premiers cycles risquent d’être très encombrés. 

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Sarah Bos, journaliste