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Home| Social / RH| Fonction publique| Dépêche n°652444

Classes Talents : "Il faut donner de la visibilité aux métiers de catégorie A" (Paul-Emmanuel Grimonprez, IRA de Metz)

"Il n’y a pas qu’un chemin vers la réussite dans la fonction publique qui irait directement des QPV vers le futur INSP. Il existe d’autres chemins qui passent" aussi par les écoles du service public "qui préparent aux concours de catégorie A", plaide Paul-Emmanuel Grimonprez, directeur de l’IRA de Metz et vice-président du Réseau des écoles de service public dans une interview à AEF info (1). Selon lui, étudiants et demandeurs d’emploi d’origine modeste doivent pouvoir se projeter dans la fonction publique via des concours de catégorie B et A. C’est l’objectif des trois classes prépa labellisées "Talents" que l’IRA de Metz lance le 21 mai 2021 avec l’Enfip, l’END, le CNFPT et les universités de Strasbourg, Lorraine et Paris-Est Créteil. IGA, Paul-Emmanuel Grimonprez estime en outre que la réforme de la haute fonction publique ne garantit pas suffisamment l’indépendance des inspections.

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Paul-Emmanuel Grimonprez, directeur de l'IRA de Metz © IRA de Metz

AEF info : Les classes "Talents du service public" de Lorraine, Strasbourg et Paris-Est Créteil, portées notamment par l’IRA de Metz que vous dirigez, font partie des 74 projets sélectionnés qui verront le jour à la rentrée 2021. Quelles sont leurs particularités ?

Paul-Emmanuel Grimonprez : L’IRA de Metz s’est associé à trois autres écoles du service public (l’Enfip, l’END et le CNFPT) et trois universités (Strasbourg, Lorraine et Upec, avec lesquelles l’IRA de Metz a un partenariat de longue date) pour monter un dispositif ambitieux de trois classes "Talents" : une classe "Talents de Lorraine", une classe "Talents de Strasbourg" et une classe "Talents de Paris-Est". L’originalité de ce dispositif est d’être partenarial. Sur chacun des sites, nous allons proposer aux élèves des trois classes la possibilité de préparer les quatre concours de catégorie A : inspecteur des finances publiques, inspecteur des douanes, attaché territorial et attaché de l’État. Nous souhaitons ouvrir et pourvoir les 70 places de ces classes dès la rentrée 2021-2022 sur l’ensemble des sites.

AEF info : Qu’apporte ce nouveau dispositif par rapport aux classes préparatoires intégrées qui existaient jusqu’alors ?

 

"Nous avons considérablement élargi le nombre de diplômes et de cursus diplômants qui sont ouverts à la classe Talents. Sur le site de Lorraine, nous avons ainsi ouvert 13 cursus diplômants compatibles avec la classe Talents."

 

Paul-Emmanuel Grimonprez : D’une part, ce dispositif est beaucoup plus complet car nous ouvrons la possibilité de préparer d’autres concours que le concours de l’IRA de Metz sur chacun des sites, ce qui ouvre sur d’autres écoles. D’autre part, nous avons considérablement élargi le nombre de diplômes et de cursus diplômants qui sont ouverts à la classe Talents. Sur le site de Lorraine, nous avons ainsi ouvert 13 cursus diplômants compatibles avec la classe Talents. Nous avons bénéficié pour cela de l’investissement personnel du président de l’université de Lorraine qui a demandé à ses équipes de reformater 13 licences et masters sur quatre jours afin de libérer une journée pour permettre aux étudiants de suivre la classe Talents les lundis. Nous pensons pourvoir 35 places sur les sites de Nancy et de Metz dès septembre 2021.

Ce partenariat entre écoles du service public et universités nous a permis de répondre rapidement à l’ensemble des conditions du cahier des charges. Le tutorat va par exemple être assuré par les élèves des écoles du service public ou du réseau de chacune des écoles, celles-ci se mobilisant également pour proposer des stages adaptés en fonction du cursus des élèves. Nous allons également nous appuyer sur les écoles du service public pour fournir des ressources aux élèves des prépas Talents (notes, exercices) et sur les universités pour la formation et l’organisation de la scolarité. Les élèves seront, en effet, en formation diplômante dans les Ipag et les universités partenaires.

Il faut souligner l’investissement et l’engagement de toutes les parties prenantes lors de l’élaboration de ce projet. J’ai rarement connu dans ma vie "administrative" une telle mobilisation et la création d’un collectif aussi rapide, sachant que nous avons eu le cahier des charges en février et que nous devions répondre pour le 11 mars. Cela prouve que cet appel à projets répondait à une forte appétence. Chaque partenaire y a trouvé son compte : les écoles de service public en renforçant le lien avec les universités et en se faisant connaître dans un souci d’attractivité de leurs concours et des postes à pourvoir ; les universités en faisant valoir une politique de promotion sociale et d’orientation vers des débouchés concrets après l’université ; et les élèves des écoles de service public, enfin, à travers le tutorat pour lequel nous avons déjà des candidats.

AEF info : Vous organisez ce vendredi 21 mai une rencontre de tous les partenaires. Quel est son objectif ?

Paul-Emmanuel Grimonprez : Cette réunion de travail est une journée de lancement de nos classes Talents. Notre objectif est de réunir les partenaires physiquement puisque nous avons travaillé jusqu’à présent que de manière "virtuelle", même si, in fine, une grande partie des participants sera à distance. Nous allons approuver les conventions financières et présenter la façon dont nous allons fonctionner.

À ce jour, l’organisation des classes Talents est finalisée. Tout ce qui ne l’était pas à l’issue de notre candidature (périodes de regroupement des élèves sur un des sites des écoles partenaires, volume d’heures consacré à chacune des thématiques…) est désormais achevé depuis la remise de notre dossier.

AEF info : En quoi, selon vous, ce dispositif va-t-il réellement améliorer la promotion sociale et corriger les biais des CPI et dispositifs précédents ?

 

"L’articulation des universités avec les écoles de service public va permettre un continuum qui, nous l’espérons, amènera beaucoup plus d’élèves vers la réussite aux concours administratifs."

 

Paul-Emmanuel Grimonprez : La première différence majeure avec les dispositifs antérieurs est l’ambition qui est portée. Notre classe préparatoire intégrée ne comportait jusqu’alors que 20 élèves contre 70 pour nos classes Talents. Le second point est l’ancrage dans les universités. L’articulation de ces dernières avec les écoles de service public va permettre un continuum qui, nous l’espérons, amènera beaucoup plus d’élèves vers la réussite aux concours administratifs. La réussite se travaille et est le fruit de l’investissement des élèves dans leur préparation aux concours.

Nous nous sommes notamment associés avec l’Enfip qui propose un nombre de postes à peu près équivalent à celui des IRA. Cela doit permettre l’accès du plus grand nombre aux concours de catégorie A. Nous avons par ailleurs transformé à Strasbourg le concours d’administration générale en diplôme universitaire. Les étudiants de l’Ipag de Strasbourg qui seront dans la classe Talents bénéficieront du diplôme universitaire.

AEF info : Sciences Po Strasbourg a présenté mi-mai la réforme de ses concours de la haute fonction publique, en lien avec l’ENA (lire sur AEF info), et prévoit trois parcours labellisés "Talents". Pourquoi ne pas avoir monté un dispositif avec ces établissements ?

Paul-Emmanuel Grimonprez : Nous avons pris contact avec Sciences Po Strasbourg et l’ENA pendant la préparation des dossiers mais leur projet était déjà bien avancé. En outre, il vise des concours de catégorie A+ alors que notre projet vise des concours de catégorie A. Les deux offres sont donc complémentaires. Mais il sera possible d’envisager des passerelles à l’avenir.

AEF info : La communication sur la réforme en cours est focalisée sur les concours A+. Comment corriger le tir et comment faire prendre conscience aux étudiants mais aussi aux demandeurs d’emploi qu’ils peuvent candidater à d’autres concours ?

Paul-Emmanuel Grimonprez : L’attention collective est en effet actuellement complètement portée sur la réforme de la haute fonction publique. Or les classes Talents ne concernent pas uniquement les écoles qui donnent accès à cette catégorie. Elles sont également orientées vers les concours de catégorie A, voire des concours de catégorie B. Il n’y a pas qu’un chemin vers la réussite dans la fonction publique qui irait directement des QPV vers le futur INSP. Il existe d’autres chemins qui passent par l’ensemble des écoles du service public et notamment celles qui préparent aux concours de catégorie A.

Il est important que les étudiants et les demandeurs d’emploi d’origine modeste puissent se projeter dans la fonction publique à travers des concours de catégorie B et A, à travers des écoles moins connues que l’ENA mais qui offrent de vrais et beaux parcours de carrière. C’est d’ailleurs dans cette optique que nous avons élaboré notre projet : pour donner de la visibilité à nos métiers de catégorie A qui sont une porte d’entrée dans la fonction publique pour certains et une voie d’excellence pour d’autres. Il faut donc encourager les étudiants et les demandeurs d’emploi à s’inscrire dans ce type de parcours.

AEF info : Le débat sur la réforme de la haute fonction publique se concentre actuellement sur la suppression des grands corps et la fonctionnalisation de certaines missions. Que cela vous inspire-t-il ?

Paul-Emmanuel Grimonprez : En qualité d’inspecteur général de l’administration, je tiens à souligner que l’existence de corps d’inspection est fondée sur ce que l’on pourrait appeler, dans la suite des travaux de Michel Foucault dans son cours au Collège de France intitulé le "courage de la vérité", un "pacte parrhésiaste", liant les gouvernants aux membres de ces corps. Ce pacte pourrait se résumer de la manière suivante : "Tu me dis avec franchise ce qui se passe et ce que je devrais faire ; je te garantis que ta parole n’aura pas de conséquence pour ta carrière ; et je suis libre de donner suite (ou non) à tes recommandations." Ce pacte a, jusqu’à présent, été un élément important de la construction d’une démocratie de confiance.

 

"Il importe que dans le cadre des réformes envisagées l’indépendance des membres des services d’inspection soit fortement garantie. Le projet d’article 7 de l’ordonnance, dans sa version actuelle, ne me semble pas suffisant."

 

L’indépendance statutaire des inspecteurs est en effet non seulement une protection pour les agents inspectés mais aussi un facteur déterminant du crédit et de l’autorité de la parole de l’État sur des faits ayant donné lieu à un rapport rendu public. Il importe que dans le cadre des réformes envisagées l’indépendance des membres des services d’inspection soit fortement garantie. Le projet d’article 7 de l’ordonnance, dans sa version actuelle, ne me semble pas suffisant. S’il apporte des garanties sur les conditions de recrutement et d’exercice des missions, il n’apporte aucune garantie sur le fait qu’il n’y aura pas de suite pour la carrière de la production par un inspecteur d’un rapport dont les conclusions déplairaient au gouvernement. Une telle garantie me semble devoir encore être construite pour assurer que la fonction démocratique d’auto-contrôle des administrations par des services d’inspection relativement indépendants soit préservée. Le pacte "parrhésiaste" doit ainsi être consolidé et réinventé dans le cadre de la fonctionnalisation des services d’inspection.

En qualité de vice-président du réseau des écoles du service public, il me semble important que tous les enjeux de formation qui sont liés à la réforme de la haute fonction publique soient appréhendés dans une perspective assez globale de parcours de carrière qui interrogent certaines écoles, notamment celles qui forment à des métiers techniques mais dont les parcours de carrière évoluent par la suite vers des compétences administratives plus générales.

La réflexion actuelle et à venir sur les compétences de l’INSP devrait élargir le panorama au-delà des 14 écoles pour lesquelles un tronc commun est envisagé et intégrer les autres écoles du service public et leurs parcours de carrière diversifiés. Cela conduirait à étudier la manière dont peuvent s’articuler la vocation de l’INSP en matière de formation continue et les formations plus spécifiques que peuvent offrir certaines écoles du service public. On gagnerait, ainsi, dans les réflexions à venir sur l’organisation de la formation continue de la haute fonction publique, à intégrer un champ plus vaste qui est celui de la formation continue des cadres A en général.

(1) Réalisée le 18 mai 2021.

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