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Autotests dans les lycées : la bonne stratégie ?

Le ministère de l’Éducation nationale "s’est trompé de cible" pour sa campagne d’autotests destinés aux lycéens, estime le secrétaire général du SNPDEN-Unsa Philippe Vincent, le 10 mai 2021. Alors que les élèves devraient bénéficier, depuis lundi, d’un test hebdomadaire au sein de leur établissement, la campagne peine à démarrer. Retards de livraison, conditionnement des tests, manque de personnels, configuration des locaux : les lycées ne sont pas adaptés pour ce type d’opération, juge Franck Antraccoli, secrétaire général d’ID-FO. Les deux premières semaines de mise en œuvre donneront lieu à une "évaluation" et "des aménagements pourront être faits à compter du mois de juin", indique le ministère. Sur le terrain, à Nantes, les établissements s’organisent face à l’insuffisance d’autotests pour les enseignants. Dans le 1er degré, le Snuipp-FSU plaide pour des autotests pour les écoliers.

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Le taux d'acceptation des familles pour les autotests des lycéens est très réduit, rapportent les chefs d'établissement. MaxPPP

Les livraisons d’autotests dans les lycées, accompagnant le retour des élèves dans leur établissement depuis le 3 mai, s’échelonnent jusqu’au 11 mai, selon les indications du ministère de l’Éducation nationale le 7 mai (lire sur AEF info). Ces commandes, pour un total de près de 60 millions d’unités, doivent permettre de tester les personnels, deux fois par semaine, et les élèves de plus de 15 ans, lors de "séances hebdomadaires" organisées au sein des lycées, jusqu’à la fin de l’année scolaire, conformément au protocole établi par la rue de Grenelle (lire sur AEF info).

"La diffusion des premiers autotests se déroule de manière erratique", rapporte, le 5 mai, une intersyndicale de toutes les organisations représentatives de chefs d’établissement, pointant des "livraisons au fil de l’eau, inégales sur le territoire, et en général avec des contingents qui sont sans rapport avec les besoins potentiels".

Ces chefs d’établissement du SNPDEN-Unsa, ID-FO et Sgen-CFDT avaient, dès fin avril, fait part de leurs inquiétudes concernant cette campagne de dépistage jugeant son "cahier des charges irréaliste" (lire sur AEF info). Les livraisons en tant que telles génèrent des difficultés dans la mesure où "les conditionnements que nous découvrons (des tests par blocs de 5, 6 ou 10) sont inadaptés à des gestions individuelles tant pour les personnels […] que les élèves", déplore les chefs d’établissement.

Des autotests en quantité insuffisante pour les personnels

Deux volets de commandes, pour un montant total d’environ 250 millions d’euros, ont été passés, selon des indications du secrétariat général du MEN rapportées par Philippe Vincent à AEF info, le 10 mai. Le premier concerne les autotests destinés aux personnels. Aucune de ces livraisons "n’est suffisante pour couvrir l’ensemble", assure le représentant du SNPDEN-Unsa, qui estime qu’environ la moitié des personnels peut s’approvisionner.

Le calendrier annoncé par le gouvernement prévoyait, pourtant, un dépistage par autotests dès le 26 avril pour les enseignants du 1er degré et le 3 mai, pour les personnels du 2nd (lire sur AEF info). Cette dotation en autotests couvre environ 90 % de la population enseignante, précise Franck Antraccoli. Pas d’autotest, donc, pour les personnels administratifs, de direction ou les agents relevant des collectivités locales, poursuit le secrétaire général d’ID-FO. Pour lui, ça serait pour "un minimum" que les personnels d’État bénéficient de ce dispositif.

Dans l’académie de Nantes, Dominique Faure, proviseure du lycée de Carquefou (Loire-Atlantique) et secrétaire académique du SNPDEN, indique à AEF info, le 10 mai 2021, avoir reçu "pour les personnels, des enveloppes contenant 5 tests, donc de quoi se tester deux semaines et demie, mais pour seulement 60 % des personnels". Elle ne fera pas comme certains de ses homologues de l’académie, qui ont "priorisé" des groupes professionnels : "J’ai expliqué aux enseignants et personnels du lycée que nous n’avions pas reçu assez de tests, et que ceux qui voulaient venir les chercher le pouvaient", précise-t-elle.

Autre exemple dans l’académie de Strasbourg, où la livraison d’autotests pour les personnels est arrivée jeudi dernier, le 6 mai, dans le LEGT d’Armelle Lablanche, infirmière scolaire et secrétaire académique Unsa éducation. "Chaque personnel qui le souhaite a droit à un kit de 10 tests : de quoi s’autotester deux fois par semaine, durant cinq semaines. Ils peuvent les retirer à partir du 10 mai, je leur explique le contenu et la démarche à suivre". "Nous en avons reçu, mais pas assez, seulement pour la moitié des personnels", poursuit-elle. Dès lors, "la consigne est de privilégier d’abord les enseignants. Avec les 56 boîtes reçues, nous pouvons couvrir trois-quarts des enseignants".

Une évaluation des autotests destinés aux lycées d’ici fin mai

Les autotests destinés aux lycéens -l’autre volet des commandes- arrivent progressivement dans les établissements, depuis la semaine dernière. "Ils ne sont pas arrivés partout", indique Franck Antraccoli, relevant des différences entre les régions. Dominique Faure confie ainsi n’en avoir, au 10 mai, pas reçu. Et là aussi, aucun chef d’établissement n’a "de quoi tenir jusqu’à la fin de l’année", estime Philippe Vincent. Les livraisons comportent essentiellement, pour l’heure, des autotests conditionnés par paquets de 25. "Ils ne sont pas homologués pour être réalisés individuellement", juste pour une "organisation en collectivité", rapporte Franck Antraccoli d’après des indications du MEN.

La stratégie adoptée par la rue de Grenelle et défendue par Jean-Michel Blanquer devant les députés, le 6 mai, se calque "plutôt sur le modèle anglais", avec un commencement "au lycée puis, si c’est possible, après avoir regardé comment cela se passe, on donnerait l’autotest au lycéen pour le faire chez lui". Dans un communiqué diffusé le lendemain, le MEN indique ainsi que les séances de dépistage organisées dans les établissements le sont "à partir du 10 mai et pour au moins 15 jours".

Faut-il comprendre qu’à partir du 28 mai, les lycéens se dépisteraient chez eux ? Une hypothèse à laquelle veut croire Philippe Vincent : les cartons de 25 kits d’autotests permettraient, selon ses chiffres, d’en proposer un par élève les deux prochaines semaines. Mais que tempère le MEN auprès d’AEF : "une évaluation pourra être faite à l’issue de cette période et des aménagements pourront être faits à compter du mois de juin".

Le recrutement de médiateurs critiqué

Encore faut-il que les établissements disposent de personnels pour aider à faire les tests. Et suffisamment pour la réalisation d’un autotest par élève et par semaine. Si les enseignants et volontaires peuvent prêter main-forte aux infirmiers scolaires, "ils ne se précipitent pas", constatent les représentants des chefs d’établissement, relatant la réticence de certains à faire passer ces autotests, faute de se sentir légitimes. Signe, pour Philippe Vincent, que cette campagne constitue "une opération de masse" pour laquelle les établissements ne sont pas équipés. Le MEN souligne, pourtant, que le protocole est "peu contraignant, ne nécessitant pas forcément de personnel de santé pour superviser ces séances".


" Le taux d’acceptation des familles pour les autotests s’établit, en moyenne, à 15 %"

Franck Antraccoli, ID-FO

 

Pour autant, des renforts sont prévus : aux 1 700 médiateurs déjà recrutés pour les diverses campagnes de dépistage en milieu scolaire, doivent s’ajouter 2 800 nouvelles recrues. "Les rectorats ont visiblement les moyens pour recruter", témoigne Philippe Vincent, saluant une "rallonge très nettement substantielle à la dotation initiale". Ce qui n’empêche pas la proviseure Dominique Faure de fustiger cette solution : "Recruter des vacataires contractuels, alors qu’on manque cruellement de remplaçants chez les professeurs, et de renforts pour la vie scolaire… Oui, ça nous fait râler ! D’autant plus qu’on peut questionner la compétence et les qualifications de ces médiateurs pour réaliser ces campagnes d’autotests, qui impliquent des gestes spécifiques, et un accès à des données confidentielles".

Dans certains départements de l’académie de Nantes, il a été demandé aux chefs d’établissements d’assurer le recrutement de ces médiateurs. "Je n’en recruterai pas", affirme de son côté la secrétaire académique du SNPDEN. "Je ne vois pas quand nous aurions le temps de les recruter, puis de les former, alors que les épreuves du bac commencent le 17 juin !".

Un taux d’acceptation des familles faible

La présence d’un à deux médiateurs par établissement devrait permettre de réaliser le test hebdomadaire prévu pour les élèves compte tenu de leur nombre "assez réduit" : d’après Franck Antraccoli, le taux d’acceptation oscille entre 2 et 30 % selon les lycées et s’établit, en moyenne à 15 %. "Les familles pensent, sans doute, qu’il est de leur responsabilité de faire passer ces tests", avance Philippe Vincent.

Le ministère prévoit la diffusion d’autres supports de communication en direction des élèves et de leurs familles dans les jours prochains dans les établissements. Au faible taux d’acceptation, il oppose "une question de responsabilité individuelle et de participation de chacun à un effort collectif".

Des problèmes concrets de mise en œuvre

Dans le lycée alsacien d’Armelle Lablanche, le taux de retour positif des parents s’établit entre 50 et 60 %. Une proportion jugée intéressante "pour avoir une photographie de la situation", mais qui n’est pas sans poser de questions quant à "l’organisation pratique. Cela va être un casse-tête : quand ? où et comment ? quel flux ? et surtout, comment leur éviter de rater les cours ?", souligne-t-elle. Et la représentante de l’Unsa de relever qu’il faut également tenir compte de l’organisation en mode hybride des lycées.


"Les établissements ne sont pas faits pour ce type d’opération"

Philippe Vincent, SNPDEN

 

Autant d’éléments qui font affirmer à Franck Antraccoli que les établissements scolaires ne sont pas adaptés en termes d’infrastructures, de personnels : ce ne sont "pas des dispensaires". "Les établissements ne sont pas faits pour ce type d’opération", abonde Philippe Vincent. Il prédit, d’ailleurs, qu’elle ne générera "pas d’effet de masse". Plusieurs raisons à cela : les lycéens ont la tête aux examens de fin d’année, l’impression que l’épidémie diminue.

Pour Dominique Faure, le ministère de l’Éducation nationale s’est fait "imposer" ces campagnes d’autotests par le ministère de la Santé… "Je sens beaucoup de pression sur nos autorités hiérarchiques proches, et cette pression redescend sur nous… Il faut dire que beaucoup d’argent public a été engagé et il faut justifier tout ça".

La cible de la campagne inadaptée ?

"On s’est trompé de cible", reprend Philippe Vincent : les familles - et non les établissements - auraient dû être visées pour la supervision de ces autotests, réalisés sous leur responsabilité. En amont, les lycées auraient mené des campagnes de prévention et de sensibilisation, "ce que nous savons faire" contrairement à la réalisation, assure le chef d’établissement. Les lycées sont en capacité de "ventiler le matériel et la formation", complète Franck Antraccoli, qui appelle à basculer vers des kits individuels que les élèves pourraient passés chez eux, une fois formés.

Sur Franceinfo, Marianne Barré, secrétaire générale adjointe du SNMSU-Unsa Éducation, estime aussi que les élèves doivent s’autotester à la maison. "C’est absolument la seule mesure réaliste qui doit être prise."

Pour le MEN, cette "mission de plus" confiée aux proviseurs et à leurs équipes est "indispensable, à la pointe de la stratégie sanitaire globale". Les autotests "seront peu à peu utilisés par les élèves en autonomie : ils sont moins invasifs, plus simples d’utilisation, et commencer en établissement garantit aux équipes éducatives que tous les lycéens les font effectivement. Une fois que leur utilisation est connue, ils les feront plus naturellement et régulièrement."

des autotests pour les écoliers ?

 

Dans le 1er degré, les autotests concernent les personnels intervenant sur "tout ce qui se passe sur le temps scolaire", résume Guislaine David, co-secrétaire générale du Snuipp-FSU. Ainsi, les enseignants, Atsem et AESH en sont destinataires mais pas les agents des collectivités. Le ministère précise toutefois qu’à partir du 17 mai, "il y aura aussi des autotests pour les personnels des collectivités locales si besoin". Des remontées de terrain lui sont faites pour ajuster les livraisons aux besoins.

"Globalement, les autotests sont arrivés", estime Guislaine David, même s’il y a eu des "difficultés à la marge" et des départements "moins bien livrés que d’autres". Elle attend, désormais, que "les autotests soient proposés aux élèves".

À l’instar de certains pays européens où c’est déjà le cas, elle plaide pour que les élèves soient testés chez eux, par leurs parents, pour avoir "le plus de sécurité à l’école". "De nouvelles pratiques sont à mettre en œuvre", conclut-elle.

Les tests salivaires, qui concernent cette fois élèves et personnels du 1er degré, continuent à être mis en œuvre dans les établissements. Le MEN prévoit, à partir de la mi-mai, jusqu’à 600 000 tests salivaires hebdomadaires. La première semaine de mai, dans l’académie de Nantes, 17 700 tests ont été faits. Le rectorat de Nantes précise que le taux d’acceptation s’élève à 72 %, et le taux de positivité à 0,2 %.

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Luce Burnod, journaliste