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Home| Social / RH| Ressources humaines| Dépêche n°651580

Préparation, accompagnement, collectif de travail : ces entreprises qui intègrent des salariés autistes

Trois ans après le lancement de la stratégie nationale 2018-2022 pour l’autisme au sein des troubles du neuro-développement par le gouvernement, et à la veille de la fête des travailleurs le 1er mai, l’association Vivre et Travailler Autrement organisait un webinaire consacré aux solutions pour intégrer dans l’emploi des personnes autistes. Si certaines entreprises sont aujourd’hui volontaristes pour embaucher et maintenir dans l’emploi cette population, cette intégration nécessite préparation, accompagnement et formation des collectifs de travail.

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Luc Dufresne, le fils autiste du fondateur et directeur de l'association Vivre et Travailler autrement, a été embauché au sein d'une usine du groupe Andros Droits réservés - DR - Vivre et Travailler autrement

"Nul n’est inemployable", martèle sans cesse Sophie Cluzel, la secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées au sein du gouvernement de Jean Castex. "Par cette maxime, nous ne nions pas la différence. Mais cette dernière doit être accompagnée", explique Caroline Dekerle, conseillère emploi relance inclusive auprès de Sophie Cluzel. "Il faut mettre en place les moyens, et pas seulement techniques. Accompagner la personne, l’entreprise et le collectif de travail. C’est déjà croire en elle, arrêter de penser à sa place. Lui montrer le champ des possibles", indique-t-elle.

ACCOMPAGNER UN PROJET DE VIE

Invitée par l’association Vivre et Travailler Autrement le 30 avril 2021 dans le cadre d’un échange avec des entreprises employant des personnes souffrant de troubles autistiques, elle rappelle que l’autisme, "ce sont parfois des personnes en autisme sévère, qui s’expriment de façon non verbale, mais qui aujourd’hui peuvent intégrer l’entreprise". Et sur le volet professionnel particulièrement, "ce sont les employeurs qui ont la clé de l’emploi", souligne-t-elle.

Certains d’entre eux ont franchi le pas en recrutant des personnes autistes au sein de leurs équipes. Des initiatives qui restent encore rares, puisque "si 400 000 autistes adultes sont aujourd’hui en capacité de travailler, moins de 10 % d’entre eux ont accès ont l’emploi en France. Une proportion qui frôle pourtant les 40 % aux États-Unis", selon Jean-François Dufresne, fondateur et directeur de l’association. Or, "l’exclusion de l’emploi est souvent synonyme d’exclusion tout court", ajoute ce père d’un enfant autiste, qui a trouvé une place au sein des équipes d’une usine de fabrication de confiseries du groupe Andros. "Nous avions l’envie dans l’entreprise d’incarner le rôle sociétal que nous pouvions avoir et d’aider les jeunes", témoigne Nicolas Tardif, directeur de l’usine. "Nous avons démarré l’aventure il y a deux ans avec une personne atteinte d’autisme sévère. Progressivement, nous avons accueilli cinq jeunes qui sont capables d’appréhender différentes tâches sur cinq postes différents sans difficultés."

Pour Caroline Dekerle, les personnes autistes ont besoin d’un "réel parcours professionnel dans différents milieux, protégé comme ordinaire. Pour cela, il faut un accompagnement professionnel à 360 degrés, mais aussi accompagner un projet de vie, et permettre aux personnes de devenir plus autonomes, par une aide au logement par exemple. Mais aussi aller chercher les partenaires pour l’ensemble des aspects de la vie des personnes".

Elle dit ne pas croire "à la malveillance des dirigeants. Ils sont seulement parfois démunis. Le chef d’entreprise passe souvent sa journée à gérer des difficultés. Pourquoi se rajouterait-il une couche de difficultés ? Il doit être convaincu que la personne handicapée va améliorer le process managérial, que cela apporte quelque chose au collectif", souligne-t-elle.

DES ENTREPRISES VOLONTARISTES

C’est en visionnant un reportage sur l’autisme un dimanche soir que Patricia Larzillère, directrice générale adjointe de Servair, a décidé de mener une démarche au sein de son entreprise. "J’ai entendu la voix de Monsieur Dufresne sur l’inclusion des autistes. Je me suis dit, voilà ce que je dois faire. Le lundi suivant, j’ai réuni mon équipe et nous avons contacté l’association et lancé le process. Nous en avons discuté avec le comité exécutif et avec les organisations syndicales, qui se sont impliquées", raconte la dirigeante. Si la crise a mis un coup d’arrêt à la démarche, au vu de l’activité de l’entreprise, les postes proposés semblaient adaptés aux personnes autistes sévères. "Nous produisons les plateaux-repas pour les avions. Ce sont des gestes très répétitifs, mais ce sont des postes qui intéressent souvent les personnes autistes. La présence de ces jeunes qui s’engagent et s’investissent a remis de la dynamique sur les chaînes de production", souligne-t-elle.

De son côté, L’Oréal construit une politique d’inclusion et de diversité depuis de nombreuses années. "J’ai rencontré Jean-François Dufresne et au bout de quelques minutes, j’étais convaincue", se souvient Anne-Laure Thomas, directrice diversités et inclusion du groupe. "Nous sommes allés visiter une usine qui embauchait des personnes autistes pour voir comment cela se passait, puis nous avons identifié chez nous les usines qui pourraient les accueillir. Nous en avons listé trois. Nous prenons le temps. L’intégration des personnes autistes doit se faire progressivement et il est nécessaire d’identifier les bons postes."

Deux usines sur les trois identifiées accueillent déjà des salariés autistes. "Souvent, nous avons peur de ce que l’on ne connaît pas. Ce projet, c’est une histoire de rencontre, c’est une belle façon d’envisager le vivre ensemble et de provoquer des rencontres qui ne se seraient pas faites sans ce programme", témoigne-t-elle. Et si "tout n’est pas facile", l’intégration semble bien se passer. "Dans notre usine d’Aulnay-sous-Bois, nous fabriquons du parfum. Nous avons besoin de travailler sur des détails dans les incrustations des flacons et sur des pliages spécifiques sur le packaging. Ces tâches sont importantes pour la visibilité de nos produits et témoignent de la qualité de ces derniers. C’est un travail qui est confié aux personnes autistes que nous avons embauchées", raconte-t-elle.

L’ACCOMPAGNEMENT COMME BASE DE TRAVAIL

Pour réussir, elle souligne le besoin d’être bien accompagné, car cela demande "un travail pluridisciplinaire. On le voit dans notre mise en place avec l’association Vivre et Travailler Autrement, qui a la connaissance sur ces sujets. Autre conseil : "il ne faut pas être trop impatient, et préparer et former les salariés des équipes qui accueilleront les personnes autistes. Enfin, il faut veiller tout du long à ce que les salariés autistes soient bien sur leurs postes".

Après sept ans de travail, l’association Vivre et Travailler Autrement n’a pour le moment constaté aucun échec dans les projets menés ou abandon de la part des personnes autistes intégrées au sein des entreprises avec qui elle est partenaire. Mais le travail semble encore long. La Haute autorité de santé estime qu’aujourd’hui, environ 100 000 jeunes de moins de 20 ans et près de 600 000 adultes sont atteints d’autisme en France.

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Evelyne Orman, journaliste