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Examens : comment les établissements ont géré le report des examens en présentiel au-delà du 2 mai

Reporter les examens en présentiel au-delà du 2 mai 2021, ou les passer à distance en gardant le calendrier prévu en avril : dans un contexte de fatigue généralisée, cette obligation faite début avril aux établissements d’enseignement supérieur afin de lutter contre la reprise de la pandémie a généré parfois une certaine confusion, de gros efforts de réorganisation et de nombreuses revendications, portées pour certaines devant le Conseil d’État. Pourquoi, par exemple, des examens en présentiel ne sont-ils pas autorisés dans les mêmes conditions sanitaires que les cours qui, eux, peuvent continuer en présentiel ? Comment concilier sécurité sanitaire et équité des étudiants ? Le distanciel impacte-t-il la valeur des diplômes ? Au 1er semestre, "30 à 40 % des examens ont eu lieu en présentiel. Ils seront un peu plus nombreux au 2e semestre", estime Frédérique Vidal, ministre de l’ESRI.

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Pexels

Une fois de plus, le Covid et ses mouvements de yo-yo auront secoué l’enseignement supérieur, cette fois-ci pour les examens de fin d’année universitaire 2020-2021. En raison de la reprise de la pandémie, le Premier ministre a annoncé le 1er avril que, si les concours pouvaient être maintenus en présentiel, les examens ne pouvant se faire en distanciel seraient reportés "autant que possible" sur mai. Plus précisément, un décret au JO du 3 avril et une circulaire de la Dgesip du même jour prévoient qu’aucun examen ne peut se tenir en présentiel dans les établissements d’enseignement supérieur entre le 6 avril et le 2 mai à l’exception de certains examens en santé (lire sur AEF info). Quant aux conditions d’enseignement, elles ne sont pas modifiées.

Du jour au lendemain, se réorganiser

Certains établissements ne sont pas concernés, comme l’université de Nantes, leurs examens étant initialement prévus pour mai. Mais d’autres doivent se lancer dans un branle-bas de combat pour une réorganisation du jour au lendemain. Et pour ceux qui avaient prévu des examens au tout début avril, cela entraîne parfois des "loupés", par exemple à CY Cergy Paris Université, selon les mots de Patrick Courilleau, VP Formation et vie étudiante.

Le "autant que possible" accolé par le Premier ministre à l’annonce du report des examens laissant ouverte la possibilité d’organiser tout de même des examens en présentiel, CY fait savoir le 2 avril que les examens en présentiel, prévus la semaine du 6, sont maintenus, tandis que ceux de la semaine du 12 seront reportés à la semaine du 26. Première bronca de certains étudiants inquiets de ne pouvoir effectuer leurs stages. Puis paraît le 3 avril, veille du week-end de Pâques, la circulaire interdisant clairement le présentiel des examens jusqu’au 3 mai. Mais faute d’avoir le temps de prévenir les étudiants, l’université maintient un examen prévu le 6 avril en L1 Mipi.

Un #boycottCergy est lancé sur Twitter par des étudiants qui reprochent à l’université une succession de décisions. Plusieurs d’entre eux plaident pour que les examens suivants se fassent en distanciel. Une modalité d’examen déjà pratiquée dans certaines formations, mais que l’université ne souhaite pas généraliser. Au final, CY choisit de maintenir les examens en présentiel, en les décalant au-delà du 2 mai, mais avec une intendance importante : organiser en mai les examens d’avril et de mai, le tout en respectant la jauge des présences dans les locaux, explique le VP.

Quoi faire avec l’examen du TOEIC qui prépare à des concours ?

Le très court délai pour se retourner agace aussi le président de l’université Clermont Auvergne, ainsi que le relate France 3 début avril. "Si on avait su ne serait-ce que quelques jours avant, on aurait pu s’organiser, proposer des examens à distance mais là c’est trop tard ! Alors on passe notre week-end de Pâques au téléphone à avertir tout le monde", regrette Mathias Bernard, président de l’UCA.

De même, des écoles se retrouvent "à nouveau dans un schéma un peu compliqué", explique début avril Stéphan Bourcieu, directeur général de Burgundy school of business. Par exemple, le TOEIC - que passent des étudiants de bachelor - est un examen, "donc normalement, il ne doit pas se passer en présentiel en avril", explique-t-il. "Sauf que la note au TOEIC compte pour le concours au niveau master, ce qui fait que cet examen entre dans la catégorie des concours. Cela fait partie des petites choses qui demandent des arbitrages, en interne, qui s’ajoutent à pleine de situations compliquées à gérer dans l’urgence…"

Pourquoi pas d’examens en présentiel avec une jauge à 20 % ?

Reporter les examens en présentiel en mai, ou les organiser à distance en gardant le calendrier d’avril ? À l’université de Lorraine, chaque composante a proposé "les solutions les plus compatibles avec son contexte", explique début avril Chaupain-Guillot, VP Formation et par ailleurs co-coordinatrice du réseau des VP CFVU. L’université les a aussi autorisées à modifier leur calendrier de vacances en vue de boucler les examens à temps afin que les étudiants ne soient pas contraints de renoncer à un job d’été, ou ne se trouvent pas en difficulté de logement. "Même si nous sommes bien conscients de la situation sanitaire, nous aurions préféré pouvoir être autorisés à maintenir l’ensemble des examens, parce que nous mettons tout en œuvre pour respecter un strict protocole sanitaire", déclare aussi la VP.

 

"La voie élitiste, où l’on garde le présentiel avec les concours des grandes écoles et médecine ; et la voie grand public de l’enseignement de masse, où les examens se font à distance."

Claude Guittard (Unistra)

 

Pourquoi en effet des examens en présentiel n’ont-ils pas été autorisés dans les mêmes conditions sanitaires – de jauge notamment - que les cours qui, eux, peuvent continuer en présentiel pendant cette période ? C’est ce que ne comprend pas le doyen de la faculté de sciences économiques et de gestion de l’Unistra, Claude Guittard, qui s’alarme aussi de ce que des examens en distanciel n’ont pas la même valeur que ceux en présentiel.

Les diplômes ont-ils une moindre valeur avec le distanciel ?

"On aurait dû faire passer tous les examens en présentiel… D’ailleurs si les licences santé se font ainsi, il y a bien une raison !". Il estime que le choix de l’État conforte deux voies : "la voie élitiste, où l’on garde le présentiel avec les concours des grandes écoles et médecine ; et la voie grand public de l’enseignement de masse, où les examens se font à distance".

Le distanciel, certains s’y font peu à peu. "L’an dernier, les examens à distance ont été très mal vécus par les enseignants. Aujourd’hui, ils ont davantage d’outils pour le faire mais aussi une forme de résignation", explique par exemple Pascal Lecroart, directeur du collège sciences et techniques de l’université de Bordeaux. "Les examens des étudiants de L3 devaient se tenir la semaine du 26 avril : parmi les 81 épreuves, 50 % ont basculé à distance, 28 % ont été reportées à la semaine du 10 mai et 22 % se sont déroulées en contrôle continu sous forme de TD et donc en présentiel", résume-t-il.

"On a beaucoup entendu – à tort – que lorsque les épreuves étaient à distance, le diplôme avait une moindre valeur", déclare pour sa part la ministre Frédérique Vidal dans 20 minutes, le 25 avril. "Au premier semestre, 30 à 40 % des examens ont eu lieu en présentiel. Ils seront un peu plus nombreux au second semestre", estime-t-elle.

Le Conseil d’État se prononce sur le principe d’égalité entre étudiants

L’organisation d’examens en présentiel avec une jauge à 20 % avant le 3 mai et l’égalité entre les étudiants face aux examens sont au cœur de la requête que deux étudiants de M1 de l’université Jean-Moulin Lyon-III ont adressée au Conseil d’État en avril. Mais celui-ci rejette la requête le 19 avril car, dans le contexte actuel, rien ne permet de "caractériser une atteinte au principe d’égalité entre les étudiants, dès lors que ces derniers se trouvent dans une situation différente" (voir encadré).

Ce que dit le Conseil d’État le 19 avril

 

Rien ne permet de "caractériser une atteinte au principe d’égalité entre les étudiants, dès lors que ces derniers se trouvent dans une situation différente" (lire sur AEF info) :

  • "ni les dérogations prévues pour les examens dans certaines formations de santé, justifiées par les caractéristiques des épreuves et les conditions de travail particulières de ses étudiants,
  • ni la circonstance que les conditions d’examen peuvent être différentes selon que les épreuves ont ou n’ont pas lieu pendant le contrôle continu durant les formations,
  • ni le fait enfin que les universités qui fixeront la date des examens au-delà du 2 mai, ne seront pas tenues de les organiser à distance".

Le cas particulier des examens en santé

Mais, paradoxe, si certains veulent des examens en présentiel, d’autres n’en veulent pas… Alors que la dérogation pour les formations de médecine qui peuvent tenir leurs examens en présentiel suscite l’envie de certains en licence et master, un groupe d’étudiants de l’université de Bourgogne est monté au créneau pour demander l’annulation des épreuves en présentiel au profit d’épreuves en ligne qui ont débuté le 19 avril en 2e et 3e années.

Ces étudiants dénoncent une organisation qui prend le contre-pied des mesures appliquées à la population. "Depuis octobre, explique Maxence Roulliat, vice-doyen étudiant à l’UFR des sciences de santé, on interdit aux étudiants – et à eux seuls – de venir en cours. Et là, en plein confinement, quand on dit aux lycéens et aux salariés de passer au télétravail, on dit aux étudiants en santé qu’ils peuvent revenir. Ça a de quoi agacer !".

Mais de son côté l’UFR des sciences de santé de cette université a fait le choix de maintenir les examens sur table. Le risque sanitaire pour la santé des étudiants est "dérisoire" alors qu’ils sont présents "au quotidien dans les hôpitaux et dans les cabinets médicaux de la région, où ils "baignent" dans le Covid", justifie Pablo Ortega-Deballon, professeur des universités, chirurgien des hôpitaux et membre du conseil d’UFR. Il estime aussi que reporter les examens "rendrait les étudiants indisponibles" alors que le système de santé compte sur "leur contribution" face à l’épidémie.

Tandis qu’à l’université de Lille, le VP formation Christophe Mondou, ne cache pas un certain scepticisme face à cette mesure dérogatoire. "Pourquoi plus les LAS et les Pass que les autres ? On n’a pas tous compris l’impossibilité d’organiser des examens en présentiel", relate-t-il. "Comme les LAS partagent une majeure disciplinaire [hors santé] avec d’autres étudiants de L1, nous nous sommes demandé comment organiser les examens", relate le VP. "Les autorités de tutelle ont répondu qu’il était possible de regrouper pour la même épreuve en présentiel les étudiants de LAS et de L1". Ce qu’a fait le département de physique fin avril.

Rattrapage et deuxième chance, quelle différence ?

Et puis il y a la question toujours sensible de la 2e chance et du rattrapage. Une circulaire de la Dgesip le 22 janvier démine partiellement le sujet en rendant obligatoire une "session de substitution" pour les étudiants Covid ou cas contacts qui ne peuvent se présenter aux examens (lire sur AEF info). Une obligation saluée par Mélanie Luce, présidente de l’Unef, même si, déclare-t-elle à AEF info le 28 avril, "on est loin d’avoir trouvé une solution aux examens car il manque toujours un cadrage national". Du rattrapage pour les élèves malades dans le contexte du Covid, y compris en BTS, c’est aussi ce qu’annonce le chef de l’État, Emmanuel Macron, le 29 avril dans la PQR (lire sur AEF info).

En BTS, où les examens terminaux sont censés reprendre en présentiel à partir du 10 mai, la question agite beaucoup. Des étudiants ont présenté deux requêtes au Conseil d’État le 19 et le 23 avril - l’une d’elle impliquant un millier d’entre eux - en vue de permettre la validation du BTS pour 2021 en s’appuyant sur le contrôle continu et d’annuler les épreuves terminales (lire sur AEF info). L’examen en présentiel et le rattrapage annoncé le 22 avril sous la forme d’oraux début juillet, ils n’en veulent pas… Ils les auront pourtant. Les modalités d’organisation de la session de rattrapage sont dévoilées le 29 avril au soir (lire sur AEF info), tandis que le 30 avril Conseil d'État décide que les épreuves finales peuvent se tenir en présentiel (lire sur AEF info).

Une question se profile, en BTS et pour d’autres examens de l’enseignement supérieur : que feront demain les étudiants qui passeront le rattrapage faute d’avoir pu être présents à la 1re session car ils étaient malades, et qui échoueront à cette session de rattrapage ?

Nouveaux comportements face aux examens ?


La pandémie amène parfois de nouveaux comportements étudiants et des établissements :

"Sidération". Lorsqu’ils sont évalués en présentiel, certains étudiants sont désormais victimes d’un "effet de sidération", constate Xavier Sense, directeur de l’IUT Rives de Seine (université de Paris), où les évaluations se font en contrôle continu. N’étant plus habitués à être évalués en présentiel, ils n’arrivent plus à répondre à des questions simples… "Le distanciel disloque la temporalité et l’espace", analyse-t-il. Cela pourrait contribuer à expliquer que les évaluations en présentiel donnent des résultats plutôt moins bons qu’en distanciel.

WhatApp dans les examens. Certains étudiants passent ensemble des examens à distance en partageant les réponses dans des groupes WhatsApp, explique Claude Guittard (Unistra). "Nous, enseignants, avons beau proposer des systèmes de questions aléatoires, l’étudiant copie-colle ses réponses sur des documents partagés, que ses camarades peuvent consulter. Nous avons ainsi appris l’existence d’un groupe Telegram crypté, qui réunirait la majeure partie des L1 (600 sur 800)".

Plus de rédaction dans certaines épreuves de sciences. Concernant la triche des étudiants, "nous n’avons ni les moyens techniques de fliquer les étudiants, ni l’envie. Cela ne sert à rien car dès qu’on va trouver un système de surveillance, celui-ci sera contourné", estime Pascal Lecroat, directeur du collège sciences et techniques de Bordeaux. "Mais les modalités d’évaluation ont changé depuis l’an dernier : nous demandons plus de rédaction aux épreuves, et il est ainsi plus compliqué de tricher. En revanche, pour les contrôles de mathématiques, par exemple, il est très difficile de voir si l’étudiant a eu de l’aide et c’est pourquoi nous avons préféré reporter les épreuves en mai."

"Accommodement". De plus en plus d’étudiants exigent des dérogations pour passer leurs examens en présentiel, invoquant diverses raisons, a observé Jean-Christophe Saint Pau, doyen de droit de luniversité de Bordeaux et par ailleurs président de la Conférence des doyens de droit et de science politique. "Mais si nous pouvons traiter des questions communes à des 'catégories’ de personnes, nous ne pouvons pas faire de l’accommodement pour chaque personne, nous ne sommes pas des 'marchands de tapis’…"

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Catherine Buyck, journaliste