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Home| Social / RH| Formation professionnelle| Dépêche n°650457

Conditions d’accueil dans les CFA : "Nous nous adaptons au cas par cas" (Joël Fourny, CMA France)

Après la semaine du 5 avril 2021 pendant laquelle "la formation a été réalisée exclusivement à distance", les CFA des chambres de métiers et de l'artisanat qui ne sont pas fermés pour congés reprennent l’accueil en présentiel uniquement pour les jeunes en difficulté et les formations pratiques lorsque c’est possible. "Nous nous adaptons au cas par cas, en fonction de la situation épidémique du département et des rythmes de présence en entreprise", explique Joël Fourny dans une interview à AEF info. Le président de CMA France observe "une bonne continuité" des actions de formation et "moins de stress" du côté des formateurs. Au sein du réseau, le travail sur la transformation numérique de l’offre de formation a vocation à s’inscrire dans le temps. "Nous produisons et mutualisons des ressources pédagogiques, détaille Joël Fourny. Nous allons créer des formations 100 % à distance."

Joël Fourny, président de CMA France Droits réservés - DR - CMA France

AEF info : Comment le réseau applique-t-il les consignes adressées aux CFA par le ministère du Travail pour la période de quatre semaines s’étendant du 5 avril au 2 mai ?

Joël Fourny : Le réseau des CMA a strictement appliqué les consignes qui nous ont été communiquées par le ministère du Travail, ensuite précisées par décret. Pour la semaine du 5 au 11 avril, la formation a été réalisée exclusivement à distance. Certains accueils ont été organisés, sur rendez-vous individuels, pour traiter les situations les plus difficiles et notamment fournir un équipement aux apprentis qui en étaient dépourvus.

Pour les périodes suivantes, les CFA s’adaptent. Ceux qui avaient prévu de fermer pour congés sur une période différente peuvent se repositionner du 12 au 25 avril. Pour les autres, la formation à distance reste la règle mais, suivant les consignes du ministère, les apprentis sont accueillis en présentiel si la situation l’exige.

Nous savons que certains jeunes sont plus en difficulté que d’autres pour utiliser les outils numériques et nous devons absolument repousser le risque de décrochage. Je pense aux apprentis mais aussi à tous les jeunes qui ont rejoint notre prépa-apprentissage – nous en avons accueillis 6 300 – et qui sont formés dans nos CFA. Nous formons en outre à des métiers qui nécessitent une pratique importante. Dans la mesure du possible et dans le respect des consignes sanitaires, nous organisons la formation pratique au sein de nos établissements, en particulier pour les jeunes dont les entreprises sont fermées depuis plusieurs mois.

AEF info : Dans ces conditions, comment les CFA s’adaptent-ils pour assurer la continuité pédagogique ?

Joël Fourny : Nous nous adaptons au cas par cas, en fonction de la situation épidémique du département et des rythmes de présence en entreprise. On a effectivement des plannings qui ne nous permettent pas toujours d’accueillir des jeunes en ateliers pratiques parce qu’ils sont en entreprise. Dans le secteur de l’artisanat, la liste des métiers qui peuvent poursuivre leur activité s’est allongée et à partir du moment où l’entreprise fonctionne, elle n’hésite pas à accompagner les apprentis dans leur formation.

Nous essayons d’anticiper autant que possible, je pense en particulier à l’organisation des examens. Certains ont démarré mais nous devons nous tenir prêts à modifier l’organisation des épreuves, en cas de renforcement des contraintes sanitaires. Nous sommes en train d’y travailler pour les titres qui relèvent de notre responsabilité.

On a une bonne continuité de nos actions de formation. Il y a eu une adaptation très rapide pour organiser les formations à distance dès la semaine du 5 avril. J’étais alors dans la région des Hauts-de-France pour voir comment les choses se sont mises en place, les outils déployés et j’étais en réunion cette semaine avec la région Pays-de-la-Loire. J’ai des retours extrêmement positifs des CFA qui montrent qu’on est capables de répondre très directement en fonction du contexte. Beaucoup de jeunes et d’entreprises sont très satisfaits. Les choses sont aussi beaucoup mieux vécues de la part de nos formateurs, avec moins de stress. Depuis le premier confinement, des plateformes se sont mises en place. Ce sont des outils sur lesquels le réseau a continué à travailler même dans les périodes hors confinement.

AEF info : Comment inscrivez-vous la réflexion sur la formation à distance dans le temps ?

Joël Fourny : C’est une réflexion que nos CFA mènent depuis quelques années. La crise sanitaire a été un véritable accélérateur de ce point de vue. La transformation numérique de notre offre de formation va s’inscrire dans le temps. Nous portons au niveau national, avec l’ensemble du réseau, une forte ambition concernant la formation à distance et, surtout, concernant l’hybridation de nos formations. C’est un des facteurs qui nous permettra d’être plus agiles dans nos organisations pédagogiques. Cela demande un investissement important.

C’est une démarche dans laquelle il faut inscrire l’ensemble de nos collaborateurs qui travaillent au titre de la formation - et pas que les formateurs. Il faut qu’on amène chaque CFA à se poser la question de la manière dont il peut appréhender les choses. Les travaux sont lancés. Nous produisons et mutualisons des ressources pédagogiques. Nous allons créer des formations 100 % à distance. C’est ce que nous avons déjà fait d’ailleurs pour la formation des créateurs et repreneurs d’entreprise, via notre plateforme e-formation. Nous allons élargir notre offre.

Pour réussir la rentrée 2021 comme nous avons réussi la rentrée 2020, nous avons la volonté de communiquer encore davantage auprès de nos publics pour les rassurer sur les dispositifs qu’on a mis en place pour sécuriser leurs parcours. Et puis pourquoi pas s’adresser à des publics qui sont très éloignés de la formation par apprentissage parce qu’ils sont trop loin du centre de formation et ont des problèmes de mobilité ? On se rend compte que la formation à distance peut être aussi un élément de réponse à des besoins ponctuels sur des territoires plus éloignés. Par exemple, s’il y a besoin de personnes dans le domaine de la boulangerie dans un territoire car les artisans nous font savoir qu’ils ont un fort taux de renouvellement à assurer, alors pourquoi pas organiser des formations territorialisées à distance ?

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Astrid Gruyelle, journaliste