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Un maire francilien sur quatre déclare avoir subi une agression physique, selon une enquête de l’Amif

69 % des élus locaux franciliens déclarent avoir subi une agression verbale, et un maire sur quatre une agression physique, selon les principales conclusions d’une enquête réalisée par l’Amif, rendue publique le 7 avril 2021. L’association s’appuie sur un questionnaire adressé aux élus locaux d’Île-de-France. L’étude fait apparaître un "fort sentiment d’insécurité" lié à "un non-respect grandissant envers la fonction d’élu". L’Amif adresse une liste de propositions tendant notamment à mieux protéger les élus et à faciliter l’exercice de poursuites judiciaires en cas d’agression.

L'AMIF rapporte "un fort sentiment d'insécurité" chez les élus locaux franciliens. MaxPPP - PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP

"Nous ne pouvons accepter que 'l'élu préféré des Français' serve de punching-ball et prenne des coups de la part d’individus qui refusent qu’on leur rappelle les règles du vivre ensemble dans notre société". C’est ce qu’a déclaré Stéphane Beaudet, le président de l’Amif, lors de la présentation, le 7 avril 2021, de l’enquête réalisée par l’association sur les agressions subies par les élus locaux franciliens, sur la base d’un questionnaire adressé entre le 29 août et le 6 novembre 2020. Selon les réponses aux 41 questions, "70 % des élus locaux franciliens interrogés ont déjà subi une agression", assure l’Amif.

L’association a reçu 229 réponses, qui permettent "d’objectiver les atteintes à la sécurité des élus locaux franciliens" selon les auteurs du document. L’Amif dit avoir ainsi voulu remédier au "manque de chiffre précis" et rappelle le décès du maire de Signes (Var) à l’été 2019 (lire sur AEF info) et les agressions subies ces derniers mois par plusieurs élus franciliens. Les résultats de l’enquête laissent apparaître un "fort sentiment d’insécurité" alimenté par des agressions (lire sur AEF info).

Un maire sur quatre déclare avoir subi une agression physique

Selon l’enquête, ces agressions sont le plus souvent verbales ou psychologiques. 69 % des élus locaux déclarent ainsi en avoir été victimes. Sont prises en compte les insultes, les menaces ou les tags sur une propriété privée. Dans près de trois cas sur quatre, ces agressions ont eu lieu dans "le cadre d’une intervention liée à l’exercice du mandat de l’élu interrogé". Rappels à la loi sur la sécurité routière, querelles de voisinage, expulsions de terrains occupés illégalement… voilà les circonstances d’agressions dont fait état l’Amif, qui cite une élue dont les propos sont rapportés de manière anonyme : "c’est à la fois diversifié et de diverses ampleurs. Je n’ai jamais été frappée mais la crainte que cela arrive est réelle. D’ailleurs, je suis maintenant équipée d’une petite lacrymo".

S’agissant des agressions physiques, plus rares selon le document, 17 % des élus interrogés assurent ainsi en avoir subi, et dans 80 % des cas lors d’une intervention liée au mandat de l’élu. Les maires semblent les plus concernés. Ils sont ainsi 25 % à déclarer une agression physique. À propos des causes, un élu sur quatre considère que ces agressions sont dues au non-respect de l’élu et de l’autorité.

"Non-respect grandissant envers la fonction d’élu"

En toile de fond, l’Amif dépeint un "sentiment d’insécurité collectif qui n’est pas forcément corrélé à la durée des mandats exercés mais bien à la perception partagée d’un non-respect grandissant envers la fonction d’élu". 68 % des élus se sont ainsi déjà sentis en insécurité, 79 % en ce qui concerne les maires. Ce sentiment est particulièrement vif lors des interventions en répression aux atteintes à la tranquillité publique (40 % des élus interrogés).

Cette crainte peut s’étendre à l’entourage des élus, qui sont "13 % à déclarer qu’un membre de leur famille ou un proche a subi une agression physique ou verbale du fait du mandat occupé". Parallèlement à cette enquête, "de nombreux adhérents de l’Amif observent sur le terrain une montée générale de l’agressivité et une inacceptabilité croissante des mesures qui doivent être prises par les autorités publiques dans le cadre de la pandémie de la Covid-19."

Meilleure protection fonctionnelle

Dans ce contexte, les élus interrogés sont majoritaires pour affirmer qu’ils ont manqué de soutien après une agression (58 %), notamment de la part de la justice et des services de l’État. L’Amif regrette ainsi qu’un bon nombre de plaintes déposées par des élus soient classées sans suite (lire sur AEF info). 82 % des élus interrogés estiment également "ne pas être suffisamment informés des dispositifs de protection juridique des élus locaux". La loi Engagement et proximité, promulguée en 2019, entendait renforcer cette protection (lire sur AEF info), seuls 6 % des élus jugent ces mesures suffisantes.

les propositions de l’amif

 

En conclusion de son enquête, l’Amif adresse une série de propositions pour mieux lutter contre les violences subies par les élus :

- Mieux informer les élus locaux sur les dispositifs existants de protection juridique ;

- Mieux informer les administrés sur le statut des élus locaux et sur les risques encourus par les auteurs d’agressions - physiques mais également verbales ou morales sur les réseaux sociaux - envers des élus locaux ;

- Octroyer plus facilement la protection fonctionnelle dans les cas de violences ;

- Mettre en place un numéro vert dédié en cas d’agression, et un soutien psychologique pris en charge par l’assurance maladie ;

- Mettre en place une protection de l’entourage de l’élu pouvant être également victime d’agressions ;

- Faciliter le dépôt de plainte, avec notamment la mise en place d’une plate-forme dédiée aux élus, et une prise en charge automatique des frais de justice par l’État ;

- Améliorer la collaboration avec la justice et les forces de l’ordre ;

- Adopter le principe de poursuites immédiates dès qu’une plainte pour violences est déposée par un élu.

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Pierre Lann, journaliste