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Home| Social / RH| Ressources humaines| Dépêche n°650135

Logistique, communication, services de santé au travail : la montée en charge de la vaccination en entreprise

Alors que, depuis le 12 avril 2021, tous les Français de plus de 55 ans peuvent prétendre au vaccin contre le Covid-19 (lire sur AEF info), les entreprises avancent dans leurs campagnes de vaccination. Après les avoir interrogées au mois de janvier 2021 sur la façon dont elles se préparaient (lire sur AEF info), AEF info fait le point avec trois d’entre elles, à l’instant T, sur les possibilités qu’elles offrent aux salariés, leur politique logistique, leur collaboration avec les services de santé au travail et la façon dont elles envisagent les prochains mois.

En France, la vaccination contre le Covid-19 est désormais ouverte à toute personne de plus de 55 ans Unsplash - Mat Napo

Après avoir assuré en début d’année que "les entreprises pourront le moment venu jouer un rôle dans la stratégie de vaccination" contre le coronavirus, les autorités de santé ont permis à ces dernières de participer à l’effort national le 25 février 2021 via les services de santé au travail (lire sur AEF info). Une démarche à laquelle certaines s’étaient déjà préparées en amont, et qui allait dans le bon sens, au vu des campagnes de vaccination déjà organisées par les firmes françaises pour la grippe notamment (lire sur AEF info). Quelques mois plus tard, certaines entreprises ont déjà bien avancé dans leurs campagnes, tout en respectant les règles établies sur les populations définies comme prioritaires. C’est notamment le cas d’Allianz, d’Axa ou encore de Suez.

DES CAMPAGNES PRÉPARÉES EN AMONT

Chez Allianz France, le travail a débuté bien avant le 25 février. "Notre nouveau plan stratégique pour 2025, finalisé en fin d’année dernière, est centré sur l’humain. Notre ambition est d’avoir une démarche RSE incarnée, tant en interne qu’en externe. Naturellement, lorsque le sujet de la vaccination a émergé, il n’y a pas eu de débat en interne pour savoir si nous allions participer à l’effort national", explique Charlotte Guy-Duquesne, directrice du développement RH, talent management, diversité et inclusion d’Allianz France. L’entreprise, qui dispose d’une cellule de crise mise en place dès le début de la pandémie, intègre un groupe de travail pluridisciplinaire "qui se réunit régulièrement pour travailler sur le sujet du covid-19, et qui a anticipé la question de la vaccination et de son organisation". 

Aujourd’hui, plusieurs actions sont menées sur la base de leurs réflexions. "Nous nous sommes demandé comment informer les collaborateurs, comment s’assurer

 

"Chez Allianz France, nous disposons d’une équipe de deux médecins du travail en interne pour la région Île-de-France, où travaillent la moitié de nos collaborateurs. En région, nous faisons appel à 150 SSTI. Enfin, nous avons pensé la partie matérielle afin d’assurer la commande de vaccins et investi dans du matériel pour leur conservation dans nos locaux."

Charlotte Guy-Duquesne, directrice du développement RH, talent management, diversité et inclusion d’Allianz France

qu’ils puissent s’inscrire en toute confidentialité. Comment mobiliser ensuite nos équipes de santé au travail. Chez Allianz France, nous disposons d’une équipe de deux médecins du travail en interne pour la région Île-de-France, où travaillent la moitié de nos collaborateurs. En région, nous faisons appel à 150 SSTI. Enfin, nous avons pensé la partie matérielle afin d’assurer la commande de vaccins et investi dans du matériel pour leur conservation dans nos locaux", détaille la directrice du développement RH.

"Nous avions fait part de notre volonté de participer à l’effort national en amont", confie de son côté Sibylle Quéré-Becker, directrice du développement social, de la diversité et de l’inclusion d’Axa France. "Notre objectif était de créer le système le plus simple possible. Nous proposons la vaccination à nos collaborateurs depuis le 9 mars 2021. Ces derniers étaient en attente de détails sur cette campagne, tout comme les partenaires sociaux. Nous leur avons indiqué rapidement que nous allions proposer la vaccination dès que cela serait possible aux collaborateurs qui le souhaiteraient", explique-t-elle.

S’ADRESSER AUX COLLABORATEURS

Chez Suez, Laure Girodet, directrice santé et sécurité du groupe, coordonne et accompagne dans le monde les mesures individuelles et collectives depuis le début de la crise du Covid-19. Au-delà de la mise en place de règles sanitaires communes et d’une campagne de dépistage du Covid-19 basée sur le volontariat, la mise en œuvre de la vaccination avance dans les 60 pays où l’entreprise est présente. "Nous avons mis en place des règles communes et des adaptations locales en fonction de l’évolution des connaissances sur le virus, avec aujourd’hui des mesures volontaristes d’accès à la vaccination. Dans tous les pays, nous avons déployé les démarches générales suivantes : la sensibilisation des collaborateurs avec la volonté qu’ils accèdent à une information fiable ; la recommandation du vaccin à tous les collaborateurs en rappelant qu’elle reste basée sur le volontariat et qu’il s’agit d’une démarche confidentielle ; la mise en place de conditions pour faciliter l’accès au vaccin dans chaque pays et pour tous les salariés dans le respect des réglementations de chaque État ; la mise en place d’une politique d’écoute active pour répondre aux préoccupations des collaborateurs", explique Laure Girodet.

 

"Au mois d’avril, nous organisons un webinaire avec des médecins de SOS International pour l’ensemble des collaborateurs afin de leur donner des clés sur l’efficacité du vaccin, l’immunité collective, leur donner une vision de l’avancement des vaccinations dans les différents pays, leur expliquer les effets secondaires et leur partager les initiatives existantes sur les passeports vaccinaux pour que nos 90 000 salariés anticipent la suite. Nous pensons qu’il est important de les rassurer, et qu’ils aient une vision éclairée sur les vaccins. Un temps sera aussi consacré aux questions pour comprendre et répondre à leurs besoins"

Laure Girodet, directrice santé et sécurité du groupe Suez

Le travail de sensibilisation a démarré par une veille du suivi des vaccins dans le monde, partagée avec le réseau de DRH et les directeurs santé et sécurité dans les pays. "Cette veille est réalisée avec notre partenaire SOS International (lire sur AEF info). Nous y partageons les données en matière de progression de la vaccination, de pratiques dans les différents pays, de règles existantes… Au mois d’avril, nous organisons un webinaire avec des médecins de SOS International pour l’ensemble des collaborateurs afin de leur donner des clés sur l’efficacité du vaccin, l’immunité collective, une vision de l’avancement des vaccinations dans les différents pays, leur expliquer les effets secondaires et leur partager les initiatives existantes sur les passeports vaccinaux pour que nos 90 000 salariés anticipent la suite. Nous pensons qu’il est important de les rassurer, et qu’ils aient une vision éclairée sur les vaccins. Un temps sera aussi consacré aux questions pour comprendre et répondre à leurs besoins", explique Laure Girodet.

TRAVAILLER AVEC LES SERVICES DE SANTÉ AU TRAVAIL

Chez Allianz France, la campagne a démarré le 8 mars, journée durant laquelle l’entreprise a "communiqué à l’ensemble des collaborateurs par voie de mail afin d’expliquer la démarche, et préciser les modalités et conditions de vaccination pour que les salariés concernés et volontaires puissent s’inscrire", affirme Charlotte Guy-Duquesne. Si l’entreprise n’a pas de chiffre sur le nombre de salariés qui se sont fait vacciner, pour des questions de confidentialité, "nous savons que nous avons eu une forte demande de rendez-vous. En Île-de-France, où les deux médecins du travail exercent, il y a une forte demande", détaille-t-elle, précisant que les vaccinations ont commencé la dernière semaine de mars.

 

"Nous avons investi pour adapter les équipements pour la médecine du travail avec notamment des réfrigérateurs médicaux et la mise en place d’une plateforme digitale pour la prise de rendez-vous. 150 d’entre eux ont déjà été vaccinés. Nous nous adaptons au rythme des approvisionnements et proposons des rendez-vous en fonction de la disponibilité des flacons."

Sibylle Quéré-Becker, directrice du développement social, de la diversité et de l’inclusion d’Axa France

"Nous avons débuté la vaccination le 9 mars sur le site de Marly-le-Roi en Île-de-France", indique de son côté Sibylle Quéré-Becker chez Axa, précisant que "le carnet de rendez-vous s’est rempli tout de suite auprès du service de santé autonome. Sur la région capitale, plusieurs sites sont désormais concernés également comme celui de Val de Fontenay, ou encore de Nanterre, qui accueillent la majorité des collaborateurs de la région. "Nous avons investi pour adapter les équipements pour la médecine du travail avec notamment des réfrigérateurs médicaux et la mise en place d’une plateforme digitale pour la prise de rendez-vous. 150 d’entre eux ont déjà été vaccinés. Nous nous adaptons au rythme des approvisionnements et proposons des rendez-vous en fonction de la disponibilité des flacons", indique la dirigeante.

La quantité de doses disponibles est, quant à elle, évaluée sur un rythme hebdomadaire. "Les médecins du travail prennent contact avec les pharmaciens pour récupérer les doses une fois par semaine. Nous proposions jusqu’à maintenant en fonction des doses disponibles entre 30 et 50 rendez-vous hebdomadaires en Île-de-France. En région, nous communiquons les coordonnées des services de santé interentreprises afin que les salariés puissent prendre rendez-vous avec eux directement", précise-t-elle.

"Dans chaque pays, toutes les options sont étudiées pour un accès optimal au vaccin en termes de logistique sur les volets tant temporel que financier", explique Laure Girodet pour Suez. "Nous assurons, par la distribution et le traitement de l’eau et la gestion et le traitement des déchets, des services essentiels. Dans certains pays, les salariés sont reconnus comme prioritaires pour la vaccination. C’est le cas notamment en Chine, en Inde, en République tchèque ou encore aux États-Unis, et nous espérons que cela va devenir le cas dans d’autres pays. Au Chili par exemple, certains salariés ont fait le choix de dormir sur leur lieu de travail durant des périodes de quinze jours pour assurer un service en continu. Là-bas, 80 % des collaborateurs ont déjà été vaccinés, tout comme en Inde sur ceux de plus de 45 ans. Dans ce dernier pays, nous avons également inclus dans nos campagnes nos sous-traitants et intérimaires qui travaillent sur les sites critiques. Quant aux États-Unis, l’État nous permet d’organiser des campagnes avec des partenaires identifiés sur les sites importants, pour plus d’efficacité", insiste Laure Girodet.

LA LOGISTIQUE EN QUESTION

Dans les pays où l’entreprise peut organiser elle-même la logistique, "nous la prenons en charge pour permettre la vaccination, poursuit la dirigeante. Nous avons également développé une attention particulière sur nos collaborateurs expatriés. Nous nous assurons progressivement qu’ils auront accès aux campagnes de vaccination. Si cela n’est pas encore le cas car ils ne font pas partie de la population cible en local, nous leur permettrons un retour dans leur pays natal afin qu’ils puissent en bénéficier", explique Laure Girodet. L’entreprise s’occupe également d’aider ces derniers dans leurs démarches administratives. "À Dubaï, par exemple, nous avons des collaborateurs travaillant sur la collecte de déchets qui vivent dans des 'bases vies'. Dans ce cas-là, nous les aidons pour les démarches administratives lorsqu’ils ne parlent pas la langue nationale puis pour les transports vers les centres de vaccination. D’une manière générale, 60 % des collaborateurs en première ligne sur la collecte des déchets sont vaccinés", précise Laure Girodet.

Chez Allianz France, au-delà du travail effectué par les deux médecins du travail avec les pharmaciens pour permettre l’approvisionnement en doses, l’entreprise reste en contact avec eux pour leur fournir le matériel et l’assistance nécessaire. "Nous vérifions les conditions de transport et de stockage et fournissons les frigos

 

"Nous avons également développé une attention particulière sur nos collaborateurs expatriés. Nous nous assurons progressivement qu’ils auront accès aux campagnes de vaccination. Si cela n’est pas encore le cas car ils ne font pas partie de la population cible en local, nous leur permettrons un retour dans leur pays natal afin qu’ils puissent en bénéficier."

Laure Girodet, directrice santé et sécurité du groupe Suez

et les thermomètres pour une bonne conservation des vaccins. Chaque dose correspond à dix personnes pouvant être vaccinées. Nous organisons les rendez-vous en conséquence pour éviter tout gaspillage. Du côté des RH, nous sommes le point d’entrée afin de fournir des informations aux salariés sur leur site", souligne Elisette Dos Santos, responsable de la mise en œuvre de la campagne de vaccination pour Allianz France. "Cela ne peut pas se faire sans l’action de médecins volontaires. Chez Allianz France, nos médecins sont prêts et ont l’appui également des infirmières pour vacciner les salariés", souligne Charlotte Guy-Duquesne.

En France, Suez a débuté sa campagne dès que cela a été autorisé, début mars pour les plus de 55 ans présentant des comorbidités. "Nous nous sommes rapprochés des médecins du travail afin de savoir comment nous pouvions les aider en termes de mode opératoire et surtout pour informer nos collaborateurs des modalités de prise de RDV, pour garantir la confidentialité. Nous avons 30 000 collaborateurs en France, et 500 médecins du travail répartis sur le territoire. Au vu des critères définis par l’État jusqu’ici, peu de personnes étaient encore éligibles. Au siège par exemple, nous avons 2 000 collaborateurs, avec 20 personnes qui ont demandé à se faire vacciner. Sur une projection nationale, nous pensons qu’une centaine de collaborateurs se sont fait vacciner et espérons bien plus aujourd’hui", confie Laure Girodet. Sur le plan logistique pur, "les médecins du travail doivent avoir dix rendez-vous confirmés pour prétendre organiser une demi-journée de vaccination. Parfois, certains ont fixé des jours, et n’ont toutefois pas reçu les doses, et ont dû décaler les rendez-vous. La situation n’est pas encore homogène sur le territoire. Aujourd’hui, nous donnons l’ensemble des informations aux salariés pour prendre rendez-vous. S’ils n’en trouvent pas auprès de la médecine du travail, nous les orientons vers la médecine de ville", explique-t-elle.

PRÉPARER LES PROCHAINS MOIS

Et si les entreprises sont déjà bien engagées dans leurs campagnes, elles préparent déjà la suite et anticipent le travail pour les prochains mois. "Nous nous préparons pour les prochaines populations qui seront éligibles. Quand ces cibles seront ouvertes par la haute autorité de santé et le gouvernement, nous pourrons être opérationnels très vite", indique Charlotte Guy-Duquesne chez Allianz France. Une avancée déjà opérée chez Axa, qui, avec l’ouverture de la vaccination aux plus de 55 ans, proposera à ses salariés éligibles le vaccin dès le lundi 19 avril.

À l’avenir, "il n’est pas exclu que certains pays décident d’instaurer une vaccination obligatoire pour entrer sur le territoire. C’est déjà le cas pour certains autres vaccins déjà existants et bien installés comme celui de la fièvre jaune. On ne peut encore rien prévoir, mais nous anticipons dès aujourd’hui les futures contraintes", avance de son côté Laure Girodet chez Suez. "Notre but aujourd’hui est de donner de l’information et rassurer sur cette vaccination. En France, nous espérons pouvoir vacciner rapidement de manière plus large et comptons sur la reconnaissance de nos salariés de première ligne comme prioritaires", indique la dirigeante.

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Evelyne Orman, journaliste