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Université de Reims : une étude d’impact économique montre l’intérêt pour les élus et entreprises d’investir (G. Gellé)

"Éclairer les élus, mais aussi les entreprises, sur l’intérêt d’investir dans les universités [et leurs antennes], au vu de leur impact sur la richesse d’un territoire" : telle est l’ambition de Guillaume Gellé, président de l’université de Reims, qui présentait à la presse ce 30 mars 2021 les résultats de l’étude d’impact économique de l’Urca réalisée par le cabinet Utopies. Cette étude montre qu’un emploi direct de l’université génère 2,8 emplois à l’échelle de la région, 4,4 emplois à l’échelle nationale. Et un euro dépensé en génère 1,28 au niveau du Grand Est, 2,6 à l’échelle de la France.

Guillaume Gellé, président de l'université de Reims Champagne-Ardenne, vice-président de la CPU. Droits réservés - DR

Pour 20 000 euros, l’Urca a commandé au cabinet Utopies une étude sur son impact socio-économique, rendue publique mardi 30 mars 2021 à l’occasion d’une conférence de presse. La méthode consiste à calculer quatre types d’impacts :

  • directs (salaires versés aux agents de l’université),
  • indirects (retombées économiques générées par les achats ou les investissements auprès de la chaîne de fournisseurs),
  • induits (dépenses de consommation des ménages, des fournisseurs et des administrations publiques générées par la rémunération des agents ou la fiscalité)
  • catalytiques (dépenses de consommation des étudiants).

Cela permet de mesurer "l’effet multiplicateur" de chaque euro dépensé par l’Urca, avec deux lectures : l’une en emploi et l’autre en PIB ou en production (1).

Quels sont les principaux résultats ?

Il en ressort qu’en 2019, avec ses 2 450 agents et 28 000 étudiants, l’Urca, 5e employeur du territoire champardennais, a injecté dans l’économie 35,9 M€ d’achats, 163 M€ de masse salariale et 257 K€ de fiscalité.

Les impacts sur l’emploi sont de 19 590 ETP (hors emplois étudiants) dans le monde (effet multiplicateur de 8,4), dont 10 373 sur le territoire français (effet multiplicateur de 4,5) : 63 % de ces emplois nationaux se trouvent en région Grand Est (effet x 2,8), 42 % dans l’aire urbaine de Reims.


S’agissant des retombées économiques : l’Urca contribue à générer 818 M€ de PIB au niveau mondial, dont 517 M€ en France (49 % en région Grand Est). Cela signifie qu’un euro dépensé par l’Urca génère 4,1 euros dans le monde, dont 3,75 euros en Europe, dont 2,6 euros en France, 1,28 euro en région Grand Est.

Si l’on se concentre sur le territoire champardennais, l’Urca génère 5 897 emplois soutenus et 211 M€ de contribution au PIB local. L’effet multiplicateur dépend du territoire concerné :

  • il est de 1,9 à Reims,
  • de 2,2 à Charleville-Mézières,
  • de 3,6 à Troyes,
  • de 4 à Châlons-en-Champagne,
  • de 4,8 à Chaumont.

le "pari gagnant-gagnant" de l'investissement dans les antennes

"Cette étude va être une aide importante à la décision pour notre stratégie de développement territoriale", en conclut Guillaume Gellé. "Mais cela doit également éclairer les élus ou les entreprises sur l’importance d’investir dans l’université. Car le développement de l’université crée de la richesse sur le territoire. Or là, nous sortons des incantations et donnons des éléments concrets qui permettront de convaincre plus facilement les partenaires financiers et d’asseoir les délibérations des collectivités."

Pour le président de l’Urca, la crise est en train de démontrer l’importance des antennes délocalisées de l’université. "En cette rentrée, nous avons plus de nouveaux étudiants dans les antennes qu’à Reims. Il y a eu un regain d’intérêt pour les formations de proximité. Mais pour que ce soit intéressant, il faut déployer une offre de formation complète, allant du post-bac au niveau master, et faire venir des enseignants-chercheurs. Ce développement a un coût que nous ne pouvons assumer seul. Cette étude devrait permettre de convaincre combien ce pari du développement des antennes est un pari gagnant-gagnant pour les étudiants, l’université, et les territoires."

Il souligne qu’à ce jour, le soutien des collectivités (en fonctionnement, hors investissement immobilier) est très variable, allant de 20 à 90 € par étudiant et par an.

L’urca va modifier complètement sa politique d’achat

Arnaud Florentin, directeur associé du cabinet Utopies, ajoute que pour "accroître l’effet ricochet", il est important de diversifier au maximum l’économie locale. "C’est la clé de la résilience : plus un territoire est diversifié, plus il est capable de garder l’argent longtemps, de trouver des circuits courts, plus l’effet multiplicateur est important, plus il est capable de se positionner à l’export, et donc au final de résister aux chocs." À ce titre, Guillaume Gellé assure que cette étude va complètement modifier la politique d’achat de son établissement afin de maintenir au maximum l’emploi local.

Il espère enfin impulser cette démarche au sein de la CPU qui, bien consciente de ces enjeux, vient d’ailleurs de créer une nouvelle commission "universités et territoires" (lire sur AEF info).

(1) La différence entre ces deux indicateurs est la suivante : la lecture en production repose sur le chiffre d’affaires ou marge brute (ce qui augmente l’effet boule de neige). La lecture en PIB se concentre sur la richesse créée, c’est-à-dire que l’on retranche à la production ce qui a été acheté.

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Anne Mascret, journaliste