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Home| Social / RH| Ressources humaines| Dépêche n°647742

"Avec la crise, l’égalité professionnelle risque encore une fois de passer au second plan" (Rachel Silvera)

Quelles conséquences la crise sanitaire et économique va-t-elle avoir sur la situation des femmes au travail ? La crise risque-t-elle de mettre un coup d’arrêt à la dynamique en faveur de l’égalité professionnelle ? À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, l’économiste Rachel Silvera, spécialiste des questions d’égalité professionnelle, répond aux questions d’AEF info. Elle relève en particulier que les métiers de "première" ou "deuxième lignes", fortement féminisés, et tant valorisés pendant la crise, n’ont pas bénéficié de la reconnaissance espérée. Elle critique également les modalités de calcul de l’index de l’égalité, qui permettent à la grande majorité des entreprises d’obtenir de très bons résultats, laissant penser qu’il n’y a plus d’inégalités entre les femmes et les hommes au travail en France.

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Rachel Silvera, économiste spécialiste des questions d'égalité professionnelle, maîtresse de conférences à l'université Paris-Nanterre Droits réservés - DR - Anne Sole

AEF info : Comment qualifieriez-vous la situation des femmes au plan professionnel aujourd’hui ?

Rachel Silvera : Cela va faire exactement un an que nous sommes dans la crise. Il y a un an, on applaudissait chaque soir les personnes qui sauvaient des vies et continuaient d’assurer l’essentiel du fonctionnement de la société. Or, la majorité de ces personnes sont des femmes : elles ont été très largement impliquées dans le maintien des activités vitales, qu’il s’agisse des infirmières, des aides-soignantes, des aides à domicile, ou encore des caissières. Dans toutes ces professions, les femmes sont majoritaires.

Or, l’éclairage particulier dont ont bénéficié ces métiers et ces femmes ne s’est pas traduit par une vraie reconnaissance. On ne peut être que très déçu par le résultat : il n’y a pas eu d’ouverture de négociations salariales dans les branches, et avec le Ségur de la santé, on est encore très loin du compte, car la question de l’égalité entre les femmes et les hommes n’a pas été prise en compte. De même, dans le cadre du groupe de travail sur les métiers de la deuxième ligne, je ne crois pas que l’enjeu de l’égalité soit au cœur des préoccupations. Encore un exemple de la cécité du gouvernement sur ce sujet : dans la branche de l’aide à domicile, syndicats et patronat étaient d’accord sur une revalorisation salariale, mais l’État n’a pas accepté l’extension de l’accord sous prétexte que cela coûterait trop cher…

Dans l’ensemble, les mesures prises par le gouvernement n’ont pas donné lieu à une réflexion sur les enjeux d’égalité professionnelle. C’est une grande déception.

AEF info : Le 1er mars 2021, les entreprises de plus de 50 salariés ont publié leur note à l’index de l’égalité. N’est-ce pas un outil en faveur de l’égalité professionnelle ?

Rachel Silvera : Tout ce que j’ai pu dire sur les défauts de cet index se vérifie (lire sur AEF info). Les résultats sont excellents, bravo aux entreprises françaises ! Apparemment il n’y a plus d’inégalités professionnelles en France… En réalité, l’index comporte de nombreux biais, qui ont pour effet qu’il n’est pas difficile pour une entreprise d’obtenir une bonne note, même quand les inégalités salariales persistent. Il n’y a rien dans l’index pour révéler les écarts de salaire réels. Et n’oublions pas que cet index est calculé par les services RH de l’entreprise, sans faire l’objet d’une évaluation extérieure…

Je note également que la principale préoccupation des deux dernières ministres du Travail, Muriel Pénicaud et Élisabeth Borne, porte sur l’absence de femmes parmi les plus hautes rémunérations. Élisabeth Borne veut d’ailleurs créer un nouvel indicateur sur les femmes dirigeantes. Je ne dis pas que ce n’est pas important, mais il ne faudrait pas que ce soit l’arbre qui cache la forêt de toutes les inégalités. Par exemple, la précarité des femmes persiste : elles sont toujours plus nombreuses que les hommes à travailler en contrat court ou à temps partiel. Et il y a des dérogations partout à la durée minimale de 24 heures de travail hebdomadaire créée par la loi de sécurisation de l’emploi !

AEF info : Voyez-vous néanmoins des sujets d’espoir pour l’égalité professionnelle ?

Rachel Silvera : Ce qui me donne un peu chaud au cœur, c’est qu’il y a eu des mobilisations fortes de mouvements de femmes, notamment à l’occasion du 8 mars l’année dernière, en particulier dans le contexte de la réforme des retraites. Et il y avait beaucoup de femmes parmi les Gilets jaunes. Néanmoins, j’ai plus de motifs d’inquiétude que d’espoir.

AEF info : Quels effets la crise sanitaire a-t-elle produits sur la situation des femmes au travail ?

Rachel Silvera : Globalement, on a pu observer deux situations principales des femmes lors du premier confinement. Une part importante d’entre elles ont continué à aller travailler, souvent la peur au ventre, inquiètes d’être contaminées et de ramener le virus chez elles. La seconde situation, ce sont les nombreuses femmes qui ont dû basculer très rapidement en télétravail. Les études ont pointé les conséquences du travail à distance pour l’ensemble des femmes, mais plus particulièrement encore pour les femmes.

Il y a deux éléments notamment qui retiennent mon attention. D’abord, parmi les femmes télétravailleuses, il n’y a pas que des cadres, et ça c’est un peu nouveau. Il y a pas mal d’employées du secteur administratif qui ont été amenées à télétravailler. Or, ces femmes n’ont pas forcément d’espace dédié pour travailler dans leur logement, compte tenu de leur niveau de revenu. Et lorsque c’est le couple qui télétravaille, qui des deux a eu un espace dédié ? L’homme, plus souvent que la femme (la proportion varie quasiment du simple au double). Les femmes en télétravail ont donc été confrontées à des conditions de travail plus difficiles. La deuxième réalité pour la plupart des femmes en télétravail, c’est l’explosion des tâches domestiques et parentales, notamment pendant la période où les écoles étaient fermées. En plus des tâches qu’elles assument déjà d’habitude, les femmes ont dû assurer le suivi scolaire des enfants, ce qui a abouti à des situations où 40 % des femmes déclaraient consacrer plus de 4 heures par jour aux tâches domestiques et parentales. Et bon nombre de ces femmes télétravailleuses n’ont pas pu bénéficier d’un arrêt pour garde d’enfant… Je ne comprends toujours pas comment on a pu considérer qu’on pouvait télétravailler et s’occuper des enfants en même temps ! C’est comme si le travail des femmes n’était pas du vrai travail. On rejoint là l’idée que les femmes n’occupent pas de vrais emplois…

Ce n’est pas pour rien que de nombreux sondages ont montré une augmentation des troubles musculo-squelettiques, de l’anxiété, voire une détresse élevée. Et les conséquences en termes de santé se feront encore sentir plus tard.

AEF info : La crise économique risque de se poursuivre dans la durée. Quelles pourraient en être les conséquences pour les femmes ?

Rachel Silvera : Au niveau mondial, il y a de nombreuses alertes qui laissent penser que les conséquences pour les femmes seront dramatiques, notamment parce que beaucoup d’entre elles ont perdu un emploi informel. En France il y a des garde-fous, notamment l’activité partielle.

Ce que l’on peut dire, c’est que l’impact de cette crise sur les femmes sera certainement plus fort qu’en 2008. À l’époque, ce sont surtout les secteurs industriels qui ont été touchés, où les femmes sont moins représentées. Aujourd’hui, beaucoup de secteurs des services très féminisés souffrent (hôtellerie, tourisme…). Mais il est impossible pour le moment de chiffrer cet impact.

AEF info : Quelles devraient être selon vous les priorités des pouvoirs publics dans les prochains mois pour favoriser l’égalité professionnelle ?

Rachel Silvera : Avec la crise, l’égalité professionnelle risque encore une fois de passer au second plan. C’est un danger réel, mais j’ai le sentiment que par rapport à d’autres périodes, les femmes tiennent bon : les syndicalistes, les féministes, notamment grâce aux réseaux sociaux, vont essayer de faire en sorte que le sujet ne soit pas enterré.

Pour moi, les leviers d’action prioritaires sont les suivants : exiger que l’index de l’égalité soit revisité très rapidement ; obtenir des négociations dans les branches et la fonction publique en vue de la revalorisation des professions ultra-féminisées, si essentielles et pourtant si mal payées ; mener des actions de comparaison des emplois pour démontrer à quel point les emplois féminins sont dévalorisés, pourquoi pas au travers d’actions de groupe.

Faire dialoguer recherche sur le genre et mouvements revendicatifs

 

Le Mage, groupe de recherche "Marché du travail et Genre" codirigé par Rachel Silvera, publie un nouvel ouvrage intitulé "Le genre au travail". Il vise à "faire dialoguer la recherche sur le genre au travail et les mouvements revendicatifs de femmes, notamment féministes et syndicalistes". Chercheuses et militantes y reviennent sur les luttes sociales et écologiques dans lesquelles les femmes prennent toute leur part, et "interrogent les effets des politiques d’égalité professionnelle, les enjeux genrés de l’espace numérique ou encore les conséquences professionnelles des violences conjugales".

Le genre au travail - recherches féministes et luttes de femmes, sous la direction de Nathalie Lapeyre, Jacqueline Laufer, Séverine Lemière, Sophie Pochic et Rachel Silvera, éd. Syllepse, coll. "Le présent avenir", février 2021, 344 pages, 20 euros, ISBN 978-2-84950-854-1


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Lucie Prusak, journaliste