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L’international à la maison (2/5). Qu’est-ce qu’un échange virtuel ? Les explications de R. O’Dowd (université de León)

L’échange virtuel, à ne pas confondre avec la "mobilité virtuelle", était jusqu’à il y a peu "l’affaire de quelques professeurs enthousiastes qui se sont progressivement fédérés en marge des universités", mais tout a changé avec la pandémie : "Quand les universités ont eu besoin d’une alternative aux mobilités physiques, l’échange virtuel est apparu comme une bonne réponse", explique à AEF info Robert O’Dowd, professeur associé d’anglais langue étrangère et de linguistiques appliquées à l’université de León (Espagne) et spécialiste de cette pratique encore peu courante en France. Selon lui, la Covid-19, comme le 11 septembre 2001, marque un tournant dans l’histoire du "virtual exchange", "notamment en termes d’institutionnalisation". C'est le cas en Allemagne et en Espagne, notamment, tandis que la France reste en marge de cette tendance.

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Robert O'Dowd Libre de droits

AEF info : Pouvez-vous nous expliquer tout d'abord ce que l'on entend par "échange virtuel" (ou virtual exchange, en anglais), et quelle est la différence avec la "mobilité virtuelle" ?

Robert O’Dowd : Ces deux dispositifs d’internationalisation en ligne n’ont rien à voir. Dans une "mobilité virtuelle", qui n’est pas une modalité encore très répandue, les étudiants doivent s’inscrire dans une autre université, dont ils suivent les cours et passent les examens - en ligne. Ils se voient donc délivrer des crédits par cette autre université.

Dans l'"échange virtuel" au contraire, une modalité que je propose à mes classes, mes propres étudiants sont inscrits dans mon université, ils suivent des cours dans mon université, ils sont notés par mon université, et il se trouve qu’ils prennent aussi part à un programme international.

Pour donner un exemple concret, l’an dernier, mes étudiants ont travaillé avec des étudiants polonais et finlandais sur "l’Europe du futur". Au terme d’un semestre de cours, avec des temps d’échanges avec leurs camarades en dehors de la classe - car il est très difficile de synchroniser trois classes de trois universités - ils ont écrit une liste de recommandations qui a été transmise à un député européen. Celui-ci leur a accordé un entretien d’une heure sur Zoom, et c’était vraiment passionnant.

AEF info : Depuis l’organisation votre premier échange virtuel, qu’avez-vous appris ?

Robert O’Dowd : Quand on veut se lancer dans un échange virtuel, il y a des choses simples à garder à l’esprit. D’abord, il faut que l’échange virtuel soit connecté à ce que l’on fait en classe, pour que les étudiants soient embarqués. Ensuite, il faut que les étudiants soient récompensés pour leur travail et leurs efforts, soit par des crédits spécifiques, soit par une note, à partir d’un exposé ou d’un rendu final qui entre dans une évaluation plus globale.

Autre élément à considérer : les étudiants sont des "digital natives", certes, mais ce n’est pas parce qu’ils connaissent les outils qu’ils savent communiquer en ligne, surtout avec les clivages culturels. Enfin et surtout, il faut une collaboration très étroite avec les autres enseignants.

AEF info : Comment est né l’échange virtuel, historiquement ?

Robert O’Dowd : C’est difficile de faire l’histoire de l’échange virtuel, surtout parce que ce sont beaucoup d’initiatives éparses de professeurs aux quatre coins du monde. Au départ, c’était surtout des "e-tandems" par courriers électroniques : admettons que vous vouliez apprendre l’espagnol et moi le français, nous nous écrivions des emails tantôt en espagnol, tantôt en français, en corrigeant nos fautes respectives.

Mais un des grands moments de l’échange virtuel a été le 11 septembre 2001. De nombreuses associations et ONG, comme Soliya, ont alors essayé de nouer des liens entre des universités du Moyen-Orient et des universités des États-Unis pour favoriser une meilleure compréhension.

Des échanges virtuels "ready-made" pensés dans l’après 11-Septembre

 

L’ONG américaine Soliya a été créée en 2003 "dans le sillage du 11 septembre 2001, explique Rafael Tyszblat, chargé de l’innovation et du design des programmes, "pour tisser des liens entre les jeunes occidentaux et les jeunes des pays arabo-musulmans".

Soliya, dont les solutions ont été utilisées pour le programme Erasmus+VE, utilise la méthode du "dialogue semi-directif" (grâce à des "facilitateurs" bénévoles) pour aborder des thématiques de société comme "l’immigration, l’intégration, le genre, le terrorisme, les médias". Des étudiants recrutés par leurs universités partenaires sont ainsi distribués dans des "cursus" différents.

Si Rafael Tyszblat se réjouit d’un "nouvel engouement pour l’échange virtuel", il déplore toutefois le fait que, "en France, les institutions sont réticentes à l’innovation, notamment dans le système éducatif. Nous avons toujours un peu plus de mal en France à faire des partenariats avec les universités."

AEF info : La crise sanitaire va-t-elle constituer un autre tournant historique de la pratique ?

Robert O’Dowd : Évidemment, notamment en termes d’institutionnalisation des échanges. Jusqu’à présent, il y avait un certain manque d’intérêt institutionnel pour l’échange virtuel. C’était l’affaire de quelques professeurs enthousiastes qui se sont progressivement fédérés en marge des universités, notamment avec le réseau UNICollaboration, que j’ai participé à créer. C’est un réseau qui dispense des formations gratuites aux professeurs qui le souhaitent, qui dispose de son propre journal de recherche, et qui organise des conférences et des webinaires. Il existe aussi une foire aux programmes d’échanges virtuels, où chaque membre peut déposer son projet et être contacté par des collègues intéressés.

Une foire aux échanges virtuels, des webinaires et des ressources scientifiques

 

Une professeure de l’université De Paul (États-Unis) cherche un collègue avec qui monter un projet multidisciplinaire autour de la gestion des déchets nucléaires ; un enseignant de l’université de Göttingen (Allemagne), quant à lui, fait appel à qui voudra bien se lancer dans un projet commun autour du théâtre contemporain syrien en langue arabe. Voilà deux des derniers projets postés sur le forum de cette foire aux échanges virtuels, qui propose de mettre en relation des enseignants gratuitement, après simple inscription sur UNIcollaboration. Le site, en anglais, propose également des webinaires, des séances de formation et de la littérature scientifique en libre accès sur l’échange virtuel.

Mais tout à coup, à cause de la Covid-19, quand les universités ont eu besoin d’une alternative aux mobilités physiques, l’échange virtuel est apparu comme une bonne réponse. Certaines ont mis en place des formations pour leurs professeurs et leur ont octroyé des décharges d’enseignement, parce qu’effectivement, l’organisation de ce genre de projet prend du temps.

Les institutions ont également reconnu l’expertise des réseaux de professeurs dont je parlais. De fait, les universités et, à l’échelle nationale, certains décideurs universitaires, sont de plus en plus nombreux à contacter UNICollaboration, en particulier pour mettre en place des formations pour leurs professeurs. Je pense par exemple à l’Office allemand d’échanges universitaires (le Daad) ou à la Conférence des recteurs des universités (Crue) en Espagne.

AEF info : Et en France ?

Robert O’Dowd : En France, pas que je sache.

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